Qui est contre "le mariage pour tous" ?

1) Les organismes contre "le mariage pour tous"

La Caisse nationale des allocations familiales (Cnaf)


"Les administrateurs ayant exprimé un vote défavorable, se sont notamment déclarés en désaccord avec la méthode employée : une saisine du conseil d’administration de la Cnaf dans un délai d’urgence.  Certains d’entre eux ont exprimé leur opposition à la suppression dans le projet de loi des termes de «père» et de «mère». D’autres ont parlé d’un projet qui était une remise en cause de la famille et de la société Française. Enfin, des administrateurs ont regretté le manque d’études d’impact".

L'Eglise catholique de France

 

 

 

 

 

 

 

Le mariage pour tous ?

"L'ouverture au mariage et à l'adoption pour les personnes de même sexe fera l'objet d'un projet de loi présenté en novembre en Conseil des ministres puis débattu au printemps 2013. Ce dossier propose des éléments pour comprendre les enjeux d'un débat de société au sein duquel les catholiques se positionnent comme "éveilleurs des consciences".

 

Mariage pour tous: les évêques réunis en provinces appellent au débat

"L'ouverture au mariage et à l'adoption pour les personnes de même sexe fera l'objet d'un projet de loi présenté en octobre en Conseil des ministres puis débattu au printemps 2013. L'examen par les députés français de ce projet de loi, prévu pour la mi-décembre, pourrait être reporté à fin janvier. De nombreux évêques, réunis en provinces, se sont récemment exprimé pour demander une débat."

 

Elargir le mariage aux personnes de même sexe ? Ouvrons le débat !

"L’élargissement du mariage civil aux personnes de même sexe et la possibilité pour elles de recourir à l’adoption, est une question grave. Une  telle décision aurait des conséquences importantes sur les enfants, l’équilibre des familles et la cohésion sociale. Il serait réducteur de fonder la modification du droit qui régit le mariage et la famille, sur le seul aspect de la non-discrimination et du principe d’égalité. Le Conseil Famille et Société a voulu prendre en compte, avec l’aide d’experts, la complexité de la question et fournir des éléments de réflexion abordant les principaux enjeux de la décision envisagée. La réflexion s’adresse aux catholiques, mais elle ne reflète pas qu’un point de vue religieux. Elle peut intéresser toute personne s’interrogeant sur les mesures annoncées par le gouvernement. "

 

HOMME – FEMME – ENFANTS : 10 BONNES RAISONS DE NE LEGALISER NI LE MARIAGE ENTRE PERSONNES DE MEME SEXE NI L’ADOPTION PAR DES PARTENAIRES DE MEME SEXE

"Certains affirment que notre législation actuelle du mariage et de l’adoption serait liée à une conception religieuse de la société. On notera qu’en fait, aucun des arguments ici énumérés n’a de connotation religieuse. En revanche, on voit que s’affrontent une vision strictement individualiste etune approche sociale. "

A propos du Projet de Loi «  Mariage pour tous », de Mohammed MOUSSAOUI, Président du CFCM

 

Dans le projet de loi de « Mariage pour tous », le gouvernement déclare être conscient de toutes les dimensions philosophiques et anthropologiques entourant le mariage et estime que ces dimensions ne peuvent venir percuter l’exigence d’égalité.
Ce projet va étendre aux personnes de même sexe les dispositions actuelles du mariage, de la filiation et de la parenté. Il ouvre l’adoption aux couples homosexuels et ce dans un cadre identique à celui qui est actuellement en vigueur.

 

"[...] L’opposition du culte musulman au mariage de deux personnes de même sexe étant réaffirmée, nous devons rajouter que, compte tenu du principe de laïcité qui tient compte de la diversité et de la pluralité des religions et des convictions au sein de notre société, nous sommes conscients que les règles et les normes d’une religion ne peuvent être mises en avant pour s’opposer ou se soustraire aux normes et aux règles de la République qui s’appliquent à tous. Ces règles républicaines doivent être le résultat de débats et de choix démocratiques ouverts à tous les citoyens quelles que soient leurs conditions ou leurs convictions. Profondément attachés au principe de justice et du respect de l’égale dignité de tous ainsi qu’à la reconnaissance de la pluralité des religions et des convictions dans notre société, nous entendons contribuer, dans cet esprit, aux débats démocratiques et à l’évaluation des choix projetés pour notre modèle sociétal.
Par ailleurs, en présentant notre position sur le projet de loi, nous réaffirmons notre condamnation totale de toute forme d’atteinte qui viserait une personne en raison de ses opinions, de son appartenance religieuse ou de son orientation sexuelle. Et, à ce titre, nous condamnons fermement tout acte homophobe.

[...]

