Novembre 2012 (1/2)

20 novembre 2012 - La Vie- Jean Rigal, théologien et prêtre du diocèse de Rodez. Auteur d'une quinzaine d'ouvrages, il donne ici sa vision du mariage pour tous et de l'adoption des enfants par les personnes homosexuelles.

Mariage homosexuel : égalité n'est pas identité

Mariage homosexuel : égalité n'est pas identité


Extrait

[...]

Peut-on parler de mariage (union d’un homme et d’une femme selon le Dictionnaire et le langage courant) pour un couple homosexuel ? Y a-t-il équivalence ? – Egalité oui. Identité, sûrement pas. Ce serait remettre en cause le sens du mariage, qui est, selon la loi, la reconnaissance légale de l’union d’un homme et d’une femme.  « La différence sexuelle » demeure radicale, avec les conséquences qu’elle entraîne pour assurer et structurer la vie des hommes et l’avenir de l’humanité. Ces données anthropologiques, que tout le monde devrait admettre, sont essentielles. De plus, elles rejoignent l’enseignement biblique du Livre de la Genèse (Gn 2,23 et 1,16-30). Ces textes fondateurs sont riches d’enseignement, au moins sur deux points concernant ce que nous appelons le mariage : celui-ci désigne l’union d’un homme et d’une femme et il est ouvert à la naissance de nouveaux êtres. Employer le même mot « mariage » pour désigner deux réalités foncièrement différentes ne respecte pas ces réalités et introduit, de surcroît, la confusion. Comme si, en France, l’égalité excluait toute différence alors qu’il n’y a  égalité que dans le respect des différences. Le Canada préfère parler de « L’Union civile de personnes de même sexe », l’Allemagne de « Partenariat de vie ».

[...]

A la question du « mariage homosexuel » est souvent liée celle de « l’adoption », généralement au nom de « l’égalité » et « du droit à l’enfant ». Mais ne faudrait-il pas s’interroger, aussi et d’abord, sur « les droits de  l’enfant » ?

 

Il est généralement reconnu que pour structurer sa personnalité une personne humaine a besoin qu’interviennent « image paternelle » et « image maternelle ». Certes, l’homoparentalité est déjà répandue. On parle, pour la France, de 40000 enfants éduqués par des couples homosexuels (selon l’Insee). Sait-on bien quels sont les effets de l’homoparentalité sur l’identité et la croissance de l’enfant ? Faut-il en élargir l’application et l’ériger en principe ? Que d’interrogations auront à vivre, un jour ou l’autre,  ces enfants ainsi adoptés, à la recherche de leur origine ! On peut, au moins, se poser la question.

 

D’autre part, dans quel gouffre d’inconnu engage une naissance extérieure au couple et produite dans des conditions « très artificielles », où « le désir de l’enfant » semble autoriser tout ce qui est « techniquement » possible ? Le nombre d’adoptions étant très limité, et même  interdit par certains pays,  ne sera-t-on pas tenté, à plus ou moins long terme, de s’orienter vers « la procréation médicalement assistée » pour les couples de « lesbiennes »  et vers « la gestation pour autrui » (les mères porteuses) pour « les couples homosexuels » ? Que sera-t-il décidé à ce sujet ?Au cœur de ce débat, s’inscrit indiscutablement la question du rapport entre parents et  enfants. Le sens de « la filiation » est  profondément modifié à partir du moment où la filiation n’est plus fondée sur l’engendrement biologique mais sur la simple décision (par définition évolutive, modifiable)  des adultes. Les enfants n’ont pas d’autre solution que de se plier inexorablement au choix préalable des adultes.


19 novembre 2012 - Agora Vox - Ariane Walter

La zoophilie ? Et alors ? Pourquoi pas ?

La zoophilie ? Et alors ? Pourquoi pas ?


Extrait

Certains cathos, peu disposés à accorder leur saint mariage aux homosexuels, ont sorti un argument de poids : « Tant qu’on y est, pourquoi ne pas marier les polygames et les zoophiles ? »

 

La zoophilie ?

 

Marre de cette étroitesse d’esprit de certains de nos contemporains ! Oui, pourquoi pas la zoophilie ?

 

Je veux parler ici, non pas des bergers corses et de leurs chèvres, ce qui donne au fromage un goût trop prononcé, mais d’une catégorie dont parlait Voltaire autrefois, oui, le siècle des Lumières ne les a pas méprisés, je veux parler des « enculeurs de mouche ». (Expression littéraire.)

Voilà c’est dit.

 

L’enculeur de mouche, zoophile de base, peut être un moteur actif dans notre société.

Suite...


18 novembre 2012 - Atlantico - Par Roland Hureaux, universitaire, sous-préfet, diplomate, membre de plusieurs cabinets ministériels (dont celui de Philippe Séguin), élu local, et plus récemment à la Cour des comptes. Il est l'auteur de "La grande démolition : La France cassée par les réformes"

Les sept chantages inacceptables des partisans du "mariage" unisexe

Les sept chantages inacceptables des partisans du "mariage" unisexe


Sens de l'Histoire, amour, égalité, accusation d'homophobie... Les arguments des partisans du mariage homosexuel frôlent parfois le chantage. Petit guide pour les démasquer

 

La fausse modernité

Le plus trivial  est le chantage à la modernité : « il faut être de son temps », dit-on. « Il s’agit d’une évolution irréversible ». En termes plus élaborés, on dira que ce projet va dans le sens de l’Histoire. Le sens de l’Histoire est, depuis Hegel, la source racine des pires errements ; si la morale n’est plus un absolu, mais relative à une époque, si elle est tributaire de l’ « évolution de la société », au nom de quoi empêchera-t-on toutes les dérives ? D’ailleurs, cet argument est en lui-même terroriste puisqu’il forclos d’emblée tout débat de fond, notamment sur les droits des enfants.  Et puis, de quel sens de l’Histoire parle-t-on ? Quand Charles de Gaulle parlait de la Russie, il était traité de retardataire par ceux qui considéraient l’Union soviétique comme irréversible. On a vu ce qu’il en a été. On disait dans la Basse Antiquité que deux augures ne pouvaient pas se regarder sans rire. Maintenant que Leningrad s’appelle à nouveau Saint-Pétersbourg, qui peut invoquer encore sans rire le sens de l’Histoire ?

 

L’égalité entre qui et qui ?

