Janvier 2013 (4/5)

23 janvier 2013 - Email - Par un aggrégé de philosophie, chrétien engagé

Le « mariage pour tous » : éclairages philosophiques et anthropologiques

Le « mariage pour tous » : éclairages philosophiques et anthropologiques

 

 


Quelques mots d’introduction.
Il devient dans ce débat de coutume de dire d’où l’on parle : je suis pour ma part agrégé de philosophie, enseignant dans le secondaire, chrétien engagé et formateur pour des adultes à l’intérieur d’institutions ecclésiales.

 
Mon objectif ici est modeste : contribuer à éclairer certains des enjeux d’un débat complexe dans lequel l’Église s’engage, sans que toujours le lieu d’origine et le sens de son discours puissent être clairement définis. Ce qui donne lieu à des confusions, amalgames, ou positions qui au final aboutissent au rejet de ce discours ou à son caractère inaudible, pour la société mais aussi pour les chrétiens.

 
Les enjeux profonds de filiation ne peuvent être dessinés ici, ils seront seulement ébauchés. Parce que le débat est axé autour de la question du statut et du sens du mariage ainsi que du rapport à l’enfant, à l’accès au symbolique pour celui-ci ainsi qu’à sa construction psychique au sein d’un couple homosexuel, je centrerai le propos de ce premier texte sur les enjeux relatifs au mariage et à la famille, tout en ouvrant de manière provisoire les questions de filiation, qui seront reprises dans un autre texte.

Transformations sociologiques et juridiques de la famille et du mariage.
L’un des enjeux de la distance entre l’Église et la société dans laquelle nous vivons réside je crois dans une conception différente du mariage, tributaire de l’évolution de la société. Le mariage traditionnellement est la conception d’une union comme orientée vers la filiation, vers une légitimation de la paternité. Le mariage est non pas alors construit pour le couple, mais pour l’enfant. Il s’agit alors en effet d’une institution, que nous avons en commun avec d’autres cultures et sociétés, destinée à produire une descendance et une filiation.


Mais dans les évolutions juridiques et sociales qui se produisent depuis 2 siècles, le mariage a peu a peu été construit comme un lien de couple. Un lien organisé pour le couple et par le couple, qui a pour conséquence une descendance. La modification dans les comportements et dans la symbolique du mariage est fondamentale : soit que l’on conçoive le mariage comme institution de la famille, soit que l’on conçoive le mariage comme lien de couple, lien d’amour entre deux personnes qui aboutit à une union sociale et juridique, ouvrant à la paternité et la filiation.


Notre société a vu le développement des unions libres, des unions hors-mariage, du mariage comme un lien « contractuel ». Le mariage civil , quant à lui, est institué pour penser un lien social et civil en dehors de la foi religieuse, dissoluble, mais construit en vue de la descendance au départ. À tel point que des personnes mariées civilement sans enfants étaient appelée « une famille ».


Les transformations sociales à l’œuvre ont remis le couple au centre du mariage, si bien que sociologiquement parlant, mais nous le savons, la majorité des couples ne se marient plus, le mariage est de courte durée, de nombreux couples ne se marient que pour quelques années, la plupart ayant déjà eu des enfants, vivant en couple depuis plusieurs années, etc..
En quels sens pouvons-nous dire en premier lieu, aujourd’hui pour les hommes d’aujourd’hui, que le mariage est la cellule de base de la famille, qu’il est la symbolique de la filiation, etc… ?


Si les cultures se sont fondées sur l’institution du mariage, elles ont aussi évolué, et il est faux à présent de dire que la famille dite nucléaire fondée sur le pacte entre un homme et une femme, lieu habituel de l’engendrement et de la croissance de ses futurs membres » est le lieu aujourd’hui par excellence de la structuration de la famille .

Je me propose donc de tenter de clarifier certains aspects essentiels de cette question. Il est sans doute utile d’éclairer certains enjeux de la loi, à partir de la manière dont elle se formule. Je tenterai ensuite d’ébaucher quelques analyses, dont on excusera le caractère quelque peu éclectique, en vue d’offrir des pistes de sensibilisation, pour un débat renouvelé ou pour un certain nombre de chrétiens qui ne désirent pas affirmer une opposition radicale au mariage pour tous.

Quelques problèmes à relativiser.
Il y a plusieurs problèmes enchevêtrés, que nous ne pouvons démêler en peu de temps, mais qu’il convient de nommer :

  • 1) Le texte de la loi lui-même et sa proposition faite au Sénat. Il indique sans aucun doute la carence forte de réflexion à ce sujet, le manque de prise de conscience des effets symboliques d’assimilation et d’effacement de la différence entre homme et femme, au profit par exemple d’une dénomination en termes de « parent a « ; « parent b ». Le geste symbolique qui manque à être pensé consiste ici à transformer le texte de la loi au bénéfice d’une minorité pour effacer ce qui demeure le processus de l’union conjugale pour la majorité. Il aurait bien sûr bien mieux valu que le PACS soit aménagé pour ouvrir éventuellement à la parentalité, toutes réserves et objections pouvant être par ailleurs faites à ce sujet. Remarquons toutefois qu’en l’état actuel de la question, l’ouverture de l’union conjugale aux couples homosexuels ne gomme pas toute différence : en particulier, la présomption de paternité, centrale dans le mariage, ne leur est pas octroyée. Il n’y aura pas d’automaticité de la filiation en ce qui les concerne. L’enfant biologique du conjoint ne sera pas « reconnu », mais adopté. Seconde différence, réelle, avec le mariage classique, la PMA ne leur sera pas ouverte .
  • 2) Un second problème concerne le point d’accroche du discours de l’Église. Il est très clair que nous pouvons avoir des inquiétudes légitimes concernant l’éducation d’enfants élevés dans des familles homosexuelles, mais la proportion d’enfants pouvant être concernés par ces situations demeure minime. Le journal du Monde en date du 7/11/2012 indique qu’en Espagne, entre 2005 et 2011, avant la récente validation définitive du mariage entre personnes de même sexe (en date du 6 novembre 2012), un peu plus de 20000 mariages ont été célébrés, cad 1,8% du total des mariages en Espagne. Si nous respectons à peu près ces proportions, nous pouvons imaginer 5000 mariages par an environ entre personnes du même sexe. Il est donc clair qu’environ 98% des mariages continueront de se produire entre hétérosexuels. Est-ce donc une remise en cause symbolique du mariage ?
  • 3) Un troisième problème peut résider dans les présupposés du discours de l’Église, du moins de certains types de discours, y compris chez nos frères juifs. Comment considérons-nous l’homosexualité elle-même ? Comment cette considération interfère-t-elle dans nos discours ? Si nous estimons comme l’indique le Catéchisme de l’Église catholique que les actes homosexuels sont des dépravations graves », et que « « les actes d’homosexualité sont intrinsèquement désordonnés » », n’intervenons-nous pas dans le débat public sans qu’aucun débat soit possible ni audible ? Si nous pensons comme l’indique Gilles Bernheim, Grand Rabbin de France dans un texte intitulé Ce que l’on oublie souvent de dire que la justification de l’amour entre personnes homosexuelles ne suffit pas pour se marier, au motif qu’ « un homme ne peut pas se marier avec une femme déjà mariée, même s’ils s’aiment. De même, une femme ne peut pas se marier avec deux hommes, au motif qu’elle les aime tous les deux et que chacun d’eux veut être son mari. Ou encore, un père ne peut pas se marier avec sa fille même si leur amour est uniquement paternel et filial », ne rapprochons-nous pas le mariage homosexuel de l’adultère, de la polygamie féminine, voire de l’inceste ? En ce cas, ne jugeons-nous pas par avance de la valeur d’un amour, sans rencontrer l’autre, et sans l’aimer nous-mêmes ?
    Le nombre de personnes appartenant à la communauté homosexuelle est lui aussi fort faible. La majorité des personnes homosexuelles ne souhaite pas vivre de manière stable en couple, ni avoir d’enfants. En revanche, il serait bon de prendre le temps de réfléchir à cette volonté très affirmée, militante, de gommer toute différence entre homosexualité et hétérosexualité.


