Mars 2013 (1/2)

16 mars 2013 - Nouvelles de France

DOCUMENT | La lettre de 170 juristes aux sénateurs + les noms des signataires

DOCUMENT | La lettre de 170 juristes aux sénateurs + les noms des signataires

 

 

Mesdames les sénatrices,

 

Messieurs les sénateurs,

 

Nous, soussignés 170 professeurs et maîtres de conférences en droit des Universités françaises, juristes de droit privé, de droit public et historiens du droit, il nous appartient de vous faire savoir que le projet de loi ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe, adopté par l’Assemblée nationale en première lecture, implique un bouleversement profond du Droit, du mariage et, surtout, de la parenté.

 

Nous vous invitons à faire échec à ce projet pour les raisons qui suivent.

1) Les personnes du même sexe, par le mariage, vont avoir accès à l’adoption sans qu’aucune modification des textes ne soit nécessaire. Pourtant, si les liens affectifs qui peuvent se nouer avec l’enfant peuvent être tout à fait réels, il faut bien comprendre que ces liens ne correspondent pas à des liens de filiation.

 

La filiation découle de l’acte de naissance qui, comme son nom l’indique, dit à chacun de qui il est né. Dans le cas de l’adoption, l’engendrement de l’enfant est symbolique, mais la filiation adoptive permet à l’enfant de se construire par référence à un père et une mère, et de se penser comme issu de leur union même s’il ne l’est pas biologiquement. Elle lui permet de reconstituer la famille dont il a été privé.

L’enfant adopté par deux hommes ou deux femmes sera doté d’éducateurs, d’adultes référents, mais privé de parents car ces « parents » de même sexe ne peuvent lui indiquer une origine, même symbolique. Il sera en réalité deux fois privé de parents : une première fois par la vie, une seconde fois par la loi.

 

2) Le projet de loi, ensuite, prévoit l’adoption de l’enfant du conjoint de même sexe. Or, si cet enfant peut être issu d’une union précédente entre un homme et une femme, il sera le plus souvent issu d’une insémination ou d’une gestation pour autrui pratiquée à l’étranger. Cet enfant aura donc été voulu, avant même sa conception, sans lien avec ses père et mère et volontairement privé de l’un d’entre eux.

 

Cet enfant est juridiquement adoptable parce qu’il a été conçu pour cela : la mère s’est fait inséminer en Belgique, par exemple, par un inconnu afin d’éviter le père. Elle a choisi un mode de conception privant l’enfant de son père, et même tout simplement de père, pour qu’il puisse être adopté par une deuxième femme.

Ou encore, le père a cherché une mère porteuse en Inde, par exemple, pour ne pas s’encombrer d’une mère, privant délibérément son enfant de sa mère, et de mère tout court, pour qu’il puisse être adopté par un deuxième homme.

Qu’on le veuille ou non, le désir d’enfant de personnes de même sexe passe par la fabrication d’enfants, qui seront ensuite adoptables, par insémination artificielle pour les femmes ou par le biais d’une mère porteuse pour les hommes.

Le projet de loi organise donc un marché des enfants, car il le suppose et le cautionne. En l’état, ce texte invite à aller fabriquer les enfants à l’étranger, ce qui est déjà inacceptable, enattendant de dénoncer l’injustice de la sélection par l’argent pour organiser le marché des enfants en France.

 

La loi ne peut certes pas empêcher un homme ou une femme d’aller à l’étranger priver délibérément son enfant d’un de ses parents, mais elle a mieux à faire pour les enfants que d’encourager ces bricolages procréatifs en les validant par des artifices juridiques !

 

La nécessité supposée de prendre en compte la situation particulière des enfants nés selon de tels procédés est une argutie. Ces enfants sont en réalité instrumentalisés par ceux-là mêmes qui ont provoqué leur situation, au soutien de leurs propres revendications d’adultes. En effet, le droit protège tous les enfants, sans tenir compte de la situation de leurs parents, et ces enfants ne sont pas moins bien traités que les autres. Les moyens juridiques de l’autorité parentale et de la tutelle testamentaire permettent de régler les difficultés éventuelles qu’ils pourraient rencontrer.

De nombreux hommes et femmes, qui ont un désir homosexuel, ne dénient pas cette donnée fondamentale qu’un enfant est issu d’un père et d’une mère et qu’il est criminel de l’en priver volontairement. Beaucoup ont d’ailleurs des enfants mais, comme tout un chacun, avec une personne du sexe opposé. Le projet de loi ne concerne que des femmes qui veulent avoir un enfant sans s’ « encombrer » d’un père, ou des hommes qui ne veulent pas avoir à « partager » l’enfant avec une mère, faisant ainsi primer leurs désirs sur les droits fondamentaux de l’enfant.

Vous, législateur de la République, ne pouvez valider un système de fabrication d’enfants adoptables, car les enfants ne sont ni des objets pour satisfaire un désir, ni des médicaments pour soulager une souffrance.

 

Juristes, nous avons vocation à veiller au respect des libertés individuelles et à la protection par le droit des personnes les plus vulnérables. Nous ne pouvons rester insensibles à la grande violence faite aux enfants, délibérément privés d’une mère ou d’un père. Nous ne pouvons nous taire devant l’inéluctable marché de la procréation à venir, la marchandisation du ventre des femmes les plus précaires et des enfants fabriqués pour satisfaire les désirs dont ils sont l’objet.

 

Le projet de loi ne peut qu’être rejeté dans son ensemble car le mariage emporte nécessairement toutes ces conséquences en matière de filiation.

Il sera donc tout à votre honneur, Mesdames qui êtes nos sénatrices,

 

Messieurs qui êtes nos sénateurs et qui nous représentez, de renoncer à un texte qui se révèle celui de l’esclavage moderne des femmes et de la nouvelle traite des enfants !

Avec tous nos remerciements pour l’engagement qui sera, nous n’en doutons pas, le vôtre dans la défense des familles et des enfants recevez, Mesdames les sénatrices, Messieurs les sénateurs de la République, l’expression de nos sentiments bien dévoués