Le risque d’emprunter, par la transformation d’un grand principe régulateur qu’est la filiation, un chemin irréversible qui engage la société d’aujourd’hui et de demain dans un avenir incertain est très grand.
Ce serait oublier, comme le soutenait Henri Bergson que « sur dix erreurs politiques, neuf consistent à croire que ce qui était vrai hier l’est encore aujourd’hui » mais que la dixième, la plus grave sans doute, consiste à croire que « ce qui était vrai hier ne l’est plus aujourd’hui ».

N. B. : La Fédération protestante de France n’est pas une instance doctrinale, chaque Église membre mène pour son propre compte et selon ses propres modalités une réflexion théologique sur ces questions.

 

 

 

 

Déclaration du Conseil de la Fédération protestante de France à propos du "mariage pour tous"

La question est fondamentalement sociale et collective. Elle relève de la façon dont une société se perçoit et se construit et des symboles dont elle marque le champ de son identité. Or sur ce point, il faut dire clairement que les distinctions opérées entre homosexualité et hétérosexualité, ne sont pas fondamentalement le reflet d’un moralisme désuet, mais relèvent d’une exigence profonde du corps social. Celui-ci demande à être structuré, symboliquement et réellement, par la présentation et l’acceptation d’une différence originelle et fondamentale qui traverse jusqu’au plus intime des corps et des manières d’être. Considérer toutes les formes de sexualité comme indifférentes, reviendrait en fait à empêcher toute rencontre véritable et tout métissage réels, parce que tout serait déjà imaginairement mélangé et nivelé.Le mariage n’est pas la fête de l’amour, la mise en scène de sentiments, mais une organisation sociale qui contribue à structurer les relations en symbolisant la différence entre générations, entre les sexes, entre épousables et non épousables. Il a toujours, selon ses diverses formes culturelles, voulu mettre « de la clarté dans les faits et de la hiérarchie dans les valeurs » (France Quéré). Il est le lieu où se construisent les rapports entre les sexes et les générations.

 
Il ne s’agit pas de morale mais de symbole. C’est pourquoi tout en encourageant ses membres à l’accueil respectueux des personnes homosexuelles, sans contester aux pouvoirs publics leur responsabilité législative, la Fédération protestante de France estime que l’actuel projet de « mariage pour tous » apporte de la confusion dans la symbolique sociale et ne favorise pas la structuration de la famille. Il n’est pas question ici de morale mais d’anthropologie et de symboles.La Fédération protestante de France souhaite exprimer à cet égard sa très vive préoccupation si, au-delà du « mariage pour tous », une réforme du droit de la filiation devait s’engager sans être précédée d’un vaste débat public analogue à celui qui a précédé l’adoption des lois de bioéthique par le Parlement.


 

 

MARIAGE HOMOSEXUEL, HOMOPARENTALITÉ ET ADOPTION : CE QUE L’ON OUBLIE SOUVENT DE DIRE. ESSAI DE GILLES BERNHEIM, GRAND RABBIN DE FRANCE

 "Un grand nombre de nos concitoyens ne perçoit dans la revendication du mariage homosexuel qu’une étape supplémentaire de la lutte démocratique contre l’injustice et les discriminations, dans la continuité de celle engagée contre le racisme.

 
C’est finalement au nom de l’égalité, de l’ouverture d’esprit, de la modernité et de la bien-pensance dominante qu’il nous est demandé d’accepter la mise en cause de l’un des fondements de notre société. Et d’ailleurs, sondages à l’appui, cette mise en cause serait déjà acceptable par une majorité de nos concitoyens et son inscription dans la Loi n’appellerait, de ce fait, aucun débat à la mesure des enjeux.


Le Grand Rabbin de France a souhaité prendre le temps d’analyser, de passer au crible des arguments, de présenter les théories sous-jacentes et surtout d’expliciter les véritables enjeux de la négation de la différence sexuelle dans notre société.


Il a préféré ce temps de l’analyse et du décryptage dans un document auquel chacun pourra se référer, plutôt qu’une intervention succincte, partielle, réduite à l’expression d’un « pour » ou d’un « contre » et pouvant prêter le flanc aux caricatures disqualifiantes, hélas nombreuses sur ces sujets."

Les enfants adoptés: Helene-Charbonnier-L-enfant-doit-etre-replace-au-caeur-des-debats-sur-le-mariage 

« Génération Justice pour tous » est un collectif indépendant de tout mouvement, parti politique, association ou appartenance religieuse. Il rassemble des jeunes de 16 à 30 ans autour d’un appel aux parlementaires sur la question du mariage homosexuel.Les mille premiers signataires de cet appel, et tous ceux qui les ont rejoints, entendent apporter leur voix au débat démocratique, dans la clarté et le respect de tous.

