Livres à lire : la théorie du genre

Changer de différence - Le féminin et la question philosophique

Catherine Malabou

Soumettre d'abord l'analyse du philosophique à la rigueur de la preuve, aux chaînes de la conséquence, aux contraintes internes du système : articuler, premier signe de pertinence, en effet. Ne plus méconnaître ce que la philosophie voulait laisser tomber ou réduire, sous le nom d'effets, à son dehors ou à son dessous (effets " formels " -" vêtements " ou " voiles " du discours -" institutionnels ", " politiques ", " pulsionnels ", etc.) : en opérant autrement, sans elle ou contre elle, interpréter la philosophie en effet. Déterminer la spécificité de l'après-coup philosophique -le retard, la répétition, la représentation, la réaction, la réflexion qui rapportent la philosophie à ce qu'elle entend néanmoins nommer, constituer, s'approprier comme ses propres objets (autres " discours ", " savoirs ", " pratiques ", " histoires ", etc.) assignés à résidence régionale : délimiter la philosophie en effet. Ne plus prétendre à la neutralité transparente et arbitrale, tenir compte de l'efficace philosophique, et de ses armes, instruments et stratagèmes, intervenir de façon pratique et critique : faire travailler la philosophie en effet. L'effet en question ne se laisse donc plus dominer ici par ce que la philosophie arraisonne sous ce nom : produit simplement second d'une cause première ou dernière, apparence dérivée ou inconsistance d'une essence. Il n'y a plus, soumis d'avance à la décision philosophique, un sens, voire une polysémie de l'effet.


Défaire le genre

Judith Butler, Maxime Cervulle (Traducteur)

"Faire" son genre implique parfois de défaire les normes dominantes de l'existence sociale. La politique de la subversion qu'esquisse Judith Butler ouvre moins la perspective d'une abolition du genre que celle d'un monde dans lequel le genre serait "défait", dans lequel les normes du genre joueraient autrement, tout autrement. Que le genre puisse être défait présuppose en effet qu'il est un " faire" susceptible de transformations et non une structure figée et immuable. 
Ce livre, retour critique sur les analyses développées par l'auteure dans Trouble dans le genre, s'inscrit dans une démarche indissociablement théorique et pratique : il s'agit, en s'appuyant sur les théories féministe et queer, de faire la genèse de la production du genre et de travailler à défaire l'emprise des formes de normalisation qui rendent certaines vies invivables, ou difficilement vivables, en les excluant du domaine du possible et du pensable. 
Par cette critique des normes qui gouvernent le genre, avec plus ou moins de succès, il s'agit ici dégager les conditions de la perpétuation ou de la production de formes de vie plus vivables, plus désirables et moins soumises à la violence. Judith Butler s'attache notamment dans les présents essais à mettre en évidence les contradictions auxquelles sont confrontés ceux et celles qui s'efforcent de penser et transformer le genre. 
Défaire le genre manifeste en particulier le souci de la façon dont les luttes pour la reconnaissance et l'égalité sont susceptibles, pour ainsi dire malgré elles, de contribuer à l'invisibilisation et à l'exclusion de certain-e-s. Sans prétendre toujours dépasser ces contradictions, ce livre semble en définitive suggérer la possibilité de leur traitement politique : "La tâche de tous ces mouvements me paraît être de distinguer entre les normes et les conventions qui permettent aux gens de respirer, désirer, aimer et vivre, et les normes et les conventions qui restreignent ou minent les conditions de la vie elle-même. 
La critique des normes de genre doit se situer dans le contexte des vies telles qu'elles sont vécues et doit être guidée par la question de savoir ce qui permet de maximiser les chances d'une vie vivable et de minimiser la possibilité d'une vie insupportable ou même d'une mort sociale ou littérale".

 


De la théorie du genre au mariage de même sexe... - L'effet dominos

Béatrice Bourges, Aude Mirkovic, Elizabeth Montfort

COMMENT LA QUESTION DU MARIAGE et de l’adoption pour des personnes de même sexe a-t-elle pu se poser dans nos sociétés occidentales, alors que le droit de la famille n’a pas besoin de préciser que le mariage est l’union d’un homme et d’une femme, tant cela est une évidence ?


Le projet de loi relatif à « l’ouverture du mariage et de l’adoption aux couples de personnes de même sexe » n’est pas une simple modification du droit de la famille.

 

Depuis sa présentation, les surenchères s’accélèrent : accès à la PMA pour les couples de femmes, à la GPA pour les couples d’hommes… L’effet dominos fonctionne à plein. Jusqu’où ira-t-il ? Nul ne le sait.