  • Guillaume DRAGO, Professeur de droit public, Université Paris 2 Panthéon-Assas
  • Aude MIRKOVIC, Maître de conférences en droit privé, Université d’Evry Val d’Essonne
  • Liste des signataires
  • Bertrand ANCEL, Professeur émérite de droit privé, Université Paris 2 Panthéon-Assas
  • Laurent AYNES, Professeur de droit privé, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
  • Augustin AYNES, Professeur de droit privé, Université Paris 12 Est Créteil
  • Marie-Thérèse AVON-SOLETTI, Maître de conférences en histoire du droit, Université de Saint-Etienne
  • Jean-Marc BAHANS, Professeur associé de droit privé, Université de Bordeaux
  • Monique BANDRAC, Professeur honoraire de droit privé, Université Paris 12
  • Jean BARBEY, Professeur d’histoire du droit, Université du Mans
  • Louis-Augustin BARRIERE, Professeur d’histoire du droit, Université Jean Moulin Lyon 3
  • Daniel BERRA, Professeur émérite de droit privé, Université Aix-Marseille
  • Cyril BLOCH, Professeur de droit privé, Université d’Aix-Marseille
  • Isabelle BARRIERE BROUSSE, Professeur de droit privé, Université d’Aix-Marseille
  • Jacques BEGUIN, Professeur émérite de droit privé, Université Paris 1 Panthéon Sorbonne
  • Diane de BELLESCIZE, Professeur de droit public, Université du Havre
  • Ramu de BELLESCIZE, Maître de conférences en droit public, Université de Rouen
  • Pierre BELTRAME, Professeur émérite de droit public, Université Aix-Marseille
  • André BENAYOUN, Maître de Conférences en droit privé, Université de Sceaux
  • Thibaut de BERRANGER, Maître de conférences en droit public, Université de Nantes
  • Guillaume BERNARD, Maître de conférences en histoire du droit, ICES la Roche-sur-Yon
  • Jean-René BINET, Professeur de droit privé, Université de Franche-Comté
  • Christophe BLANCHARD, Professeur de droit privé, Université d’Angers
  • Christine BOILLOT, Maître de conférence en droit privé, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
  • Georges BOLARD, Professeur émérite de droit privé, Université de Bourgogne
  • Pierre BONIN, Professeur d’histoire du droit, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
  • Damienne BONNAMY, Maître de conférences de droit public, Université de Franche-Comté
  • Jean-Sébastien BORGHETTI, Professeur de droit privé, Université Paris 2 Panthéon-Assas
  • Claire BOUGLÉ-LE ROUX, Maître de conférences en histoire du droit, Université de Versailles
  • Renaud BOURGET, Maître de conférence en droit public, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
  • Roger BOUT, Professeur émérite de droit privé, Université d’ Aix-Marseille
  • Christophe BOUTIN, Professeur de droit public, Université de Caen Basse-Normandie
  • François-Xavier BRECHOT, Maître de conférence en droit public, Sciences Po Paris
  • Vincent BREMOND, Professeur de droit privé, Université d’Orléans
  • Claude BRENNER, Professeur de droit privé, Université Paris 2 Panthéon-Assas
  • Clotilde BRUNETTI-PONS, Maître de conférences en droit privé, Université de Reims
  • Alexis BUGADA, Professeur en droit privé, Université Aix-Marseille
  • Mathieu CARDON, Maître de conférences en droit public, Université Jean Moulin Lyon 3
  • Stéphane CAPORAL, Professeur de droit public, Université de Saint-Etienne
  • Jean-Marie CARBASSE, Professeur d’histoire du droit, Université de Montpellier
  • Claude CHAMPAUD, Professeur émérite de droit privé, Université Rennes 1
  • Gérard CHAMPENOIS, Professeur émérite de droit privé, Université Paris 2 Panthéon Assas
  • Jean-Yves CHEVALLIER, Professeur émérite de droit privé, Université de Rennes
  • Marie-Laure CICILE, Professeur de droit privé, Université de Rennes
  • Jocelyn CLERCKX, Maître de conférences en droit public, Université du Havre
  • Joël COLONNA, Maître de conférences en droit privé, Université Aix-Marseille
  • Jean-Luc CORONEL DE BOISSEZON, Professeur d’histoire du droit, Université Montpellier 1
  • Danielle CORRIGNAN-CARSIN, ??? Professeur de droit privé, Université de Rennes 1
  • Julien COUARD, Maître de conférences en droit privé, Université du Sud Toulon-Var
  • Hélène de COURREGES, Maître de conférences en histoire du droit, Université de Rouen
  • Marie-Yvonne CREPIN, Professeur émérite d’histoire du droit, université de Rennes 1
  • Philippe CHRESTIA, Maître de Conférences en droit public, Université de Nice Sophia Antipolis
  • Pierre CROCQ, Professeur de droit privé, Université Paris 2 Panthéon-Assas
  • Pierre-François CUIF, Maître de conférences en droit privé, Université d’Evry
  • Bruno DAUGERON, Professeur de droit public, Université Lumière Lyon 2
  • Thierry DEBARD, Professeur de droit public, Université Jean Moulin Lyon 3
  • Christian DEBOUY, Professeur de droit public, Université de Poitiers
  • André DECOCQ, Professeur émérite de droit privé, Université Paris 2 Panthéon Assas
  • Michel DEGOFFE, Professeur de droit public, Université Paris Descartes
  • Françoise DEKEUWER-DEFOSSEZ, Professeur émérite de droit privé, Université Lille 2
  • Marie Luce DEMEESTER, Professeur de droit privé, Université Aix-Marseille
  • Alexandre DEROCHE, Professeur d’histoire du droit, Université Grenoble 2 Pierre Mendes France
  • Philippe DIDIER, Professeur émérite d’histoire du droit, Université de Grenoble 2 Pierre Mendes France
  • Jean-Paul DOUCET, Professeur de droit criminel en retraite
  • Mélina DOUCHY-OUDOT, Professeur de droit privé, Université du Sud Toulon-Var
  • Cyrille DOUNOT, Maître de conférences en histoire du droit, Université de Rouen
  • Gilles DUMONT, Professeur de droit public, Université de Nantes
  • Dominique FENOUILLET, Professeur de droit privé, Université Paris 2 Panthéon-Assas
  • Dominique GENCY-TANDONNET, Maître de conférences en droit privé, Université Paris 12 Est Créteil
  • Thomas GENICON, Professeur de droit privé, Université de Rennes 1
  • Jean-Baptiste GEFFROY, Professeur de droit public, Université de Poitiers
  • Michel GERMAIN, Professeur de droit privé, Université Paris 2 Panthéon-Assas
  • Jean-François GICQUEL, Maître de Conférences en histoire du droit, Université de Lorraine
  • Marie GORE, Professeur de droit privé, Université Paris 2 Panthéon-Assas
  • Antoine GOUEZEL, Maître de conférences en droit privé, Université Paris 13
  • Claude GOYARD, Professeur émérite de droit public, Université Paris 2 Panthéon Assas
  • Anne GUEGAN, Maître de conférences en droit privé, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
  • Nicole GUIMEZANES, Professeur émérite de droit privé, Université Paris 12 Est Créteil
  • Serge GUINCHARD, Professeur émérite de droit privé, Université Panthéon-Assas
  • Gérard GUYON, Professeur émérite d’histoire du droit, Université de Bordeaux
  • Hélène HAMANT, Maître de conférences en droit public, Université Jean Moulin Lyon 3
  • Jean-Louis HAROUEL, Professeur d’histoire du droit, Université Paris 2 Panthéon Assas
  • Joël HAUTEBERT, Professeur d’histoire du droit, Université d’Angers
  • Caroline HENRY, Professeur de droit privé, Université de Bourgogne
  • Blandine HERVOUET, Maître de conférences en histoire du droit, Université de Caen
  • Henri HOVASSE, Professeur de droit privé, Université de Rennes 1
  • Suzanne HOVASSE, Professeur de droit privé, Université de Rennes 1
  • Patrice JOURDAIN, Professeur de droit privé, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
  • Marc JOYAU, Professeur de droit public, Université de La Rochelle
  • Pierre JULIEN, Professeur émérite de droit privé, Université de Nice
  • Catherine LABRUSSE-RIOU, Professeur émérite de droit privé, Université Paris 1 Panthéon Sorbonne
  • Marie-Béatrice LAHORGUE, Maître de conférences en droit public, Université de Poitiers
  • André LAINGUI, Professeur émérite d’histoire du droit, Université Paris 2 Panthéon Assas
  • Gwendoline LARDEUX, Professeur de Droit privé, Université d’Aix-Marseille
  • Yves LASSARD, Maître de conférences en histoire du droit, Université Grenoble 2 Pierre Mendès France
  • Florence LASSERRE JEANNIN, Maître de conférences en droit privé, Université de Paris 1 Panthéon Sorbonne
  • Xavier LATOUR, Professeur de droit public, Université de Rouen
  • Hervé LECUYER, Professeur de Droit privé, Université Paris 2 Panthéon-Assas
  • Anne LEFEBVRE-TEILLARD, Professeur émérite d’histoire du droit, Université Paris 2 Panthéon Assas
  • Arnaud LE GALL, Maître de conférences en droit public, Université de Caen
  • Jean-Michel LEMOYNE DE FORGES, Professeur émérite de droit public, Université Paris 2 Panthéon Assas
  • Anne-Marie LE POURHIET, Professeur de droit public, Université Rennes 1
  • Yves LEQUETTE, Professeur de droit privé, Université Paris 2 Panthéon-Assas
  • Philippe LE TOURNEAU, Professeur émérite de droit privé, Université Toulouse 1 Capitole
  • Laurent LEVENEUR, Professeur de droit privé, Université Paris 2 Panthéon Assas
  • Guillaume LEYTE, Professeur d’histoire du droit, Université Paris 2 Panthéon-Assas
  • Monique LUBY, Professeur de droit privé, Université de Pau
  • André LUCAS, Professeur émérite de droit privé, Université de Nantes
  • François-Xavier LUCAS, Professeur de droit privé, Université Paris 1 Panthéon Sorbonne
  • Kevin LUCIANO, Maître de conférences en droit privé, Université de Nice Sophia-Antipolis
  • Marie-Luce MARIANI, Maître de conférences en droit privé, Université d’Orléans
  • Arnaud MARTIN, Maître de conférences en droit public, Université Montesquieu Bordeaux 4
  • Nicolas MATHEY, Professeur de droit privé, Université Paris 5 René Descartes
  • Patricia MATHIEU, Maître de conférences en histoire du droit, Université Pierre Mendès France Grenoble 2
  • Martial MATHIEU, Professeur d’histoire du droit, Université de Grenoble Pierre Mendès France
  • Yves MAYAUD, Professeur de droit privé, Université Paris 2 Panthéon Assas
  • Sabine MAZEAUD-LEVENEUR, Professeur de droit privé, Université Paris 12
  • Gérard MEMETEAU, Professeur de droit privé, Université de Poitiers
  • Michel MENJUCQ, Professeur de droit privé, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
  • Virginie MERCIER, Maître de conférences en droit privé, Université d’Aix Marseille
  • Anthony MERGEY, Professeur d’histoire du droit, Université Rennes 1
  • Cécile MOIROUD, Maître de conférences en droit public, Université Paris1 Panthéon-Sorbonne
  • Sophie MOLINIER, Maître de conférences en histoire du droit, Université Paris 8
  • Marie-Laure MOQUET-ANGER, Professeur de droit public, Université de Rennes 1
  • Jean MORANGE, Professeur de droit public, Université de Limoges
  • Louis-Daniel MUKA TSHIBENDE, Maître de conférences en droit privé, Université Catholique de Lyon
  • Florence NICOUD, Maître de conférences en droit public, Université de Haute-Alsace
  • Pascal OUDOT, Maître de conférences en droit privé, Université du Sud Toulon-Var
  • Bertrand PAUVERT, Maître de conférences en droit public, Université de Haute-Alsace
  • Marta PEGUERA POCH, Professeur d’histoire du droit, Université de Lorraine
  • Armel PECHEUL, Professeur de droit public, Université d’Angers
  • Hugues PERINET-MARQUET, Professeur de droit privé, Université Paris 2 Panthéon-Assas
  • Hugues PETIT, Maître de Conférences en histoire du droit, Université de Grenoble Pierre Mendès France
  • Christiane PLESSIX-BUISSET, Professeur émérite d’histoire du droit, Université de Rennes1
  • Laurent POULET, Maître de conférences en droit privé, Université Paris 2 Panthéon-Assas
  • Eva RABILLON, Maître de conférences en droit public, Université d’Angers
  • Michèle-Laure RASSAT, Professeur émérite de droit privé, Université Paris 12
  • Geneviève REBECQ, Maître de conférences en droit privé, Université du Sud Toulon-Var
  • Philippe REMY, Professeur émérite de Droit privé, Université de Poitiers
  • Pauline REMY-CORLAY, Professeur de Droit privé, Université Paris 11 Jean Monet
  • Virginie RENAUX-PERSONNIC, Maître de conférences en droit privé, Université Aix-Marseille
  • Laurent REVERSO, Professeur d’histoire du droit, Université du Sud Toulon-Var
  • Jean-Claude RICCI, Professeur de droit public, Université d’Aix-Marseille
  • Daniel ROBLOT, Maître de conférences honoraire en droit public, Université de Créteil
  • Janick ROCHE DAHAN, Maître de conférences en droit privé, Université du Sud Toulon-Var
  • Gabriel ROUJOU de BOUBEE, Professeur de droit privé émérite, Université de Toulouse 1 Capitole
  • Marie-Eve ROUJOU de BOUBEE, Maitre de conférences honoraire en droit privé, Université de Toulouse 1 Capitole
  • Guillaume ROUSSET, Maître de conférences en droit privé, Université Lyon 3 Jean Moulin
  • Jérôme ROUX, Professeur de droit public, Université Montpellier I
  • Damien SALLES, Professeur d’histoire du droit, Université Grenoble 2 Pierre Mendès France
  • Solange SEGALA, Maître de conférences en histoire du droit, Université de Valenciennes
  • Alain SÉRIAUX, Professeur de droit privé, Université Via Domitia de Perpignan
  • Caroline SIFFREIN-BLANC, Maître de conférences en droit privé, Université Aix-Marseille
  • Sylvain SOLEIL, Professeur d’histoire du droit, Université Rennes 1
  • Philippe STOFFEL-MUNCK, Professeur de droit privé, Université Paris 1 Panthéon Sorbonne
  • Caroline TABOUROT HYEST, Maître de conférences en droit privé, Université Paris 1 Panthéon Sorbonne
  • Isabelle TOSI, Maître de conférence en droit privé, Université Montpellier 1
  • Olivier TOUNAFOND, Professeur de droit privé, Université de Paris Est
  • François-Guy TREBULLE, Professeur de droit privé, Université Paris 1 Panthéon Sorbonne
  • François VALLANCON, Maître de conférences honoraire en histoire du droit, Université Paris 2 Panthéon-Assas
  • André VARINARD, Professeur émérite de droit privé, Université Jean Moulin Lyon3
  • Raymonde VATINET, Professeur de droit privé, Université Panthéon-Assas Paris 2
  • Marie-France VERDIER, Maître de conférences en droit public, Université Montesquieu Bordeaux 4
  • Edouard VERNY, Professeur de droit privé, Université Rennes 1
  • Thierry VIGNAL, Professeur de droit privé, Université de Cergy-Pontoise
  • Daniel VIGNEAU, Professeur de droit privé, Université de Pau et des Pays de l’Adour
  • Ludovic DE VILLELE, Professeur de droit privé associé, université d’Evry
  • Michel DE VILLIERS, Professeur émérite de droit public, Université de Nantes
  • Jean VILLACEQUE, Professeur associé en droit privé, Université de Perpignan
  • Geneviève VINEY, Professeur émérite de droit privé, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
  • Nicolas WAREMBOURG, Professeur d’histoire du droit, Université Lille 2
  • Caroline WATINE-DROUIN, Maître de conférences honoraire en droit privé, Université Paris 2 Panthéon-Assas

 


16 mars 2013 - 360° - Par Zelda Chauvet

TRIOLISME: PETIT MANUEL D’AMOUR EN 3D

TRIOLISME: PETIT MANUEL D’AMOUR EN 3D

 

 

Si l’on en croit certains prophètes de la décadence, ce sera la prochaine étape après le mariage gay: le couple à trois. Autant se pencher tout de suite sur cette sulfureuse pratique.

 

«Un plan à trois, ça vous dit?» Nombreux sont ceux à avoir dû un jour se confronter à cette question. Plus nombreux encore sont ceux à y avoir pensé seuls, sans le moindre encouragement nécessaire. Combien l’ont déjà pratiqué et en redemandent? Car, oui, le plan à trois éveille les sens ou devrais-je dire l’essence d’un désir à l’origine troublante. Le triolisme suscite pourtant certaines interrogations tant conceptuelles que techniques.

 

Si nous avons tous l’âme d’un aventurier que l’exploration d’univers inconnus excite, par curiosité ou libido insatisfaite, transformons-nous pour autant l’acte communément associé au fantasme en une réalité bien tangible? Ou nous laissons- nous avoir par nos peurs ou les limites construites par une morale religieuse ou sociétale omniprésente? Pour le savoir, examinons les raisons qui font de l’amour à trois une pratique assumée dans les faits au pire, en conscience au mieux: une discussion tardive chauffante et chauffée, une envie de communion sexuelle voire sensuelle plus puissante que le vieux face-à-face amoureux trop connu, un besoin de consommation de chair fraîche un peu boulimique…

 

HUIT POSSIBILITÉS
L’élément déclencheur peut être longuement considéré autant que joyeusement spontané. Seulement, le plan à trois s’ouvre à de multiples possibilités une fois l’envie exprimée. Pour en atteindre l’extase, encore faut-il savoir justement s’associer. Rien de pire en effet qu’un fantasme anéanti par un mauvais caractère ou une verge inadéquate. Nous ne voulons pas sombrer dans une version vulgaire et non intégrée du plan à trois équivalente aux tristes 2+1 ou 1+1+1, mais accéder au film remasterisé en 3D. Et pour obtenir ce désir par trois fois assouvi, considérons les huit possibilités d’associations existantes: trois hommes, trois femmes, deux hommes et une femme, deux femmes et un homme, et ce, en couple ou en célibataires. Ne souhaitant pas laver ici le linge sale des couples malheureux, partons du principe que toutes les parties prenantes au trio sont ouvertes à ladite association. La suite et l’éventuelle réussite de l’expérience reposent à présent sur un choix de genre et de nature individuelle.

 

L’option unisexe et homosexuelle est sans doute une valeur sûre du partage sensoriel. Plus de partenaires, plus de possibilités quant à des pratiques que l’on apprécie déjà passivement ou activement. L’élément inconnu réside alors dans la nature même des individus présents et dans celle de leurs désirs. Certains, au contraire, choisissent de transcender la vision commune du plan, pour y inclure un ou plusieurs élément(s) exogène(s) de sexe opposé et/ou d’orientation sexuelle différente, de nature homo-, hétéro-, ou bisexuelle. Les motivations sont multiples: une envie de découverte, un désir caché, un besoin d’enfanter, le résultat d’une sur-stimulation hormonale… Deux voies théoriquement pénétrables, donc.

 

FAITES VOTRE CHOIX
Reste maintenant la question de la nature des membres de l’association. Autrement dit, qui faut-il choisir? Amis, inconnus, ex, cousins, avec ou sans expérience préalable, physiquement à notre goût ou bien constitués, un peu de tout, un peu de rien? Sur ces éléments pourrait reposer le succès de notre mission ternaire, car nous voulons que la quantité s’allie à la qualité de l’expérience, afin de pleinement pouvoir jouir des possibilités qui nous sont données dans la tradition des grands amoureux ou stratèges du sexe… Or, est-ce vraiment le cas?

 

Hypothétiquement, une bonne association théorique a des chances de réussir, mais nous ne savons que trop bien que les apparences sont trompeuses, et particulièrement vicieuses en matière de sexe. Comment se mettre à l’abri des micropénis, des odeurs indésirables, des maladresses, des purs égoïstes ou encore des impotents… ? Au fond, le secret de la réussite du plan à trois est aussi simple que celui de la réalisation d’une bonne crème vanille: une fois les ingrédients réunis, la seule façon de déterminer si le mélange est savoureux est d’y goûter. Et si la crème vanille n’est pas bonne, essayez celle au chocolat. Alors revient-on au plan à trois? Je vous propose que nous donnions ensemble notre réponse, à trois. Un, deux,…


17 mars 2013 - La Libre - Par Stéphanie Fontenoy

Un bébé, deux pères et quatre mères

Un bébé, deux pères et quatre mères

 

 

Qui peut décider de la vie et de la mort du fœtus ?