 

L'Appel : 

Lettre ouverte aux Parlementaires français

 

Nous avons moins de trente ans. C’est nous qui hériterons de l’avenir que vous préparez aujourd’hui. Or vous serez bientôt conduits à vous prononcer sur l’évolution du mariage, et votre décision comptera pour dessiner cet avenir ; aussi avons-nous notre mot à dire.

 

Vous pensez peut-être que l’ouverture du mariage aux personnes de même sexe n’est pas d’une grande importance, et que d’autres sujets sérieux pourraient nous préoccuper. Nous sommes nés dans un monde en crise, et cette crise devrait être l’unique sujet d’inquiétude de notre génération. Mais nous pensons justement que la question du mariage en est l’un des aspects majeurs. C’est cette inquiétude qui nous pousse à parler aujourd’hui, et elle seule : nous refusons une réforme qui ne pourra qu’aggraver la précarité des équilibres sociaux, et dont les plus jeunes seront les premières victimes.

 

Toutes les formes de la crise que nous traversons sont le résultat d’une même rupture. Au nom du progrès et de la consommation conquérante, l’individualisme de nos sociétés occidentales a partout produit l’affaiblissement des repères fondamentaux. Il y a trente ans, dans le monde de l’économie, appeler à la mesure dans la consommation ou au respect de la nature vous valait d’être considéré comme un rétrograde ou un marginal. Aujourd’hui, c’est une nouvelle forme de dérégulation qui s’annonce, cette fois-ci en matière de droit de la famille : une petite minorité, munie des armes classiques du lobbying politique et médiatique, martèle que la structure ancestrale de la famille, fondée sur l’alliance complémentaire d’un homme et d’une femme, doit être dépassée. Elle exige, sous prétexte de « progressisme », qu’on adapte la définition de la famille à la mesure de son désir, qu’elle prétend, à tort, partagé par toutes les personnes homosexuelles. Et qu’on lui cède, sans discussion, des enfants adoptés, ou fabriqués pour l’occasion s’il venait à en manquer.

 

Les voix qui alertent ne manquent pas. Des juristes, qui appellent à la prudence avant de bouleverser le socle même du droit de la famille et de la filiation. Des associations d’enfants adoptés, qui, avec les psychologues et les pédopsychiatres, s’inquiètent des conséquences sur les enfants. Des psychanalystes, qui rappellent combien la différence des sexes est nécessaire à la construction des personnalités et des sociétés. Tout cela est balayé d’un revers de main : ceux qui doutent de cette réforme sont taxés en bloc de passéisme. Et pourtant, les rétrogrades ne sont pas où l’on croit : au nom des vieilles revendications d’une idéologie dépassée, certains voudraient refuser un débat nécessaire, et écarter ces voix qui pointent le risque pour les générations futures – pour notre avenir ! Mais comment accepter que le principe de précaution s’applique pour la défense de l’environnement, et non lorsqu’il s’agit de nos enfants ?

 

Nous ne parlons au nom d’aucun conservatisme, d’aucune haine. Nous serons les premiers à le rappeler, toute personne doit être absolument respectée dans sa dignité ; et nous espérons que notre jeunesse saura toujours se révolter contre le mépris, l’intolérance et la discrimination. L’injustice est scandaleuse quand elle touche les personnes homosexuelles ; mais elle ne l’est pas moins quand elle atteint les enfants. Affirmer que la société doit offrir à chaque jeune, autant qu’il est possible, de grandir avec un père et une mère ; que  c’est le bien des plus petits qui doit être notre première préoccupation ; que le droit ne peut réinventer les liens de filiation pour satisfaire le désir des adultes – rien de tout cela n’est homophobe !

 

Nous voulons parler pour les plus vulnérables d’entre nous. Les jeunes, dans notre pays, sont touchés de plein fouet par la précarité ; comme partout, quand la crise frappe, c’est vers leur famille qu’ils se tournent. Dans les années d’épreuve qui s’annoncent pour notre génération, dans l’instabilité du monde qui vient, nous aurons plus que jamais besoin de la stabilité des repères familiaux. Le bouleversement que susciteraient ces filiations artificielles, séparées de la complémentarité des sexes, fragiliserait définitivement la structure la plus nécessaire. Le mariage pour tous, c’est, en fin de compte, la famille pour personne. C’est le législateur qui fuit son rôle, parce qu’il abandonne, au nom d’un faux progrès, la norme et le bien communs. C’est la République qui perd du terrain, au profit de l’individualisme consumériste et du communautarisme identitaire. Et quand le terrain perdu est celui de la famille, alors, le perdant, c’est l’enfant. Nous ne pouvons prendre ce risque ; nous comptons sur vous !