Examen critique d’un certain nombre d’arguments souvent évoqués :

  • a) Le rapport à l’enfant et la fonction parentale.
  • Nous ne connaissons en réalité pas du tout les effets symboliques du rapport à l’enfant institué dans des couples homosexuels. La plupart sinon la totalité des sondages faits auprès des enfants sont piégés, parce qu’issus d’un souci idéologique soit de montrer qu’il n’y a aucun problème, soit par le souci de montrer qu’il y en a. Socialement et psychologiquement, les enfants adoptés ou issus de couples homosexuels ne sont pas à même de parler en toute liberté.
  • b) Lorsque nous parlons de l’institution du mariage, de quel mariage parlons-nous ? Ne serait-il pas utile de bien différencier la valeur du mariage religieux et celle du mariage civil, qui est depuis 2 siècles un contrat ? Le projet de loi du 7 novembre 2012 rappelle la sécularisation du mariage, ses conditions et sa possible dissolution.
    Il est essentiel de préciser que l’institution anthropologique du mariage, avec sa force symbolique, existe au maximum de son poids symbolique pour des sociétés où la sphère religieuse et la sphère temporelle ou laïque ne sont pas ou peu distinguées. Nous ne sommes pas dans nos sociétés contemporaines dans ce type de configurations. Il semble donc inapproprié de s’appuyer pour justifier nos prises de position sur des registres anthropologiques qui ne correspondent pas aux transformations sociales et comportementales, donc anthropologiques, vécues depuis 2 siècles, et qui se sont accélérées depuis 30 ou 40 ans. 
  • Il serait peut être utile d’éviter d’appuyer nos prises de positions sur la justification de l’Écriture, car nous générons des confusions de toutes sortes et ne sommes plus audibles dans l’espace public. Intervenons-nous comme citoyens ou comme chrétiens ? Dans le second cas, nous n’avons aucune légitimité particulière dans le discours pour peser sur les décisions civiles et juridiques. Si c’est en tant que citoyens, il nous faut posséder des arguments non-confessionnels.
    Ceci devrait nous inciter à une règle méthodologique de positionnement. Lorsque nous nous opposons au mariage entre personnes du même sexe, c’est en tant que citoyens que nous le faisons, et non en tant que croyants, puisque la symbolique du mariage n’est radicalement pas la même que celle du mariage religieux, et cette différence symbolique est voulue par le législateur.
  • c) Il me semble qu’il y a des arguments en défaveur du mariage homosexuel, mais qu’il y a beaucoup plus d’arguments à débattre autour du statut de l’enfant. L’un de ces arguments consiste à penser à la meilleure situation possible pour un enfant à naître lorsque la société en a le choix, à la manière dont pour une famille d’adoption on ne cherche pas un enfant pour une famille, mais la meilleure famille possible pour l’enfant. Mais là encore, au nom de quoi énonçons-nous par définition qu’une famille homosexuelle serait une « mauvaise » famille pour le développement à venir de l’enfant ? Supposer qu’une famille homosexuelle ne saurait permettre un développement psychique équilibré pour l’enfant revient soit à dénier la réalité, puisque de tels enfants non seulement existent déjà, mais sont devenus adultes pour certains, soit à dénoncer une perversion par essence de la personne homosexuelle qui, en raison de sa tendance sexuelle, ne saurait assurer de fonctions paternelle et/ou maternelle structurantes.
  • d) Plus largement, ne s’agit-il pas de rappeler, non en fonction d’une position confessionnelle, mais à partir d’arguments issus de la notion de filiation, que la différence sexuelle est nécessaire, symboliquement parlant, à la construction psychique d’un enfant ? Ne pourrait-on pas de manière plus prudente, ou plus aimante, ou plus « sage » et moins défensive, demander à ce que les couples homosexuels futurs soient accompagnés dans leur démarche pour que l’on s’assure bien de la présence de cette différenciation symbolique à partir de la différence sexuelle qui leur fait en partie défaut ?

Risques incontestablement possibles :
- la négation éventuelle de la différence sexuelle dans l’adoption par des couples homosexuels ou dans la PMA.
- L’enjeu de l’adoption et de la filiation entre fonctions parentales (maternelle/paternelle) et lien à l’origine.
- Les problématiques psychologiques envisageables selon que le couple homosexuel est féminin ou masculin, l’un touchant à la carence de la fonction paternelle, l’autre à celle de la fonction maternelle, encore que nous n’en soyons en rien assurés .

J’invite chacun à se demander : quel bénéfice désirons-nous pour notre société et pour qui en nous opposant au mariage homosexuel si tel est le cas? Pour ma part, j’en vois un, la reconnaissance des personnes et des couples homosexuels, sous d’autres formes, un respect de la différence et un accès aux droits légitime pour les personnes homosexuelles, mais dans la reconnaissance d’une différence qui ne donne pas nécessairement les mêmes droits à tous dans des situations qui, relativement à certains registres, ne sont pas comparables. Mais il nous aurait fallu ne pas opposer de refus catégorique à ces unions pour pouvoir être entendus…

Quelques pistes de dépassement ou de prolongements éventuels pour méditer les enjeux de cette question.

J’espère avoir montré en tout premier lieu que l’extrême complexité des enjeux devrait nous interdire de poser un discours « idéologique », réglant le problème par avance, à partir de positions qui rendent impossible le débat. Le 100% pour ou contre empêche par définition de penser.
Si nous estimons que le mariage accordé aux couples homosexuels et ouvrant la voie à une adoption ou à une PMA pose un problème relatif à la filiation, alors il nous faut pouvoir penser pour notre société des solutions d’accompagnement de l’ensemble des couples dont la situation a fragilisé les enfants, et ne pas les laisser livrés à eux-mêmes ou à une juridiction qui ne peut entrer dans la complexité des fractures, blessures familiales, etc …
Lorsque nous posons notre désir d’un modèle de société valide et solide pour nos contemporains, il est nécessaire non seulement de mesurer les obstacles à la réception d’un tel discours, mais également de choisir, me semble t-il, une position soucieuse des réalités complexes que vivent les individus, et non une position de rejet pur et simple.
Mais cette réflexion ne pose que l’éventualité d’une telle fragilisation. En effet, à moins de poser la perversité de principe d’un amour entre personnes homosexuelles , nous ne pouvons dénoncer par avance l’absence de fécondité d’un tel amour. La question est de savoir si elle doit prendre la forme d’une fécondité dans le cadre désiré par les couples homosexuel. Et il n’est pas sûr que la réponse soit a priori négative.
Plus largement, je crois que le débat autour du mariage « pour tous » nous interroge tous autour de trois types de questions fondatrices, que nous mélangeons, et dont nous mesurons souvent mal et les enjeux et les répercussions personnelles, sociales, idéologiques.