Le second est le chantage à l’égalité, ou comme on dit, à la non-discrimination. Le mariage et l’adoption seraient un droit, jusqu’ici ouvert aux seuls hétérosexuels, qui devrait l’être désormais aux homosexuels. Mais de quoi parle-t-on ? Le mariage, le vrai, est permis à tous ; il est permis à tout homme de se trouver une femme et à tous les deux d’aller en mairie s’engager ensemble. Le droit au mariage est déjà universel ! Le vrai drame, soit dit en passant, ce sont les millions d’hommes et de femmes qui voudraient conclure un vrai mariage - avec une personne de sexe opposé - et qui ne trouvent personne. L’âge est un discriminant majeur à cet égard entre les hommes qui, à la suite d’une rupture, se recasent facilement, et les femmes pour qui c’est beaucoup plus difficile : mais de cette question qui, à vrai dire, n’a pas de solution facile,  personne ne parle, comme d’ailleurs de toutes les vraies questions. La discrimination que nous évoquons a aussi une dimension  économique : les pires misères se rencontrent aujourd’hui chez les femmes seules ayant charge d’enfant. Mais cela non plus n’intéresse pas les idéologues.


Et que signifie un droit égal pour des gens qui se sont mis volontairement dans des situations hétérogènes ? Si je choisis de faire une carrière civile, vais-je revendiquer les droits des militaires ?

 

Les idéologues revendiquent de ne pas être discriminés, non seulement sur le droit au mariage, mais aussi sur le droit à l’enfant. Mais l’enfant n’est un droit pour personne !  Pour ceux qui l’ont conçu ensemble, l’élever n’est pas un droit mais un devoir (sauf intervention des services sociaux, en tout état de cause exceptionnelle) ; à la rigueur, si au milieu d’une grande catastrophe, des homosexuels trouvaient un orphelin (comme le Charlot de The Kid), ils auraient non seulement le droit, mais le devoir de s’en occuper (sans être fondés pour autant à lui faire croire mensongèrement que l’un d’eux est sa mère). Mais nous n’en sommes pas là ! Kant nous l’a rappelé : une personne humaine (a fortiori vulnérable comme un enfant) ne saurait être tenu pour un moyen, seulement pour une fin. L’enfant a des droits, il n’est pas un droit.


La sempiternelle accusation d’homophobie

Il y a bien sûr le chantage à l’homophobie. S’opposer au mariage unisexe serait faire preuve d’homophobie. Comme disait Muray, "la cage aux phobes est ouverte, garez-vous". A entendre ceux qui parlent comme  cela, aucune prise de position rationnelle ne serait possible : l’homo politicus ne serait mû que par ses plus bas instincts.

De même que les homosexuels seraient obligés d’être pour le mariage en raison de leurs orientations sexuelles (y a-t-il pire homophobie que de penser cela ?), quiconque est contre ne saurait être mu que par la phobie des homosexuels. Un tel chantage est, lui aussi, une manière totalitaire de clore le débat. On lance ce genre d’invective comme si les positions des uns et des autres ne pouvaient se déterminer en raison, en fonction des intérêts, non de tel ou tel groupe mais de l’État, de la République. C’est pourtant sur ce seul plan qu’il faut débattre. Et c’est sur ce seul plan que les opposants au mariage homosexuel prétendent se placer.

 

« Mais s’ils s’aiment ! »

Chantage à l’amour ensuite. S’ils s’aiment (les homosexuels) pourquoi n’auraient-ils pas eux aussi le droit de se marier ? Mais les officiers d’état-civil n’ont jamais été là pour border les lits ! Il y a des tas de gens qui s’aiment et qui n’ont pas besoin pour cela de convoquer la République à "reconnaître leur amour".

Deux frères, deux sœurs vivant ensemble, un père et sa fille (hors de tout inceste, bien sûr) peuvent vivre ensemble des années ;  pourtant la loi ne leur accorde, s’agissant de frères et sœurs, aucune reconnaissance, même pas en matière de succession. Quatre amis peuvent jouer aux cartes tous les soirs au même bistrot depuis trente ans sans avoir besoin d’une reconnaissance légale. Le mariage est un contrat, c’est aussi une institution sociale qui n’a d’autre finalité que le bien de la société ; et elle vise d’abord à régler la filiation. Même s’il vaut mieux que les époux aient quelque sentiment l’un pour l’autre, ce n’est pas à la société d’en juger, ni à l’Etat d’y apposer son label.

 

Qui est vraiment libéral ?   

Chantage au libéralisme. Ne pas vouloir de mariage homosexuel, ce serait s’opposer à une mesure de libéralisation. C’est la raison pour laquelle beaucoup d’ultra-libéraux, faute d’avoir réfléchi à la question, y sont favorables. Or c’est exactement le contraire.  La République n’a pas à se mêler des sentiments et a fortiori de la sexualité. Si l’institution du mariage existe de temps immémorial, c’est d’abord pour régler la filiation (et donc les successions et autres questions patrimoniales qui, elles, importent à la République). D’autant que, la nature étant ce qu’elle est, il faut 15 ou 20 ans pour faire un homme et non deux mois comme un chat ! Un cadre stable est donc nécessaire ; dès lors qu’il est admis que le ménage homosexuel n’est pas l’idéal pour élever un enfant, en instituant le « mariage » homosexuel, l’État, pour la première fois, s’intéresserait à la sexualité en tant que telle ! Est-ce là du libéralisme ? Il ne fait que reconnaître une solidarité de fait, dira-t-on ? Mais alors pourquoi en exclure, comme c’est le cas du pacs, les ménages frère et sœur, père et fille, mère et fils, les communautés religieuses, etc. ?

 

Laïcité : la fausse et la vraie

Chantage à la laïcité, bien sûr. Dès lors que les autorités religieuses, unanimes,  se sont prononcées contre le projet du gouvernement, un État  authentiquement laïque ne saurait, dit-on, obtempérer à ces admonestations épiscopales, rabbiniques ou autres... Mais pourquoi donc ? Les titulaires de ces autorités ont au minimum  le droit de se prononcer comme citoyens. Que leurs appels ne soient pas passés inaperçus relève des médias et d’eux seuls. Et  si le pape dit que deux et deux font quatre, faut-il, pour être un vrai laïque, soutenir qu’ils font cinq ? En principe les religions, au moins la juive et la chrétienne, n’ont pas d’autre loi que la loi naturelle, reprise dans la loi de Moïse, sans qu’y ait été ajouté rien qui ne soit acceptable par tout homme de bonne volonté.

