Qui est pour "le mariage pour tous" ?

1) Les mouvements politiques pour "le mariage pour tous"

 

 

Le parti Socialiste

 

 

 

 

 

 

David Assouline appelle à manifester le 16 décembre pour le mariage pour tous

Le Parti Socialiste soutient l'initiative des organisateurs de la manifestation du 16 décembre en faveur du mariage pour tous. David Assouline, porte-parole du PS, appelle à une «participation massive» pour soutenir cette réforme et lutter contre les conservatismes :

"Alors que tous les conservatismes se coalisent pour s'opposer à ce nouveau droit, les socialistes sont fiers de porter cette réforme et appellent à se rassembler largement pour continuer à faire progresser l'égalité chère à la France républicaine".

 

Marisol Touraine : «le mariage pour tous fait avancer les droits et la protection de tous»

Le projet de loi sur le mariage pour tous fait l'objet de réactions violentes, notamment dans les rangs de la droite. Marisol Touraine a rappelé qu'il s'agissait d'un projet absolument majeur, qui constitue une avancée pour l'ensemble de la société, «l'enjeu c'est celui de la progression des droits, de l'égalité, de la lutte contre ce qui est perçu comme une discrimination, il s'agit aussi d'une avancée en termes de protection».

Le parti de gauche

 

Le gouvernement devait présenter, lors du conseil des ministres du 7 novembre, son projet de loi ouvrant le mariage et l’adoption aux couples de même sexe. Nous pourrions nous en féliciter mais le Premier ministre Ayrault a précisé que le texte n’abordera pas « toute une série d’autres questions – l’autorité parentale, PMA (procréation médicalement assistée), l’adoption conjointe pour les couples non mariés, le droit des tiers ». Sur ces sujets, il a renvoyé « à une loi complémentaire qui pourrait être une loi sur la famille ». Le PS fait donc le choix de présenter une loi en retrait de ses promesses de campagne. On aurait pu penser que sur cette question « de société », le gouvernement PS-EELV allait se donner une « posture de gauche » masquant ses renoncements sur les questions économiques et sociales. Or, là encore, il refuse de mener la lutte sur des idées, mettant à mal la bataille pour l’égalité des droits de tous les couples et de tous les enfants. Car si ce projet de loi était adopté en l’état, il maintiendrait des inégalités en droits selon l’orientation sexuelle des parents et ne permettrait pas de garantir une filiation pour l’ensemble des enfants déjà en situation d’homoparentalité.

[...]   

On est entre le fromage et la bûche, les estomacs sont pleins et les esprits cotonneux.

 

C'est le moment que choisit le cousin Alexis pour aborder LA question du moment : le mariage pour tous.

 

"Mariage gay", corrige Tatie Catherine : "les gens normaux eux, ont déja droit au mariage". Une déclaration qui fait sortir Papy Pierre de ses gonds.

 

Et, alors que votre esprit est un peu embrumé, la discussion s'anime. La cousine Charlotte, le beau-frère Fredcommencent à échanger arguments ...et préjugés. Même le cousin Eric, qui n'a jamais d'avis sur rien, se mêle de la discussion... Vous tentez de faire le tri dans vos idées, pour ne pas laisser sans réponses des interrogations ou des déclarations qui vous choquent.

 

Pas facile de garder à la fois son calme et ses idées au clair quand votre belle soeur Léa évoque la polygamie qui guette... 

 

Heureusement, la semaine dernière, avec vos soeurs Halima  et Sophie, vous avez anticipé ce débat en famille, et vous vous êtes concoctés un petit argumentaire...

 

Les collaboratrices et collaborateurs du groupe écologiste à l'Assemblée nationale vous souhaitent de bonnes fêtes de fin d'année, et vous livrent, en guise d'étrennes anticipées, ce petit manuel de survie aux discussions autour du sapin !..

2) Les hommes politiques pour "le mariage pour tous"

100 députés socialistes se disent favorables au mariage et à l'adoption pour les couples homosexuels, mais aussi à l'ouverture de l'assistance à la procréation pour« toutes les femmes »

« Peu de lois marquent autant que celle-là une étape dans la marche du progrès. Nous savons combien cette réforme laissera l’empreinte de l’égalité sur le mandat de François Hollande et sur la génération qui portera son nom. »

 

Au moment où nous nous apprêtons à ouvrir les salles des mariages de nos mairies aux couples homosexuels et à leurs enfants, la droite retrouve les alliés et l’inspiration qui l’ont conduite aux pires amalgames dans son opposition au pacs, il y a quatorze ans.