En ce qui concerne le sens du mariage :
La voie habituelle de la filiation est le mariage, que la société valorise particulièrement : lorsque deux personnes sont mariées, le mariage suffit à rendre la filiation légitime. Structurellement, la filiation repose sur le mariage : parce qu’à travers le mariage, le fils ou la fille, jusqu’ à preuve du contraire, possède une relative garantie de sa conception, parce que sa naissance est appuyée sur une origine, qui est celle de la rencontre de deux filiations, celles du père et de la mère. Ce qui n’exclut pas d’autres formes de la filiation plus particulières, telle que la filiation naturelle, hors-mariage, ou adoptive.


Pourquoi parler des liens de la filiation à travers la dimension juridique ou sociale ? Parce que ce que les sociétés cherchent à indiquer à travers l’institution du mariage, c’est l’idée que pour être humain fils d’humains, il nous faut des origines, une stabilité dans l’existence, une manière de tisser des liens qui s’appuie sur la stabilité des liens humains. Et le mariage est la forme la plus solide et la plus durable que les sociétés aient trouvé pour garantir cette stabilité du lien.


Il est clair que nous n’avons pas assez mesuré les mutations sociétales profondes que les processus sociaux mettent en œuvre : l’autorisation du divorce par consentement mutuel, le grand nombre des unions hors-mariage, la banalisation des naissances hors de ces cadres ont bien sûr touché au sens symbolique du mariage. Nombre de mutations sont à l’œuvre, nombre de situations « mélangées » traversent nos sociétés. Beaucoup de souffrances, liées à la solitude des personnes séparées, à la division pour les enfants entre des familles séparées, et/ou recomposées. Cela est-il nécessairement pire ? Antérieurement, nombre d’unions pouvaient paraître immuables, pour le pire parfois, la stabilité pouvant se transformer en fatalité.

Les articles du Code civil portant sur le mariage parlent clairement d’un homme et d’une femme (a.144), mais les devoirs et valeurs du mariage civil s’énoncent pourrait-on dire « au neutre ». Il s’agit toujours des « époux » (a.212 et suivants).
Que vient interroger le mariage civil « pour tous »? Tout d’abord, sans minimiser le poids des lobbys, l’aboutissement d’un long combat pour une partie des personnes homosexuelles pour mettre fin à leurs discriminations. Une partie de l’opinion publique favorable au mariage pour tous le pense ainsi. Par ailleurs, nous pouvons saluer ce désir de couples homosexuels de chercher à s’enraciner dans la durée, dans la fondation d’une famille et d’une descendance. On peut y voir une tentative pour s’extraire non seulement de la clandestinité, mais aussi de la stérilité (par opposition à la fécondité) dans laquelle l’ostracisme dont étaient victimes les personnes homosexuelles les condamnaient.


Mais si nous pensons que la plénitude de vie n’est donnée que dans l’union entre un homme et une femme, si bien que les personnes homosexuelles, qui sans doute ne l’ignorent pas, doivent nécessairement passer par le recours à l’autre sexe pour enfanter, souvenons-nous que cette plénitude est celle d’un principe, qui n’est certes pas démenti dans les situations contraires, mais doit être aménagé pour être audible. Et cette question demande elle aussi à être repensée.


Repensée, parce que la difficulté de la réception de ce message d’une plénitude de vie dans la relation homme-femme vient toucher le vécu des individus, qui sont loin d’avoir touché ou expérimenté cette « plénitude » dont ils sont pourtant le fruit. La raison en est je crois la suivante : nous manquons de relais, de points de passages, entre les principes qui nous animent et l’expérience affective et la représentation des individus.


Deux remarques pour terminer : soyons sensibles à cette reconnaissance par les partisans non « pro » à tout crin de la fécondité possible d’un amour homosexuel, et pensons les chemins que cette fécondité et cet amour pourraient prendre. Travaillons à rendre plus « aimants » nos principes, dans leur formulation et notre souci d’œuvrer au bien commun de nos concitoyens. Sans positionnement infâmant, et sans acceptation aveugle de situations complexes.


23 janvier 2013 (13 décembre 2010 twitté le 23/01/2013) - Blog de Najat Vallaud-Belkacem

60 personnalités s’engagent pour une gestation pour autrui encadrée

60 personnalités s’engagent pour une gestation pour autrui encadrée

 

 

Voici la tribune Le Monde en faveur d’une Gestation pour autrui encadrée que j’ai co-signée au même titre que 60 autres personnalités élues, expertes et militantes.

 

 

Gestation pour autrui : un cadre contre les dérives

Chaque victoire emportée par la France contre ses propres conservatismes est le résultat d’une confrontation. Lorsqu’il s’agit de prendre acte de l’évolution de notre société, les libertés à conquérir sont toujours précédées d’incompréhensions, d’inquiétudes et de prophéties menaçantes. C’est en répétant les choses avec obstination que les Français, et plus encore les Françaises, ont dissipé les doutes et obtenu le droit au divorce, puis le droit de disposer librement de leur corps, malgré tous les messagers de l’apocalypse qui s’y sont opposés.

 

Il y a un demi-siècle, on imposait aux futurs parents la naissance d’enfants non désirés. Aujourd’hui, à travers les interdictions inscrites dans la loi de bioéthique, on interdit à des parents la naissance d’enfants désirés. La distance qui sépare notre droit ancestral des réalités de nos familles n’a cessé de s’étendre.

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22 janvier 2013 - Le Plus Nouvel Observateur - Par Bruno Selun, Militant pour les droits LGBT

Le grand ras-le-bol des défenseurs du mariage des homos

Le grand ras-le-bol des défenseurs du mariage des homos

 

 

La mobilisation des pro et des anti mariage des homosexuels ne se fait pas seulement dans la rue. Sur internet, le débat se crispe sévèrement depuis quelques semaines. La Manif pour tous du 13 janvier, qui a réuni des centaines de milliers d'opposants à l'ouverture du mariage aux couples de même sexe, a accentué le fossé entre les deux camps. La parole des "anti" se libérant, certains homosexuels se sentent victimes de propos homophobes et font part de leur ras-le-bol sur internet. Tribunes, posts de blogs, tweets... francetv info a fait un petit tour du web.

 

Extrait

 


22 janvier 2013 - Blog Journal d'un avocat - Par Maître Eolas

Du mariage "pour tous" (2e partie)

Du mariage "pour tous" (2e partie)

 

 

Après avoir fait un rapide voyage à travers le temps, projetons-nous dans un avenir proche et voyons ce que dit cette loi, ce qui nécessairement nous fera aborder la question de savoir ce qu’elle ne dit pas.

 

Le projet de loi a voulu faire dans la simplicité, ce qui ne se traduit pas forcément dans sa rédaction, mais c’est la loi du genre.