 

La vraie morale laïque est-elle autre chose que  la loi naturelle ? Celle que Jules Ferry définit comme « cette bonne et antique morale que nous avons reçue de nos pères et mères et que nous nous honorons tous de suivre dans les relations de la vie, sans nous mettre en peine d’en discuter les bases philosophiques. ».  Et l’illustre républicain d’ajouter :  « Au moment de proposer aux élèves un précepte, une maxime quelconque, demandez-vous s’il se trouve à votre connaissance un seul honnête homme qui puisse être froissé de ce que vous allez dire. Demandez-vous si un père de famille, je dis un seul, présent à votre classe et vous écoutant pourrait de bonne foi refuser son assentiment à ce qu’il vous entendrait dire. Si oui, abstenez-vous de le dire ».


Il est clair que le projet de mariage unisexe se trouve aux antipodes de la laïcité ainsi conçue ! Aujourd’hui l’idéologie a largement remplacé les religions, elles sont la nouvelle foi. Le projet de mariage unisexe  est idéologique. La vraie laïcité serait de rétablir les droits de la raison, et ce, non plus contre les Eglises, mais contre les idéologies de plus en plus délirantes qui exercent aujourd’hui leurs ravages. 

 

Une revendication à satisfaire ?

Chantage à la revendication enfin. Il y aurait une ardente revendication de la part de la «communauté homosexuelle», en manque de reconnaissance, en manque d’enfants, etc. La vérité est que l’immense majorité des homosexuels se fiche du mariage. Elle est aussi qu’ils n’envisagent nullement de se marier. Ils ne le disent généralement pas parce qu’ils ne souhaitent pas s’afficher comme homosexuels, qu’ils considèrent légitimement que leurs inclinations sont une affaire privée. C’est dire que des associations comme Plus gay sans mariage qui supposent tout de même que les adhérents s’affichent comme tels, mais qui s’opposent au projet gouvernemental, représentent beaucoup plus qu’il ne paraît.

 

Le chantage à la revendication inassouvie est d’autant plus paradoxal que les mêmes disent aussi que des milliers d’enfants sont déjà élevés par des couples homosexuels. Preuve, soit dit en passant, que les obstacles législatifs, en l’état actuel du droit, sont minces. Mais on ne saurait confondre les familles monoparentales où le parent  unique ne vit pas seul (il ou elle, puisque dans 90% des cas, c’est une femme, peut vivre avec une mère, une grand-mère, une sœur et aussi une compagne ou un compagnon sans que l’Etat ait à s’en mêler)  et le mensonge officiel que supposerait une révision du Code civil permettant au partenaire homosexuel d’usurper une parentalité fallacieuse et même de se dire père s’il est femme, mère s’il est homme ! Nous serions dans une logique «orwelienne» de mensonge d’Etat.

 

Un journaliste demandait récemment à un ecclésiastique s’il avait le droit de s’ingérer dans une affaire politique. Ce serait plutôt aux politiques de se demander s’ils ont le droit de changer le sens des mots !

 

Que tous ceux qui, dans cette affaire, défendent les droits de la raison ne se laissent pas impressionner par des arguments qui sont en définitive terroristes ou,  à tout le moins, sophistiques. Le débat sera alors plus clair.


18 novembre 2012 - Le Journal du Dimanche - Xavier Couture, directeur général de France Télécom - Orange

Mariage pour tous : je n'irai pas manifester contre les droits de ma fille

Mariage pour tous : je n'irai pas manifester contre les droits de ma fille


Ma fille ne me dit pas grand-chose sur elle-même. Du fait de ma drôle de génération, elle en sait beaucoup plus à propos de ma vie sentimentale que je n’en sais à propos de la sienne.

 

Extrait  

[...]

Ma fille ne se mariera peut-être pas et n’aura peut-être pas d’enfants, ce n’est pas le sujet. Je n’irai pas marcher contre des droits élémentaires. Contre ses droits, ceux de sa compagne, de ses ami(e)s, de leurs enfants. Je n’irai pas marcher contre une réalité, même si elle vous déplaît, contre une société en marche, dont je fais partie, dont font partie ces milliers de gens – ces millions plutôt, on le saura de façon certaine quand ils ne seront plus condamnés à l’invisibilité – qui vivent déjà ensemble, font déjà l’amour ensemble, adoptent déjà des enfants ensemble (en se faisant passer pour célibataire), ont déjà des enfants ensemble (on peut faire ça, oui, en Belgique, en Espagne) en ayant moins de droits que les autres. Sans doute, elle a beau être inventive, la route que suit ma fille me semble compliquée.


Sans doute aurais-je préféré, si on m’avait demandé mon avis, un chemin plus classique. Sans doute est-ce moins facile qu’avec mes autres enfants de demander simplement de ses nouvelles. Il faut se confronter à soi-même, à son intolérance, à ses tabous, à ses préjugés. Comme des milliers de parents dans mon cas, je le suppose, je l’espère, j’ai fait des efforts pour comprendre et accepter ce qu’elle avait choisi d’assumer. Pour autant, tout ce temps, pas un instant je ne l’ai considérée comme un sous-enfant, envers qui j’aurais moins de devoirs. Merci de bien vouloir cesser de la considérer comme un sous-citoyen. Et avec elle ses ami.e.s, les ami(e)s de ses ami(e) s, et tous ceux qui réclament, pour eux et pour leurs enfants, rien de plus, rien de moins qu’une complète égalité des droits.


18 novembre 2012 - La Vie - Jean-Pierre Denis

Mariage pour tous : une manif, dix leçons

Mariage pour tous : une manif, dix leçons

 

Après les manifestations du week-end contre le mariage gay, l’heure est au bilan. Les dix leçons à tirer du succès de la mobilisation de samedi et de l’échec des intégristes, dimanche.

 

Extrait


Mobilisation. On reste loin de la mobilisation pour l’école catholique en 1984 (un million de personnes) mais nettement au-dessus des manifestations contre le Pacs en 1999 (100 000 participants). La participation s’avère beaucoup plus forte que prévu par les organisateurs eux-mêmes, au point que les médias les plus hostiles n’ont pu la contester. Elle transcende les générations et, pour partie, les sensibilités ecclésiales. Or, dans l’esprit des organisateurs, la journée de samedi avait valeur de test. Le rassemblement de début janvier pourrait donc être assez spectaculaire, d’autant que l’opinion publique évolue : toujours nettement majoritaire en faveur du projet de loi, mais désormais plutôt hostile à l’adoption. A ce stade il reste peu probable que la dynamique soit suffisante pour faire reculer le gouvernement. Mais à l’inverse, la majorité ne peut plus compter faire adopter son projet comme une lettre à la poste. Le débat est désormais public. 

[...]