 

Trois femmes répondent à cette question :

  • Béatrice Bourges, présidente de l'association Protection de l'Enfant et porte-parole du Collectif pour l'Enfance, auteur deL'Homoparentalité en question et L'Enfant dans tout ça ? (Ed. du Rocher, 20008).
  • Aude Mirkovic, présidente de l'association Juristes pour l'Enfant et maître de conférences en droit privé à l'Université d'Ivry, directeur du master 2 Droit des biotechnologies.
  • Elizabeth Montfort, ancien député européen, présidente de l'association Nouveau Féminisme européen, auteur de Le Genre démasqué (Peuple libre, 2011) et Le Genre en questions (Peuple libre, 2012).

Un petit manuel de poche (10 cm x 15 cm) pour tout comprendre d'une dérive sociétale et politique qui a tout du recul de civilisation.

 


De la violence de genre à la négation du droit

Drieu Godefridi

Selon la théorie du genre, les femmes sont victimes d'une violence structurelle, à tous les niveaux et jusqu'au plus intime des catégories du langage. A l'instar d'autres législations européennes, la loi française du 9 juillet 2010 relative aux violences faites spécifiquement aux femmes institue la violence psychologique en délit pénal, passible de plusieurs années de prison ferme, et de dizaines de milliers d'euros d'amende. 
Dans ce bref essai, l'auteur réfute la théorie du genre, interroge la sexualisation de la violence psychologique, et décrit la résurgence de l'arbitraire au sein du droit pénal européen.

 

Qui est l'auteur ?

Docteur en philosophie et juriste. Comme président de l'Institut Hayek, il a publié régulièrement des articles dans la presse francophone et dans la presse anglo-saxonne. Il est actuellement à la tête d'une entreprise européenne qu'il a créée il y a dix ans.

 

Pour en savoir plus: http://www.agoravox.tv/actualites/societe/article/de-la-violence-de-la-theorie-du-37764



Femmes entre sexe et genre

Sylviane Agacinski

Vous croyez peut-être savoir de qui on parle quand on parle " des femmes " : erreur, le doute s'est installé depuis que Monique Wittig déclara que " les lesbiennes ne sont pas des femmes ", et que, avec Judith Butler, la Queer Theory regarde la distinction entre homme et femme comme l'expression d'une binarité artificielle, construite par une " culture " hétérosexuelle dominante. " Il n'y a plus de sexes ", disent-elles, rien que des genres, construits sur les pratiques sexuelles. 
Ce livre polémique vise à examiner les impasses d'un tel discours, à critiquer l'opposition simpliste nature/culture sur laquelle il s'appuie. Les " cultures " ne flottent pas au-dessus de la nature et les " genres " ne flottent pas au dessus des sexes, encore moins s'ils sont l'expression des sexualités.

 

Biographie de Sylviane Agacinski

Philosophe, Sylviane Agacinski enseigne à l'Ecole des hautes études en sciences sociales. Elle a publié au Seuil, Politique des sexes (1998), Le Passeur de temps. Modernité et nostalgie (2000), Journal interrompu, 24 janvier-25 mai 2002 (2002), Métaphysique des sexes, masculin/féminin aux sources du christianisme (2005), Engagements (2006) et Drame des sexes. Ibsen, Strindberg, Bergman (2008).

 

Analyse de la revue Etudes


Le genre démasqué - Homme ou femme ? Le choix impossible

Elizabeth Montfort

La mode est au genre... Depuis une dizaine d'années, le genre remplace le sexe dans les textes officiels, les programmes scolaires et universitaires, en France comme dans les Instances internationales (ONU, Conseil de l'Europe, Parlement européen, Unesco...)
On pense généralement qu'il ne s'agit que d'un changement de mot, plus tendance et plus moderne.
En réalité, le genre est l'outil redoutable de la théorie du même nom, la théorie du Gender qui avance masquée sous les traits de la lutte contre les discriminations et pour l'égalité.
D'où la connivence des féministes radicales et du lobby gay dans leur critique de la société patriarcale, source de tous les maux, lieu de la domination de l'homme et de la tyrannie de la différence sexuelle, selon leurs discours.
Pour résoudre les injustices et les inégalités, ces groupes de pression proposent de déconstruire la société dans ses références à l'altérité sexuelle et de remplacer l'homme et la femme, en tant que personnes sexuées, par des individus caractérisés par des orientations sexuelles variées et choisies.
Remettre en cause la société dans ses fondements et la personne humaine dans son être, conduit à rejeter les réalités structurantes que sont la différence des sexes, le mariage et la filiation. L'individu deviendrait alors seul maître de son moi, de son identité et de son avenir pour construire un monde sans contrainte et sans limite, à partir de sa seule volonté.
Il est urgent d’en comprendre les enjeux !