 

Le projet de loi tire les conséquences de la jurisprudence liée à l’affaire du mariage de Bègles, dont je vous ai entretenu dans le billet précédent, et de sa confirmation implicite par la décision du Conseil constitutionnel du 28 janvier 2011. Puisque le seul obstacle est rédactionnel, il se contente, après avoir posé une définition du mot “mariage” qui n’y figurait pas jusqu’à présent, de modifier les articles du Code civil qu’il faut changer pour que le mariage puisse aussi s’appliquer entre personnes de même sexe, et en tire les conséquences nécessaires sur le plan de l’adoption. Comme nous le verrons, il ne touche en rien à la filiation, ce que ses opposants semblent ignorer.

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Première partie


22 janvier 2013 - Le Plus Le Nouvel Obs - Par Boris Cyrulnik, Psychanalyste

Mariage gay : du sexe sacré à l'union d'amour, l'évolution du couple en Occident

Mariage gay : du sexe sacré à l'union d'amour, l'évolution du couple en Occident

 

 

En Occident, la fonction sociale du mariage a radicalement changé depuis ses origines : c’est l’amour et non plus le sacré qui est devenu la principale motivation du couple. Du coup, où est la différence entre les homos et les hétéros ? se demande le célèbre psychanalyste.

 

Extrait

À quoi sert le sexe ? "A faire du sacré et du social", répondent l’immense majorité des cultures traditionnelles. Faire un enfant, c’est mettre au monde une âme pour adorer Dieu. Une femme infertile diminue la force du Tout-Puissant, un homme qui pratique le coïtus interruptus ou qui, comme Onan, déverse sa semence par terre est blasphématoire.

 

Le sexe permet aussi de faire du social. Seuls les garçons servaient de "bâton de vieillesse", à l’époque où les femmes mouraient avant la quarantaine, dans une société qui n’avait pas inventé les caisses de retraite, et où le travail était une souffrance physique. Dans un tel contexte, les homosexuels prenaient la signification d’êtres humains amoindris puisqu’ils ne pouvaient participer ni au sacré, ni au social. Leur attirance pour le même sexe faisait l’effet d’un sacrilège.

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22 janvier 2013 - Nouvelles de France - Par Eric Martin

Élevé par deux « mères » : le point de vue inconnu de l’enfant

Élevé par deux « mères » : le point de vue inconnu de l’enfant

 

Pour mieux conserver la spontanéité de ce témoignage écrit en français par un internaute américain, Nouvelles de France le publie tel quel.

 

Extrait

« Pendant 17 ans, ma mère biologique et son amante m’ont élevé à Buffalo dans l’État de New York ici aux USA.


À cause de cela, je ressentais toujours de la sympathie pour le mouvement gay. Mais en 2008, je me suis rendu compte que les chefs de ce mouvement veulent mettre plus d’enfants dans la situation difficile que j’ai connue comme un jeune. J’ai compris alors que j’avais un devoir de partager le point de vue  réaliste d’une personne qui a vécu et traversé l’expérience d’etre élevé par une mère lesbienne et son amante.

[...]

Simplement, être un enfant de parents gays m’a posé beaucoup de difficultés, et ce n’est pas à cause des préjugés des voisins car les gens de notre ville ne savaient pas vraiment ce qui se passait chez nous. D’après eux, j’étais un élève  bien éduqué, bien formé, ayant des bonnes notes à la fin de mes études au lycée.


Cependant, intérieurement, j’étais perdu. Quand votre vie domestique est si différente de la vie des autres, d’une manière si fondamentale au niveau des rapports humains, on devient bizarre. Je n’ai pas de maladie psychologique ni de problème biologique. Je n’ai eu qu’une enfance dans un foyer si atypique que j’étais destine à être toujours socialement exilé.
Les gens de mon age, eux ont appris dans leur enfance toutes les règles non écrites de comportement et le symbolisme des gestes dans leurs familles.


Ils comprenent ce que l’on doit dire dans telles situations, et ce qu’il ne faut pas dire. Ils ont observés les habitudes traditionnellement masculines ainsi que celles traditionnellement féminines. Même si les parents de mes collègues avaient divorcés (beaucoup d’eux l’étaient), pendant leur jeunesse, ils ont pu voir des exemples typiques de relations hommes et femmes. Des hommes, ils ont été enseigné a avoir le courage; des femmes ils ont appris la gentillesse. Ce sont des stéréotypes, bien sûr, mais les stéréotypes peuvent être utiles quand on quitte la sécurité de la maison d’une mere lesbienne pour aller travailler et survivre dans un univers où tout le monde suit les manieres de vivre stéréotypiques,y compris les gays.


Moi, je n’avais eu aucun exemple masculin à suivre. Mes mères n’étaient ni comme les pères typiques ni comme les mamans typiques. Donc les signes que je donnais à des amis potentiels aussi bien mâles que femelles n’étaient pas bien compris. Je manquais de confiance et je n’étais pas sensible aux autres. Il m’était difficile de me faire des amis et ceux que j’ai pu avoir se sont éloignés assez rapidement de moi.

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22 janvier 2013 - Yagg - Par Caroline Mécary (avocate, spécialiste notamment des questions d'homoparentalité, et conseillère régionale EELV en Ile-de-France, vient de publier L'Amour et la Loi) et Daniel Borrillo (juriste, professeur de droit à l'Université de Paris Ouest-Nanterre/La Défense)

«Mariage pour tous: la déception française»

«Mariage pour tous: la déception française»

 

Nous aussi, nous avons envie de quitter la France. Non pas pour des raisons fiscales mais pour des raisons tenant à l’absence du respect des droits de l’Homme. Car la France qui a vécu une Révolution, mis à terre la Monarchie et proclamé la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen puis instauré la République, foule aux pieds les droits fondamentaux dont font partie les revendications légitimes des lesbiennes et des gays.

Nous avons l’embarras du choix, Nous pouvons nous exiler par exemple au Canada, en Argentine, en Espagne, aux Pays-Bas, etc. Autant de pays qui ont ouvert le mariage, l’adoption et l’assistance médicale à la procréation à tous les couples indépendamment de leur orientation sexuelle. Nous avons envie de nous exiler dans l’un de ces pays qui nous respecte, qui respecte nos enfants, qui respecte chaque citoyen dans sa différence.

 

Nous avons envie de nous exiler dans un pays où nous n’aurons plus à entendre matin après matin, depuis des mois, à la radio, à la télé, dans les journaux, toutes ces affirmations homophobes qui témoignent d’une inculture profonde, tous ces préjugés appartenant à une époque et pourtant que l’on retrouve dans la bouche des hiérarques des Églises toutes obédiences confondues, tous ces discours émanant des représentants de l’UMP, le FN et l’UDI en ordre dispersé qui instrumentalisent politiquement le débat.

 

Sans parler de ces pseudo-psychanalystes qui, s’ils pratiquaient sérieusement la clinique, se tairaient tout simplement au lieu de sortir trois âneries par minute. Quant aux philosophes de pacotille qui courent après une gloire médiatique éphémère mais ne savent pas penser car ils confortent la doxa la plus obscure, ils se condamnent, de facto, à l’oubli.

Nous avons envie de vivre dans un pays qui ne se pare pas d’une histoire révolutionnaire pour mieux fouler aux pieds le principe d’égalité entre les citoyens en maintenant une hiérarchie entre les sexualités, comme il a longtemps maintenu une hiérarchie entre les femmes et les hommes. Nous avons envie de vivre dans un pays qui rappelle aux Églises qu’elles doivent rester à leur place (la sphère privée de la croyance) et ne pas chercher à imposer, comme elles le font actuellement, leur vision du monde fondée sur des mythes, peut-être respectables, mais fort éloignés de la raison.