18 novembre 2012 - Le NouvelObs - Laurent Joffrin

Mariage pour tous : réponse aux manifestants

Mariage pour tous : réponse aux manifestants


 

 

 

Il ne faut pas traiter les opposants au mariage homosexuel de ringards ou de réactionnaires. Il faut réfuter calmement leurs arguments.

 

Extrait

"Depuis longtemps, le "Nouvel Observateur" s'est prononcé en faveur du mariage homosexuel. C'est une position réfléchie, qui ne consiste pas seulement à monter paresseusement dans le train de la modernité en stigmatisant les retardataires et les ringards. Comme toutes celles qui touchent aux institutions ancestrales de la société, l'affaire mérite un examen rationnel et approfondi. Il faut donc justifier notre position en reprenant calmement les arguments avancés, pour tenter de raisonner entre protagonistes également respectés et se prononcer en connaissance de cause."

[...]


17 novembre 2012 - Le Monde - Edito

Une réforme légitime, nécessaire et progressiste

Une réforme légitime, nécessaire et progressiste


 

Extrait

[...]

Alors que les opposants au projet se mobilisent, ce week-end, dans toute la France, le moment est donc venu de le redire : cette réforme - toute cette réforme et, à ce stade, rien que cette réforme - est légitime, nécessaire et progressiste. Elle obéit, d'abord, à une logique historique. Depuis une trentaine d'années, les homosexuels sont passés de l'ostracisme (au mieux une maladie, au pire un crime) à la tolérance, puis à la reconnaissance, presque à l'indifférence. Dans tous les pays occidentaux, l'évolution des moeurs et des mentalités a été spectaculaire.

 

Ajoutons que la famille ne se conforme plus à un modèle unique ni même dominant. Moins de la moitié des couples français sont "légaux", mariés ou pacsés. Le mariage lui-même n'obéit plus guère aux motifs traditionnels du lignage ou de la religion, mais bien davantage aux exigences et aux choix de la vie affective, similaires entre personnes du même sexe ou de sexes différents.


La réforme répond ensuite à une nécessité démocratique : celle de l'égalité des droits. L'instauration du pacs, en 1999, a reconnu légalement le couple homosexuel, mais l'a exclu du droit à l'adoption et à la famille. Le projet de loi du gouvernement met fin à cette discrimination et assure, en outre, une meilleure sécurité pour le conjoint. Comme c'est déjà le cas dans des pays aussi variés que la Suède, l'Espagne, la Norvège, les Pays-Bas ou la Belgique.


Enfin, en ouvrant aux couples homosexuels le droit à l'adoption (notamment de l'enfant d'un des conjoints), le projet de loi permettra de régulariser de nombreuses situations, bricolées et incertaines, qui existent déjà. Il permettra aux enfants qui n'ont qu'un seul parent biologique et un parent "social" d'avoir une double filiation, comme les autres enfants.

[...]


17 novembre 2012 - Le Monde - Entretien avec Maurice Godelier, directeur d'études à l'Ecole des hautes études en sciences sociales, est l'un des plus grands anthropologues français. Prix de l'Académie française, il a reçu la médaille d'or du CNRS en 2001 pour l'ensemble de son œuvre. Il est notamment l'auteur de Métamorphoses de la parenté (éd. Flammarion, 2010).

"L'humanité n'a cessé d'inventer de nouvelles formes de mariage et de descendance"

"L'humanité n'a cessé d'inventer de nouvelles formes de mariage et de descendance"


 

Extrait

Les opposants au projet de loi sur le mariage homosexuel parlent d'"aberration anthropologique", qu'en pensez-vous ?


Cela n'a aucun sens. Dans l'évolution des systèmes de parenté, il existe des transformations mais pas des aberrations. Certes, on ne trouve pas, dans l'histoire, d'union homosexuelle et homoparentale institutionnalisée. On comprend pourquoi. Pendant des millénaires, la société a valorisé l'hétérosexualité pour se reproduire. Mais souvent l'homosexualité au sein des sociétés a été reconnue dans la formation de l'individu, en Grèce antique par exemple. J'ai vécu sept ans dans une tribu de Nouvelle-Guinée, les Baruya, où, pour être un homme, il fallait être initié. Les initiés vivaient en couple homosexuel jusqu'à 20 ans. L'homosexualité avait un sens politique et religieux. Mais la question des unions homosexuelles et de l'homoparentalité est une question moderne, qui ne s'est jamais posée auparavant.


L'humanité n'a cessé d'inventer de nouvelles formes de mariage et de descendance. C'est pour cela que je parle de métamorphoses à leur propos. Aujourd'hui, en Occident, les deux axes sur lesquels repose tout système de parenté, l'alliance et la descendance, intègrent des formes nouvelles.Pourquoi maintenant ? C'est le résultat de quatre évolutions indépendantes. La reconnaissance progressive que l'homosexualité est une sexualité autre mais normale, l'émergence d'un nouveau statut de l'enfant, l'apparition de nouvelles technologies de la reproduction, et le fait que dans une démocratie les minorités peuvent revendiquer des droits nouveaux. A partir de là, il est devenu possible et nécessaire d'accorder aux homosexuels de vivre légalement leur sexualité et, pour ceux qui le désirent, de pouvoir élever des enfants.

[...]

Un enfant naît d'un père et d'une mère. N'a-t-il pas besoin de cette différence des sexes ?

 
Je n'ai pas envie de transformer les femmes en hommes, et inversement. La théorie de Judith Butler, qui prétend que l'on peut s'affranchir complètement de son corps de naissance est pour moi une limite à ne pas franchir. Je suis favorable à la suppression de toutes les différences construites historiquement, et désormais injustifiées. Mais il existe des différences utiles.


Ce qui importe, c'est que les attitudes dites masculines ou féminines soient assumées, quelle que soit la personne qui les assume. La paternité et la maternité sont des fonctions. Dans nos sociétés, elles peuvent se déplacer. Est-ce que les pères ne se mettent pas aujourd'hui à materner ? Il ne peut pas y avoir d'abolition, mais un décrochage par rapport au sexe.


15 novembre 2012 - Site de L’Union des Organisations Islamiques de France - Droit de réponse à l'article du Monde Blog

Droit de réponse concernant l’article du Monde Blog : Islam et « mariage pour tous » : l’UOIF met en garde contre la « zoophilie et la polyandrie »

Droit de réponse concernant l’article du Monde Blog : Islam et « mariage pour tous » : l’UOIF met en garde contre la « zoophilie et la polyandrie »

 

L’Union des Organisations Islamiques de France souhaite revenir sur l’article de Stéphanie Le Bars dans « Le Monde Blog » publié en date du 14 Novembre 2012.