Le Genre, en Questions...

Elizabeth Montfort

Biographie d'Elizabeth Montfort

Elizabeth Montfort, juriste et philosophe, répond aux questions que l'on se pose aujourd'hui sur le concept de genre : Est-ce une théorie ou une idéologie ? Quels sont les enjeux du genre dans la construction de son identité et de sa personnalité ? Que disent le sexe et le genre sur la différence sexuelle ? Est-il possible d'intégrer sexe et genre dans une vision de la personne humaine unifiée ? Toutes ces questions que se posent les lycéens et les étudiants pour leur vie d'aujourd'hui et de demain... Députée européenne jusqu'en 2004, Elizabeth Montfort connait bien les défis et les enjeux qui se cachent derrière les mots et les concepts. Elle les présente sous forme de questions/réponses pour les rendre accessibles. Elizabeth Montfort est aujourd'hui présidente de l'Association Nouveau Féminisme Européen.


Homme, femme, quelle différence ?

Véronique Margron, Eric Fassin

L a différence sexuelle, que la Bible met en avant, est-elle "construite" ou irréductible ? Est-elle ce qui ouvre l'être humain à l'altérité ou bien une contrainte sociale ? A l'heure de la théorie du " genre", de la procréation "choisie", de la remise en question des certitudes en matière de différenciation sexuelle, la sexualité devient un domaine politique où sont explorés tous les possibles. Il importe de pouvoir mesurer les enjeux des tentatives de remodelage de l'histoire commune. 
Ce débat offre des éléments concrets pour un clair discernement.

 

Biographie de Véronique Margron

Eric Fassin, sociologue et américaniste, est Professeur agrégé à l'Ecole normale supérieure (Paris). Ses recherches portent sur l'actualité des questions sexuelles et des questions raciales. Il est l'auteur, notamment, de : L'Inversion de la question homosexuelle (2008), Les chrétiens et la sexualité au temps du sida (avec Lytta Basset et Timothy Radcliffe, 2007).

 


Gender, la controverse

Conseil Pontifical - FamilleTony Anatrella (Commentateur (texte))

La théorie américaine du Gender, référence des instances internationales (ONU, Unesco, Commission européenne, etc) et source d'inspiration de nombreuses législations, figure désormais dans les manuels SVT de 1e L et ES. Selon le Gender, l'identité sexuelle n'est pas une donnée biologique mais une construction sociale : on ne naît pas homme ou femme, on le devient. Ainsi, chacun peut choisir son orientation sexuelle (homosexuelle, hétérosexuelle, bisexuelle, transsexuelle). 
Mais comment la société peut-elle se fonder sans reconnaître la différence sexuelle ? Comment la famille peut-elle se structurer en dehors des liens engagés entre un homme et une femme, sources d'alliance, de filiation et de génération ? Comment la vie psychique de la personne peut-elle s'élaborer quand la réalité du corps est niée ? Face au bouleversement identitaire, social et familial qui se met en place, cet ouvrage présente, dans un esprit critique, les axes fondamentaux du Gender (ses origines féministes et égalitaristes, ses données anthropologiques, sociologiques et psychanalytiques, son évolution depuis les années 1980, etc.). 
Enseignants, éducateurs et parents pourront se forger, en toute connaissance de cause, une pensée argumentée et pédagogique à l'adresse des jeunes dont ils ont la responsabilité.


Politique des sexes : Précédé de Mise au point sur la mixité

Sylviane Agacinski

Amazon.fr

Après la révolution sexuelle des années soixante-dix, les dernières années du siècle ont vu des modifications certes moins brutales, mais pourtant décisives des rapports entre les sexes. Le Pacs et la parité ont en effet légitimé dans un même élan le couple homosexuel et l'entrée massive des femmes sur la scène politique. L'adoption de ces mesures, en les replaçant au cœur du débat public, a contraint la société française à s'interroger radicalement sur des questions refoulées jusqu'alors.Sous un angle à la fois philosophique et ethnologique, Sylviane Agacinski livre dans cet essai une réflexion renouvelée sur l'identité sexuelle et ses prolongements : la sexualité, mais aussi la parentalité ou le féminisme. Contre Simone de Beauvoir et Le Deuxième Sexe, elle refuse d'assimiler la fécondité à un simple "destin biologique", pour en faire au contraire une dimension essentielle de la féminité. Entre identité et différence, les mécanismes complexes qui régissent les relations masculin-féminin sont brillamment explorés. --Thomas Ferrier --Ce texte fait référence à une édition épuisée ou non disponible de ce titre.