Bébé S., comme la surnomment les médias américains pour protéger son identité, est une fillette à la généalogie pas comme les autres. Son faire-part de naissance aurait pu compter six signatures. Côté maternel : une donneuse d’ovule anonyme, la mère porteuse, la mère commanditaire et une maman adoptive. En comparaison, la filiation paternelle paraît presque simple : un père génétique et un père adoptif. Cette "famille" est le résultat d’une histoire rocambolesque, comme seuls les Etats-Unis peuvent en produire.

 

En 2011, Crystal Kelley accepte de porter l’enfant d’un couple du Connecticut connaissant des difficultés à concevoir. Au bout du cinquième mois, les tests médicaux laissent apparaître de graves anomalies du fœtus : un kyste au cerveau, des problèmes cardiaques, un bec de lièvre. A l’hôpital, à la mère porteuse et aux parents commanditaires, un spécialiste explique que l’enfant peut survivre à l’accouchement, mais n’aura que 25 % de chances d’avoir une vie normale. C’est le choc pour le couple demandeur, qui élève déjà trois enfants. Il estime que maintenir le nouveau-né en vie serait de l’acharnement thérapeutique. Et demande une interruption volontaire de grossesse.

 

Cristal Kelley n’est pas de cet avis : "Je leur ai dit qu’ils m’avaient choisie pour porter et protéger cet enfant, et que c’était ce que j’allais faire." Elle refuse une offre de 10 000 dollars pour avorter.

 

L’agence de gestation pour autrui la met alors en garde : les parents commanditaires ont prévenu qu’ils refuseraient de devenir les parents légaux du bébé et elle deviendra donc la seule responsable de l’enfant devant la loi. La jeune femme de 29 ans, mère de deux fillettes, est sans emploi et n’envisage pas d’élargir sa famille. Mais ses convictions sont fermes : pas question d’abandonner l’être humain qui est en elle. " J’étais la seule qui la sentait donner des coups de pieds et remuer. Je savais qu’elle avait l’esprit battant et je voulais me battre pour elle" , explique la gestatrice à la télévision américaine.

 

Déménagement

A quasiment vingt-quatre semaines de grossesse, limite légale pour les IVG dans la plupart des Etats américains, le destin de Bébé S. passe dans les mains de deux avocats. Une lettre de Me Douglas Fishman informe Mme Kelley qu’elle a rompu son contrat qui prévoyait "un avortement dans le cas d’une anomalie grave du fœtus" . Il menace de la poursuivre en justice pour le remboursement des sommes reçues pour ses services et les frais médicaux. Sur les conseils de son propre avocat, Michael DePrimo, elle décide alors de déménager à 700 km de chez elle, dans le Michigan - un Etat qui ne reconnaît pas la gestation pour autrui et où elle ne peut donc pas être forcée à avorter.

 

Entre-temps, le couple commanditaire a décidé d’exercer ses droits légaux sur l’enfant pour le reconnaître et ensuite le placer comme pupille de la nation.

 

Dans le Michigan, Crystal Kelley trouve un petit meublé et une maternité dotée d’un service pédiatrique. Sans surprise, l’accouchement est une nouvelle épreuve : le bébé ne respire pas et ses battements cardiaques sont très faibles. Une bouffée d’oxygène dans ses poumons lui offre une nouvelle chance. Son bilan médical est sévère : malformation cérébrale, mauvais placement des organes internes, problèmes cardiaques.

 

Malgré sa santé très fragile, le nouveau-né a trouvé une famille adoptive. Et pétris de remords, le père biologique et sa femme ont obtenu le droit de visite. Sur les forums américains, Crystal Kelley est louée comme une sainte ou vilipendée pour avoir mis au monde un enfant infirme à la parenté aussi brouillée.

 

Deux visions qui rappellent qu’avec l’augmentation du nombre de gestations pour autrui, de nouvelles questions de bioéthique n’ont pas fini de se poser.


16 mars 2013 - Blog Paroles de juges - Par Michel Huyette

Homosexualité et homoparentalité, ou l'arbre qui cache la forêt

Homosexualité et homoparentalité, ou l'arbre qui cache la forêt

 

 

 

Comme cela a été indiqué très récemment à propos du livre de Serge Portelli et Clélia Richard intitulé "Désirs de familles, homosexualité et homoparentalité" (cf. ici), le débat actuel autour du mariage entre personnes de même sexe, et surtout de l'homoparentalité, est un débat d'une grande importance qui nous emporte bien au-delà de la seule question de la capacité des personnes homosexuelles à fonder une famille et à élever seules ou ensemble des enfants.

Les enfants sont élevés par des adultes, et il y a, schématiquement, deux façon d'observer les interactions entre eux. Soit on prend en compte les caractéristiques des adultes et on se demande s'ils sont a priori compétents pour élever correctement les enfants. Soit, à l'inverse, on s'interroge sur ce dont ont besoin les enfants pour s'épanouir et on regarde si les adultes qui les entourent sont capables de leur apporter.

Ce dont les enfants ont besoin, c'est d'abord et avant tout de sécurité, d'affection, et de soutien. Or, manifestement, la présence ou l'absence de ces ingrédients ne dépendent ni du sexe, ni de l'âge, ni de la religion, ni des opinions politiques ou philosophiques des adultes qui les entourent. Ils ne dépendent pas plus du statut juridique liant les enfants aux adultes qui les élèvent.  Ils ne dépendent que d'une chose : ce que ces adultes, quels qu'ils soient, ont dans leur tête et dans leur coeur et sont prêts à leur donner.

Ou pour le dire autrement, parce que cette notion renferme tout le reste, ce qui fait grandir les enfants, ce qui les aide à devenir forts, c'est cette potion magique qu'ils doivent récupérer à tout instant dans chacun de nos gestes, chacun de nos mots, chacun de nos regards : une encourageante tendresse. Cela des adultes sont capables de leur donner, d'autre non. Mais cette capacité, elle aussi, ne dépendra jamais ni du sexe des adultes, ni de la configuration de leur couple, ni des termes de la loi.

Etre parent, concrètement, ce n'est pas être le géniteur biologique de l'enfant. Etre parent ce n'est pas plus avoir son nom sur le livret de famille au dessus de celui de l'enfant. Etre parent, c'est fondamentalement être capable d'accueillir, d'encourager, d'accompagner, et d'aimer.

Comme l'ont très bien écrit les deux auteurs du livre précité, dans une phrase qui résume un peu tout ce qui précède : "nous sommes tous des parents adoptifs". En effet, le lien biologique, pas plus que le lien juridique, n'apporte de garantie de bien être à l'enfant accueilli par les adultes qui vont l'élever. Seul le lien affectif, s'il est profond et de qualité, va apporter à l'enfant ce dont il a vraiment besoin.

Certains adultes hétérosexuels sont d'excellents parents, d'autres sont d'épouvantables parents. Ce n'est pas auprès de couples homosexuels que des dizaines de milliers d'enfants sont chaque année en France agressés physiquement ou sexuellement. Ce ne sont pas dans les couples homosexuels qu'une femme meurt tous les trois jours sous les coups de son compagnon. Ce ne sont pas principalement les homosexuels qui, au moment ou après leur séparation, manipulent leurs enfants au mépris de leur équilibre et de leur santé pour continuer avec l'ancien conjoint une guerilla sans fin. Ce ne sont pas les enfants qui grandissent auprès de parents homosexuels que les juges des enfants, par milliers, trouvent en danger au sein de leur famille à cause des graves carences des adultes qui les entourent. L'hétérosexualité des parents est tout sauf une garantie de bien être pour les enfants. C'est peu dire quand on connaît la réalité des familles.

Il en va exactement de même des adultes homosexuels. A côté de ceux qui apportent aux enfants tout ce dont ils ont besoin, d'autres sont et seront de mauvais parents. Dans le domaine de la parentalité, les parents homosexuels ne seront tout simplement jamais ni meilleurs ni pires que les parents hétérosexuels.



D'autres indications sur le "parent" dont les enfants ont besoin nous sont régulièrement apportées... par les enfants eux-mêmes.

On ne compte plus ces enfants devenus adultes, qui ont été adoptés ou dont l'un des parents est décédé ou est parti et qui ont grandi auprès du conjoint de leur autre parent, qui ont appelé les adultes qui se sont occupés d'eux "papa" et "maman" quand bien même l'un de ces adultes (ou les deux) n'a pas été leur géniteur, et qui expliquent aussi clairement que simplement que pour eux leur "père" et/ou leur "mère" restera toujours l'homme (ou la femme) qui les a élevés et qui leur a donné son affection. Cela quelle que soit la réalité biologique.


On connaît aussi la situation de ces enfants abandonnés très tôt par un parent, qui ont grandi auprès d'un "père" ou d'une "mère" de substitution, qui cherchent leur géniteur une fois devenus adultes, qui le rencontrent, qui sont souvent déçus et fréquemment ne recherchent pas de suite après avoir mis un visage sur un nom, et qui expliquent à leur tour que malgré cette rencontre leur "père" et/ou leur "mère", de fait, restent les adultes qui les ont élevés.

Dans ces situations, les enfants nous disent, parce qu'ils l'ont vécu, que pour eux le lien affectif est bien plus important que le lien biologique.


Cela nous montre à quel point il est réducteur de ne concevoir le "père" et la "mère" que du point de vue de la biologie. Au demeurant, si le lien biologique avait une telle importance, il faudrait rapidement interdire l'accouchement sous x, l'adoption, et la procréation médicalement assistée.

Rappelons également, parce que ce sont quelques une des données actuelles du débat :

  • Que l'adoption est permise par des personnes célibataires homosexuelles, et qu'il ne viendrait (probablement) à l'idée de personne de retirer l'enfant si un jour l'adoptant en vient à se mettre en ménage avec une personne de même sexe,
     
  • Qu'il arrive parfois (un exemple a encore été vu récemment) que dans un couple hétérosexuel l'un des deux quitte l'autre pour aller vivre avec une personne de même sexe, et que dans un tel cas il ne viendrait (probablement) à l'idée de personne de lui interdire de recevoir chez lui ou même d'élever en permanence l'enfant qui a jusque là grandi auprès de lui et dont il reste le parent,
  • Que de nombreux parents (principalement des femmes) élèvent seuls leur enfant, après une rupture ou un décès, ou par choix, et qu'il ne viendrait (probablement) à l'idée de personne de retirer l'enfant au motif qu'il n'y a pas/plus de représentant de l'autre sexe auprès d'elle ou de lui,
  • Que s'agissant du droit des enfants de connaître leur origine biologique, souvent mis en avant dans le débat sur l'homoparentalité, ce droit leur est actuellement refusé en cas d'accouchement sous x, d'adoption, de procréation médicalement assistée, et quand la mère, après une rencontre sans suite avec un homme, décide de ne pas révéler à celui-ci sa paternité et de ne pas dire à l'enfant qui est son père (cf. ici),
  • Que les enfants, qu'ils grandissent auprès de deux hommes ou de deux femmes, sont en permanence en contact avec des adultes de l'autre sexe qui sont pour eux autant de références régulières ou ponctuelles : membres des deux familles élargies (en permanence), voisins, enseignants (4 à 6 heures par jour et 4 à 5 jour par semaine), parents des copains et copines (souvent), encadrants des clubs sportifs (régulièrement), accompagnateurs de colonies de vacances, et bien d'autres encore.

    Les parents d'aujourd'hui, dès que les enfants sont en âge d'aller à l'école et de participer à diverses activités, ne sont plus que des éducateurs à temps partiel. D'une certaine façon, nous sommes une collectivité d'adultes qui élevons collectivement des enfants, les nôtres d'abord, et un peu ceux des autres.

    C'est pourquoi prétendre que parce qu'ils grandissent auprès de deux femmes ou de deux hommes les enfants concernés n'auront pas de vision claire de l'autre sexe n'est qu'une vue de l'esprit, tant la réalité quotidienne est autre. Tous rencontrent bien plus d'adultes et de couples hétérosexuels que homosexuels.

  • Que quand chaque matin nous confions pour toute la journée nos jeunes enfants à un(e) instituteur(trice) de maternelle ou de primaire, il ne vient à l'idée d'aucun d'entre nous de lui demander son orientation sexuelle, tout simplement parce que aucun d'entre nous, instinctivement, ne fait de lien entre la sexualité d'un adulte et ses compétences psychologiques et éducatives,
     
  • Que, semble-t-il et sauf démonstration du contraire, la plupart des adultes homosexuels sont nés et ont été élevés par des parents hétérosexuels (d'où au demeurant de fréquents phénomènes de rejet lorsqu'ils font connaître leur orientation sexuelle ; cf. par ex. ici). Cela rend plus que difficile de faire un lien entre la sexualité des parents et la sexualité à venir de leur enfant. Ce qui, et à l'inverse, ne permet pas d'affirmer qu'il existerait chez les enfants d'homosexuels une probabilité élevée de devenir à leur tour des adultes homosexuels.
     
  • Que si deux femmes ou deux hommes, chacun individuellement et séparément, sont considérés parfaitement aptes à élever un enfant, il est malaisé de comprendre pourquoi cette aptitude serait réduite voire disparaîtrait une fois réunis en un couple de personnes de même sexe.

 


Tout cela nous incite à penser que quand bien même des questions sérieuses et délicates se posent, notamment en ce qui concerne la gestation pour autrui, le débat autour de la parentalité homosexuelle est d'une certaine façon un débat secondaire, et n'est que l'arbre qui cache la forêt.