 

L’homophobie, comme nous l’avons bien précisé dans notre texte « est condamnée par tous » et « nous la condamnons fermement ». Dans la même optique nous avons également rappelé qu’ « Il n’était pas non plus ici question de se prononcer en faveur ou contre l’homosexualité, puisque tout individu a le droit de mener sa vie privée comme il l’entend ».

 

Les homosexuels sont avant tout des hommes et des femmes qui ont le droit au respect comme tout un chacun. Notre position concernait exclusivement le mariage et l’adoption.En aucun cas il y eut intention ou volonté de notre part, de comparer, de dénigrer ou de mépriser, quelque personne que ce soit.

 

L'Union des Organisations Islamiques de France a simplement souhaité « dans un souci d’œuvrer pour l’intérêt général, à participer à ce débat, à partager sa réflexion et à exprimer sa position sur la question » tout en rappelant que nous devions, tous, nous appliquer « à mener nos débats dans l’écoute mutuelle, la volonté du consensus et la recherche du bien commun ».

 

Les propos repris ont tout simplement été décontextualisés et dénaturés. 

 

La formulation « Si le mariage entre deux personnes de même sexe devenait une norme, alors où s’arrêteront les revendications ? Les plus incongrues peuvent, un jour, être légitimées au nom du même principe d’égalité. Qui pourra délégitimer la zoophilie, la polyandrie, au nom du sacro-saint amour ? », a été employée sous la forme d’un raisonnement logique par apagogie.

 

Il ne s’agissait pas, ici, de faire une comparaison entre l’homosexualité et la zoophilie, ni de « mettre en garde », comme l’a indiqué Stéphanie Le Bars, « contre la zoophilie ou la polyandrie ».Ces propos repris, que nous entendons ici et là, nous choquent également et profondément. Il suffit de relire notre propos dans sa totalité pour se rendre compte de la bévue du titre et de l’insinuation qui s’est distillée dans les différentes reprises qui en étaient faites.

 

L’idée soutenue était, qu’il n’était pas souhaitable de légitimer, sous prétexte d’égalité ou d’amour, des revendications qui modifieraient irréversiblement les structures familiales de notre société.

 

Il est évident que les revendications incongrues impliquent également la polygamie, la polyandrie, l’objectophilie, l’inceste… mais il ne s’agissait pas non plus d’en faire une liste détaillée, parce que le sens de notre propos devait avoir, pour nous, plus d’importance que l’établissement minutieux de celle-ci. Nous regrettons que sur toute une réflexion, certaines parties seulement de nos propos aient été repris, instrumentalisés et accentué tandis que d’autres ont été minorées.

 

Nous souhaitons sincèrement que ce débat se déroule dans le respect, l’échange et la construction. Enfin, l’UOIF dénonce quotidiennement toutes les formes de discrimination et ne saurait légitimer quelque haine ou stigmatisation que ce soit. 


14 novembre 2012 - Le Monde - Stéphanie Le Bars

Islam et « mariage pour tous »: l’UOIF met en garde contre la « zoophilie et la polyandrie »

Islam et « mariage pour tous »: l’UOIF met en garde contre la « zoophilie et la polyandrie »

 

Dans un long texte publié le 13 novembre sur son site, l'Union des organisations islamiques de France (UOIF) apporte sa contribution au débat sur le "mariage pour tous". Sans surprise, comme l'ensemble des représentants des monothéismes qui se sont exprimés sur ce sujet, "l'instance religieuse" s'oppose au projet de loi qui va, selon ses responsables, à l'encontre du "couple, constitué d'un homme et d'une femme, l'unité de base de l'organisation et de la vie humaine". L'UOIF défend en revanche "la préservation de la filiation et le droit de l'enfant à connaitre ses origines et l'identité de ses parents".

Puis reprenant l'argument, notamment utilisé par l'Eglise catholique selon lequel le mariage n'est pas seulement "la célébration de l'amour", l'UOIF va plus loin que le cardinal Philippe Barbarin, qui, en septembre, avait laissé entendre que le "mariage pour tous" pourrait à terme déboucher sur l'inceste ou la polygamie. Pour l'UOIF, la légalisation du mariage entre deux personnes du même sexe pourrait "légitimer les revendications les plus incongrues au nom du principe d'égalité". "Qui pourra délégitimer la zoophilie, la polyandrie au nom du sacro-saint amour?", s'interrogent donc ses responsables, qui s'abstiennent en revanche de toute allusion à la polygamie, qui  inclut la polygynie, le mariage d'un homme avec plusieurs femmes, pratique toujours autorisée par certains courants de l'islam.

 

[...]


12 novembre 2012 - 24 heures actu

Deux lesbiennes transforment leur fils adoptif en fille

Deux lesbiennes transforment leur fils adoptif en fille (vidéo)

 

Un enfant de 11 ans va subir une opération chirurgicale pour se faire enlever son pénis après avoir pris des hormones depuis l’age de 8 ans. L’enfant, élevé par un couple de lesbiennes, se sentirait une fille depuis toujours, selon ses mamans, qui lui font subir tout cela pour sa santé… Quand le progressisme sociétal couplé à un consumérisme maladif utilisent la science pour mettre en place Le meilleur des mondes…

Dans un avenir proche, nous serons enfin libérés de l’oppression homophobe de Dame nature et nous pourrons avoir fabriquer des enfants qui ressemblent à ce qu’on veut. Car enfin, vu ce que coutent les gamins, n’est-il pas normal qu’il correspondent exactement aux attentes de leurs parents consommateurs ?

Suite...

 


12 novembre 2012 - Tétu - Virginie Despentes

Virginie Despentes répond à Lionel Jospin et aux anti-mariage pour tous

Virginie Despentes répond à Lionel Jospin et aux anti-mariage pour tous


 

Vendredi dernier, l'ancien Premier ministre réaffirmait ses réserves sur l’ouverture du mariage aux homos. L'écrivaine Virginie Despentes revient sur son argumentaire, et sur celui des anti-mariage pour tous.

