Novembre 2012 (2/2)

29 novembre 2012 - La Croix - Vidéo de Christian Assaf, député PS de l'Hérault, qui a participé à la plupart des auditions sur le projet de loi sur le mariage pour tous.

«La République est assez forte pour accueillir les familles homoparentales»

«La République est assez forte pour accueillir les familles homoparentales»

 

VIDEO

 

Entré dans le débat « à reculons », avec des réticences quant à l'ouverture de l'adoption aux couples homosexuels, il a au cours des auditions progressivement changé d'avis.


Il défend aujourd'hui le projet, pour que la loi s'adapte à la « réalité de la société française » et « donner un statut » aux parents homosexuels.


27 novembre 2012 - La Vie - propos recueillis par Olivia Elkaim

Une députée PS exprime ses réserves sur le mariage pour tous

Une députée PS exprime ses réserves sur le mariage pour tous

 

 

 

Bernadette Laclais, 45 ans, est maire de Chambéry depuis 2007 et députée depuis juin 2012. Elle a publié une tribune sur lemonde.fr pour faire part de ses interrogations sur le projet de loi en faveur du "mariage pour tous". Ce texte mesuré réclame un débat approfondi et la possibilité d’un vote en conscience. Pour La Vie, elle revient ouvertement sur ses questionnements.

 

Extrait  

Considérez-vous que vous êtes contre le mariage pour tous ?

Le fait que deux adultes de même sexe souhaitent voir reconnu officiellement leur engagement, ne me pose pas de problème. Partant de là, l’utilisation du mot «mariage» non plus. Le PS et la gauche en général veulent reconnaître l’égalité entre les adultes, je le comprends. Mais quand cela engage des enfants, cela devient problématique.

 

Ce sont les conséquences pour la filiation qui vous heurtent.

Ouvrir un droit pour tous à l’adoption, reconnaître par la loi un droit à l’enfant, m’interrogent grandement. Je considère que ce qui doit primer c'est le droit des enfants. Même si chacun peut constater que le schéma « père, mère, enfants » n’est plus l’unique réalité de la famille, doit-on, du seul fait de la loi, reconnaître que des enfants adoptés grandiront dans des familles avec un père et une mère, et d’autres avec deux pères ou deux mères ? En tout état de cause, du point de vue de l'enfant, ce n'est pas la même chose. Au nom d’une égalité compréhensible entre adultes, doit-on créer par la loi des inégalités entre enfants ?

 

Que réclamez-vous aujourd’hui ?

Ce projet de loi nous engage. On ne reviendra pas sur le texte une fois qu'il sera voté. Il faut donc se donner un temps de dialogue, d'échanges, de débat. Cette loi engage chacun de nous dans ce qu’il a de plus intime. Nous devons donc avoir la possibilité d’un vote en conscience.


25 novembre 2012 - Slate - Tribune

Mariage pour tous: le débat au Parlement est-il équilibré?

Mariage pour tous: le débat au Parlement est-il équilibré?

 

 

Lorsqu'un texte est déposé sur le bureau de l'Assemblée nationale, un rapporteur chargé de travailler dessus et de rédiger un rapport qui sert à éclairer ses collègues députés sur ses enjeux est nommé. C'est un rôle pivot. Avant l'examen en commission, il mène, quand il en a le temps, ce qui est de moins en moins souvent le cas, des auditions.

 

Sur le projet de loi relatif au mariage entre personne du même sexe, l'Assemblée a nommé un rapporteur, le néo-député PS de l'Isère Erwann Binet, et le président de la commission des Lois, Jean-Jacques Urvoas, est personnellement intervenu pour retarder l'inscription du texte à l'ordre du jour, afin de permettre d'avoir le temps de débattre. De fait, une série de tables rondes ont été organisées, ouvertes à la presse, avec retransmission en direct à la télévision.

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L'organisation de ces auditions semble être contestée, notamment par des opposants au projet, qui pointent un certain déséquilibre dans le choix des intervenants aux différentes tables rondes. Cela fait partie du débat «politique» et le rapporteur est totalement libre d'organiser ses auditions comme il l'entend, de recevoir (ou pas) qui il veut. Il n'a aucune contrainte, si ce n'est que toutes les auditions doivent être ouvertes à tous les députés, comme le dispose l'article 46 du règlement de l'Assemblée.