 

Tribune parue dans le quotidien Libération, en date du 4 décembre 2012
sous le titre « Mariage pour tous, justice nulle part ! »

 

2) Les mouvements politiques contre "le mariage pour tous"

L’Entente Parlementaires pour la Famille

L’Entente parlementaire pour la Famille rassemble des députés et des sénateurs soucieux de la promotion de la famille et de la protection de l’enfant.

 

Lettre de l’Entente à François Hollande

"C’est pourquoi ce texte, même si on ne peut contester le fait qu’il figurait dans votre programme de campagne, ne peut être examiné dans la précipitation. Il est  dans notre tradition républicaine de ne pas agir en des domaines si importants sans une vaste consultation démocratique au cours de laquelle les citoyens puissent s’exprimer, et être pleinement éclairés, comme ce fut le cas dernièrement avec la bioéthique ou l’euthanasie. Par ailleurs, vous êtes le garant de la cohésion sociale entre tous les citoyens français, or il nous semble que dans la crise économique particulièrement sévère que nous vivons actuellement,  alors que les forces vives de tout le pays doivent être mobilisées et que les Français ont besoin d’être rassemblés,  ce projet risque de provoquer diversion et division. "

 

Tribune de l’Entente parlementaire  à propos du projet de loi « Mariage pour tous et adoption » – Libération, mardi 23 octobre 

"Ceux qui disent que le projet de loi de « mariage pour tous » ne fait qu’accorder des droits nouveaux au nom de l’égalité, nous trompent. Ce texte bouleverse en profondeur notre société.

Faut-il rappeler que le mariage civil est – en premier lieu – un acte juridique visant à établir un cadre institutionnel pour un couple constitué par un homme et une femme qui décident de fonder une famille ? Le mariage n’est donc pas un simple certificat de reconnaissance d’un sentiment amoureux."

Le PCD est un parti politique de centre-droit, fondé en Juin 2009 par Christine BOUTIN. Parti non confessionnel, qui rassemble ceux qui se préoccupent de l’avenir de l’homme et de sa primauté ; ceux qui pensent que le débat est possible en politique ; ceux qui veulent faire se lever une nouvelle génération d’hommes et de femmes politiques ! Regroupe 9 500 adhérents et plusieurs centaines d’élus.

 

Lettre ouverte de l’Entente Parlementaire pour la Famille au Président de la République.

"[...] Aujourd’hui  le projet de loi, en ne  faisant plus reposer le mariage sur l’altérité sexuelle, au prétexte de l’égalité et de la non-discrimination des personnes homosexuelles, entend changer la nature même du mariage, en introduisant deux discriminations supplémentaires : l’une envers les adultes à qui la réforme revendiquée par une minorité sera imposée à tous, et l’autre envers les enfants dont certains seront légalement privés d’un père ou d’une mère.

 

Nous vous demandons solennellement  de prendre en compte, avant tout intérêt partisan, l’intérêt supérieur de l’enfant dont par votre fonction au sommet de l’Etat, vous êtes le principal garant.

 

En limitant l’examen du texte à des auditions souvent partiales à l’Assemblée nationale, vous privez les Français d’un véritable débat public et de la réflexion responsable qu’ils réclament – les manifestations de ces jours derniers en sont la preuve évidente – sur un sujet fondamental de société qui les concerne tous et engage leur avenir ainsi que celui des générations futures. Car au-delà du mariage homosexuel et de l’adoption, ce sont les repères fondamentaux de la nature humaine qui sont en jeu.[...]"

 

 

Mariage pour tous : débat entre Christelle Cardet et Charles Henri Jamin.

"Charles Henri Jamin, maire PCD de Saint Hilaire Saint Florent et Vice Président de Saumur Agglo à participé à un débat vidéo autour du mariage pour tous.Charles Henri Jamin, maire de Saint Hilaire Saint Florent, membre du Parti Chrétien Démocrate et Vice Président de Saumur Agglo, et Christelle Cardet, Conseillère Régionale, élue Europe Ecologie les Verts  ont participé à un débat dont la vidéo est publiée sur le site http://www.saumur-kiosque.com"

Les Poissons Roses

Vous voulez porter au sein du parti socialiste votre désir d’une société plus fraternelle, d’une action politique aux principes renouvelés, d’une véritable conversation nationale autour des sujets d’éthique sociale qui vous tiennent à cœur ? 