Depuis ces coups d’éclats que personne n’a oubliés, le pacs a été adopté par les Français, et la droite ne l’a pas remis en cause. L’histoire est-elle condamnée à se répéter ? Allons-nous assister une nouvelle fois aux insultes et à la caricature d’une opposition en perte de repères, fustigeant au nom des valeurs familiales une loi qui consolide la famille, défendant au nom de l’intérêt de l’enfant des textes qui les privent de leurs droits ? Pour finalement découvrir une nouvelle fois que l’égalité des droits ne nuit pas à notre société, que les Français s’y reconnaissent et que ces combats d’arrière-garde sont de ceux qui entachent un parcours politique et que l’on voudrait vite oublier ?


Depuis dix ans, en Europe, en Afrique, en Amérique du Nord et en Amérique du Sud, des états ont décidé de permettre aux homosexuels de protéger leurs familles avec les règles du droit commun, sans discrimination, et donc d’accéder au mariage civil. A nos frontières, en Belgique, en Espagne, des milliers de couples de même sexe se marient chaque année. Ces lois n’ont eu qu’un effet : celui de disqualifier les violences et les discriminations qui puisaient leur justification dans le fait que la loi accordait une moindre valeur aux couples de même sexe. Dans ces pays, les familles n’ont pas changé. Loin de tous les fantasmes tristement relayés aujourd’hui, les enfants continuent à appeler leurs parents "papa", "maman", ou autrement, si cela leur convient.

 

Nos adversaires s’acharnent à laisser entendre que l’ouverture du mariage permettrait l’homoparentalité. Mais l’homoparentalité existe, depuis longtemps. Les hétérosexuels sont de moins en moins nombreux à construire leur famille dans le mariage. Comment croire que les homosexuels ont attendu la loi pour construire leurs familles ? Les enfants des familles homoparentales sont aujourd’hui en âge de témoigner. Et leur vie, si on écarte les difficultés liées à l’homophobie dont leurs familles ont été victimes, ressemble beaucoup à la vie des autres enfants. La question posée aujourd’hui n’est pas celle de la création d’une nouvelle forme de famille, mais celle de la protection de tous les enfants avec les mêmes lois. Qui s’opposera à cela ?


Les femmes qui souhaitent avoir un enfant sans connaître son père biologique le peuvent depuis longtemps. La question de l’assistance médicale à la procréation se pose en ces termes. Faut-il ne rien changer, fermer les yeux sur les prises de risque et sur les inégalités provoquées par les tarifs pratiqués par les cliniques étrangères ? Nous ne le pensons pas. C’est pourquoi nous soutenons l’ouverture de l’assistance médicale à la procréation à toutes les femmes.


Voilà près de dix ans que notre famille politique est engagée en faveur de l’égalité des droits. Nous nous sommes présentés devant les Français avec un programme, et nous avons été élus. Nous entendons tenir nos engagements. Peu de lois marquent autant que celle-là une étape dans la marche du progrès. Nous savons combien cette réforme laissera l’empreinte de l’égalité sur le mandat de François Hollande et sur la génération qui portera son nom. Il ne s’agit pas de la victoire des uns contre les autres. Il s’agit d’un progrès pour toute notre société, et, au-delà, d’un message en faveur des libertés et de l’égalité des droits que la France adresse au monde. Puisse le débat qui s’ouvre se situer à la hauteur de ce message.

 

Les 100 députés SRC signataires

58 personnalités du PS ou proches du parti en faveur de la « légalisation encadrée de la gestation pour autrui »

En 2010 , 58 personnalités du PS ou proches du parti avaient demandé la « légalisation encadrée de la gestation pour autrui » dans une tribune sur LeMonde.fr.