 

Des réponses de mauvaise foi

Mais on ne peut pas s'empêcher de remarquer, dans les réponses du rapporteur aux critiques qui lui sont faites, qu'il manque un peu de «métier» et que, pour quelqu'un qui connaît la maison, certaines de ses réponses sentent bon la mauvaise foi, voire interpellent. Quand La Vie lui demande la raison de l'absence d'opposants lors d'une table ronde de juristes, Erwann Binet assume:

«Ce n'était pas prévu, mais finalement c'est mieux de séparer les pour et les contre. J'ai demandé à Caroline Mécary [une avocate favorable au projet, qui a notamment défendu le couple homosexuel marié à Bègles en 2004, NDLR] de me donner des noms de juristes contre ce projet de loi, elle m'en a donné deux, qui n'étaient pas libres.»


N'est-ce pas curieux de demander à une militante de choisir ses contradicteurs?

«Pas du tout. Moi je n'en connais pas, des juristes contre. Je n'allais pas prendre l'annuaire et appeler trente-six juristes, leur demander leur opinion, etc. D'autant que les pour, ils ont pu s'exprimer, ils ont eu leur table ronde eux aussi.»


Des associations reçues en privé?

A croire que c'est le rapporteur lui même qui prend son téléphone et trouve les intervenants... Tout cela est bien évidemment du ressort de l'administrateur, le fonctionnaire de la commission chargé d'assister le rapport. C'est lui qui trouve les intervenants et organise matériellement les auditions. Si on lui demande de trouver des juristes opposés à ce projet de loi, il n'aura aucun mal à en trouver: il y en a même beaucoup, il suffit de lire les revues juridiques.

 

Autre point plus litigieux, certaines associations ont demandé à être associées à ces tables rondes, et se le sont vues refuser. Le rapporteur en a parfaitement le droit. Mais c'est ce qui vient après qui est un peu plus gênant, car ces associations «ont été ou seront reçues en privé par Erwann Binet et sa collègue Corinne Narassiguin, porte-parole du groupe socialiste sur ce texte», toujours selon La Vie.

 

L'article 46 du règlement de l'Assemblée est pourtant clair: «Les auditions des rapporteurs sur les projets ou propositions de loi sont ouvertes à l'ensemble des commissaires.» Le rapporteur n'est pas obligé de retransmettre toutes ses auditions à la télévision, mais il ne peut pas empêcher ses autres collègues de la commission d'assister aux auditions, et se doit donc de les prévenir des auditions qu'il organise.

 

Ne pas le faire constituerait une violation du règlement. J’espère que cette faute n’a pas été commise, même si j’ai quelques craintes, au regard du respect du droit parlementaire de la part du PS…

 

Des auditions instrumentalisées à des fins politiques

On se rend compte que la majorité a choisi d'instrumentaliser les auditions du rapporteur à des fins politiques. Une fois de plus, elle en a le droit, mais politiquement, c’est loin d’être neutre. Cela relativise les propos consistant à dire que ce délai a été demandé pour permettre au Parlement de mieux travailler le texte.

 

Il a surtout été accordé pour organiser une campagne de communication et pouvoir dire aux opposants qu'un débat a eu lieu. Chacun jugera de ce que vaut pareil débat.

 

Le respect du Parlement ne me semble pas franchement être la raison première du report de l'examen du texte, ce qui est assez cohérent avec la pratique du gouvernement en place, qui a bien montré, à de nombreuses reprises, que laisser du temps aux assemblées pour travailler est le cadet de ses soucis.


24 novembre 2012 - Blog Dialectiquelibre

Pour en finir avec le Mariage Gay !

Pour en finir avec le Mariage Gay !

 

L’oubli de la question sociale au profit du sociétal : le combat d’une gauche bobo qui se veut révolutionnaire.