 

Extrait

«Alors, cette semaine, c'est Lionel Jospin qui s'y colle. Il trouve qu'on n'entend pas assez de conneries comme ça, sur le mariage gay, il y va de son solo perso. Tranquille, hein, c'est sans homophobie. Il n'a pas dit qu'on avait le droit de casser du pédé ou de pourrir la vie des bébés gouines au lycée, non, juste, il tenait à signaler: attention, avec le mariage, on pousse mémé dans les orties. «L'humanité est structurée sur le rapport hommes femmes.» Juste, sans homophobie: les gouines et les pédés ne font pas vraiment partie de l'humanité. Ils ne sont pourtant pas stériles - mais comme ils ne vivent pas en couple, ce n'est pas de l'humain pur jus, pas de l'humain-humain comme l'est monsieur Jospin. Ce n'est pas super délicat pour les célibataires et les gens sans enfants, son truc, mais Jospin est comme ça: il a une idée forte de ce qu'est l'humanité, et l'humanité, c'est les femmes et les hommes qui vivent ensemble, copulent et produisent des enfants pour la patrie. C'est dommage pour les femmes, vu que, in fine, cette humanité là, c'est l'histoire de comment elles en ont pris plein la gueule pendant des millénaires, mais c'est l'humanité, que veux tu, on la changera pas. Et il faut bien l'admettre: il y a d'une part la grande humanité, qui peut prétendre aux institutions, et de l'autre, une caste moins noble, moins humaine. Celle qui devrait s'estimer heureuse de ne pas être persécutée, qu'elle ne vienne pas, en plus, réclamer des droits à l'état. Mais c'est dit sans animosité, hein, sans homophobie, juste: l'humanité, certains d'entre nous en font moins partie que d'autre. Proust, Genet, Leduc, Wittig, au hasard: moins humains que des hétéros. Donc, selon Lionel Jospin, il faut que je comprenne, et que je n'aille pas mal le prendre: depuis que je ne suce plus de bite, je compte moins. Je ne devrais plus réclamer les mêmes droits. C'est quasiment une question de bon sens.

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8 novembre 2012 - Le Monde - Par Bernadette Laclais, Députée de Savoie (PS), maire de Chambéry

Mariage pour Tous, une intime conviction

Mariage pour Tous, une intime conviction

 

Extrait

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Sur le principe du mariage entre personnes du même sexe. On peut concevoir qu'au nom de l'égalité des droits, la loi permette à des adultes de même sexe de faire des choix, d'officialiser leur union, et de témoigner d'un engagement tout aussi respectable que des personnes de sexes différents.  Mais au nom de l'égalité des droits entre adultes, faut-il créer par la loi des inégalités entre enfants ? Certes ces inégalités existent déjà entre enfants de conditions différentes, mais elles sont le résultat de parcours de vie, de situations de fait. Certains enfants élevés par des parents de même sexe peuvent être plus heureux que d'autres enfants de parents de sexes différents. C'est vrai. Mais cela suffit-il à admettre que, par l'a priori de la loi, des enfants auront à grandir avec des parents de même sexe, et d'autres avec des parents de sexes différents ?

 

Si l'extension du champ de l'adoption va de soi pour un enfant de l'autre conjoint issu d'une première union, est-il recevable de s'interroger sur la pertinence qu'il y aurait à créer par la loi une extension des situations dont on sait qu'elle posera très vite la question de la PMA et de la GPA ?

 

En changeant la loi pour institutionnaliser des situations qui restent exceptionnelles, ne la détourne-t-on pas de son but premier qui est de promouvoir le bien-être de l'enfant d'abord ? Il n'existe pas de droit à l'enfant dans notre code civil, le législateur ayant veillé à inscrire la procréation médicale assistée (PMA), dans le code de la santé et à l'encadrer strictement. Cette précaution plaide pour renvoyer l'examen de cette question à un débat plus large sur la famille. Sachant que la PMA devenant accessible à un couple de femmes, au nom de la l'égalité entre hommes et femmes, on ne pourrait alors refuser la GPA (gestation pour autrui) à un couple d'hommes. Un tel questionnement ne nous exonère en rien des régularisations indispensables des situations issues de GPA à l'étranger ou de PMA effectuée en dehors de l'esprit des textes actuels.

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Jeudi 8 novembre 2012 - Le Monde - Pierre-Louis Rémy, haut fonctionnaire, délégué interministériel à la famille sous le gouvernement Jospin, ex président du Centre français de protection de l'enfance (CFPE)

Ne touchons pas aux repères de la filiation

Ne touchons pas aux repères de la filiation


La question du mariage homosexuel, et celle de l'adoption, touchent à nos repères fondamentaux. C'est pourquoi chacun doit s'exprimer. Je le fais, nourri de mon histoire et de mes convictions personnelles, celle d'un père de famille dont deux enfants adoptés ; celle aussi du délégué interministériel à la famille, sous l'autorité de Martine Aubry, sous le gouvernement Jospin, chargé d'animer et de coordonner l'action des pouvoirs publics en matière de politique de la famille.

 

Extrait

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"Mais faut-il pour cela faire rentrer les couples homosexuels et les couples hétérosexuels dans le même cadre juridique ?

Là est le fond du débat, sur lequel il faut prendre position. Considérons-nous qu'un couple homosexuel et un couple hétérosexuel sont identiques ? Comme, je crois, la plupart de nos concitoyens, je pense que non.
Quels que soient les débats sur l'identité sexuelle, il y a une évidence : notre espèce, l'humanité se reproduit, dure, existe par l'union hétérosexuelle. L'enfant ne naît pas seulement de la rencontre d'un spermatozoïde et d'un ovule, mais de la relation, et il faut le souhaiter pour lui, de la relation d'amour, entre un homme et une femme. Bien sûr, dans des situations particulières de stérilité, la médecine est venue à l'aide des couples. Et le désir prométhéen de l'homme le pousse parfois à imaginer des meilleurs des mondes où la technologie alliée à la biologie permettrait de dominer tous les mécanismes de la vie."

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8 novembre 2012 - Boulevard Voltaire - AndréPouchet, Professeur de lettres.

Non à l’imbécile prohibition de la polygamie !

Non à l’imbécile prohibition de la polygamie !


 

 

 

Extrait

Quelle honte !

 

On parle en ce moment beaucoup du droit au « mariage pour tous ».
Tous ceux, quels qu’ils soient, quelle que soit leur race, leur religion, leur orientation sexuelle, tous ceux qui éprouvent un amour authentique et réciproque devraient avoir la possibilité de librement contracter mariage : ça parait logique et légitime, conforme en tout cas aux principes d’égalité qui, depuis sa fondation, sont censés régir notre belle république.
Pourtant, dans les faits, ce prétendu « mariage pour tous », quelle rigolade, quel tour de passe-passe sémantique, pour tout dire quelle franche escroquerie ! Alors même que nos députés s’apprêtent à voter une loi ad hoc afin que la petite minorité d’une petite minorité, la minuscule poignée d’homosexuels masculins ou féminins souhaitant se marier (soit peut-être 0,01% à peine du total de la population française) puissent, comme les autres, accéder au mariage de leur choix, rien dans cette loi n’est jusqu’à présent prévu pour permettre à ceux qui le désireraient, parmi la masse considérable des 9 millions de musulmans que compte notre pays, de bénéficier légitimement du droit que leur offre la loi coranique à convoler en justes noces avec plusieurs épouses, comme leur Prophète (Béni éternellement soit son nom !) leur en a lui-même donné l’exemple !