 

Extraits :
« Il y a un demi-siècle, on imposait aux futurs parents la naissance d’enfants non désirés. Aujourd’hui, à travers les interdictions inscrites dans la loi de bioéthique, on interdit à des parents la naissance d’enfants désirés. La distance qui sépare notre droit ancestral des réalités de nos familles n’a cessé de s’étendre. [...]
Au XXIe siècle, la fondation d’une famille est l’expression d’une volonté, c’est à dire de la conjonction d’une liberté individuelle et d’un projet partagé. La venue au monde d’un enfant résulte de cette liberté et de ce projet. [...]
Encadrer la gestation pour autrui, c’est reconnaître que cette liberté et ce projet ne s’arrêtent pas aux frontières biologiques. »

 

Signataires : 

Michèle André, sénatrice du Puy-de-Dôme, Elisabeth Badinter, philosophe,Gérard Bapt, député-maire de Saint-Jean, Joëlle Belaisch-Allart, gynécologue obstétricienne, Serge Blisko, député de ParisPatrick Bloche, député-maire du XIe arrondissement de Paris, Gilles Bon-Maury, président d'HES, Jean-Michel Boucheron, député d'Ille-et-Vilaine, Nathalie Boudjerada, avocate, Christophe Bouillon, député-maire de Canteleu, Laurence Brunet, juriste, Anne Cadoret, anthropologue, Laure Camborieux, présidente de Maia, Olivia Cattan, présidente de Paroles de femmes, Monique Cerisier Ben Guiga, sénatrice des Français établis hors de France, Nadia Cherkasky, psychologue, psychanalyste,François Dagnaud, adjoint au maire de Paris, Geneviève Delaisi de Parseval, psychanalyste, Valérie Depadt-Sebag, juriste, Olivier Dussopt, député-maire d'Annonay, Rémi Féraud, maire du Xe arrondissement de Paris, Olivier Ferrand, président de Terra NovaAurélie Filippetti, députée de Moselle, Antoinette Fouque, psychanalyste, Caroline Fourest, rédactrice en chef de la revueProChoixVéronique Fournier, médecin, Geneviève Fraisse, philosophe,Maurice Godelier, anthropologue, Jean-Pierre Godefroy, sénateur de la Manche, Martine Gross, sociologue, Juliette Guibert, gynécologue obstétricienne, Bruno Julliard, secrétaire national du PS, Serge Hefez, psychiatre, psychanalyste, Géraud de La Pradelle, juriste, Jean-Marie Le Guen, député de Paris, Catherine Lemorton, députée de Haute-Garonne,Claudine Lepage, sénatrice des Français établis hors de France, Annick Lepetit, députée de Paris, Roger Madec, sénateur-maire du XIXearrondissement de Paris, François Marc, sénateur du Finistère, Sylvie etDominique Mennesson, co-présidents de l'association Clara, Jennifer Merchant, politologue, Jean-Pierre Michel, sénateur de la Haute-Saône,Jacques Milliez, gynécologue obstétricien, Frank Natali, avocat, Israël Nisand, gynécologue obstétricien, Ruwen Ogien, philosophe, François Olivennes, gynécologue obstétricien, Corine Pelluchon, philosophe, Mao Peninou, adjoint au maire de Paris, François Rebsamen, sénateur-maire de Dijon, Marie-Line Reynaud, députée de Charente, Elisabeth Roudinesco, historienne, psychanalyste, Joy Sorman, écrivain, Irène Thery, sociologue, Serge Tisseron, psychiatre, psychanalyste, Najat Vallaud-Belkacem, secrétaire nationale du PS,André Vallini, député, président du conseil général de l'Isère, Alain Vidalies, député des Landes, Richard Yung, sénateur des Français établis hors de France.

Guigou en 2012 : "J'ai évolué sur le mariage"

 

"A l'époque, l'important était de faire passer le pacs. Il y avait une résistance farouche au pacs à l'Assemblée, mais aussi dans la société avec des manifestations, des débordements verbaux inadmissibles... Donc, l'important, c'était de dissocier le pacs du mariage, sur le plan légal et sur le plan symbolique. En 1998, il n'était pas possible de mettre sur la table la question du mariage homosexuel, même au sein du gouvernement, il a fallu que j'insiste.

 
A l'époque c'était quelque chose qui était beaucoup moins admis dans la société, vous ne trouverez plus personne opposé au pacs aujourd'hui. Aujourd'hui, j'ai évolué sur le mariage, j'ai considéré, en parlant avec les associations que, dès lors qu'il s'agissait de consentement mutuel entre deux adultes, il n'était pas possible de refuser une égalité des droits. La société a beaucoup évolué, moi même je garde mes interrogations sur l'adoption ; il faut trouver comment écrire dans le code civil comment s'organise la filiation d'un enfant qui est adopté par un couple homo."