 

Lettre aux députés de la majorité sur le projet de loi sur le mariage pour tous

Lettre des Poissons Roses aux députés, lundi 12 novembre 2012

"Notre mouvement « Les Poissons Roses » a soutenu François Hollande et sa majorité lors des élections présidentielle et législative. Nous avons la conviction que la République a été abîmée par cinq années de sarkozisme et d’une méthode consistant à opposer certaines catégories de Français à d’autres.  Nous craignons que la manière dont le débat s’est engagé sur cette question comporte de graves risques, en particulier pour les plus défavorisés et les plus exclus. Un débat mal préparé et mal conduit aurait  pour effet, comme cela commence à s’observer, un retour des réflexes homophobes que nous voulons à tout prix éviter. Ce projet de loi doit respecter toutes les valeurs du programme qui a porté une nouvelle majorité au pouvoir. A ce titre, nous devons, nous socialistes, avancer vers la justice et le progrès en prenant le contrepied des postures et des caricatures, sources de divisions."


Vers une parentalité sans parité ?

Article de Christine Lagrange, socialiste, membre des Poissons Roses à Lyon, octobre 2012

"Le respect dû aux plus fragiles nécessite qu’aucun enfant ne soit privé de sécurité matérielle et affective. Des dispositions juridiques doivent être envisagées pour les enfants, qui aujourd’hui grandissent et bénéficient de l’affection de couples formés de personnes de même sexe. La sécurité matérielle et affective, à laquelle ils ont droit, ne doit en aucun cas leur faire défaut. Mais dans une société où le « vivre ensemble »  est fissuré par une crise économique de grande ampleur, il est urgent que le législateur prenne le temps de réfléchir aux implications pour l’ensemble de la société et pour les enfants en situation d’être adoptés, de l’introduction dans le Code Civil de dispositions qui n’auraient pas pour fondement le bien premier de l’enfant ou nierait les bienfaits de la parité et sa valeur éducative. En matière de justice, le Bien commun, qui n’est jamais la somme des intérêts particuliers, impose que le curseur soit placé du côté de celui qui restera toujours le plus vulnérable de nos sociétés : l’enfant."


Un abus de pouvoir des parents sur l’enfant

Article de Paul Thibaut paru dans le Monde, octobre 2012

"Le débat sur le mariage entre homosexuels semble impossible : ceux qui devraientse répondre ne se rencontrent jamais. Les adversaires de la légalisation croient rappelerl'évidence, la vérité biologique de la procréation. Les partisans de l'alignement juridiquede l'homosexualité sur l'hétérosexualité invoquent eux aussi des réalités, mais desréalités d'un autre ordre : sociales, morales et historiques. C'est un fait que des couplesdu même sexe élèvent des enfants, que cela scandalise de moins en moins et quel'interdire créerait des souffrances et des désordres".

3) Les hommes politiques contre "le mariage pour tous"

Mariage gay : au PS, les élus sceptiques font profil bas

 

Une vingtaine de députés de la majorité serait en désaccord avec le projet de loi sur le mariage pour tous.

Carlos da Silva, député PS de l'Essonne, suppléant de Manuel Valls depuis dix ans, le reconnaît volontiers. «Je me suis beaucoup interrogé sur le mariage pour tous, j'ai beaucoup hésité. Je suis sceptique dès lors qu'il s'agit de toucher à l'ordre sociétal de notre pays. Je suis sceptique parce que je considère aussi qu'il faut, dans le travail du gouvernement, ne pas se limiter à ses mesures sociétales», analyse-t-il. Au terme de plusieurs mois de réflexions, l'élu socialiste, issu d'«une famille catholique à la portugaise», a finalement décidé qu'il votera «pour» le mariage et l'adoption par les couples homosexuels. «Mais je voterai contre la procréation médicalement assistée, que ce soit devant le groupe, en commission ou en séance. La PMA ne fait pas partie des engagements de François Hollande», prévient le député.

 

À gauche, le projet de loi sur le mariage pour tous n'a pas que des supporteurs. Certains s'interrogent comme l'a fait Da Silva. D'autres y sont carrément hostiles. Notamment outre-mer, où «les sociétés sont encore très traditionnelles et où l'homosexualité est cachéeet très peu visible», affirme un bon connaisseur des Antilles. «À l'exception peut-être de la Réunion, l'outre-mer n'est pas vraiment gay friendly», ajoute-t-il.

 

Prises de position plus discrètes

Pour le moment, seuls quelques poids lourds du PS comme le maire de Lyon, Gérard Collomb, ou l'ex-premier ministre, Lionel Jospin, sont ouvertement critiques. Les poids légers sont bien plus discrets. La députée maire de Chambéry, Bernadette Laclais, s'interroge sur le fait que le mariage pour tous puisse «être réduit à une revendication de droits ou d'égalité». Le député des Yvelines Jean-Philippe Mallé, suppléant du ministre Benoît Hamon, est également contre le projet. «C'est non pour le mariage, non pour l'adoption, non pour la procréation médicalement assistée», dit-il, ajoutant qu'il se «retrouve totalement dans les positions de Sylviane Agacinski».