 

Nous avons envie de vivre dans un pays qui n’oublie pas que le mariage civil est une institution juridique qui a évolué dans le temps et continuera de le faire comme toute institution humaine, de sorte qu’il peut être ouvert aux couples de personnes de même sexe, tout comme peuvent l’être l’adoption ou l’assistance médicale à la procréation.

 

Nous avons envie de vivre dans un pays qui à la fois reconnaît les différences de sexe, de couleur et d’orientation sexuelle qui traversent toute société et qui dans le même temps refuse qu’elles puissent justifier des discriminations légales. Nous avons envie de vivre dans un pays dont les citoyens savent que les règles de filiation sont des constructions sociales qui n’ont rien à voir avec la nature comme nous le rappelle l’anthropologie. Nous avons envie de vivre dans un pays qui fait de l’intérêt concret et réel pour les dizaines de milliers d’enfants aujourd’hui élevés par un couple de femmes ou d’hommes une priorité en leur permettant d’avoir deux parents légaux – fussent-ils de même sexe – qui leur assurent sécurité et protection juridique comme le mérite tout enfant. Nous avons envie de vivre dans un pays qui sait que donner les mêmes droits à tous ses citoyens ne retire rien à ceux qui les ont déjà et permet de mesurer le degré de civilisation de cette société en fonction du traitement qu’elle réserve aux minorités.

 

Plutôt que de nous exiler, nous voudrions tellement que ce pays soit la France et pas un autre.

 


22 janvier 2013 - Agora Vox - Par Nicopol, Ingénieur et biologiste de formation, expert financier et institutionnel dans l’aide au développement par profession, voyageur toujours, avide d’histoire, lecteur compulsif de Nietzsche, Jared Diamond et Chögyam Trungpa, extrême dans ses convictions mais toujours prêt à en changer... Une seule règle : le "principe de réalité".

Mariage pour tous : sous la polémique, le véritable débat

Mariage pour tous : sous la polémique, le véritable débat

 

 

Puisque le Gouvernement a invité la population française à débattre du projet de loi sur le « mariage pour tous » (bien que rappelant que de toute façon ça ne changerait rien - mais enfin, la démocratie parfaite n’existe pas, ne soyons pas trop exigeant), j’ai décidé de prendre ma plume pour apporter ma modeste contribution à l’édifice. L’objectif principal de cet article n’est toutefois pas d’indiquer si je suis personnellement « pour » ou « contre », mais d’essayer de recadrer un peu le débat qui prend des tournures véritablement détestables qui rappelle les plus belles heures de l’Affaire Dreyfus. Dans les 2 cas en effet, il s’agit d’une affaire qui devrait pouvoir être discutée en termes objectifs et rationnels (y a-t-il des preuves irréfutables contre Dreyfus, oui ou non ; est-il justifié de modifier le mariage civil pour assurer les mêmes droits aux couples homosexuels, oui ou non) ; dans les 2 cas aussi, hélas, le débat a dégénéré en une véritable querelle idéologique qui a divisé la France entière, non pas entre citoyens raisonnables partageant des opinions différentes, mais entre 2 camps idéologiques engagés dans un combat d’une extrême violence (l’accusation d’ « homophobie » remplaçant simplement celle d’ « antisémite »).


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22 janvier 2013 - Le Plus Nouvel Observateur - Par Bruno Selun, Militant pour les droits LGBT

Mariage homo : les opposants ont raison d'avoir peur, leurs idéaux familiaux s'écroulent

Mariage homo : les opposants ont raison d'avoir peur, leurs idéaux familiaux s'écroulent

 

 

Dimanche 13 janvier défilaient ensemble à Paris hommes, femmes, jeunes, vieux, hétérosexuels, homosexuels, blacks, blancs, beurs, cathos, athées, néo-nazis, Front national, et UMP – enfin, c’était surtout blanc, catho-plus-trop-jeune, et hétéro. Ils ont affiché avec une fierté déplacée leur refus que les couples homosexuels et leurs enfants puissent être reconnus par l’État comme les autres familles.

 

La préfecture de Paris a confirmé qu'ils étaient loin des 800.000 participants fantasmés, mais cela reste une grande opération de communication et un succès quantitatif – inéluctable, vu le budget disponible (plus d’un million d’euros) et le soutien de larges réseaux d’églises et d’associations-fantômes.

 

Avec un ami, nous sommes allés contre-manifester en marge de ce grand défilé contre nos droits. Nous nous posâmes la question : qu’est-ce qui pouvait bien faire sortir une foule si nombreusecontre les droits d’autrui, chose rarissime à cette échelle en France ? Quels profonds sentiments pouvaient leur faire braver ce froid un dimanche de janvier ?

 

Le mariage pour tous consacre la théorie du genre

Finalement, que représente cette réforme à leurs yeux ? Pourquoi scandent-ils "papa, maman" comme autant d’incantations censées les protéger d’un futur dangereux ?

 

Voilà pourquoi : le mariage pour tous, c’est la grande mort symbolique du modèle hétéro-patriarcal dans lequel ils ont grandi. En 2013, l'État va enterrer les dichotomies archaïques homme/femme, fort/faible, travail/foyer. Structure/sentiments. Bleu/rose.

 

En réalité, l’État s’apprête à reconnaître qu’une famille n’a pas besoin d’un père pour y amener ordre, valeurs et structure. Le prochain code civil entérinera qu’il n’y a pas besoin d’une mère pour prodiguer amour, tendresse et éducation sentimentale à un enfant.

 

En bref, le mariage pour tous consacre la théorie du genre. Cette théorie, toujours évoquée du bout des lèvres telle une insulte par Christine Boutin et certains élus UMP, explique que le genre se construit indépendamment de nos organes génitaux : ce dont les femmes sont capables les hommes le sont aussi, et vice versa.

 

Pour simplifier les propos de la philosophe Judith Butler, prétendre que le genre (notre sexe social) est fixé à notre sexe (nos organes génitaux) revient à nous limiter – à nous emprisonner – dans ce que le discours, la norme, exigent de notre sexe. Se défaire de ces vieux principes via la théorie du genre, c’est nous libérer.

 

Les étudesles témoignages et les auditions d’enfants de couples homosexuels montrent clairement, mais tout le monde ne veut pas le voir, que l’équilibre d’un enfant ne dépend pas de "papa, maman".

 

L’UMP a même demandé, et c’est infiniment risible pour quiconque a fréquenté une fac depuis les années 1990, une commission d’enquête "sur l’introduction et la diffusion de la théorie du genderen France". Bonne chance !

 

L’unité dans la peur

Grand changement, donc. Je comprends ces hommes qui ont manifesté pour qui ça ne sera pas facile d’accepter que les femmes soient encore un peu plus leurs égales. Je comprends ces femmes qui ont manifesté, elles qui voulaient être écrivains ou astronautes mais à qui on rabâcha que leur place était au foyer. Je comprends ces rares homosexuels qui ont manifesté, eux qui se sont construits autour de leur infériorité aux hétéros. (Oui, on peut parfaitement être homosexuel et homophobe, comme on peut être noir et raciste, ou femme et sexiste. L’homme hétérosexuel blanc n’a pas le monopole des préjugés).