Et cette patente discrimination ne choque apparemment personne, tant notre opinion publique semble travaillée dans ses profondeurs nauséabondes par une islamophobie rampante, laquelle a de plus en plus de mal à dissimuler son hideux visage.

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7 novembre 2012 - Dans un chat sur LeMonde.fr, Dominique Bertinotti, ministre déléguée à la famille, estime que le texte sera en vigueur, "à coup sûr, au premier semestre 2013".

Mariage homosexuel : "il est peu probable qu'il y ait un retour en arrière"

Mariage homosexuel : "il est peu probable qu'il y ait un retour en arrière"


Questions des internautes et réponse de Dominique Bertinotti.

 

Extrait

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N'est-il pas discriminatoire de la part du groupe PS de souhaiter élargir l'accès à la PMA aux couples de femmes alors que la gestation pour autrui n'est pas évoquée pour les couples d'hommes ?

Il faudra poser la question aux députés. Simplement, je veux rappeler la position très ferme de François Hollande sur la non-autorisation de la gestation pour autrui.

 


7 novembre 2012 - L'Humanité - Par Jean-Marie Bonnemayre, Président du Conseil national des associations familiales laïques

Jean-Marie Bonnemayre: « Le mariage pour tous ne va pas détruire la famille»

Jean-Marie Bonnemayre: « Le mariage pour tous ne va pas détruire la famille»

 

Président du Conseil national des associations familiales laïques, Jean-Marie Bonnemayre est à la tête de l’une des organisations qui défendent le mariage pour tous. Il 
explique en quoi 
cette revendication est légitime et s’inscrit dans le long combat pour l’égalité.


Jean-Marie Bonnemayre est président du Conseil national des associations familiales laïques (Cnafal), seule association familiale généraliste à soutenir le projet de mariage pour tous et l’homoparentalité. Avec l’Association des parents et futurs parents gays et lesbiens (APGL), il organise une série de cinq colloques sur les nouvelles familles dans la ­société française. Attaché aux ­valeurs d’émancipation et d’égalité des droits, il nous livre ici son analyse sur l’évolution de la famille en France à travers les siècles et rappelle à quel point les discours conservateurs et réactionnaires ne datent pas d’hier.

 

Extrait :

On voit bien que l’accès au mariage pour tous et, plus encore, la question de l’adoption bousculent la famille traditionnelle, normée, nucléaire, basée sur les liens biologiques…

Jean-Marie Bonnemayre. 

La famille n’est pas quelque chose de naturel, c’est quelque chose de construit. Nous sommes dans le champ de la culture et de l’acquis. Les anthropologues l’affirment, il y a eu des milliers d’organisations de familles depuis que l’homme s’est regroupé en société. Nous sommes dans une phase où nous pouvons séparer la sexualité de la procréation. Les femmes ont conquis la liberté de faire ou non des enfants, elles ne sont plus attachées à un homme et dans l’obligation de faire des enfants sans qu’on leur demande leur avis. Notre société permet une plus grande autonomie aux individus. On a désormais le choix de ses affinités. Cela ouvre le champ des possibles.


6 novembre 2012 - Etudes - par Nathalie Sarthou-Lajus

Mariage homosexuel, homoparentalité et tentation de la toute-puissance

Mariage homosexuel, homoparentalité et tentation de la toute-puissance


 

Extrait

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Il n’y a pas que les autorités catholiques qui s’opposent « au mariage pour tous ».  Dans un texte particulièrement remarquable publié le 18 octobre, le Grand Rabbin de France, Gilles Bernheim, dénonce un projet qui représente « une mise en cause des fondements de notre société ». Son positionnement est clair, sans concession avec la « bien-pensance dominante », et surtout solidement argumenté sur les divers plans juridique, anthropologique et biblique. Il ouvre ainsi un débat en profondeur sur la signification du couple et de la filiation qui dépasse le simple affrontement de slogans qui, de part et d’autre, tend à caricaturer la pensée de l’adversaire pour la disqualifier.

[...]

Les religions, en tant que telles, ne font pas obstacle aux évolutions familiales mais dénoncent d’une même voix le fantasme de toute-puissance de l’individu que peut recouvrir le désir de forger par soi-même  sa propre filiation dans la négation de la finitude de sa condition et le mépris de l’altérité. Cette tentation est bien présente dans le projet de l’homoparentalité, mais elle existe aussi dans les « familles naturelles » et est à l’origine de nombreuses violences qui ne permettent pas au couple de s’épanouir ni à l’enfant de grandir.

Suite...


5 novembre 2012 - RMC.fr - 

560 psychanalystes pour le mariage gay et l’adoption

560 psychanalystes pour le mariage gay et l’adoption


560 psychanalystes ont signé une pétition soutenant le projet de loi ouvrant le mariage et l’adoption aux homosexuels. Selon eux, les enfants de couples homosexuels « n’ont pas de pathologie particulière ».

 

Extrait

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« Pas de pathologie particulière »

Pour les signataires, « la pratique psychanalytique nous enseigne depuis longtemps que l'on ne saurait tisser des relations de cause à effet entre un type d'organisation familiale et une destinée psychique singulière ». 

Laurence Croix, psychanalyste à Paris à l'origine de la pétition, le projet de loi ne comporterait pas de risque particulier mais au contraire serait bénéfique. « Depuis très longtemps, puisqu’on reçoit des enfants de couples homosexuels, ils n’ont pas de pathologie particulière, ils ont les même conflits névrotiques que des enfants élevés par des couples hétérosexuels. Maintenant, il y a quelque chose qui pouvait nous gêner en tant que cliniciens, c’était la honte qu’ils pouvaient vivre, à l’école ou ailleurs, d’avoir deux femmes ou deux hommes qui les accompagnaient. On en faisait des clandestins d’un choix de sexualité des parents qui ne les regarde même pas. Mais là, on a la possibilité, grâce à ce projet de loi, qu’enfin ils existent dans la société. Et on sait, nous en psychanalyse, comme c’est important, la portée symbolique de ces questions administratives ».