 

Mais combien sont-ils au juste à être opposés au texte? Une vingtaine, peut-être un peu plus. Aux interviews dans les médias nationaux, les opposants de gauche préfèrent les prises de position plus discrètes dans le huis clos de l'Assemblée nationale et du Sénat. Ou sur leur blog. «Ils sont embarrassés et n'osent pas le dire parce qu'ils ont été élus sur un projet, celui de François Hollande», analyse Carlos Da Silva.

 

C'est le cas du député de Meurthe-et-Moselle Dominique Potier, qui avait réclamé dès septembre «un débat de fond». «Nous ne mesurons pas, estime l'élu le 4 novembre sur son blog, la profonde dimension culturelle qui est en jeu dans l'actuel projet de loi». Il ne veut pas en dire plus pour le moment. Tout comme cet autre élu qui, après avoir accepté le principe d'une interview, fait marche arrière. «Je ne souhaite pas que mon point de vue soit vécu comme une attaque. Pour le moment, je suis dans une phase de dialogue et d'explication en interne», dit-il. Ce député est surtout furieux contre son parti. «Il me semblerait de bon aloi que le PS et le groupe socialiste nous autorisent à nous exprimer sur ce sujet», finit-il par lâcher en fin de conversation.

Georgina Dufoix, contre le mariage pour tous

Georgina Dufoix a été secrétaire d'Etat à la famille (1981-84), ministre des Affaires sociales et de la solidarité nationale (1984-86), ministre chargée des questions familiales (1988), sous la présidence de François Mitterrand. Elle s'est convertie au protestantisme évangélique au début des années 90. 
"Les statuts de mère et de père ont un impact dans l'intime de 
notre être. Il ne s'agit pas seulement d'un statut juridique. Ce sont 
des notions profondes et délicates qui nous structurent 
individuellement, dans le rapport aux autres, à la fois entre le père 
et la mère eux-mêmes, et dans la relation aux enfants et à la société 
dans son ensemble. Si François Hollande avait posé la question 
suivante : êtes-vous d'accord pour supprimer les mots père et mère du 
droit civil français et des codes qui régissent la famille, les 
Français s'y seraient opposés. Nos concitoyens n'ont pas compris que 
derrière le mariage des homosexuels, c'est la théorie du genre qui est 
insufflée dans la société française. Cette théorie qui vient des Etats-
Unis estime qu'homme et femme sont interchangeables."

Jean-François Copé

‎"Pour ma part je suis opposé au mariage et à l’adoption pour les couples homosexuels. Je pense que le mariage est un cadre destiné à donner une protection aux enfants. Il est intrinsèquement lié à la famille et s’organise autour d’un modèle composé d’un père et d’une mère. "

Lionel Jospin, ancien premier ministre socialiste

« On peut réprouver et combattre l’homophobie tout en n’étant pas favorable au mariagehomosexuel. »

Lionel Jospin (2004 au JDD) : « On peut réprouver et combattre l’homophobie tout en n’étant pas favorable au mariage homosexuel » (Direct Matin 16 oct. 2012).

Guigou en 1998

« Pourquoi l’adoption par un couple homosexuel serait-elle une mauvaise solution ? Parce que le droit, lorsqu’il crée des filiations artificielles, ne peut ni ignorer, ni abolir la différence entre les sexes. […] Je veux être parfaitement claire : je reconnais totalement le droit de toute personne à avoir la vie sexuelle de son choix. Mais je dis avec la plus grande fermeté que ce droit ne doit pas être confondu avec un hypothétique droit à l’enfant. […] » (Direct Matin 16 oct. 2012).

 

« Un enfant a droit à un père et une mère, quel que soit le statut juridique du couple de ses parents (…) Mon refus de l’adoption pour des couples homosexuels est fondé sur l’intérêt de l’enfant et sur ses droits à avoir un milieu familial où il puisse épanouir sa personnalité (Applaudissements sur certains bancs du groupe socialiste). C’est ce point de vue que je prends en considération, et non le point de vue des couples, qu’ils soient hétérosexuels ou homosexuels. » (Assemblée nationale, 3 nov. 1998).

 

Ségolène Royal : « La famille, c’est un père et une mère » (Parisien/Aujourd’hui en France, 23 février 2006).