 

Et les enfants ! Je les comprends, tous ces gamins et ces ados qui ont manifesté dimanche : qui ne défendrait pas ses parents, encore convaincu qu’ils sont source de tout pouvoir et de tout savoir ? Mais imaginez le choc inhumainement violent de ceux et celles qui se découvriront transgenres ou homosexuels dans deux ans, et qui auront la certitude que leurs parents ("idéaux", vraiment ?) les auraient préférés autrement !

 

Quant aux jeunes qui ont librement choisi de manifester dimanche, évidemment qu’ils défendent leurs idées rétrogrades, qui seront demain celles d’une minorité de Français. Dès la prochaine génération, ce seront eux les marginaux.

 

Et je la comprends Christine Boutin, qui perd ses catholiques repères à force d’entendre que le sexe ne nous définit pas. Mais Christophe Girard le rappelait sur Europe 1, c’est pourtant grâce à ce féminisme détesté qu'elle est aujourd'hui élue, et pas aux fourneaux. Douce ironie.

 

Un combat symbolique

Cette montagne qu'ils se font de la complémentarité des sexes en prétextant le meilleur intérêt de l’enfant, c’est pour protéger leurs idéaux familiaux et sociétaux qui s’écroulent un peu plus. Et tant pis s’ils doivent, au passage, marcher par-dessus les minorités qui questionnent leurs vieilles chimères.

 

Le combat est loin d’être fini : PMA pour toutes, droits des trans, asile pour les étrangers persécutés pour leur orientation sexuelle… tout cela restera à faire. Mais le plus grand combat symbolique, celui de l’égalité des amours et des familles, c’est en 2013 qu'il se gagnera. Ceux qui réprouvent les amours et les familles homosexuelles, ouvertement ou pour eux-mêmes, avaient jusqu'ici le soutien de l’État. Mais dès ce printemps, ça ne sera plus le cas.

 

En attendant l’adoption de cette loi, à nous de répondre avec autant de force. Peut-être pas celle du nombre, mais celle de la justice et du progrès.


21 janvier 2013 - Blog de Jeanne Smits - Jeanne Smits

C'est la grossesse qui n'est pas “éthique” !

C'est la grossesse qui n'est pas “éthique” !

 

 

Les fonds publics devraient servir à la recherche sur l'ectogenèse – la gestation en utérus artificiel – pour mettre fin à la réalité « barbare » de la grossesse et de l'accouchement. C'est ce que propose une « bioéthicienne » britannique reconnue, Anna Smajdor, pour qui c'est là la seule façon de mettre un terme aux inégalités entre hommes et femmes.

C'est l'idéologie du genre poussée à son paroxysme – mais en même temps il ne s'agit pas d'une proposition considérée comme aberrante ou extrémiste puisqu'elle s'exprime dans une revue universitaire de premier plan, le Cambridge Quarterly of Healthcare Ethics, et qu'elle émane d'un professeur d'éthique à l'université d'East Anglia.

Anna Smajdor soutient que la grossesse et l'accouchement sont si douloureux, si risqués et imposent tant de limites aux femmes sur le plan social qu'aucune société libérale ne devrait les tolérer.

Aujourd'hui l'utérus artificiel est de l'ordre de la science-fiction, affirme Anne Smajdor, mais il n'est pas impossible de le réaliser. Et il le faut, estime-t-elle :

« Le changement des structures financières et sociales peuvent bien améliorer les choses à la marge, mais il faut trouver une meilleure solution. Soit nous considérons les femmes comme des porteuses de bébés qui doivent subordonner leurs autres intérêts au bien de leurs enfants, ou bien nous devons admettre que nos valeurs sociales et notre niveau d'expertise médicale ne sont désormais plus compatibles avec la reproduction “naturelle”. »

 

Pour Anna Smajdor, la grossesse est un processus « barbare », rapporte l'excellent site australien BioEdge à qui j'emprunte cette information : une maladie comparable à la rougeole, fatale à l'occasion, mais qui ne dure pas neuf mois…

La chercheuse a bénéficié du soutien financier de la Wellcome Trust (la deuxième fondation mondiale pour la recherche médicale après celle de Bill et Melinda Gates) pour sa thèse de doctorat et pour co-réaliser un court-métrage sur la fécondation in vitro sur une femme scientifique qui, cherchant à échapper aux restrictions légales imposées à la recherche, en fécondant un de ses ovules à partir de sperme fabriqué avec sa propre moelle osseuse.

Le Dr Jean-Pierre Dickès a décidément raison d'annoncer que le véritable objectif de la procréation artificielle est de permettre de créer L'homme artificiel


21 janvier 2013 - Académie des sciences morales et politiques

Avis de l’Académie des sciences morales et politiques sur le projet de loi ouvrant le mariage aux personnes du même sexe.

Avis de l’Académie des sciences morales et politiques sur le projet de loi ouvrant le mariage aux personnes du même sexe

 

Le projet de loi « ouvrant le mariage aux couples de même sexe » conduit à une transformation profonde du droit du mariage et de la filiation sur laquelle l'Académie des sciences morales et politiques souhaite appeler l'attention des pouvoirs publics.

 

En l'état actuel du droit français, le mariage, pour reprendre les termes retenus par la cour de cassation, « ne peut être légalement contracté qu'entre deux personnes appartenant l'une au sexe masculin, l'autre au sexe féminin » .Selon la jurisprudence tant internationale que constitutionnelle, cette solution ne porte pas atteinte au principe d'égalité et ne saurait par suite être regardée comme discriminatoire. Soucieux toutefois de permettre aux personnes majeures homosexuelles d'organiser leur vie commune, le législateur leur a permis en 1999 de conclure un pacte civil de solidarité (pacs) ouvert d'ailleurs à tous. Des réformes législatives diverses ont progressivement rapproché les effets du pacs de ceux du mariage dans les relations du couple.

 

Le droit de la filiation a connu, quant à lui, une évolution sensible au cours du siècle dernier du fait de l'égalisation du statut patrimonial des enfants légitimes et de celui des enfants naturels et des transformations du droit de l'adoption. Ces transformations ont permis l'adoption plénière d'enfants par un célibataire vivant avec une personne du même sexe, accompagnée de certains aménagements de l'autorité parentale.

 

En présentant le projet de loi, le gouvernement a souligné que « des différences subsistent entre le pacs et le mariage et que cet instrument juridique ne répond pas à la demande des couples de personnes du même sexe qui souhaitent se marier, ni à leur demande d'accès à l'adoption ». En vue de satisfaire à ces demandes, le projet de loi leur ouvre « le droit au mariage » et élimine par suite dans le code civil toute référence au sexe des conjoints. En outre il ouvre aux couples mariés de même sexe « l'accès à la parenté », via le mécanisme de l'adoption.