Le mariage homosexuel ou plutôt mariage gay voire « mariage pour tous » est dans toutes les bouches, toutes les têtes, tous les médias. C’est à croire que ce sujet serait le sujet prioritaire et essentiel à la survie de la France en proie à la décrépitude économique… Un tour de passe-passe médiatico-politique de plus. Une fois encore, les politiques, relais des médias se sont emparés d’une question sans contenu politique : qui encule qui, et qu’est-ce que cela lui offre comme droit. La gôche, fer de lance de la question sociétale au détriment des questions économiques et sociales, du PS au Front de Gauche, n’a d’yeux que pour ces débats qui, loin de défendre les ouvriers, les paysans, les petits entrepreneurs qui forment la majorité du peuple français, assumant le principe de réalité, ne font qu’empêcher les véritables débats de fond.

 

La question autour du mariage gay relève bien davantage d’un matraquage médiatique que d’une inclination volontaire et intéressée. Les « Gays » qui ne constituent qu’une petite nébuleuse politique ne sont pas représentatifs des homosexuels en France qui, contre leur gré ont été pris en main par des milices communautaire et notamment Act up qui revendiquent des droits dans l’espace public du fait de leur activité sexuelle en privé. Il faut le dire très clairement : la République n’a pas à traiter de ces choses-là !

 

Qu’est-ce que les gays si ce n’est une simple nébuleuse politique ne pouvant défendre des intérêts communs à l’ensemble des homosexuels ?  Un cadre ou un rentier homosexuel n’a pas les mêmes intérêts qu’un ouvrier homosexuel… Les barrières sociales ne sont pas non plus les mêmes. Un cadre homosexuel aura beaucoup moins de mal à trouver un logement qu’un chômeur homosexuel, et leurs intérêts dans la chose publique, et donc en politique ne sont que très rarement voire jamais les mêmes une fois dans la sphère sociale. Il ne faut donc pas résumer les homosexuels à leur être biologique dans la sphère sociale et à leur être social dans la sphère privée… L’activité sexuelle ne détermine pas la pensée politique et le droit à des revendications particulières.

 

Renversement dialectique et détournement de la question politique.

Au nom de l’idéologie du progrès il faudrait être pour le mariage homosexuel, pourtant, même s’il est clair qu’aujourd’hui il semblerait farfelu d’opprimer les homosexuels, il ne devient pas pour autant progressiste de se faire sodomiser…

 

Plus étrange encore, ceux-là même qui défendent le mariage homosexuel, bien souvent de petits gauchistes laïcards (c’est-à-dire ni socialistes au sens Proudhonien ou Sorélien, ni marxiste…) s’en prennent violemment à l’Eglise catholique (une fois de plus, invitons-les à (re)lire ceux dont ils se réclament d’ailleurs ou bien à lire des auteurs tels que Christopher Lasch). Pourtant, le mariage dans sa forme civile n’a aux origines aucun sens, le mariage se fonde avec la religion et dans l’idée de reproduction, rappelons-le. C’est alors ceux-là même qui trouvent habituellement l’idée de mariage réactionnaire voire fascisante pour les plus clowns d’entre eux qui s’en vont en guerre aux côtés des homos qu’on entend jamais, pour leur offrir le mariage ! Que de contradictions…

Aussi, le gouvernement nous annonce non pas un mariage homosexuel, mais un « mariage pour tous ». Pourquoi alors réprimer la polygamie ? Au nom de quelle loi universelle ? Cela relève simplement de l’islamophobie qui règne en maître dans les coulisses des partis soi-disant de gauche et relevant du trotskisme lambertiste. (Cf. article de la destruction du nationalisme à la guerre ethnique et idéologique.) De Charlie Hebdo au FN, même combat : taper sur les musulmans au nom d’une laïcité rêvée et abstraite. Quand il s’agit de faire appliquer la philosophie des Droits de l’Homme chère à BHL au Moyen-Orient et de donner des leçons à ces « sales arabes » qui ont plusieurs femmes, la gôche socialiste n’est pas la dernière…


Tout ceci participe davantage d’une entreprise de destruction des valeurs traditionnelles, celles-ci mêmes qui nous protègent de la société libérale-libertaire où chacun est un nomade métissé sans sexe et poussant un caddy… le rêve de Brezinski, de Fourest, d’Attali ou de Nagy-Bosca… Alliance de la gauche-bobo(PS) et de la droite financière (ump)

 

Du mariage pour tous à « l’effet-chiot ».