En effet, puisque une grande partie des critiques émises n'a aucun fondement sérieux (oublions rapidement les références aux "études", que jamais personne ne produit...), il faut chercher ailleurs les sources de la méfiance, du rejet et, trop souvent, de la haine envers les homosexuels.


Et demandons nous, si certains enfants qui sont élevés par des personnes de même sexe éducativement et affectivement parfaitement aptes sont quand même parfois perturbés, si ce n'est pas d'abord et principalement à cause des regards péjoratifs ou méprisants, des questions incessantes, des sous-entendus malveillants, en provenance de tous ceux que la différence inquiète ou insupporte ?

Trop souvent, ce n'est pas être différent qui génère un mal de vivre. C'est être regardé comme différent. Rien n'interdit alors de penser que si les familles homoparentales étaient assimilées aux autres, la banalisation des regards mettrait fin à bien des perturbations.

Plus largement encore, c'est l'attitude de chacun d'entre nous envers l'autre, envers la différence, qui est interrogée. Le débat autour de l'homosexualité et de l'homoparentalité n'est qu'une illustration de cette tendance permanente à écarter et rejeter ce qui dérange sans même essayer de comprendre de quoi l'autre différent est fait.

Le débat difficile autour de l'homoparentalité nous oblige à nous poser des questions indispensables que nous laissons souvent de côté parce qu'elles nous percutent de plein fouet.

Il n'est pas forcément simple de se demander ce qu'est un "bon parent" juste avant de se regarder dans le miroir. Ni de nous interroger sur notre capacité à la tolérance et à la compréhension.

Mais ne laissons pas passer l'occasion qui nous est offerte de repenser la parentalité, et tout ce qui en découle, non pas à partir des spécificités des adutes, mais des besoins et des attentes des plus jeunes.

Faisons le au moins pour nos enfants. Pour tous les enfants.


16 mars 2013 - Yagg - Par Xavier Héraud

Jean-Pierre Michel, rapporteur du « mariage pour tous » au Sénat: « Ce texte n’est pas la fin de l’histoire »

Jean-Pierre Michel, rapporteur du « mariage pour tous » au Sénat: « Ce texte n’est pas la fin de l’histoire »

 

 

A trois semaines de l'ouverture des débats sur le projet de loi du "mariage pour tous" au Sénat, Yagg fait le point avec son rapporteur, le socialiste Jean-Pierre Michel - qui fut le rapporteur du Pacs à l'Assemblée Nationale.

 

Le sénateur de la Haute-Saône s'exprime d'abord sur les auditions qui ont été menées au Sénat, dont il retire l'enseignement que le projet de loi n'est pas "la fin de l'histoire" et que les questions de filiation (statut du tiers, PMA, GPA) devront être réglées dans un ou des textes suivants.

 

Il évoque ensuite le futur avis du Comité consultatif national d'éthique sur la PMA, qui inquiète tant les association. Jean-Pierre Michel pense que cet avis sera nuancé et que dans tous les cas "le gouvernement fait ce qu'il veut".

 

Il revient également sur les propos du président du Sénat, Jean-Pierre Bel, qui estimait qu'un vote conforme (c'est à dire sans rajouter d'amendements au texte voté par l'Assemblée Nationale) était possible. Ce n'est plus à l'ordre du jour. En revanche, il y a toujours l'espoir qu'en deuxième lecture, les députés votent le texte tel qu'il est sorti du Sénat, ce qui permettrait de mettre un terme aux débats parlementaires et d'avancer rapidement vers la promulgation de la lois - et donc les premiers mariages.

 

Alors que la majorité de gauche au Sénat est plus ténue qu'à l'Assemblée Nationale - et que le parti socialiste n'y est pas majoritaire seul -, Jean-Pierre Michel croit savoir qu'il n'y aura pas de défection au sein de son camp, contrairement à ce qui s'est passé dans l'autre chambre du parlement.

 

Enfin, le sénateur explique les retours qu'il a eu suite à sa lettre très remarquée au collectif de la "manif pour tous" (Lire Le courrier cinglant du sénateur Jean-Pierre Michel à la «Manif pour tous») et en profite pour marteler que refuser des droits aux couples de même sexe est bien "la pire des homophobies".



14 mars 2013 - Blog Le Salon Beige

Quand Jean-Pierre Michel était hostile à la dénaturation du mariage

Quand Jean-Pierre Michel était hostile à la dénaturation du mariage

 

 

 

Lors des débats sur le Pacs en 1998, le député jean-Pierre Michel, aujourd'hui sénateur et rapporteur du projet de loi Taubira, déclarait :

"C'est bien en cela que je maintiens que si le concubinage ou le PACS doivent être ouverts à tout le monde, le mariage ne peut être ouvert qu'aux couples hétérosexuels."

"Vous savez très bien, puisque vous étiez rapporteur du texte, quej'ai voté contre les dispositions relatives à la PMA pour les couples hétérosexuels lors de la discussion de la loi « bio-éthique » - je suis même intervenu à la tribune sur ce point. Donc je ne peux pas être suspect de la vouloir pour les couples homosexuels, a fortiori. Je considère que le droit essentiel de la personne humaine, c'est de connaître ses origines."

"Que l'enfant doive, biologiquement, avoir un père et une mère, cela va de soi, mais que, pour son éducation, cette altérité de l'image doive se poursuivre, personne ne l'a jamais démontré."

"Autre possibilité : le mariage. Le présent texte maintient une discrimination. J'ai toujours proclamé que je n'étais pas défavorable à cette discrimination-là : le mariage n'est pas ouvert aux couples homosexuels. J'ai toujours dit, y compris dans des réunions organisées par des associations homosexuelles, à Paris ou ailleurs, que j'étais hostile à ce que l'on appelle le mariage homosexuel car, aujourd'hui encore, je n'ai pas compris ce que cela signifiait. Je pense fondamentalement qu'il y a dans le couple homosexuel une singularité et qu'il ne lui servirait à rien de singer le couple hétérosexuel qui, pour moi, reste fondé sur l'altérité des sexes et auquel, seul, le mariage doit être ouvert. (Exclamations sur les mêmes bancs.) Voilà ma conviction."

 


14 mars 2013 - 360°

HABEMUS PAPAM… HOMOPHOBUM?

HABEMUS PAPAM… HOMOPHOBUM?

 

 

Le pape élu, François Ier, vient d’Argentine, qui a légalisé le mariage homosexuel. Après s’être frotté à cette réalité, Bergoglio pourrait-il, paradoxalement, donner un nouveau cap à l’Eglise? Des militants LGBT veulent y croire.

 

Il fallait être naïf pour s’imaginer qu’un pape gay-friendly sortirait du conclave. Mercredi, à 19h, c’est un nouveau souverain pontife apparemment dans la droite ligne de son prédécesseur, sur la reconnaissance des couples de même sexe, qui est apparu au balcon de la place Saint-Pierre. François Ier vient d’un pays en pointe en la matière.

 

DIABOLIQUE
En 2010, l’Argentine a été le premier Etat d’Amérique latine à entériner le mariage et l’adoption pour tous et à aménager des lois permettant à ses citoyens trans et intersexes de vivre pleinement leur identité. Alors archevêque de Buenos Aires, Jorge Bergoglio avait multiplié les mises en garde fracassantes: «Attaque destructrice contre le Projet divin», «discrimination contre les enfants», «menace pour la survie de la famille». Il était allé jusqu’à décrire le mariage homosexuel comme une «manœuvre du Père du mensonge pour confondre et tromper les enfants de Dieu». Selon l’Evangile de Jean, le Père du mensonge est le Diable en personne, rappelle le Huffington Post.

 

La président de la Fédération argentine des gays, lesbiennes, bisexuels et trans a commenté l’élection de François Ier comme la «volonté claire du Vatican de radicaliser sa position contre la reconnaissance des familles issues de la diversité». Mais Esteban Paulón garde l’espoir. «Peut-être qu’en vivant, ces deux dernières années, dans un pays avec le mariage égalitaire, François Ier aura pu se rendre compte qu’aucune des catastrophes qu’il a avait lui-même prédites ne se sont réalisées. Il ne pourra argumenter [contre la reconnaissance des personnes LGBT] sans ignorer que, clairement, l’Argentine est à présent un pays avec davantage de droits et de paix, avec des familles renforcées dans la diversité, grâce au mariage égalitaire et la loi sur l’identité de genre.»

 

JUSTICE SOCIALE
Aux Etats-Unis, le lobby pro-gay GLAAD laisse, lui aussi, le bénéfice du doute à un nouveau souverain pontife. Ce dernier a certes condamné vigoureusement les évolutions sociétales de son pays, mais a aussi manifesté le souci des plus pauvres et des marges de la population. «Dans sa vie, Jésus n’a jamais condamné les gays », rappelle le président de GLAAD, Herndon Graddick. «Le pape Benoît, lors de sa brève pontificat, a placé au sommet de ses priorités de les condamner. Alors même que la hiérarchie catholique couvrait les abus d’enfants placés sous sa responsabilité. Nous espérons que ce nouveau pape troquera ses souliers rouges pour une paire de sandales et passera bien moins de temps à condamner et davantage à laver les pieds.» C’est ce que Bergoglio avait fait, en 2001, avec des patients atteints du sida dans un hospice de Buenos Aires.


14 mars 2013 - Le Figaro - Par Florentin Collomp

Un lord veut préserver la monarchie du mariage gay

Un lord veut préserver la monarchie du mariage gay

 

 

Un membre de la Chambre des lords a déposé un amendement qui permettrait d'obtenir la garantie que l'héritier du trône sera toujours l'enfant biologique d'un père et d'une mère.

 

La Chambre des lords n'a pas d'immenses pouvoirs mais elle se montre toujours soucieuse du respect des traditions britanniques. Alors que les députés ont adopté le projet de loi sur le mariage gay, des membres de la Haute Assemblée s'émeuvent de ses conséquences sur la monarchie.

Dans le cadre de l'examen de la modification des règles de succession, autorisant une fille aînée à régner même si elle a des frères, lord True, pair conservateur, a proposé un amendement pour qu'un héritier du trône soit explicitement désigné comme l'enfant d'un mariage hétérosexuel.

 

«Reine lesbienne et fécondation in vitro»

«Que se passe-t-il si nous avons une reine lesbienne unie par un mariage homosexuel et concevant un enfant avec le sperme d'un donneur?», s'inquiète Nicholas True dans le Daily Telegraph. S'il précise ne pas être contre le mariage gay, il se dit «troublé» en songeant à ses répercussions sur la royauté. Un autre pair, lord Elton, ancien ministre conservateur dont la femme travaille au service de la reine Elizabeth, lui a apporté son soutien.

 

Mais un représentant du gouvernement a convaincu les lords qu'après examen attentif de la législation aucun changement n'était nécessaire. «Les lois de la succession requièrent qu'un hériter soit l'enfant biologique d'un père et d'une mère, il n'y a pas besoin d'amendement», a plaidé lord Wallace of Tankerness.

 

Lord True a donc accepté de retirer son amendement, tout en continuant à penser que la question risquerait de se poser à l'avenir, «quand le mariage entre personnes du même sexe fera partie des habitudes de notre royaume comme l'entend notre premier ministre».


13 mars 2013 - Site Diocèse de Bayonne - Par Marc Aillet, Evêque de Bayonne, Lescar et Oloron

Lettre de Monseigneur Marc Aillet aux diocésains à propos de la « Manif pour tous » du 24 mars

Lettre de Monseigneur Marc Aillet aux diocésains à propos de la « Manif pour tous » du 24 mars

 

 

Le 13 janvier dernier à Paris, le projet de loi Taubira de « mariage et adoption pour tous », a suscité une mobilisation sans précédent, tant par son ampleur que par la diversité des manifestants et leur motivation : on ne marchait pas pour défendre des intérêts particuliers, mais on avait conscience, de manière plus ou moins explicite, de promouvoir le bien commun de la société, un bien précieux à transmettre aux générations futures.
     

Le moins qu’on puisse dire, c’est que cette mobilisation ne semble pas avoir eu d’effets immédiats sur le gouvernement : son absence presque totale de réaction a même pu s’apparenter à un certain mépris. Le débat parlementaire a été à l’image des auditions devant la commission des lois de l’Assemblée nationale : un parti-pris idéologique, un refus d’entendre la voix de la raison en tournant systématiquement en dérision les arguments avancés, une occultation des vrais enjeux pour la société, en particulier « le droit de l’enfant » au profit d’un mortifère « droit à l’enfant ». Les 700.000 pétitions déposées au CESE n’ont pas eu plus de succès. Les media qui minimisent cette mobilisation, au mépris de son ampleur inédite en France, continuent de donner la parole aux promoteurs du projet de loi qui s’en prennent avec virulence à leurs adversaires en brandissant contre eux le facile qualificatif d’ « homophobes » pour les diaboliser aux yeux de l’opinion.


Face à une telle fin de non-recevoir et devant l’obstination du gouvernement, voire une certaine faillite des institutions républicaines qui apparaît de plus en plus comme un déni flagrant de démocratie, la partie est-elle perdue pour autant ? Non, et il convient de rester mobilisés, même si le doute et le découragement semblent en gagner plus d’un.