 

  1. L'Académie des sciences morales et politiques observe que la réforme proposée transforme en profondeur le droit français du mariage et de la filiation. En vue de répondre à la demande de couples de même sexe désireux d'organiser leur vie commune, elle impose cette transformation radicale aux couples de sexe différent. Opérée au nom des droits individuels des premiers, elle met en cause les droits des seconds. Une formule plus respectueuse de tous aurait consisté à transformer le pacs conclu par des personnes du même sexe en une union civile comportant pour les partenaires de cette union les mêmes droits et obligations que ceux nés entre conjoints dans le mariage. Cette solution et d'autres inspirées d'exemples étrangers auraient dû être examinées à l'occasion d'un vaste débat organisé dans des conditions analogues à celles retenues en ce qui concerne la fin de vie. L'Académie aurait été heureuse de participer à un tel débat et demeure prête à le faire.
  2. En tout état de cause, l'Académie appelle l'attention des pouvoirs publics sur la nécessité de respecter dans la loi et ses textes d'application le droit des couples hétérosexuels à demeurer « mari » et « femme » et « père » et « mère » de leurs enfants, que ceux-ci soient nés dans le mariage ou hors mariage.
  3. La rupture envisagée par le projet de loi en ce qui concerne la filiation est plus profonde encore. L'adoption a pour but de suppléer l'absence de parents biologiques en leur substituant des parents de remplacement. Admettre qu'un couple unissant des personnes de même sexe puisse se substituer au père et à la mère biologiques soulève des problèmes sérieux en ce qui concerne le destin de l'enfant adopté. Des vues diverses ont été exprimées à cet égard et aucune étude approfondie n'a encore été opérée sur le sujet. Or, s'il n'existe pas de droit à l'enfant, il est des droits de l'enfant sur lesquels le législateur doit veiller face à ces incertitudes sérieuses. S'il est un domaine dans lequel la prudence est de rigueur, c'est bien celui-là.
  4. Le projet de loi soulève en outre des questions difficiles du fait que le mariage et l'adoption ne sont ouverts aux personnes de même sexe que dans moins de dix pays appartenant tous à l'Europe occidentale ou à l'Amérique du nord. Or les enfants adoptés en France proviennent à l'heure actuelle d'autres régions du monde et certains des Etats concernés pourraient se refuser dans l'avenir à placer leurs enfants sous l'empire du droit français. De plus le texte proposé ouvre le mariage non seulement aux personnes homosexuelles de nationalité française, mais encore aux étrangers, ce qui risque de créer de regrettables conflits de loi.
  5. L'Académie relève enfin que, si le projet n'ouvre aux couples de même sexe que le droit à l'adoption, certains parlementaires envisagent de l'amender en vue de permettre aux couples de femmes de recourir à la procréation médicalement assistée (PMA). Elle relève qu'au nom du principe d'égalité, des couples d'hommes pourraient dans l'avenir souhaiter recourir à des mères porteuses en vue d'assurer leur filiation. L'Académie estime que ces revendications soulèvent des questions bioéthiques fondamentales qui ne concernent pas seulement les couples homosexuels et qu'il serait regrettable de légiférer en ce domaine à l'occasion du présent projet de loi. Là encore un vaste débat s'impose.
  6. En définitive, le projet de loi procède à un bouleversement du droit qui ne touche pas seulement les couples homosexuels. Aux pères et mères de l'enfant, il tend à substituer les parents. La parentalité prend ainsi la place de la paternité et de la maternité. Il tend à promouvoir un droit à l'enfant qui fait passer celui-ci de sujet à objet de droit. Il conduit à nier la différence biologique entre les sexes pour lui substituer un droit à l'orientation sexuelle de chacun. On comprend qu'il ait pu de ce fait susciter des soutiens enthousiastes et des oppositions affirmées, auxquelles il est temps encore de substituer un débat serein et approfondi.

21 janvier 2013 - Le Plus Nouvel Obs - Par Bruno Roger-Petit, Chroniqueur politique

Frigide Barjot reçue par Hollande : une humiliation pour les défenseurs du mariage gay ?

Frigide Barjot reçue par Hollande : une humiliation pour les défenseurs du mariage gay ?

 

 

François Hollande recevra vendredi les représentants de "La manif pour tous" à Élysée. Frigide Barjot et Tugdual Derville, délégué général de l'association Alliance Vita, feront partie de la délégation. Cette audience n'est-elle pas de nature à relancer les suspicions sur la détermination du président au sujet du mariage pour tous ? Analyse de notre chroniqueur Bruno Roger-Petit.

 

Extrait

Un virage à 180 degrés

Pour tout dire, l'invitation surprend. Et une fois de plus, François Hollande place son gouvernement et ses ministres en porte-à-faux. Lorsque les organisateurs de "la manif pour tous" avaient, dans la foulée de leur rassemblement, demandé à être reçus par François Hollande, des ministres interrogés à ce sujet avaient opposé une polie fin de non-recevoir. Najat Vallaud-Belkacem, porte-parole du gouvernement, avait indiqué que Christiane Taubira, ministre de la Justice, était "la personne la plus adaptée pour répondre aux interrogations". Quant à Manuel Valls, ministre de l'Intérieur, il avait balayé la proposition sur RMC par une sentence sans appel : "Ce n'est pas du niveau du président de la République".  Donc, une semaine après, virage à 180 degrés : recevoir Frigide Barjot est "du niveau du président de la République". 

 

À quel jeu joue François Hollande ?

L'invitation surprend aussi dans la mesure où elle est l'occasion, une fois de plus, de s'interroger sur le jeu pratiqué par le président de la République dans cette affaire. Si François Hollande n'a jamais exprimé ce qu'il pensait, en conscience, de la proposition inscrite dans son projet présidentiel, sa pratique depuis que le processus de réforme a été engagé ("La pratique est le critère de la vérité", Lénine) est de nature à susciter inquiétudes et suspicions de la part de ceux de ses électeurs qui ont, aussi, voté pour lui à raison de cet engagement.

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21 janvier 2013 - Alliance Vita - Par Tugdual Derville

Mariage pour tous : une résistance irrépressible

Mariage pour tous : une résistance irrépressible

 

Entre les deux manifestations des dimanche 13 et 27 janvier 2013 qui divisent les Français, Tugdual Derville, le délégué général d’Alliance VITA et l’un des porte-parole de la Manif Pour Tous, fait un point de situation.

 

Que répondez-vous à ceux qui disent que la Manif Pour Tous fut une manif pour rien ?

Qu’ils risquent de prendre soit leurs désirs soit leurs peurs pour la réalité. Je voudrais rassurer ceux qui craignent que la mémoire de cette extraordinaire manifestation soit étouffée par le pouvoir ou par certains médias, ou bien récupérée par l’opposition politique : le président de la République sait parfaitement ce qui s’est passé. Plutôt que d’entretenir un sentiment négatif en nous focalisant sur la querelle des chiffres ou le coût de restauration d’une pelouse (polémiques secondaires), regardons ensemble la réalité. Or, cette réalité est historique : un mouvement absolument inédit par son mode d’émergence dans notre pays a bousculé les repères des politologues. Il suffit de les entendre, ébahis, tenter de nous décortiquer dans les studios de radio et de télévision. Ni la majorité, ni l’opposition ne peuvent désormais ignorer l’ampleur de notre mobilisation.

 

N’y a-t-il pas des précédents comme 1984 ?

Je crois qu’il est abusif de comparer notre mouvement à 1984, tant sur le fond que par le mode d’émergence. A l’époque, c’était une liberté concrète qui était menacée, avec un enjeu personnel pour les manifestants : disposer des moyens financiers pour choisir l’école de leurs enfants. 2013, qu’un journal italien a titré « révolution française », a des ressorts plus profonds encore : la transmission d’un repère universel propre à l’humanité : la précieuse filiation homme/femme. Frigide Barjot a raison de comparer ce mouvement à Mai 68. C’est le début d’un soulèvement contre la toute-puissance qui menace l’être humain dans son essence. Ce qui nous anime est irrépressible. Notre nombre, mais aussi le style à la fois grave, paisible et festif de notre mobilisation l’atteste.