« Il ne s’agit pas d’être pour ou contre, mais de s’opposer à une “légifération” sans débat sérieux. On nous dit que les enfants élevés par des couples homosexuels ne vont pas plus mal que les autres. Mais sur la base de quelles études, de quels chiffres ? C’est une propagande pour intimider la pensée ! »

Jean-Pierre Winter pyschiatre

« Je suis défavorable à l’homoparentalité. D’abord parce que,

en tant que pédiatre ayant travaillé sur les pathologies, j’ai constaté que l’enfant souffre aujourd’hui d’un statut d’objet de consommation. Autoriser l’adoption à des couples dont la sexualité a tourné le dos à la procréation accentuerait ce statut. »
Aldo Naouri pédiatre

« Après le pacs, le mariage n’est qu’une étape vers l’homoparentalité. J’y suis opposé. L’Etat, qui donne au symbolique sa force de contrainte et de repère pour la société – et non l’inverse – ne doit pas autoriser le mariage et la filiation entre deux personnes de même sexe. Si la sexualité humaine n’est pas simplement “naturelle”, elle n’est pas non plus tout entière culturelle, affranchie des lois de la reproduction. »
Michel Schneider psychanalyste

Le plus grave dans tout cela étant peut-être encore la manière dont on néglige l’enfant, comme un vulgaire produit de consommation… Cet « effet-chiot » dont parlait Marcel Rufo. Cet enfant caprice qu’on voudrait avoir en négligeant toute réalité biologique. Malheureusement, l’essence précède l’existence, et l’on nait bien femme qu’on le veuille ou non. L’addition d’une femme plus une autre ou de deux hommes ne donnent pas d’enfant, c’est une simple réalité biologique.

Pire encore, l’adoption est en France quelque chose de très contrôlé, et les listes d’attentes pour les couples hétérosexuels s’étendent sur plusieurs années. On ne voit donc pas pourquoi les couples homosexuels seraient privilégiés. En ne tenant pas compte bien sûr de l’argumentation naïve dont on nous rebat les oreilles « un enfant avec deux hommes ou deux femmes gentils est mieux qu’avec un couple hétéro qui le maltraite », effectivement, le bien c’est mieux que le mal, l’eau ça mouille et c’est ainsi…. En réalité, cet élargissement de l’adoption ne permettra que d’étendre le trafic d’enfants, notamment d’enfants soi-disant adoptés mais en fait achetés dans des pays pauvres qui se retrouvent au cœur de réseaux pédocriminels. Ces réseaux chers aux élites UMPS, et dont Jack Lang ou Le neveu Mitterrand son friand… 

 

Bientôt Six moi de « Présidence »….

Le bilan est plus qu’affligeant et désastreux comme on s’en serait douté… François Hollande s’est agenouillé comme prévu devant les banques et l’UE… ratifiant le traité Merkel-Sarkozy, rehaussant la TVA, abandonnant les ouvriers de chez PSA (renseignez-vous d’ailleurs sur les liens entre PSA et l’Iran – Notre soumission à l’idéologie américaine tue nos ouvriers…) etc.  Mais, ce brave Flamby toujours aussi mou de partout n’en a pas oublié les affaires sociétales qui jamais ne touchent au capital, c’est là même leur intérêt… Tout comme on légifère sur le harcèlement sexuel, alors que le plein emploi remédierait facilement à ce genre de pratiques marginales, le patron ne pouvant plus embêter la secrétaire qui à tout moment pourrait quitter son travail… Au lieu de résoudre les problèmes politiques par l’économique et le social qui touchent au capital on applique des pseudo-lois sociétales qui empêchent tout débat et tout changement… Ce qui intéresse nos gouvernants désormais c’est de savoir ce qui se passe derrière nos maisons et même derrière nos braguettes, cela nous rappelle « les heures les plus sombres de notre Histoire » comme ils aiment pourtant à le rappeler….