 

Lettre écrite à un citoyen l'interrogeant sur le mariage pour tous

Monsieur, J’ai pris connaissance du courrier que vous m’avez adressé au sujet du projet de loi sur le mariage pour tous préparé par le Gouvernement.
En 1998, en tant que Garde des Sceaux d
u Gouvernement Jospin, j’ai porté avec conviction le projet de loi sur le Pacte civil de solidarité, qui constituait une avancée majeure en termes de libertés individuelles. Les débats sur le PACS se sont tenus dans un contexte particulièrement houleux. Des propos homophobes injurieux et haineux ont été entendus jusque dans l’hémicycle. Dans ce contexte, j’ai préféré à l’époque distinguer clairement la question du PACS de celles du mariage et de la parentalité. Lier ces différents enjeux aurait en effet compromis toute avancée en matière de droits des personnes homosexuelles.
Depuis l’adoption du PACS, la société française a profondément changé et j’ai moi-même évolué dans mes positions. Je soutiens aujourd’hui fermement l’engagement de François Hollande en faveur du mariage pour tous, qui doit permettre l’union des couples, indépendamment de leur orientation sexuelle.
Je suis également favorable à l’ouverture de la parentalité aux couples de même sexe et donc à l’adoption par les couples homosexuels. Je souhaite que nous puissions apporter une solution aux situations légales complexes des enfants élevés par des parents homosexuels. En tant que Garde des Sceaux, j’avais d’ailleurs initié de premiers pas en ce sens au travers de la réforme du droit de la famille, qui reconnaissait des droits aux beaux-parents.
Cependant, la question de la filiation me semble encore irrésolue. Il m’apparaît essentiel de distinguer la filiation biologique, qui émane nécessairement d’un homme et d’une femme, de la filiation sociale. Cet enjeu complexe devra faire l’objet d’une réflexion approfondie dans le cadre des débats sur le mariage pour tous.
Je vous prie d’agréer, monsieur, l’expression de mes meilleures salutations.

Elisabeth GUIGOU
Députée de la Seine-Saint-Denis
Présidente de la Commission des Affaires Etrangères

Valéry Giscard d’Estaing 

Valéry Giscard d’Estaing (86 ans), l’ancien président français, se prononce en faveur du mariage pour tous. "Moi, je l’aurais appelé “union”, mais j’aurais donné pratiquement les mêmes droits […] C’est tout à fait en phase avec la société actuelle."

3) Les artistes et intellectuels pour "le mariage pour tous"

Une quarantaine d'artistes pour le mariage pour tous

"Nous artistes et personnalités du monde du spectacle, nous sommes d’une génération pour qui le mariage pour tous est une évidence". C'est ainsi que commence une lettre publiée par une quarantaine d'artistes qui s'engagent pour le mariage pour tous, alors que le débat continue à agiter le pays.

 

Nous artistes et personnalités du monde du spectacle,

Nous ne parlerons pas ici de politique.

Nous ne parlerons pas ici de religion.

Nous ne parlerons que d’égalité, 

Nous sommes d’une génération pour qui le mariage pour tous est une évidence.

Nous côtoyons chaque jour dans nos métiers, dans nos vies personnelles et amicales des homosexuels, célibataires, en couple, avec ou sans enfants, avec ou sans le désir d’enfant.

Nous sommes tous issus d’une famille dite « traditionnelle ».

Pour autant, certains d’entre-nous ont connu la famille mixte, monoparentale, de cause ou de fait, certains ont été élevés par un tiers, pour autant nous sommes fiers de notre identité et ces différences nous ont rendues plus forts.

Aujourd’hui, nous ne supportons plus de voir en France des gays et lesbiennes injuriés, nous ne supportons plus de voir nos amis, nos familles, nos fans injuriés.

Nous ne voulons pas d’une France ou certains seraient stigmatisés, nous ne voulons pas d’une France où il y aurait des sous citoyens.

Nous en appelons à la tolérance, à l’ouverture d’esprit de chacun au nom du « Bien vivre ensemble ».

Nous artistes et personnalités du monde du spectacle nous prenons positions et soutenons le mariage et l’adoption pour tous.

 

Signataires :

Une quarantaine d'artistes à répondu présents, certains homosexuels, d'autres non. Parmi eux,Emmanuel Moiregagnant de "Danse avec les stars" saison 3 et qui se réjouissait récemment que TF1 l'accueille dans le casting de l'émission. « Je trouve que c'est déjà bien que je fasse partie d'un programme comme ça sur TF1 qui est une grande chaîne populaire, avec qui je suis, ma personnalité, tout le monde le sait, ce n'est pas caché », expliquait-il au début de l'aventure à nos confrères de puremedias.comLorie, qui a elle aussi participé à l'émission cette saison jusqu'à son élimination en demi-finale, figure également parmi les signataires, tout comme Julien ClercPatricia KaasJenifer ou encore MIKA, qui a fait son coming out plus tôt cette année.