 

« Ils ne souffrent pas plus que les autres »

Un point de vue partagé par Olivier Douville, lui aussi psychanalyste. Il a signé la pétition parce qu’il « ne voit pas comment on pourrait être contre ». « Vous pouvez chercher dans toutes les avancées de la théorie psychanalytique, explique-t-il, vous ne trouverez pas le moindre argument pour stigmatiser l’homosexualité. Il m’est arrivé de recevoir des enfants adoptés par des couples homosexuels, et je n’ai pas constaté qu’ils souffraient plus que les autres. Le mariage garanti certains droits à l’enfant, et sur ce point-là je pense que les enfants de couples homosexuels doivent jouir des mêmes droits que les enfants de couples hétérosexuels ».
« Une relation qui déstabilise la société et l’enfant »
En revanche, pour le psychothérapeute parisien Tony Anatrella, « on est en train d’entrer dans une sorte de délire mental. L’homosexualité n’a rien à voir avec la famille ni avec le mariage ». Et le projet de loi pourrait avoir de lourdes conséquences, selon lui « Après, on s’étonnera de voir se développer des pratiques perverses et de la violence, parce que le cadre porteur de la société est en train de se fragiliser. Moi, j’ai eu à suivre en thérapie des garçons témoins de l’homosexualité de leurs parents, et ça leur posait beaucoup de problèmes : ils hésitent à faire en sorte que leurs propres enfants les fréquentent. Sur le long terme, c’est une relation qui déstabilise à la fois la société, et l’enfant ».

2 novembre 2012 - Huffington Post, Bartholomé Girard et Gaspard Dhellemmes

Homophobie "bon teint" et mariage pour tous

Homophobie "bon teint" et mariage pour tous


Depuis que Christiane Taubira, Garde des Sceaux, a annoncé un projet de loi ouvrant le mariage aux couples de même sexe, un refrain se fait entendre: "Je ne suis pas homophobe, mais je suis contre l'ouverture du mariage aux homos." C'est souvent dit de bonne foi, de la part de personnes qui comptent des lesbiennes et des gays dans leur entourage et condamnent les comportements homophobes: agressions physiques ou verbales, harcèlement ou discrimination. Toutes les manifestations d'une homophobie éclatante, spectaculaire, nourrie par la haine et qui se manifestent dans la violence. Mais refuser le mariage aux homos, ça, non, ce ne serait pas "être homophobe".

 

Pour beaucoup d'homosexuels, l'inégalité des droits est pourtant vécue comme une violence. Et pour les associations lesbiennes, gays, bi et trans (LGBT), il n'y a pas de doute: le non-accès au mariage et à la parentalité pour les couples de même sexe constitue bien une discrimination. Comment expliquer alors cette distinction qu'opèrent beaucoup de Français? C'est bien la définition même de l'homophobie qui est en jeu ici.

 

L'acception consensuelle regroupe toutes les manifestations d'hostilité à l'égard d'une personne en raison de son orientation homosexuelle: exclusion, insulte, rejet, voire violences morales ou physiques. Mais c'est là s'attacher uniquement à la face "visible" de l'homophobie; il faut chercher plus loin, en remontant à la source de ces comportements, pour comprendre le mécanisme: l'homophobie vient d'une conception hiérarchisée des orientations sexuelles. Elle surgit dès que l'on considère que l'homosexualité "n'est pas égale" à l'hétérosexualité. Et l'inégalité des droits est bien une reconnaissance implicite de cette hiérarchie, elle la consacre et l'institutionnalise.

 

On ne peut certes pas mettre sur le même plan l'inégalité des droits et les violences physiques ou morales dont les gays et lesbiennes peuvent être victimes. "L'homophobie" recouvre plutôt un large spectre de pensées, paroles ou actes dont la violence s'exprime à des degrés divers mais qui, toutes, prennent source dans une conception hiérarchisée des orientations sexuelles, qui place l'hétérosexualité au sommet de la pyramide. C'est en cela que l'inégalité des droits s'inscrit dans un continuum des manifestations d'homophobie. Elle est une violence d'ordre symbolique ; peut-être pas la plus brutale ni la plus douloureuse. Une forme d'homophobie "bon teint". Une homophobie qui ne dit pas son nom. Mais de l'homophobie quand même.

 

Différents mais égaux

Pire: le refus de l'égalité des droits nourrit les manifestations homophobes. On ne peut pas, d'un côté, mener une politique de lutte contre les discriminations comme semble l'appeler Jean-François Copé de ses vœux si, de l'autre, la loi dit que les homosexuels ne sont pas égaux aux hétérosexuels. C'est ainsi que, lors d'une intervention en milieu scolaire, des militants de l'association SOS homophobie ont entendu un adolescent leur demande: "Si l'homosexualité n'est pas inférieure à l'hétérosexualité, pourquoi n'avez-vous pas le droit de vous marier?" C'est bien là le cœur du sujet: l'inégalité des droits est une reconnaissance implicite d'une hiérarchie des orientations sexuelles, et favorise donc l'homophobie dans la société.

 

Si tant de personnes répugnent à considérer l'inégalité des droits comme de l'homophobie, c'est en partie en raison de la jeunesse de la lutte pour les droits LGBT. Cela fait à peine 30 ans, en France, que l'homosexualité n'est plus un délit; 20 ans qu'elle n'est plus considérée comme une maladie mentale; et un peu plus de 10 ans que des couples de femmes et des couples d'hommes ont le droit de s'unir devant la loi grâce au Pacs, ce sous-mariage qui a été donné comme un pis-aller aux personnes LGBT. Jusqu'à ce que, dans les années 2000, les revendications s'expriment plus fortement encore, au nom du principe républicain d'égalité.

 

Refuser les mêmes droits aux homos, c'est leur signifier que ce sont des citoyens de seconde zone. On envoie le signal aux gays et aux lesbiennes que leurs désirs sont moins dignes, que leur amour n'a pas la même valeur. Tout comme les noirs ne devaient pas monter dans les bus des blancs aux États-Unis au début du XXe siècle, ou les femmes ne pouvaient pas voter avant 1945 en France. Qui oserait dire, aujourd'hui, qu'une différence de traitement entre les hommes et les femmes ne serait pas du sexisme? Qu'une différence de traitement en fonction de l'origine ne serait pas du racisme? Et donc, pourquoi une différence de traitement envers les homosexuels ne serait pas une discrimination homophobe ? Le principe d'égalité ne souffre pas la demi-mesure.