23 novembre 2012 - Le Monde Blog - Jacques Arnaudies, Psychanalyste, Paris

Le « mariage pour tous » ? Un combat idéologique dépassé

Le « mariage pour tous » ? Un combat idéologique dépassé

 

 

« Alors que l’union libre se trouve aujourd’hui et pour la première fois de l’histoire représentée au sommet de l’Etat, n’y a-t-il pas quelque chose de saugrenu à faire s’opposer ceux qui sont pour et ceux qui sont contre "le mariage pour tous" alors qu’il s’agit d’idéologies l’une comme l’autre dépassées ? » Un lecteur psychanalyste met le projet de loi sur le divan...

 

Extrait

Le mariage, un archaïsme au vingt-et-unième siècle
Les dix commandements ne sont que des interdits posés sur ce que l’homme a toujours désiré. Brimé par un système on ne peut plus raisonnable, le désir de l’homme, est toujours déraisonnable car il est articulé à ce qui lui échappe. Ainsi leur désir n’a jamais cessé de tarauder les hommes…


L’échafaudage social a toujours constitué pour les minorités sexuelles un carcan. Pour sortir de l’impasse : être rejeté par la société ou rejeter une société "rejetante". Certains mirent leur énergie au service de leur cause et réussirent, par l’intelligence, à faire avancer la société… Ce fût un long et riche combat contre la loi et pour l’humanité.


Quand une société a atteint la sécurité nécessaire qui lui permet de ne plus avoir peur de ce qu’elle avait pu considérer comme un fléau, elle peut, sur certains points, se passer de la loi… Ce fut le cas en France quand il a été décidé que l’homosexualité ne serait plus un délit, quand on a considéré que le libertinage entre adultes consentants ne faisait partie que de la vie privée, ou quand le divorce est enfin devenu une affaire privée, le droit se cantonnant à encadrer les devoirs des parents vis-à-vis de leurs enfants…


Le vingt-et-unième siècle aura été celui de la remise en question de l’interdit de la sexualité hors mariage, qui n’est plus une référence pour la majorité, pas plus qu’une référence légale. Sans l’interdit, le mariage a perdu son sens premier pour n’être aujourd’hui qu’une tradition.


23 novembre 2012 - Enquête Le Monde

"C'est moi qui lui caressais la joue la 1ère fois. Je suis sa maman"

"C'est moi qui lui caressais la joue la 1ère fois. Je suis sa maman"

 

 

Série de 11 témoignages vécus de parents homosexuels élevant des enfants hors de tout cadre légal : 

  • "Nous nous sommes posé des centaines de questions", par Sophie
  • "Nous élevons notre fils avec deux papas", par Marina
  • "Deux mères en garde alternée", par Edmée
  • "Avec mon compagnon, avoir des enfants était viscéral" par Karim, 49 ans, agent immobilier
  • Ma consolation : lorsque notre fils m'appelle maman par Françoise
  • "Je suis père entièrement" par Jérôme, 45 ans, Paris
  • "Seul le législateur est à côté de la plaque", par Laura, 28 ans, ingénieure
  • "Je dis 'notre fille' car elle est née de notre projet" par Delphine, 42 ans, Paris, cadre associatif
  • Heureusement que mon amie est espagnole, par Marie, 31 ans, assistante maternelle 
  • "Nous nous sommes dépacsées pour pouvoir adopter" par Cathy, Malakoff, artisan
  • La reconnaissances des enfants non biologiques est primordiale, par A.B. "Notre vie pourrait être simple et sereine", par Josette

23 novembre 2012 - Le Monde - Laure Mentzel

Familles homoparentales : des parents clandestins

Familles homoparentales : des parents clandestins

 

 

C'est souvent sur les frigos que les histoires de famille se racontent. Ordonnances, photos, mots doux, liste de courses, rendez-vous, emplois du temps des enfants... Il a fallu tout enlever de celui de Françoise et Caroline (1), quand, début 2007, l'assistante sociale a commencé à venir chez elles. A chacune de ses visites, les deux femmes, en couple depuis une dizaine d'années, faisaient un grand ménage. Pas question que celle qui devait délivrer l'agrément indispensable à l'adoption se rende compte que Françoise n'était pas célibataire. "Heureusement, elle n'a jamais quitté le canapé du salon", raconte Caroline, absente à chacune des visites. La jeune tapissière au sourire timide s'en allait même la veille de chez elle, pour être sûre de ne pas laisser de traces. Cachait sa brosse à dents mais aussi ses baskets, comme si l'assistante sociale pouvait soupçonner que sa compagne, une grande brune hyperféminine, n'en porte jamais."