Présentation de l'éditeur

Les sociétés interprètent diversement la différence sexuelle. Partout, on cultive cette différence et on établit une hiérarchie entre les sexes : le masculin domine le féminin et même l'efface pour figurer à lui seul le genre humain. Contre cet effacement, y compris dans sa forme moderne "universaliste", Sylviane Agacinski propose une philosophie de la mixité qui rompt avec les modèles masculins et avec cette honte du féminin qui a caractérisé pendant un temps le féminisme. S'écartant de Simone de Beauvoir, l'auteur soutient qu'il n'y a plus de contradiction entre la liberté des femmes et leur fécondité, qui n'est pas seulement un "destin biologique". La relation entre les hommes et les femmes ne dépend d'aucune vérité éternelle : elle résulte d'une longue histoire dom les débats sur la parité révèlent un nouvel enjeu.


La querelle du genre - Faut-il enseigner le gender au lycée ?

Christian Flavigny et Jean-François Mattéi (Préfacier)

La théorie du genre envahit les manuels scolaires en même temps qu’elle échauffe les esprits. C’est qu’elle bascule dans l’excès inverse de la thèse qu’elle prétend contrer : le naturalisme, qui résume l’identité sexuelle à l’anatomie. Elle lui substitue une révolte contre une supposée normativité sociétale oppressive qui assignerait une manière codifiée de vivre son identité sexuelle au détriment d’une prétendue identité de genre. 
L’expérience psychanalytique démonte cette lecture idéologique et restaure une compréhension de l’identité sexuelle dans laquelle la donnée corporelle compose avec les attentes des parents d’avoir un fils ou une fille. Un éclairage en résulte sur les enjeux de la diversité dans la vie sociale, notamment sur les thèmes de l’homosexualité et du transsexualisme ; il peut permettre que l’enseignement de la gender theory aux jeunes des lycées ne dérive pas vers un endoctrinement.

 

Biographie de Christian Flavigny

Pédopsychiatre et psychanalyste, Christian Flavigny dirige le département de Psychanalyse de l’enfant et l’adolescent à l’hôpital de la Salpêtrière à Paris. Il a consacré de nombreux travaux aux problèmes du développement psychoaffectif de l’enfant et de l’adolescent et aux bases psychologiques de la constitution de la famille (L’infantile, l’enfantin. Les destins de la filiation, PUF, 2011). Il a été auditionné par les commissions parlementaires de l’Assemblée nationale et du Sénat, et a participé activement aux forums de bioéthique organisés par le ministère de la Santé. Il a été reçu au ministère de l’Éducation nationale par la commission en charge de définir les mesures à intégrer dans la vie scolaire en vue d’une prise en compte par les adolescents des questions de société.


Trouble dans le genre

Judith ButlerEric Fassin (Préfacier), Cynthia Kraus (Traducteur)

Dans cet ouvrage majeur publié en 1990 aux Etats-Unis, la philosophe Judith Butler invite à penser le trouble qui perturbe le genre pour définir une politique féministe sans le fondement d'une identité stable. Ce livre désormais classique pour les recherches sur le genre, aussi bien que les études gaies et lesbiennes, est au principe de la théorie et de la politique queer : non pas solidifier la communauté d'une contre-culture, mais bousculer l'hétérosexualité obligatoire en la dénaturalisant. Il ne s'agit pas d'inversion, mais de subversion. Judith Butler localise les failles qui manifestent à la marge le dérèglement plus général de ce régime de pouvoir. En même temps, elle soumet à la question les injonctions normatives qui constituent les sujets sexuels. Jamais nous ne parvenons à nous conformer tout à fait aux normes : entre genre et sexualité, il y a toujours du jeu. Le pouvoir ne se contente pas de réprimer ; il ouvre en retour, dans ce jeu performatif, la possibilité d'inventer de nouvelles formations du sujet. La philosophe relit Michel Foucault, Sigmund Freud, Jacques Lacan et Claude Lévi-Strauss, mais aussi Simone de Beauvoir, Luce Irigaray, Julia Kristeva et Monique Wittig, afin de penser, avec et contre eux, sexe, genre et sexualité - nos désirs et nos plaisirs. Pour jeter le trouble dans la pensée, Judith Butler donne à voir le trouble qui est déjà dans nos vies.


Biographie de Judith Butler

Judith Butler est professeure de rhétorique et de littérature comparée à l'Université de Californie à Berkeley. Elle a écrit plusieurs livres et de nombreux articles sur la philosophie, la psychanalyse, le féminisme et la théorie queer. Elle est notamment l'auteure de La Vie psychique du pouvoir (Léo Scheer, 2002), Antigone, la parenté entre vie et mort (EPEL, 2003), Le Pouvoir des mots (Amsterdam, 2004), Vie précaire (Amsterdam, 2005) et Défaire le genre (Amsterdam, 2006).