Il reste que la mobilisation historique du 13 janvier est une lame de fond qui ne saurait se réduire à un combat à court terme, lequel demeure pour autant légitime. En effet on ne saurait être dans une logique d’affrontement ou de rapport de forces. Face au mépris et à la dérision, il n’est pas question de se laisser aller à quelque forme de violence ou d’agressivité que ce soit. C’est un combat spirituel où les ennemis ne sont pas « des êtres de chair et de sang », comme dirait saint Paul : c’est la « béatitude des doux » qui doit nous animer ; et la douceur n’a rien à voir avec la mollesse et la lâcheté, elle est même la vertu qui nous aide à convertir la violence en force d’âme. Mais il semble bien que l’on soit engagés dans une « guerre idéologique » qui entend procéder à la déconstruction de la société et à la déstructuration de la personne humaine, jusqu’à détruire son lien constitutif au Créateur, pour hâter l’avènement d’un « homme nouveau ».


Tel est bien, semble-t-il, le sens de la « réforme de civilisation » prônée par Mme Taubira, au nom de laquelle le gouvernement entend « arracher les enfants au déterminisme de la religion » (Christine Taubira à l’Assemblée nationale ») et faire de l’Education nationale un instrument susceptible de promouvoir une « morale laïque » pour « arracher l’élève à tous les déterminismes, familial, ethnique, social, intellectuel » (Vincent Peillon). Au bout du compte, ce projet totalitaire n’a d’autre objectif que d’imposer à l’ensemble de la société une politique hélas synonyme de « culture de mort » (promotion de l’idéologie du genre, mesures visant à faciliter l’accès des femmes à l’IVG, remise en cause annoncée de notre politique familiale et du droit de la famille, légalisation programmée de la procréation médicalement assistée , autorisation des expérimentations sur l’embryon humain, du « suicide assisté », des « salles de shoot », etc.).


Dans ces conditions, la manifestation du 24 mars ne sera pas d’abord une démonstration de force, qui chercherait à tout prix à faire plier le gouvernement, même s’il est légitime de réclamer purement et simplement le retrait du projet de loi Taubira. Car ne nous y trompons pas : adopté par l’Assemblée nationale en première lecture, il doit encore être discuté au Sénat, puis vraisemblablement, revenir en seconde lecture à l’Assemblée, sans préjuger de son application, si d’aventure il parvient à franchir toutes ces étapes parlementaires. Mais il s’agit plus encore de montrer qu’il existe en France un vaste et profond mouvement de résistance spirituelle, morale, sociale et politique, sous-estimé par les organes institutionnels et les appareils de partis.


Sans doute les déclarations de certains porte-paroles de la « manif pour tous » ne sont-elles pas toujours ajustées. En même temps, leur diversité et leur profond désir de rester unis sur l’essentiel, à savoir le retrait du projet de loi, sert ce mouvement de résistance, au-delà des divergences d’approches. Je sais bien aussi que la date retenue, due à des contraintes indépendantes de la volonté des organisateurs, pourrait gêner les catholiques qui entrent en ce dimanche 24 mars dans la grande semaine sainte.


Toutefois, devant l’importance de l’enjeu, j’encourage les fidèles du diocèse qui le décideront en conscience et en auront la possibilité, à se rendre à Paris le 24 mars. Moi-même, je célèbrerai la Messe anticipée du dimanche des Rameaux, le samedi 23 mars à 18h à la cathédrale Saint- Marie de Bayonne et je les accompagnerai afin de manifester ma sollicitude de pasteur pour leur légitime engagement : pour vous, je suis évêque, mais avec vous je suis chrétien … et citoyen !


L’Eglise n’a certes pas vocation à se lancer dans la bataille politique, mais son rôle est bien de réveiller les forces morales et spirituelles de la société. Mon intervention se situe dans cette ligne. Comme évêque et en conscience, je ne saurais me soustraire à ma mission prophétique. Comme le Pape Benoît XVI nous le rappelait, lors de notre visite ad limina : « Dans les débats importants de société, la voix de l’Eglise doit se faire entendre sans relâche et avec détermination. En continuant


d’exercer comme vous le faites la dimension prophétique de votre ministère épiscopal, vous apportez dans ces débats une parole indispensable de vérité qui libère et ouvre les cœurs à l’espérance ». « Garante de la culture de l’humain », qui est née, comme le rappelait notre Pape émérite, « de la rencontre entre la Révélation de Dieu et l’existence humaine », l’Eglise a quelque chose à dire sur l’homme, précisément parce que l’homme a été créé à l’image de Dieu, fondement ultime de sa dignité, et parce que « le mystère de l’homme ne s’éclaire vraiment que dans le Mystère du verbe incarné » (Vatican II). La manifestation du 24 mars, comme celle du 13 janvier, doit être l’expression d’un véritable printemps des consciences.


Je n’oublie pas pour autant les souffrances des personnes homosexuelles et de leurs familles, pour lesquelles l’Eglise a une longue expérience d’accompagnement pastoral. Je ne veux pas non plus minimiser les nombreuses situations de précarité économique et sociale engendrées par la crise actuelle, pour lesquelles des solutions politiques tardent à être trouvées et qui exigent de notre part un engagement redoublé en ces jours de Carême. Mais le projet de loi de mariage et d’adoption pour tous représente un enjeu considérable pour l’avenir de notre société et c’est pourquoi je me permets d’insister sur la juste mobilisation qu’il réclame.


En vous engageant d’abord à la prière, car « l’action déborde toujours de la prière » (Marthe Robin), je vous propose de consacrer le vendredi 22 mars à une journée de jeûne et de prière à cette intention.


Avec mes sentiments dévoués dans le Christ et Son Eglise.


+ Marc Aillet, Evêque de Bayonne, Lescar et Oloron


13 mars 2013 - Nouvelles de France - Par René-Pierre Samary

Théorie du genre, un archaïsme qui se veut moderne

Théorie du genre, un archaïsme qui se veut moderne

 

 

On croyait le behaviourisme mort et enterré, le voici qui ressurgit sous les oripeaux de la « théorie du genre », ce qui provoque deux grandes questions : celle du comment, et celle du pourquoi.

 

La théorie du genre, ou du gender, cela fait plus chic, suppose que les deux genres, la femme et l’homme, ne sont pas des réalités naturelles (ayant leurs racines dans la nature) mais, en quelque sorte, une invention destinée à enfermer la femme dans un rôle figé, dont on comprend qu’il est réputé inférieur par les partisans de la phallocratie, cette bête immonde au ventre toujours fécond. En niant la réalité d’une différenciation inscrite dans nos gènes entre la femme et l’homme, les adeptes de la théorie du genre proposent que les rôles plus ou moins déterminés par la nature ne soient en fait, pour eux, que des options, choisies librement, options dans tout un éventail de choix où seule intervient une volonté. C’est nier délibérément l’existence d’un « mur » d’origine génétique qui s’interpose – arbitrairement, disent-ils – entre nos fondamentaux inscrits dans le génome comme dans celui de tout organisme vivant, et les infinies variations que revendiquent l’homme (à juste titre, d’ailleurs), un être « naturellement de culture », et qui voit d’un mauvais œil ses dispositions innées s’opposer à ses désirs.

 

Inné et acquis. Nous voici, avec les « gender », revenus aux bons vieux temps du behaviourisme, dont ils sont les héritiers, le plus souvent sans le savoir.

 

Pour l’école behaviouriste, avec Burrhus Frederic Skinner en tête de file, il n’existait pas de structure comportementale donnée avant tout apprentissage. Tout comportement était le résultat d’un conditionnement. Cette idéologie malfaisante – on verra pourquoi – a imprégné des générations entières, qu’il s’agisse du monde scientifique ou du grand public, via les médias. La démonstration de son caractère a-scientifique n’a rien enlevé de son pouvoir de séduction ; et nous verrons plus loin les raisons pour lesquelles une théorie manifestement fausse peut entraîner une adhésion moutonnière.

 

Ce serait caricaturer l’école behaviouriste que d’affirmer que les processus d’apprentissage, employés sur des colonies de rats ou de pigeons, et généralisés à l’homme, n’existent pas. Bien sûr, qu’ils existent ! Le chien de Pavlov se met réellement à saliver au bruit de la sonnette. Là où les behaviouristes ont fait fausse route (et ce n’était pas toujours de façon innocente), c’était de postuler que tout comportement n’était que le résultat d’enchaînements stimuli/réflexes. L’animal – et l’homme – n’était, selon cette idéologie, qu’une tabula rasa, une feuille de papier vierge, sur laquelle pouvait s’imprimer tout ce qu’on voudrait, puisqu’il n’y avait pas de structure innée préexistant à l’apprentissage – pris au sens le plus large. Structures innées dont l’éthologie comparée a démontré l’existence, et qui sont précisément les conditions mêmes pour qu’il puisse y avoir apprentissage.

 

Tout est acquis, rien n’est inné. Cette pétition de principe, qui à l’époque faisait pièce à la proposition inverse, tout aussi radicalement fausse (tout est inné), parcourt la réflexion psychologique et philosophique depuis un siècle. Il a heureusement été fait justice de l’une comme de l’autre, au profit d’une position largement argumentée : les parts d’inné et d’acquis cohabitent et interfèrent les unes sur les autres dans tout organisme, jusqu’à l’homme. Chercher à démontrer, comme le behaviourisme l’a laborieusement tenté, et vainement, que le vivant n’est rien d’autre qu’un ensemble de mécanismes, que l’homme n’est « rien d’autre » qu’un primate évolué, que la vie n’est « rien d’autre » qu’un processus physico-chimique, que nous ne sommes « rien d’autre » que des organismes vides (empty organisms) qui ne demandent qu’à être remplis, tout cela a fait justement accuser le behaviourisme d’être un réductionnisme et, s’appliquant à l’homme, d’être potentiellement déshumanisant.

 

Que l’école behaviouriste ait tant séduit, alors qu’elle pose en filigrane la négation de la part d’autonomie, et jusqu’à la liberté, cela peut s’explique par le goût (inné ?) de l’homme pour les idéologies simplificatrices, par la propension de certains savants à ne considérer sérieusement que ce qui peut être chiffré, quantifié, et, a contrario, par une répulsion « moderne » devant toute évocation d’un caractère héréditaire (vade retro, satanas !).

 

Le fait n’est pas indifférent, que le débat entre l’inné et l’acquis soit devenu particulièrement virulent en France, pays de l’égalitarisme et de la méfiance devant tout ce qui s’apparente à un héritage, fût-il culturel. La séduction qu’a exercé la philosophie existentialiste (on ne naît pas femme, on le devient) est l’un des jalons qui illustrent cette passion négative pour l’inné, quand bien même cette part d’inné est minime – autant que fondamentale –, ainsi que nous l’apprend, depuis longtemps, la recherche génétique. La génétique, chez nous, ça sent le soufre !

 

« Les partisans du « tout acquis » ont été, depuis belle lurette, renvoyés à leurs dangereuses illusions, du moins dans le monde scientifique. »

Il serait long de défendre l’idée que, dans le débat qui oppose le « tout culturel » et la position intermédiaire (l’homme être de culture, mais sur un socle transmis de façon héréditaire, construit au fil de l’Évolution), il n’est pas seulement question de vérité ou d’erreur. Il s’agit également d’une question éthique. L’homme considéré comme uniquement le résultat de son environnement (naturel et/ou social), et donc malléable à merci, heurte profondément les convictions de tout humaniste, convictions liées à la beauté de la diversité en même temps qu’à la fascination qu’offre la profonde unité du monde du vivant. Postuler que l’animal, ou l’homme, est un « organisme vide », c’est admettre que l’ « ingénieur du social » peut le faire agir comme bon lui semble.

 

Critiquer aujourd’hui le behaviourisme et ses satellites donne un peu l’impression de devoir batailler contre le géocentrisme, tant la messe est dite, depuis un bon moment. Les partisans du « tout acquis » ont été, depuis belle lurette, renvoyés à leurs dangereuses illusions, du moins dans le monde scientifique.

 

Pourtant, cette doctrine continue d’empoisonner les esprits, et parfois les meilleurs. Ce constat amène à la question du « pourquoi ». Pourquoi une doctrine manifestement fausse, pernicieuse, et dont l’aspect inhumain s’exprime à travers le développement rendu possible des techniques de manipulation, pourquoi une telle idéologie continue d’avoir des adeptes (conscients ou pas) ?

 

La réponse est la même que lorsqu’on s’intéresse aux processus de l’Évolution. Si une chose existe, c’est qu’elle sert à quelque chose.

 

Ce « quelque chose », Konrad Lorenz, le grand éthologue, la résume de façon lapidaire : c’est la volonté de puissance. « Pour des êtres dont l’unique désir est de pouvoir manipuler les masses, c’est une satisfaction inespérée que de s’entendre dire que l’homme est uniquement le produit des influences et de l’apprentissage que lui fait subir dès sa plus tendre enfance son environnement matériel et humain. » Quoi d’étonnant si les hommes politiques et plus généralement les communicateurs de toute espèce aient pour le « tout acquis » les yeux de Chimène, et cela (parfois) avec les meilleures intentions du monde, celles dont l’enfer est pavé.

 

La théorie du « gender » professe, et avec quelle énergie communicative, que l’on ne naît pas homme ou femme, mais qu’on le devient. On reconnaît là une réplique, au sens sismographique, des vieilles lunes de l’existentialisme et d’un féminisme batailleur que l’on espérait dépassé, pour le bien des femmes comme des hommes.

 

Aussi fausse que soient ses prémisses, la théorie du « gender » ne peut être que séduisante aux esprits à la fois faibles et dominateurs, ce que sont nos « Femen », pauvres dindes manipulées exhibant leur poitrine à défaut de raisonnements solides. On aurait donc d’instinct l’envie de traiter cette lubie par le mépris, comme un crétinisme à la mode parmi tant d’autres, récupérés par une médiacratie à l’affût de tout « débat de société » un peu vigoureux, médiacratie généralement aussi ignorante et formatée (justement !) que les participant(e)s qu’ils invitent.