22 novembre 2012 - Le Plus Le Nouvel Obs - Par Jean-Pier Delaume-Myard, auteur de documentaires

Je suis homosexuel, pas gay : cessez cette confusion !

Je suis homosexuel, pas gay : cessez cette confusion !

 

Mariage pour tous, mariage gay, mariage homosexuel... Dans le débat actuel, les termes semblent interchangeables. Pas du tout, réplique Jean-Pier Delaume-Myard, auteur de plusieurs documentaires pour la télévision. Lui se définit comme homosexuel, et non gay. Explications.

 

Je suis homosexuel. Je ne suis pas gay. Je n’ai pas fait le choix de mon orientation sexuelle. Je ne vais pas rentrer ici dans le débat entre sexualité innée et sexualité acquise. Je ne suis pas plus fier d’être homosexuel qu’un hétérosexuel doit l’être.

 

Je n’ai aucune raison particulière de revendiquer ma sexualité, pas plus au mois de novembre qu’au mois de juin sur des chars en train de me dandiner à moitié à poil. Merci au passage pour l’image que cela renvoie des homosexuels lorsqu’on n’habite pas la capitale ou une grande ville.

 

Je ne vis pas dans ou pour une communauté

Le gay se réclame d’une culture, d’un mode de vie. Il a besoin que son charcutier, son boulanger, son marchand de journaux soit gay. Il veut vivre avec d’autres gays… En tant qu’homosexuel, c’est-à-dire en tant qu’individu appartenant à part entière à une nation, que cela soit à Paris ou en province, j’ai toujours fait le choix de me loger sans me préoccuper de l’orientation sexuelle de mes voisins.

 

Je suis auteur. J’ai à mon actif plus d’une quarantaine de documentaires pour la télévision. Certains ont même obtenu des prix internationaux et nationaux. Je suis également auteur de contes ou d’ouvrages à caractère technique. Jamais il ne me viendrait à l’idée de faire du prosélytisme, d’écrire à l’attention d’une communauté. Je le fais comme n’importe quel autre auteur qu’il soit homo, hétéro, bi, ou que sais-je encore… ce n’est pas avec mon sexe que j’écris, mais avec mon cerveau.

 

En novembre 1998, j’ai été le lauréat d’un concours national contre l’homophobie. J’ai écrit un synopsis sur la déportation des homosexuels pendant la Seconde Guerre mondiale. Je l’ai pensé non pas uniquement parce que j’étais homosexuel, mais parce que cela fait partie de l’Histoire au même titre que la déportation des juifs, des tziganes, des témoins de Jéhovah, des francs-maçons, etc… Alors que j’avais signé un contrat avec plusieurs grandes sociétés de production, ce film n’a jamais vu le jour, car on a voulu détourner mon intention en acte militant.

 

Battons-nous pour la santé, la retraite... pas pour le mariage

L’ordre du jour est au mariage pour tous. Nombreux sont les homosexuels qui n’ont aucune envie de se marier. Les auteurs et intellectuels homosexuels du XIXe siècle doivent d’ailleurs se retourner dans leur tombe, tant ils rejetaient cette idée bourgeoise.

 

Alors pour qui fait-on cette loi ? Pour les homosexuels ou pour les quelques centaines de gays qui vivent dans le Marais ? Et encore, combien dans ce quartier de Paris vont-ils faire ce choix ? On nous rebat les oreilles que dans la plupart des pays européens, le mariage gay est institué… En moyenne, si l'on prend l'exemple de la Belgique, seuls 2,5% des mariages célébrés sont des unions homosexuelles. Pour la France, le chiffre de 2.500 mariages homosexuels chaque année, soit 1% des mariages célébrés, est avancé. Il est plus urgent de se battre pour les mêmes droits en matière de santé, de retraites, d’avantages sociaux, etc… Pour cela, il existe d’ailleurs des textes, des conventions collectives d’entreprises. Allons plus loin, là d’accord !