Christian Jacob, Président du groupe UMP à l’Assemblée nationale

 

« J’avais demandé au Président de la République et au Premier ministre qu’il y ait un débatnational. On ne peut pas (...) faire passer un tel sujet de société entre Noël et le Nouvel an. »

Philippe Brillault, maire du Chesnay, Conseiller général des Yvelines


« Nous avons besoin de relayer notre population qui pour une bonne partie n’est pas favorableau changement du statut du mariage d’un homme et d’une femme. »

Jacques Myard, député UMP des Yvelines

 

« Le bon sens veut qu’on marie un homme et une femme et que tout être [humain] est né d’unhomme et d’une femme. »

Jean-François Debat, maire PS de Bourg-en-Bresse

 

« A mes yeux l’enfant n’est pas un droit, ni pour un couple hétérosexuel, ni pour un couplehomosexuel. »

Mariage pour tous : ma position

Laurent Kleinhentz, maire PS de Farébersviller, « évoque un « mariage hors norme » et « contraire à la loi divine » » (Le Point, 7 nov. 2012).

Gérard Collomb, maire socialiste de Lyon : « Je laisserai le soin à mes maires et à mes adjoints de célébrer ces mariages » (Europe1, 26 oct. 2012).

Alexandre Sarrola, maire divers gauche de Sarrola-Carcopino (Corse du sud) : « A titre personnel, cette mesure me choque. Je ne suis pas pour. Mais en tant que maire, je m’en tiendrai aux décisions qui seront prises » (Var Matin, 16 sept. 2012).

« Mariage gay: la gauche catholique défavorable. Plusieurs dissidents à gauche d’obédience catholique ont fait savoir qu’ils ne voteraient pas le texte sur le mariage homosexuel, en particulier à cause de la partie adoption » (L’Express, 17 oct. 2012).

« « Certains d’entre nous sont des cathos de gauche et embarrassés par le sujet, admet un élu PS. On est entre l’intuition qu’il faut garder le cap fixé par le président et l’idée selon laquelle il nous faut rester fidèle à nos convictions. En ce qui me concerne, c’est le rapport aux enfants qui m’ennuie et me pose problème. » » (Le Figaro, 7 nov. 2012).

Jean-Claude Bellini, maire divers gauche de Chaux (Côte-d’Or) : « Si un couple homosexuel me demande de le marier je le ferai… à contrecœur » (Le Monde.fr, 9 octobre 2012).

Franck Meyer, (…) maire MoDem de Sotteville-sous-le-Val (Seine-Maritime) « revendique 127 000 signataires d’élus hostiles au projet du mariage pour tous. Et assure qu’« entre un quart et un tiers des signataires » de l’appel sont des « élus PS, ou de sensibilité de gauche » » (Le Point, 7 nov. 2012).

Jérôme Lambert, député PS de Charente

‎" Que celles et ceux qui choisissent de vivre une sexualité différente soient considérés et protégés en tant que personne humaine, mais que leur mode de vie n'impose pas des changements pour toute l'organisation sociétale. "

Raymond Occolier, maire divers gauche du Vauclin en Martinique : « Le mariage pour tous me semble, comme l’a bien dit monseigneur Vingt-Trois, une supercherie. Je suis entré au PS parce que j’étais un chrétien de gauche. Marier des homosexuels serait pour moi en contradiction avec mes convictions profondes » » (Le Point, 7 nov. 2012).

Daniel Delaune, maire divers gauche de Grand-Camp (Seine-Maritime), « en est un exemple. Opposé au mariage homosexuel et « encore plus » à l’adoption, il est l’un des initiateurs de l’appel du collectif des maires pour l’enfance qui revendique 12.000 signataires « de droite et de gauche », dont des adjoints au maire. « Personnellement », il refusera de célébrer une telle union si la loi passait, affirme-t-il à Sipa. » (Le Nouvel Obs, 6 nov. 2012).

Bernard Poignant, maire PS de Quimper, conseiller de François Hollande à l’Elysée : « Pour moi, la seule question qui se pose ne concerne pas les adultes mais les enfants. Le mariage autorisé entre un homme et une femme présuppose une filiation biologique. Lorsque l’enfant arrive dans un couple marié, l’homme est présumé en être le père. Dans un couple non marié, le père doit reconnaître l’enfant. Or il ne peut pas y avoir, par le mariage homosexuel, un droit à l’enfant. On doit toujours partir et réfléchir aux droits de l’enfant (…) Un enfant se construit dans l’altérité des deux genres, féminin et masculin. » (Le Télégramme, 28 sept. 2012).