 

Le pouvoir en place peut-il reculer ?

D’une certaine façon, je dirai que le président de la République peut tout – hormis nous ignorer. C’est lui qui a les cartes en main. Il sait qu’il s’est laissé piéger par le lobby LGBT, peut-être abusé par la grenouille qui s’était enflée comme le bœuf. Et le voilà confronté à la division des Français, lui qui accusait son prédécesseur de la provoquer. Le voilà aussi empêtré à propos d’un projet de loi que 6% seulement de nos concitoyens jugent prioritaire… A lui de trouver la porte de sortie. Quand les électeurs de gauche comme de droite attendent  l’emploi pour tous, ou le logement pour tous, constater que le Parlement perd son temps avec le prétendu « mariage pour tous » a un énorme coût politique.

 

François Hollande va-t-il vous recevoir ?

Certainement. Comment pourrait-il en être autrement ? Mais ce n’est pas forcément là que l’essentiel se joue. Ce rendez-vous est d’abord symbolique : il atteste que le président de la République reconnait la validité d’un mouvement qu’il avait jusqu’ici ignoré, sauf peut-être devant le Congrès des Maires, avant de se dédire. C’est un homme sympathique mais aussi un fin politique. Il voudra donc nous recevoir dans des conditions les plus défavorables pour nous. Peut-être pour faire monter dans son propre camp le soutien au projet ? Alors que la gauche est elle-même divisée sur le sujet… En tout cas, nous ne sommes pas dupes. Et en même temps, toute rencontre est une surprise.

 

Comment voyez-vous la suite du mouvement ?

A court terme, nous allons montrer que nous restons plus mobilisés que jamais. La démonstration du nombre et de la qualité est faite. Il reste à manifester notre ténacité. Le facteur temps est essentiel en politique. Certains tablent encore sur le feu de paille alors que notre mouvement, qui couvait depuis longtemps sous la cendre, est en train d’embraser la France. Les promoteurs du projet de loi misent toutefois sur notre usure. A nous de montrer que nous ne lâcherons pas.

 

Concrètement comment va se poursuivre la mobilisation ?

Nous avons décidé de retourner d’abord en région. Nous annonçons d’ores et déjà des rassemblements dans tous les départements de France le dimanche 3 février 2013. Il y aura aussi des actions-surprises pour marquer le débat parlementaire. Nous entendons par ailleurs continuer d’ouvrir le débat : trop de Français ignorent encore que le « mariage pour tous » signifie l’adoption d’enfants par deux hommes ou deux femmes, une adoption qui serait inéluctablement articulée à la procréation artificielle. Nous envisageons par ailleurs un Tour de France sous forme de grands meetings  régionaux…  Tout cela nous conduira, si le président de la République ne nous entend pas, à une nouvelle mobilisation nationale, pour une date qui reste à fixer.


21 janvier 2013 - Rue 89 - Laurent Chambon, Chercheur en sciences politiques

Douze ans de mariage gay en Hollande : un bilan terrifiant

Douze ans de mariage gay en Hollande : un bilan terrifiant

 

Extrait          

Voilà presque douze ans que deux hommes ou deux femmes peuvent aussi se marier aux Pays-Bas. L’ouverture du mariage était une première mondiale, les pays scandinaves ayant jusqu’alors inventé de nouvelles formes de contrats pour les couples du même sexe.

 

C’était un lundi matin, au lycée où j’enseigne le français, au lendemain de l’énorme cortège des opposants à l’égalité entre hétéros et homos (il faut bien appeler ça par son nom) avec des slogans haineux et des serre-tête bleu marine. La télévision néerlandaise avait ouvert le journal du dimanche soir sur des images spectaculaires et un commentaire ahuri de la correspondante à Paris, du style « des centaines de milliers de Français refusent l’égalité pour les homos ».

[...]

 

Eliminés de tous les concours de l’Eurovision
On a eu le 11 Septembre et l’assassinat de Pim Fortuyn, folle populiste amateur de jeunes prostitués marocains. Les Pays-Bas se sont déchirés sur la question de l’islam, Rita Verdonk a été la première à draguer les homos pour qu’ils votent pour elle, au nom de l’égalité homos-hétéros menacée par les méchants musulmans. Geert Wilders l’a remplacée, sans rien changer de ce côté.


Surtout, les Pays-Bas ont été systématiquement éliminés de tous les concours de l’Eurovision, même après avoir essayé les folles, les vieux, une Turque, des Noirs, des beaufs, d’autres folles, des grandes blondes. Rien à faire. Un vrai drame national.

[...]

 

Perspective terrifiante, pour les homophobes
Donc oui, les intégristes de tout poil qui se sont rassemblés par centaines de milliers à Paris ont des soucis à se faire. On voit bien, avec une décennie de recul, qu’aux Pays-Bas l’ouverture du mariage a eu des conséquences tangibles :

  • plus grande tolérance envers les homos ;
  • stigmatisation des violences homophobes, verbales comme physiques ;
  • énorme perte de crédibilité pour l’Eglise catholique ;
  • pressions pro-femmes et pro-homos au sein des Eglises protestantes ;
  • isolement/talibanisation de l’extrême droite chrétienne, coupée de l’extrême droite politique et de l’immense majorité des habitants

...Perspective terrifiante, donc.


Pour les homophobes


20 janvier 2013 - Huffington Post - Par Clément Salviani, étudiant en histoire et en archéologie de l'Antiquité, à la Sorbonne et à l'Ecole Normale Supérieure de la rue d'Ulm.

Mariage pour tous : le débat sur la PMA divise les écologistes

Mariage pour tous : le débat sur la PMA divise les écologistes

 

 

Alors qu' Europe Ecologie/ les Verts soutient la totalité du projet de loi sur "le mariage pour tous", d'autres voix écologistes s'inquiètent des questions posées par la procréation médicale assistée et les dérives posées par le "tout technique".

 

Extrait

Si officiellement, la plupart des leaders d'Europe Ecologie/ Les Verts (Cécile Duflot, Noël Mamère, etc.) soutiennent le projet de loi sur « le mariage pour tous » et surtout la proposition du groupe socialiste d'y adjoindre le droit à la Procréation médicale assistée (PMA) – reportée depuis au débat sur la famille en mars, d'autres voix écologistes dissidentes se font entendre depuis le week-end dernier. Si elles s'accordent pour reconnaître les avancées du mariage pour les homosexuels, elle s'inquiètent des questions posées par la PMA (filiation, primauté de la technique, aliénation de la technologie, hyperindividualisation...). Un débat d'autant plus sensible que l'argument « écologique » est de plus en plus employé par les organisateurs de la mobilisation contre le mariage pour tous.

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20 janvier 2013 - Atlantico - Par Lionel Fleury, économiste et ancien président de l’AFP.

Mariage gay : quand le PS disait ne pas en vouloir...

Mariage gay : quand le PS disait ne pas en vouloir...

 

Lors du débat sur le Pacs en 1998, le PS assurait que ce Pacte ne constituait pas une étape vers le mariage des homosexuels. Cet enjeu de société sera pourtant discuté à partir du 29 janvier à l'Assemblée nationale.

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