On compte également parmi les signataires l'humoriste Alex Lutz, l'animatrice Valérie Damidot, son collègue Christophe Beaugrand ou encore les chanteurs Quentin MosimannSheryfa Luna et Sofia Essaidi. Ont également accepté de s'engager Al Hy, Alex Goude, AnggunAnaïsAmandine Bourgeois, Barbara Carlotti, Baptiste Lecaplain, Baz’art à nanas, Ben Mazué, Chris Mayne, Clarika, Dominique A, Elsa Lunghini, Jeanne Cherhal, Jean Pierre Danel, Jennifer Ayache de Superbus, Julie Zenatti, Karima Charni, Karine Ferri, Keren Ann, L, La Grande Sophie, RoBERT, Laurent Lamarca, Mademoiselle K, Medhi Zannad, Merwan Rim, Mutine, Séverin, Sophie Carpentier, Tal, Thomas Fersen, Thierry Gali, Valérie Damidot, Ysa Ferrer et China Moses.

Sophia Aram

 

«Non. Et paradoxalement je ne suis pas vraiment pour le mariage, je n'aime pas tellement l'idée d'un agent administratif dans mon lit, qui va dire que je dois être fidèle, ceci cela... Je n'ai pas besoin, mais j'ai le choix, encore une fois, j'ai le droit de me marier ou pas. Et peut-être que je me marierai un jour, je ne sais pas. Ça fait discours de Miss France, mais l'argument c'était de dire je ne monte pas dans un bus qui est réservé aux blancs. Ça m'insupporte.»
«Je pense qu'ils ont peur de perdre leurs privilèges, ils ne seront plus les seuls à avoir la carte famille nombreuse, ils ne seront plus les seuls à avoir la carte Ikea Family, et ils vont perdre tout un tas de privilèges, et ça quand même, il faut les comprendre. Ils avaient des privilèges de familles d'hétéros, qu'ils vont perdre.» Elle redevient plus grave. «Non, je n'arrive pas à comprendre. Franchement, d'un point de vue rationnel, je n'arrive pas à comprendre. C'est comme si ça venait mettre en péril leur famille à eux.»
Ce qu'elle ne comprend pas non plus (et elle n'est pas la seule), c'est pourquoi le projet de loi du gouvernement s'arrête à l'adoption. «L'homoparentalité, c'est déjà une réalité. Des couples qui ont recours à la procréation médicalement assistée, c'est une réalité. Et les enfants sont là. J'ai des couples de copines, dont une a porté les jumeaux, aujourd'hui s'il lui arrive quoi que ce soit, ses enfants deviennent quoi? Ils perdent une de leurs mamans et l'autre n'a aucun droit? Si c'est la grand-mère qui obtient la garde, c'est super dégueulasse, pour les mômes, c'est un double drame… Pour peu que la famille ne s'entende pas et tout ça… On ne prend justement pas en compte l'intérêt de l'enfant. C'est marrant, cette vision du monde dans laquelle ces enfants seraient malheureux, ces enfants seraient maltraités, ces enfants vivraient dans un monde de débauche… On a quand même entendu des horreurs qui en disent long sur ce qu'ils pensent des homosexuels. Un père qui pratique la sodomie ne pourrait pas élever un enfant!». Elle rit. «Je trouve ça triste de penser que la sodomie est réservée aux homos, mais après c'est leur problème à eux.»
Est-elle d'accord avec Dominique Bertinotti, qui, sur Yagg, a expliqué que le projet de loi était une loi de défense de la famille? «Mais complètement, bien sûr, c'est évidemment pour ça qu'il faut se battre. Il est là, l'intérêt de l'enfant. Et on parle de famille, on ne parle pas que de couple, le désir d'enfant existe qu'on soit marié ou qu'on ne le soit pas. Il y a des femmes qui ont des enfants seules, ça ne pose de problème à personne. Mais il faut prévoir tous les cas de figure, tout existe, on est dans un monde qui a changé, il faut s'adapter au monde dans lequel on vit. Le monde a bougé, et pas en mal, on n'est pas plus malheureux qu'avant.»