Alain Gournac, Sénateur UMP Yvelines

" L'institution du mariage est le fondement sur lequel notre société à l’équilibre toujours précaire peut encore prendre appui. Personne n’a le droit d’y toucher. Tout le monde a le devoir de la défendre et de la consolider. "

Thierry Robert, Député-maire MODEM de Saint-Leu

‎" Ma conviction personnelle a toujours été que le mariage, c’est l’union d’un homme et d’une femme. La mise en place du mariage entre deux personnes du même sexe comporte des implications sociales et culturelles importantes pour les fondements de la société française et réunionnaise. "

 

Laurent Baumel, Député PS d'Indre-et-Loire

‎" Ce n'est pas l'heure de mener des débats d'avant-garde qui ne recréent pas de la confiance avec les couches populaires qui ont le sentiment que la gauche ne s'occupe pas d'elles. "


 

4) Les artistes et intellectuels contre "le mariage pour tous"

Catherine Lara (Ces vedettes sont gays mais pas pour le mariage gay)

 

«Est-ce que vous espérez passer du pacs au mariage?» lui demande Philippe Bouvard : «Non, pas du tout. J'ai choisi de vivre en marge et je le vis bien. Le pacs, c'est formidable. Je vis depuis 16 ans avec la même personne et on profite des avantages sociaux. Mais pour ien au monde, je n'irai me marier. Si je me marie, ce sera avec un homme. Ca a été fait pour ça. Le mariage, c'est une belle institution pour l'homme et la femme. Je n'irai pas faire une caricature de mariage.»

Dave (Ces vedettes sont gays mais pas pour le mariage gay) et (Sylvie Vartan et Dave se prononcent contre le mariage pour tous)

 

Il y a un débat sur le mariage gay actuellement. Qu’en pensez-vous? «Je ne suis pas pour. Parce que je suis un beatnik et que je suis contre le mariage tout court. On n’a pas besoin de monsieur le maire pour vivre ensemble. Et puis, symboliquement, gardons le mariage pour les hétéros. En revanche, pour l’adoption, il y a tellement de pères totalement absents que ce ne sera pas pire avec deux papas.»

Sylvie Vartan (Sylvie Vartan et Dave se prononcent contre le mariage pour tous)

« Je trouve que le mot mariage est toujours associé à l'union d'une femme et d'un homme, dans l'idée d'avoir des enfants. Donc je pense qu'il faut avoir un autre mot, mais il y a déjà le PACS »

Laurent Ruquier (Ces vedettes sont gays mais pas pour le mariage gay)

Dans l'émission «On ne demande qu'à en rire» du 4 septembre 2012 :  «Sérieusement, je n'ai pas envie d'être contre mais je ne suis pas spécialement pour. Mais quand j'entends ceux qui sont contre,  ça me donne envie d'être pour.» 

Karl Lagerfedl (Ces vedettes sont gays mais pas pour le mariage gay)

 

- Vous êtes contre le mariage gay ? 
«Oui, je m’y oppose pour une raison très simple : dans les années soixante, les homosexuels clamaient tous qu’ils avaient droit à la différence. Et maintenant, soudainement, ils veulent une vie bourgeoise. Pour moi, c’est difficile à concevoir – un des papas au travail et l’autre à la maison avec le bébé. Comment ça serait pour le bébé ? Je ne sais pas. Je vois plus deux lesbiennes mariées avec un enfant que deux hommes mariés avec un bébé. Je crois plus en la relation mère-enfant qu’en la relation père-enfant.» 
- J’en déduis que vous ne voulez pas d’enfants, le relance le journaliste. 
«Si je m’intéressais aux enfants, je serais parrain – ou marraine. Et je n’aime pas l’idée d’arracher quelqu’un à sa vie ou à son contexte. Si je trouvais un enfant à adopter, je rechercherais sa famille et je le subventionnerais pour qu’il soit éduqué dans sa vie, dans son contexte.»

5) Les homosexuels contre "le mariage pour tous"

Xavier Bongibault, homosexuel, fondateur de Plus gay sans mariage

 

« Les homosexuels ne sont pas tous en faveur du mariage pour tous. »

Philippe Arino, auteur du blog Araignée du désert et de quelques livres sur l'homosexualité

 

6) Personnalités diverses contre "le mariage pour tous"

Gilles Bernheim, Grand rabbin de France

 

« Ce qui pose problème dans la loi envisagée, c’est le préjudice qu’elle causerait à l’ensemble denotre société au seul profit d’une infime minorité ».

Mgr Léonard, évêque

"Une loi votée démocratiquement peut être injuste"

"Nous pensons avec d’autres, pas forcément des chrétiens, que le mariage est fondamentalement, par définition et par nature, l’union, capable éventuellement de transmettre la vie, d’un homme et d’une femme et qu’il y a intérêt à respecter cette réalité. Nous ne refusons à personne le droit de cohabiter mais ce que je remets en question c’est qu’on appelle cela un ‘mariage’. Les contrats de vie commune existants suffisent à garantir fiscalement, économiquement, etc., la vie ensemble."