 

Pour autant – et là, je vais me faire des ennemis à droite comme à gauche –, il n’est pas inexact d’affirmer qu’on « devient » une femme ou un homme, et pas seulement en raison de ce chromosome « Y » qui s’ajoute à l’ « X ». Que ce soit in utero ou après la naissance, et sous l’influence de secrétions hormonales (comme la testostérone), la prédisposition masculine chez un être physiologiquement féminin, ou une prédisposition féminine chez un être physiologiquement masculin, peut bel et bien se révéler. Ce sont ces hormones qui contrarient ou confirment l’appartenance au sexe biologique ; l’acquis se chargeant, ensuite, de renforcer la direction prise : femme, « typiquement » féminine, homme « typiquement » masculin, femmes et hommes aux comportements et appétences moins « typiques », cela jusqu’à la bisexualité et au trans-sexualisme. Dans ces derniers cas, l’enveloppe charnelle correspond peu ou pas au « ressenti » de l’individu, mais pas pour les raisons que revendiquent les partisans d’un archaïsme qui se veut moderne. Ce n’est pas la culture, mais la nature, qui parle le plus fort.


On « devient » homme ou femme, donc et il n’y a aucune raison de ne pas respecter ces particularités, que l’on doit considérer comme naturelles (on pourrait dire « normales » au sens où tout ce qui existe est « normal », puisque cela existe).

Reste la question de savoir si ces particularités doivent s’ériger en règle, et prendre force de loi, ceci est une tout autre affaire, et un autre débat. J’aimerais simplement, quant à ce débat, que le désir n’y prenne pas toute la place, au détriment de la responsabilité.


12 mars 2013 - Public Sénat

Au-delà du mariage gay, les sénateurs visent une réforme de l’adoption

Au-delà du mariage gay, les sénateurs visent une réforme de l’adoption

 

 

Le Sénat terminait mardi un marathon d’auditions sur le mariage pour tous. Après plus de quarante heures d’écoute et avant-même l’examen du texte, le mariage semble presque acquis. Mais certains parlementaires souhaitent une réforme du système de l’adoption dans la loi famille.

Après plus de quarante heures d’auditions publiques sur le mariage pour les couples de même sexe, les sénateurs semblent avoir dépassé la seule question du mariage. Plusieurs d’entre eux ont d’ores et déjà annoncé qu’ils amenderaient le texte adopté par l’Assemblée Nationale, et les débats en séance promettent d’être vifs. Mais beaucoup se focalisent désormais sur les questions de l’adoption et de la filiation.

 

« Sur le mariage, il ne peut pas y avoir de discussion »

« Sur le problème du mariage, je crois qu’il n’y a pas beaucoup de discussions, qu’il ne peut pas y en avoir, puisque ce mariage civil ne retire rien, estime ainsi Jean-Pierre Michel, rapporteur socialiste du texte de loi. Mais l’idée de la filiation peut poser plus de questions ». Jean-Pierre Sueur, président de la Commission des lois, poursuit : « A l’évocation de cette loi, on renvoie systématiquement à une loi prochaine [la loi sur la famille, qui devrait aborder la question de la procréation médicalement assistée (PMA), ndlr]. Il y a donc un engagement très fort à légiférer en conséquence. Faute de quoi, il y aurait manquement à la parole donnée ». Mardi, les sénateurs mettaient la dernière touche à leur travail d’auditions sur ce texte, en recevant la présidente du Conseil supérieur de l’adoption (CSA), Marie-Anne Chapdelaine, et le philosophe et psychanalyste Jacques-Alain Miller.

 

Favorable à la loi, la première a exprimé les inquiétudes d’une partie des associations membres de son organisation. « Dès lors qu’on parlait d’adoption plénière, d’écraser l’état civil de l’enfant et de lui en donner un autre, il y avait un problème. L’enfant adopté par un couple de même sexe ne pourrait plus s’identifier à l’altérité sexuelle. Peut-on imaginer une autre forme juridique que l’adoption ? Cela permettrait que l’enfant soit sécurisé juridiquement, mais ça ne s’appellerait pas « adoption » et on ne toucherait plus à la filiation », propose Marie-Anne Chapdelaine. « Le CSA appelle de ses vœux une réforme de l’adoption », a-t-elle rappelé, précisant qu’il n’existait de sa part aucune « remise en cause des capacités affectives et éducatives des individus en fonction de leur orientation sexuelle ».

 

 « Quitter la fraternité des damnés »

Jean-Pierre Michel souhaite également une réforme de l’adoption : « L’adoption plénière ne correspond plus à la réalité : de plus en plus d’enfants âgés sont adoptés, beaucoup sont adoptés à l’étranger. Lorsqu’ils seront adoptés par des couples homosexuels, il y aura pour eux une double interrogation : celle de tous les enfants adoptés à qui on cache leurs origines, mais surtout ils sauront immédiatement que leurs deux papas ou mamans ne sont pas leurs parents biologiques et qu’en aucun cas ils ne peuvent l’être ». La socialiste Catherine Tasca abonde : « Il faut réfléchir à une manière de confier un enfant à une famille sans forcément passer par l’adoption, et surtout sans la fiction de la filiation ».

 

Le mariage en lui-même n’était pas pour autant totalement absent des échanges. Dans une intervention inspirée, Jacques-Alain Miller a expliqué  les raisons de son soutien au projet de loi. S’il s’était dans un premier temps « refusé » à prendre position, il s’y est finalement « résolu », avec « l’agacement grandissant de voir des confrères s’engager résolument contre ce projet de loi, au nom de la psychanalyse et parfois aux côtés de religieux. Je considérais cela comme une instrumentalisation illégitime de notre discipline ». « En tant que psychanalyste, je ne vois aucune menace pour la société dans le mariage homosexuel, a-t-il développé. Je vois au contraire, pour de jeunes homos qui souffrent encore d’une stigmatisation, la chance de quitter la fraternité des damnés pour rejoindre la fraternité républicaine ».

 

Mais avant qu’ils aient cette « chance », les sénateurs devront voter le texte. Les débats commenceront le 4 avril. Le texte famille, que le gouvernement doit présenter après l’avis du Comité consultatif national d’éthique (CCNE), comprendra-t-il une refonte du système de l’adoption ? La ministre de la Justice, Christiane Taubira, annonçait fin février qu’elle « partage[ait] très, très volontiers » le souhait des sénateurs…


12 mars 2013 - Causeur - Par Magalie Pernin

Aux origines du mariage gay, la théorie du genre

Aux origines du mariage gay, la théorie du genre

 

 

En 2011, la plupart des Français ont découvert la théorie du genre. En entrant dans les manuels scolaires des lycéens, celle-ci a été accueillie plutôt froidement par l’opinion publique. Cette théorie est née dans les années 1970 aux États-Unis où certains universitaires se sont consacrés à l’étude des différences sociales entre les hommes et les femmes.


Les féministes s’employaient alors à questionner les notions de “sexe” et de “genre” afin de mettre en lumière la construction des rôles sociaux dits “naturels”. Le sexe ne serait en quelque sorte qu’un “porte-manteau” sur lequel se construiraient, sociologiquement, certaines différences culturelles.


Jusqu’ici, me direz-vous, rien de bien méchant. La théorie des genres se fait plus séduisante lorsqu’elle prône une totale déconstruction du lien sexe/genre et des catégories « genrées ». Il s’agit de faire une place égalitaire aux situations qui ne trouvaient pas leur place dans les catégories historiques. On parle alors de “théorie queer”.


Depuis, cette théorie n’occupe plus seulement les bancs universitaires mais s’installe de plus en plus confortablement dans les organisations internationales et les assemblées parlementaires. Ainsi, la théorie du genre s’est immiscée dans le droit français en prenant des détours… européens. Les eurodéputés usent en effet depuis plusieurs années de leur influence pour promouvoir l’égalité des genres.


Initialement, l’article 2 du Traité sur l’Union européenne dispose que “l’Union est fondée sur les valeurs de respect de la dignité humaine, de liberté, de démocratie, d’égalité, ...”


Or, dans la résolution du 12 décembre 2012 sur la situation des droits fondamentaux dans l’UE, les parlementaires européens ont légèrement reformulé cet article. Ils considèrent que ce dernier “fonde l’Union sur une communauté de valeurs indivisibles et universelles de respect de la dignité humaine, de liberté, de démocratie, d’égalité, de genre“.


Cette résolution emploie le terme “genre” pas moins de 22 fois. De quoi confirmer les propos de l’eurodéputée Élisabeth Monfort qui dispose que, au niveau des institutions européennes, le mot gender s’est imposé et a absorbé le mot sexe. Et  un rapport “sur l’élimination des stéréotypes liés au genre dans l’Union” est actuellement en cours de discussion au sein de la Commission des droits de la femme et de l’égalité des genres.


Si les institutions européennes ne s’en tiennent aujourd’hui qu’à de simples déclarations d’intention, il en va différemment du Conseil de l’Europe, chargé de l’application de la Convention européenne des droits de l’homme. Le 11 mai 2011, les membres du Conseil de l’Europe ont adopté  la Convention d’Istanbul ou Convention « sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique ».Cette Convention, signée à ce jour par 24 des 47 Etats membres du Conseil de l’Europe, entrera en vigueur dès lors que dix pays l’auront ratifiée.


Elle pose en droit la définition du concept de genre et reconnaît « que la nature structurelle de la violence à l’égard des femmes est fondée sur le genre ». Les États se sont engagés à entreprendre « les actions nécessaires pour inclure dans les programmes d’étude officiels et à tous les niveaux d’enseignement du matériel d’enseignement sur des sujets tels que l’égalité entre les femmes et les hommes, les rôles non stéréotypés des genres ».


On retrouve donc ici le fondement idéologique commun au rapport sur les« Orientations stratégiques pour les recherches sur le genre » remis au ministre de l’enseignement supérieur, ainsi qu’au récent amendement adopté par la Commission des affaires culturelles de l’Assemblée nationale intégrant dans les missions de l’école primaire « les conditions à l’égalité de genre ». Ce constat permet de mettre en lumière le faux clivage partisan qui semble entourer cette question: la théorie du genre semble avoir séduit aussi bien la gauche que la droite française.


En 2010, une proposition de loi « renforçant la protection des victimes, la prévention et la répression  des violences faites aux femmes » était déposée par des députés de gauche comme de droite. Adoptée le 9 juillet 2010, la loi désormais « relative aux violences faites spécifiquement aux femmes » reconnaît pour la première fois le concept de violence psychologique, en s’appuyant sur la « violence de genre ».


Même si elle n’est pas directement nommée, la théorie du genre imprègne très largement le projet de loi relatif au mariage pour tous. La création des catégories de “parent 1″ et ”parent 2″, ouvrant la reconnaissance de la filiation homosexuelle, efface la répartition des rôles sociaux fondés sur le sexe telle qu’elle existe dans les statuts distincts de ”père” et ”mère”, jugés trop « biologiques » donc désormais tabous.


Et la déferlante de la théorie du genre n’est pas près de s’arrêter, uneproposition de résolution parlementaire déposée le 7 décembre dernier préconise même « la création d’une commission d’enquête sur l’introduction et la diffusion de la théorie du gender en France ». Comment résister à une injonction écrite en si bon français ? 


11 mars 2013 - Blog NovoPress.info - Par Cathy Cardaillac

PMA : La politique de gribouille du gouvernement

PMA : La politique de gribouille du gouvernement

 

 

Notre gouvernement de bobos libéraux-libertaires n’en est pas à une contradiction près. On a certes relevé, de ci de là, la contradiction qu’il y avait à vouloir faire disparaître la prostitution, comme l’a claironné Najat Vallaud-Belkacem en juin 2012, tout en autorisant le recours aux mères porteuses, comme il en a été question cet hiver.

 

Pourtant, il est une contradiction qui n’a pas été relevée.

La circulaire Taubira du 25 janvier 2013, destinée à faciliter la reconnaissance en France des enfants nés de mères porteuses à l’étranger, vise à régler le problème de ceux que les médias appellent complaisamment les « fantômes de la République », ces enfants nés aux Etats-Unis, en Russie ou en Inde, et sans papiers français. La circulaire Taubira revient si ce n’est à légaliser la Gestation pour autrui (GPA) en France, en tout cas à faciliter le tourisme procréatif en direction de ces pays où les services de mères porteuses sont légaux. Comment ? En épargnant les conséquences de leurs actes à ceux qui, en recourant à une mère porteuse, ont enfreint nos lois.

 

Quelle surprise alors de voir, quelques jours plus tard, évoquer dans les médias un courrier émanant du ministère de la Santé et adressé à l’Ordre des médecins, tançant les gynécologues qui orienteraient leurs patientes vers une autre forme de tourisme procréatif, en direction des pays où le don d’ovule est courant. Le rappel est sévère : « Un praticien français risque cinq ans de prison et 75.000 euros d’amende s’il transmet à ses patients des informations sur des cliniques ou des organismes étrangers ». Est visée donc la pratique qui consiste pour les gynécologues à orienter leurs patientes françaises vers l’étranger – le plus souvent l’Espagne – pour y bénéficier d’une FIV (Fécondation in vitro) avec don d’ovule. Sauf que ce courrier est absurde car cette procédure de PMA est tout à fait légale en France et que les médecins n’incitent donc à rien d’illégal ! Ils ne font que répondre à l’absurdité de la situation française qui est que, en vertu du beau principe de gratuité du don, il n’y a pratiquement pas de donneuses d’ovules. Même le sperme, pourtant beaucoup moins difficile à recueillir, manque en France. Résultat : un an d’attente pour bénéficier d’un don de sperme, et deux à trois ans pour un don d’ovule. Pour des couples qui ne rajeunissent pas, de quoi prendre ses jambes à son cou et aller payer en Espagne ce à quoi ils ont théoriquement droit mais qui est de fait inaccessible en France.