 

Adopter un enfant ? Regardons les choses en face

Parmi les homosexuels, je me considère comme une personne sérieuse, c’est-à-dire qui a toujours fait le choix de vivre en couple. Je vais bientôt avoir 50 ans. Si à l’âge de 25 ans j’avais pris l’option d’avoir un enfant, celui-ci aurait, à l’heure actuelle, une dizaine de "beaux-papas". On me rétorquera que pour les couples hétérosexuels, il en est de même. Cela est faux. Dans la même période, en moyenne, une femme ne se sera peut-être remise en couple que deux ou trois fois maximum.

 

En outre, les couples hétérosexuels ont déjà bien du mal à pouvoir adopter un enfant. Il existe très peu de pupilles de la nation qui le soient. Ces couples doivent alors se diriger la plupart du temps vers des pays d’Afrique ou d’Amérique latine. Il est peut-être utile de rappeler que dans ces pays,les conventions rejettent toute adoption par des parents de même sexe. Alors je repose la question : à qui est destiné ce mariage pour tous ? L’homosexuel a déjà bien du mal à se faire accepter à la campagne ou dans les petites villes, alors un enfant de parents de même sexe…

 

Se pose la question bien évidemment de la signification du mot famille. Je suis chrétien, pas de l’UMP, pas de droite non plus, pas plus d’ailleurs que de gauche ou d’un extrême quelconque… Je pense uniquement ici à l’intérêt de l’enfant. Bien sûr qu’un couple de même sexe peut apporter autant de bonheur qu’un couple hétérosexuel. Et après ? Cela sera quoi, les repères pour cet enfant, sa filiation… Son non-rapport à la mère ou au père… il y a aussi les grands-parents… ils jouent un rôle considérable dans l’éducation, on l’oublie un peu trop souvent… En aura-t-il seulement ? Les homosexuels sont souvent rejetés de leur propre famille (ce n’est pas mon cas). D’ailleurs, les associations gay le savent bien, puisqu’elles se battent contre cela…  Réserve-t-on à ces enfants le même sort que les enfants nés sous X et qui, toute leur vie, partent à la recherche de leurs racines ?

 

Et puisqu’on parle de racines, nombreux sont ceux qui souhaitent connaître leurs ancêtres, les métiers qu’ils ont effectués, les lieux qu’ils ont habités… la généalogie est en plein essor. À quoi ressemblera l’arbre des enfants de parents de même sexe ?

 

Le mariage pour tous est une loi pour les gays et non pour les homosexuels. Ne nous y trompons pas.


21 novembre 2012 - HuffPost - Guillaume ErnerSociologue, producteur sur France Inter

Liberté de se marier contre liberté de les marier

Liberté de se marier contre liberté de les marier


Donc avant, quand on était père, on avait la liberté de se marier. Et maintenant, quand on est maire, on a la liberté de les marier.

 

Extrait

[...]

"Mais surtout invoquer la liberté de conscience, c'est se méprendre sur le sens du mariage pour tous. L'autoriser, c'est instituer ce que Kant appelait "l'indifférence à l'égard des formes substantielles du bien". En d'autres termes, chacun a le droit d'avoir sa propre définition de la bonne vie tant qu'elle n'empiète pas sur celle d'autrui. C'est cette conception du bien qui justifie le mariage homosexuel, en ce qu'elle reconnaît des droits égaux à tous, dans leur poursuite du bonheur privé. C'est donc le public, ici l'Etat représenté par le maire, qui reconnaît le privé. Mais avec sa phrase, François Hollande permet à la conscience, autrement dit à la sphère privée de chaque maire, d'intervenir dans le domaine public. Je ne connais pas de manière plus efficace de bafouer le droit. Assujettir le droit du public au privé, c'est en réalité priver le public d'un droit.

[...]"