 

Donc, pour résumer, le recours à une pratique illégale (mères porteuses) est facilité, en donnant un état-civil français aux enfants qui en résultent, tandis que le recours à une pratique légale (don d’ovule) est, lui, stigmatisé, alors même que les Françaises qui vont à l’étranger pour ce faire le font parce que le système français aboutit à une impasse.

Et le plus beau de tout ça, le bouquet final, c’est que, dans le but de distendre le lien de la mère porteuse à l’enfant qu’elle porte, les enfants nés par GPA sont souvent issus d’un don d’ovule ! Une contradiction que personne dans les médias bêlants n’a relevée et qui est passée par-dessus la tête de notre grande spécialiste, notre ministre du Droit des femmes Najat Vallaud-Belkacem.

 


09 mars 2013 - MyTF1 news

Raphaella, 24 ans et mère porteuse : "Je n'ai pas honte"

Raphaella, 24 ans et mère porteuse : "Je n'ai pas honte"

 

 

C'est une pratique interdite en France. Pourtant, Raphaella, une jeune femme de 24 ans raconte ce samedi dans le Parisien qu'elle a porté l'enfant d'un couple et qu'elle s'apprête de nouveau à le faire.

"Je ne suis pas un monstre". Raphaella, une Française de 24 ans est une mère porteuse. Elle l'a été une première fois en 2011 et s'apprête de nouveau à l'être. Dans une interview au journal Le Parisien/Aujourd'hui en France publiée samedi, elle explique sa motivation. Je sais que c'est illégal, mais je n'ai pas honte", assure la jeune femme.

Mère de deux petits garçons (3 ans et 5 ans) qu'elle élève seule à Calais (Pas-de-Calais), Raphaella a donné naissance, en Belgique, en juillet 2011, à une petite fille, qui a été remise immédiatement à ses parents d'adoption, indique le quotidien pour qui, pour la première fois une mère porteuse française sort de la clandestinité et raconte pourquoi elle a décidé de venir en aide aux couples stériles.

 

Une pratique interdite en France

"L'histoire de ce couple m'a profondément émue. La femme était enceinte lorsqu'elle a perdu son bébé et son utérus dans un accident de voiture. Ce couple ne pouvait plus avoir d'enfant", explique la jeune femme. "Si nous (les mère porteuses) n'aidons pas les couples stériles, qui le fera?" se demande celle qui a reçu 5.000 euros selon elle pour le remboursement des frais médicaux, écrit le quotidien. "Sur Internet, certaines femmes proposent leurs services pour 15.000, 20.000 et jusqu'à 50.000 euros. Cela me semble trop. Moi je le fais pour aider", insiste la mère porteuse.

Actuellement sans travail, la jeune femme qui bénéficie du RSA pour parents isolés, consacre une partie de son temps à répondre aux couples en recherche d'une mère porteuse qui l'a contactent grâce à internet, toujours selon le journal.

 

La pratique des mères porteuses est interdite en France depuis 1991. Seuls les parents commanditaires et les intermédiaires risquent une peine de six mois à un an de prison et jusqu'à 15.000 euros d'amende, conclut Le Parisien/Aujourd'hui en France. 

 


08 mars 2013 - Nouvelles de France

Du «mariage pour tous» à la polygamie : l’aveu du père du «mariage» gay aux Pays-Bas

Du «mariage pour tous» à la polygamie : l’aveu du père du «mariage» gay aux Pays-Bas

 

 

De passage à Paris, Boris Dittrich, ancien député néerlandais et « père du mariage pour tous aux Pays-Bas », confie à Judith Silberfeld, co-fondatrice de Yagg.com :

« Il y a, à l’heure actuelle, une discussion aux Pays-Bas sur la possibilité de marier trois personnes voire plus, mais ce n’est que le tout début, quelque chose de complètement nouveau et cela prendra de nombreuses années, j’imagine. »


07 mars 2013 - Psychologies - Dans le débat sur l’adoption, à l’occasion du Pacs, on oublie la construction psychique de l’enfant. Arguments de la psychanalyste Claude Halmos.

L’adoption par des couples homosexuels : et l’enfant dans tout ça?

L’adoption par des couples homosexuels : et l’enfant dans tout ça?

 

La possibilité d’adoption d’enfants par des couples homosexuels est une question sur laquelle un psychanalyste travaillant avec des enfants ne peut se taire. Mais l’aborder implique qu’il précise sa position sur un certain nombre de points.

 

Les récents débats sur le Pacs ont montré en effet que l’on était loin d’en avoir fini avec la haine et le rejet de la différence. A longueur de colonnes, les homophobes de toutes tendances ont une fois de plus entonné le credo de la "normalité" et rejeté l’homosexualité du côté de la pathologie. Il n’est pas dans mes intentions d’apporter de l’eau à ce moulin-là.

 

Pour une psychanalyste, l’idée de " normalité " appliquée à la sexualité n’a aucun sens. Il y a en effet au départ, chez chaque être, une bisexualité psychique, c’est-à-dire la possibilité de pencher du côté du masculin ou du féminin quel que soit son sexe anatomique. Et le chemin qu’il prend dépend toujours de ce qu’il vit : de ses parents, de ses rencontres, des paroles qui lui sont (ou non) dites, etc. Aucun chemin n’est donc plus " normal " qu’un autre. Freud fut sur cette question on ne peut plus clair (in Trois essais sur la théorie sexuelle, Gallimard, 1989.). Partant de là, je considère que la reconnaissance, par la société, du couple homosexuel est normale et juste. Je déplore même, comme d’autres avant moi, que, par absence de courage politique, on ne l’ait pas, dans le cadre du Pacs, posée plus clairement comme telle.

 

Cette reconnaissance implique-t-elle qu’un couple homosexuel soit " la même chose " qu’un couple hétérosexuel ? A l’évidence, non. Beaucoup cependant opèrent ce glissement et, réclamant le " droit à l’indifférence " – entendu en fait comme droit à l’indifférenciation (sexuelle) –, demandent que les couples homosexuels aient le droit " comme les couples hétérosexuels " d’adopter des enfants. Cela me semble une erreur grave.

Pour le combat pour le droit à la différence car le droit à l’adoption – s’il était accordé – reviendrait à annuler l’avancée que représente la reconnaissance du couple homosexuel. Il ferait de cette reconnaissance une reconnaissance, non de la différence, mais du " même ". Le reniement de la différence serait donc posé comme le prix à payer pour la reconnaissance sociale.

 

Pour les enfants qui ont besoin de parents de sexe différent pour se construire, et je vais essayer de l’expliquer en précisant que je parlerai du droit à l’adoption et non du cas des parents " devenus homosexuels " qui continuent – après un divorce par exemple – à élever leurs enfants.

 

Un enfant absent du débat

Le problème essentiel que pose l’adoption n’est pas, comme on voudrait nous le faire croire, de savoir si un homme ou une femme homosexuels sont " capables " d’élever un enfant. Ils le sont à l’évidence ni plus ni moins que n’importe qui. Il est que l’adoption est, pour un enfant que ses géniteurs n’ont pu élever, la possibilité d’avoir des parents équivalents à ses parents biologiques. Permettre son adoption par un couple homosexuel reviendrait donc à lui dire :

  • que ces parents adoptifs (homosexuels) peuvent être l’équivalent de ses " parents de naissance " (forcément hétérosexuels).
  • donc, que la différence des sexes n’existe pas. En tout cas, pas en tant que différence susceptible… de faire différence, qu’elle ne " compte pas ", qu’elle n’est – pour reprendre un mot de sinistre mémoire – qu’un " détail " de la vie.

En quoi serait-ce grave de faire vivre cet enfant (et, avec lui, tous les autres) dans un monde où la différence des sexes serait conçue comme accessoire ? On ne peut le comprendre que si l’on se situe du point de vue de l’enfant. Or, il faut le constater, l’une des caractéristiques de ce débat est que l’enfant en tant que personne, en tant que " sujet " en est absent. On parle d’un enfant-objet. En atteste le livre-phare de la revendication pour le droit à l’adoption, Des parents du même sexe (Odile Jacob, 1998) d’Eric Dubreuil. Par exemple, on y lit (p. 80) : " Le désir d’enfant n’est pas moins fort chez un homosexuel que chez un hétérosexuel. De ce fait, l’homosexuel doit avoir les mêmes droits qu’un hétérosexuel, par rapport à cela […], un homosexuel doit pouvoir se marier s’il le veut et avoir le droit d’avoir des enfants s’il le désire. "

 

Le propos a le mérite d’être clair : quiconque veut "l’enfant" a droit à "l’enfant". Il est donc exclu dans cette perspective que l’on se demande à quoi l’enfant, lui, pourrait avoir droit, de quoi il pourrait avoir besoin. Et cette désinvolture confine parfois au cynisme. Une interviewée d’Eric Dubreuil, dont on nous précise – sans doute pour avoir une caution du côté du "savoir" – qu’elle exerce la profession de "travailleur social", déclare ainsi (p. 48) : "On est dans une société où l’enfant est au centre de tout. Or l’enfant ne sera ni bien ni mal. Simplement l’enfant aura son histoire et il fera quelque chose avec cela. Nous-mêmes n’est-ce pas à partir de ce qui a déconné dans notre histoire que nous grandissons et que nous devenons plus costauds ? Le risque est de vouloir rendre les choses trop parfaites pour l’enfant. Renonçons à cette perfection et misons sur le fait que les enfants pourront se construire à partir de leur histoire. Dans les merdes qu’ils auront vécues, ils sauront puiser les choses les meilleures qu’ils auront plus tard !"

 

Quid de la construction psychique ?

A vrai dire, l’idée qu’il y aurait une construction psychique de l’enfant – donc des conditions nécessaires à cette construction – semble ne venir à personne. L’enfant dont on nous parle est un enfant préfreudien. Un enfant d’avant la découverte de l’inconscient, d’avant la psychanalyse, d’avant que l’on ait été "y voir" ou plutôt "y entendre de l’intérieur" pour comprendre comment se construit l’adulte à travers le "petit d’homme".

- Faisant fi d’un siècle de recherches, d’interrogations et de découvertes, les tenants de l’adoption s’appuient sur un discours lénifiant sur " l’amour ", conçu comme l’alfa et l’oméga de ce dont un enfant aurait besoin. (Alors même que l’on sait que l’on peut détruire un enfant en " l’aimant ", simplement parce qu’à l’instar, par exemple, des mères que l’on dit " abusives " on l’aime d’un amour qui l’emprisonne.) Ecoutons encore un interviewé d’Eric Dubreuil : " Ce dont un enfant a besoin, c’est d’amour, que ce soit deux hommes, deux femmes, un homme, peut importe. "

- Quand ils n’invoquent pas l’amour, les tenants de l’adoption s’appuient sur des déclarations qui frappent par leur manque de rigueur. Et l’on reste stupéfait devant le " flou artistique conceptuel " qui entoure les déclarations de gens dont on ne peut par ailleurs nier les compétences. Dans un article (publié dans “la Croix” du 8-9/11/1998), Françoise Héritier rappelait que la différence des sexes permet de penser. C’est sans doute du côté de son annulation qu’il faut chercher l’origine du florilège d’approximations théoriques auquel on assiste. On s’étonne, ainsi, de lire (dans l’Evénement du jeudi du 18-24/6/1998), sous la plume d’Anne Cadoret, ethnologue et chercheuse au CNRS : " Comme dans les familles hétéro recomposées, un des problèmes majeurs concernant les familles monoparentales est le statut du compagnon ou de la compagne. Qui l’enfant doit-il appeler “papa” ou “maman” ? Chaque famille trouve sa solution. L’enfant reconstruit, plus ou moins symboliquement, sa généalogie. "

 

Qui dira jamais ce que peut être pour un enfant une reconstruction "plus ou moins symbolique" de sa généalogie ? Et comment peut-on sérieusement mettre sur le même plan les difficultés d’un enfant qui, dans une famille "recomposée", ne sait pas s’il doit appeler "papa" le nouveau compagnon de sa mère, ou "maman" la nouvelle compagne de son père, et les problèmes de celui qui, face à un couple homosexuel, ne sait pas quelle femme il doit appeler " papa " ou quel homme il doit appeler " maman " ?

Suite...


07 mars 2013 - Huffington Post - Par Stanislas Kraland

Adoption gay: les enfants vont aussi bien voire mieux que les autres

Adoption gay: les enfants vont aussi bien voire mieux que les autres

 

 

ADOPTION - Voilà une épine dans le pied des opposants au projet de loi Taubira. Selon une nouvelle étude du Centre sur les recherches familiales de l'Université de Cambridge, les enfants adoptés par des couples homosexuels vont aussi bien - voire mieux pour les enfants vivant avec des couples homosexuels masculins - que les enfants adoptés qui grandissent au sein de couples hétérosexuels.

 

Si cette étude n'a porté que sur 130 familles adoptives, ce qui est un échantillon faible, elle se distingue par le détail avec lequel les chercheurs ont évalué et mesuré le bien être des enfants. C'est du reste la première du genre puisque la Grande-Bretagne autorise l'adoption par des couples homosexuels depuis 2005. Outre-manche, environ soixante enfants sont adoptés chaque année par des couples homosexuels.

 

Ces enfants font-ils face à de plus grandes difficultés que les enfants adoptés par des couples hétérosexuels? Sont-ils davantage marginalisés? Éprouvent-ils de plus grandes difficultés à se construire? Pour le savoir, les chercheurs ont tout simplement comparé leur bien être à celui d'enfants adoptés par des familles hétérosexuelles.

Parmi les 130 familles qui ont donc participé à cette étude, 41 avaient un couple de pères homosexuels à leur tête, 40 étaient composées d'un enfant et de deux mères lesbiennes et les 49 autres familles étant composées de parents hétérosexuels.

 

Ni perturbés ni marginalisés

L'un des principaux buts de cette recherche était d'évaluer l'impact de l'adoption par des couples homosexuels sur la construction de l'identité de l'enfant, mais aussi sur leur insertion sociale, notamment vis-à-vis des autres enfants. Deux points importants sur lesquels de fortes réserves avaient été émises avant que la loi autorisant l'adoption par des couples homosexuels ne soit votée en 2005.

 

Pour savoir si ces craintes étaient justifiées, les chercheurs ont donc recueilli la parole des enfants et des parents, notamment en leur rendant visite, mais aussi en les invitant à répondre à des questions écrites. Il en est allé de même avec l'entourage de ces enfants, et en particulier de leurs enseignants à l'école. Dernier élément du procédé, les chercheurs ont enregistré des scènes de vie entre parents et enfants qu'ils ont analysées par la suite.

 

Malgré le nombre nécessairement limité des participants à cette étude, les chercheurs ont tenté d'éliminer tous les biais possibles en terme de profil des familles étudiées. Le Professeur Susan Golombok qui a dirigé la publication explique:

"Nous avons travaillé avec près de 70 agences d'adoption à travers la Grande-Bretagne pour trouver les familles participantes. Celles-ci partageaient les mêmes caractéristiques en termes d'origine ethnique, de statut socio-économique et de niveau d'éducation."

 

Bilan: au regard des réponses apportées par les enfants, les parents et les enseignants, l'identité et l'acceptation de ces enfants par les autres n'ont pas semblé poser de problème particulier. Lors des conversations, certains parents ont émis quelques inquiétudes qui concernaient l'avenir, et notamment l'âge de l'adolescence.

 

Lors des entretiens, les enfants qui étaient en âge de s'exprimer et qui ont souhaité le faire ont tous rapporté que leurs parents abordaient ouvertement la question de l'adoption et reconnaissaient l'importance pour l'enfant de maintenir une forme de contact avec leurs parents biologiques. En Grande-Bretagne, de nombreux enfants sont en effet adoptés après que les services sociaux les aient retirés à leur familles, ce qui a parfois mené à des abus dénoncés par la presse.

 

Des pères homosexuels plus heureux

"Nous avons trouvé bien plus de similarités que de différences parmi ces familles," résume Susan Golombok. Les différences qui ont émergé, explique l'étude, concernaient surtout le niveau de symptômes dépressifs parmi les parents, sensiblement moins élevés parmi les pères homosexuels. Néanmoins, le niveau de symptômes dépressifs évalués parmi les mères lesbiennes et les parents hétérosexuels étaient en-dessous de ce qui était globalement observé en Grande-Bretagne.

Une autre grande différence avait trait aux parcours vers l'adoption. Si celle-ci constituait un choix de seconde main pour la majorité des couples hétérosexuels, mais aussi quelques couples lesbiens, elle était évidemment le seul choix possible pour les couples homosexuels masculins. La majorité des couples hétérosexuels et lesbiens avaient en effet adopté à la suite de problèmes de fertilité alors que seul un couple homosexuel avait tenté de concevoir un enfant à l'aide d'une mère porteuse, sans succès.

 

Le processus d'adoption s'est néanmoins déroulé "positivement" pour la majorité des familles, même si quelques couples homosexuels ont ressenti un manque d'expérience du côté des agences d'adoption, un des hommes s'étant vu raccroché à la figure par un responsable administratif après avoir indiqué que son partenaire était du même sexe.

"Être adopté rend les enfants différents au regard de leurs pairs, être adopté par des couples de même sexe pourrait ajouter un degré de plus à ce sentiment. Les entretiens avec les parents ont montré qu'ils étaient parfaitement conscients de ces enjeux supplémentaires auxquels eux et leurs enfants font face," conclut l'étude.


07 mars 2013 - Nouvelles de France - Par Sabine Faivre, ancienne Secrétaire nationale vie, famille, santé du Parti chrétien-démocrate. Elle est membre de l’UMP.

Ci-gît le novlangue socialiste

Ci-gît le novlangue socialiste

 

 

Quand la réalité fait défaut, il suffit d’inventer des mots pour faire croire que cette réalité existe. Ainsi nommée, cette réalité prendra corps. Et l’opinion n’y trouvera rien à redire. C’est le novlangue (1) socialiste.


La première victoire des lobbies homosexuels, relayée par le gouvernement dans le combat du mariage «  pour tous », a d’abord été d’inventer un langage. Les mots, les notions, les expressions que l’on entend à longueur de journée dans la bouche des journalistes, des médias, au gouvernement, ont été inventés pour créer cette réalité.


Ainsi, l’opposition entre « couple hétérosexuel » et « couple homosexuel » : cette opposition a pour seul but de faire croire qu’il existe aujourd’hui une division entre deux types de modèles de sexualités, une prétendue «  suprématie » du modèle hétérosexuel. Cette notion n’a aucun fondement. En droit, il est question d’homme et de femme. Il n’est pas question d’opposer des droits de groupes à des droits de groupes.


Jamais le droit n’a consacré un quelconque «  modèle » hétérosexuel. Il est basé sur l’altérité homme-femme, constitutive de l’humanité. Il n’y a dons pas d’hétérosexuels ni d’homosexuels. Il y a des hommes et des femmes sujets de droit.


Faire croire à une lutte entre hétérosexuels et homosexuels est une tromperie, un artifice, un piège à revendications.


Ainsi de la notion d’ « égalité » : on a entendu proclamer la devise républicaine comme porte-étendard de la cause des «  couples homosexuels ». Or la référence à cette notion d’égalité est un leurre : parce que la devise établit l’égalité entre les citoyens, et certainement pas entre des catégories de personnes.
« Le mariage pour tous » : inventé pour diffuser un message de solidarité pseudo-compassionnelle, ne signifie rien lui non plus. Car jamais le mariage ne peut s’adresser à tous, au risque de vider l’Institution de sa substance.
Les « familles homosexuelles », l’homoparentalité : là encore ce sont des néologismes. Ces expressions ne sont fondées sur rien. D’où l’interrogation lancée par Hervé Mariton à la Ministre de la famille : « Veuillez, s’il vous plait, Madame le Ministre, définir ce qu’est une famille homosexuelle ». Est-ce un foyer rassemblant des adultes de même sexe autour d’un ou plusieurs enfants ? Quel est le sens du mot «  famille » dans ce contexte ? Est-ce la présence de deux adultes autour d’un enfant ? On se rend compte à quel point la notion ouvre sur un vide vertigineux.


Les partisans du lobby gay ont compris que pour créer une réalité il suffisait en fait de la nommer. Lumineuse idée dont George Orwell a fait l’un de ses meilleurs romans, 1984. Ainsi ils ont pensé que, pour donner du poids à cette cause, il leur faudrait lui donner, d’abord un langage, ensuite une représentativité. D’où les chiffres mis en avant ces associations, chiffres là encore sortis de nulle part, objets des fantasmes les plus fous et que nul n’a pu, et pour cause, vérifier.


« Dès maintenant, il appartient à chacun de supprimer de son langage toutes les notions inventées par le lobby gay. »
Ce projet monté de toute pièce sur de faux arguments, de faux chiffres et de fausses notions, va donc naturellement être une source d’inégalité pour tous. Les dégâts risquent d’être irrémédiables.


Mais ce que les partisans du mariage entre personnes de même sexe n’ont pas réalisé, c’est que cette réalité pourra être aussi facilement déconstruite, puisqu’elle ne repose sur rien.
Ainsi donc dès maintenant il appartient à chacun de supprimer de son langage toutes les notions inventées.


Désormais nous parlerons de couple, sous-entendant par-là évidemment l’alliance homme-femme. Nous parlerons de famille, sous-entendant par là un père-une mère et des enfants.
Nous parlerons d’égalité entre les citoyens.
Nous refuserons toute évocation au «  couple homosexuel ». Nous parlons en lieu et place, de personnes de même sexe. Nous bannirons de notre langage la référence à l’hétérosexualité.
Nous parlerons en lieu et place d’hommes et de femmes.
Lorsque nous évoquerons le terme de « parents », nous penserons naturellement au père et à la mère. Nous parlerons de « tuteurs » ou de « tutrices » homosexuels.
Que chacun s’applique cette exigence à soi-même, là où il est, dans les lieux où il travaille, dans sa famille, sa chapelle, son parti politique. Partout où il peut.
Les mots ou expressions inventées sont désormais bannis de notre langage.
Nous les enterrons solennellement ici-même. Ici gît le novlangue socialiste. Ad vitam aeternam.


1. Le novlangue (traduit de l’anglais Newspeak ) est la langue officielle d’Océania, inventée par George Orwell pour son roman 1984 (publié en 1949). C’est une simplification lexicale et syntaxique de la langue destinée à rendre impossible l’expression des idées subversives et à éviter toute formulation de critique (et même la seule « idée » de critique) de l’État. Le mot novlangue est depuis passé dans l’usage au féminin par analogie avec langue, lorsqu’il désigne péjorativement un langage destiné à déformer une réalité, hors du contexte du roman.


06 mars 2013 - Yagg - Par Romain Vallet

«PMA, quand est-ce qu’on se met en colère?», par Romain Vallet

«PMA, quand est-ce qu’on se met en colère?», par Romain Vallet

 

 

Nous reproduisons ci-dessous, avec l'accord de son auteur, l'édito d'Hétéroclite, le journal des gays et des lesbiennes de Rhône-Alpes (les interlignes sont de la rédaction).


«La société n’est pas prête pour ce truc-là et on a peut-être d’autres choses à faire. […] Ma priorité, c’est d’inverser la courbe du chômage, ce n’est pas la PMA.»

(Propos attribués à François Hollande par Le Canard enchaîné du 6 février 2013)

 

«Colère = action», proclamait dans les années 80 un célèbre slogan d’Act Up. L’inverse est malheureusement vrai: sans colère, sans forte mobilisation des premiers concernés, une revendication sociétale n’a que d’infimes chances d’aboutir. Qu’attendent donc au juste les gays, les lesbiennes et leurs associations pour se mettre réellement en colère contre l’enterrement programmé de la réforme de la procréation médicalement assistée? Bien sûr, il y a eu dans les cortèges des partisans du «mariage pour tous» quelques timides panneaux pour rappeler au chef de l’État et à sa majorité cette promesse de campagne bien vite oubliée.

 

DES BOUCS ÉMISSAIRES COMMODES
Mais la colère des manifestants était le plus souvent canalisée vers des boucs émissaires bien commodes: l’Église catholique et l’opposition parlementaire, qui, il est vrai, se sont montrées sous leur jour le plus hideux durant ces longs mois de débats. Et les historiens qui, dans quelques années, se pencheront sur la période que nous venons de vivre retiendront peut-être qu’au moment où le gouvernement faisait discrètement passer à la trappe un droit essentiel pour les lesbiennes qui souhaitent devenir mères, leurs «frères» gays, supposément leurs alliés, n’avaient rien de plus urgent à faire que d’envoyer un bouquet de fleurs à la ministre de la Justice, celle-là même qui avait donné en septembre les premiers signes du renoncement de la majorité sur cette mesure…

Alors qu’il devient chaque jour plus évident que la guerre de la PMA n’aura pas lieu, la technique de l’autruche et la méthode Coué ont encore d’acharnés partisans parmi les militants LGBT, qui veulent croire que rien n’est joué.

 

DIX ANS DE RETARD SUPPLÉMENTAIRES
Le scénario de cette trahison annoncée est pourtant tout écrit. On en prend ici même le pari: s’étant débrouillé pour refiler la patate chaude au Comité consultatif national d’éthique (qui ne se prononcera sur la question qu’en… octobre prochain!), François Hollande sera bien soulagé lorsque celui-ci rendra – ô surprise! – un avis fatalement négatif. Il n’aura plus dès lors qu’à s’abriter derrière cette réponse pour justifier son immobilisme sur ce sujet. Bref, la PMA ne se fera pas, du moins pas durant cette législature.

 

Et il ne faut évidemment pas compter non plus sur l’actuelle opposition UMP pour faire avancer la question en cas d’alternance parlementaire en 2017. Ce qui signifie que, en la matière, la France vient de prendre au minimum dix ans de retard supplémentaires sur ses voisins européens. Le jour venu, il faudra bien tirer le bilan de ce désastre pour le mouvement LGBT français, incapable de porter la moindre revendication de manière autonome, sans s’appuyer sur des relais politiques. Et ceux qui sont aujourd’hui à sa tête ne pourront pas indéfiniment échapper à leur responsabilité dans cet échec.