Janvier 2013 (2/5)

16 janvier 2013 - Rue 89 - Par Mathieu Deslandes 

Mariage homo : huit heures de débat résumées en huit arguments

Mariage homo : huit heures de débat résumées en huit arguments

 

 

On vous a gardé le meilleur : « Si trois personnes vous disent “nous faisons famille et nous nous aimons”, que leur dites-vous s’ils veulent former un trouple ? »

Après les manifestations, le travail parlementaire. La commission des Lois de l’Assemblée nationale a commencé ce mardi son examen du projet de loi « mariage pour tous » et des 570 amendements qui ont été déposés.


Pendant huit heures (de 16h30 à 1h15 du matin, moins une heure de pause), les députés ont débattu entre eux et avec les deux ministres concernées par ce texte, Christiane Taubira et Dominique Bertinotti.
Au fil des interventions, on a vu resurgir les mêmes obsessions, les mêmes inquiétudes, les mêmes réponses. Autant vous épargner les répétitions : voici une synthèse des arguments et contre-arguments les plus entendus.

Suite...


16 janvier 2013 - Blog C'est la Gêne - Par "Le Pédé"

Au nom de tous les miens

Au nom de tous les miens

 

 

Extraits

« Espèce de sale bisexuel ! »
C’est ainsi qu’à l’âge de 7 ans, j’ai découvert l’homophobie.
Je n’avais encore jamais éprouvé le moindre désir charnel, je n’avais aucune notion de ce qu’allait être ma sexualité future, mais les fauves impitoyables de la cour de récréation m’avaient déjà flairé. Il s’appelait Logan, il ne se souvient sans doute pas de ces mots balancés à la face d’un gamin il y a plus de 20 ans, mais ses paroles ont marqué ma vie. Bisexuel, quel mot étrange, dont ce pauvre Logan ne connaissait sans doute pas la signification. Mais il savait, comme je le savais aussi sans doute, que quelque chose en moi n’était pas tout à fait conforme à ce que l’on attend d’un petit garçon.
[...]
Toute mon adolescence, j’ai marché dans les couloirs de l’école en feignant d’ignorer les murmures de mes camarades. Les regards en biais, les rires sournois, les insultes furtives. Jamais je ne fus invité à une boum, à un anniversaire, à une soirée. Les colonies de vacances étaient pour moi un calvaire.

[...]
Il s’agit de comprendre qu’à l’inverse des autres minorités, les homosexuels doivent apprendre à faire face à la discrimination seuls. Tous les noirs naissent de parents noirs, les arabes de parents arabes, les juifs de parents juifs. Face à un monde extérieur hostile, ils grandissent avec la certitude réconfortante de se savoir entourés par leurs semblables, leurs familles, leurs communautés, au sein desquelles ils se sentent protégés de l’intolérance des masses. Aucun homosexuel ne naît de parents homosexuels. Chacun d’entre nous doit faire face seul au sentiment d’être un étranger dans sa propre famille, à la négation de l’éventualité de notre différence, au potentiel rejet de ceux qui nous sont les plus chers. Au mépris, au dégoût, à l’horreur dans le regard de nos parents, nos frères, nos sœurs.

[...]
Je ne demande à personne de s’apitoyer sur mon sort, juste d’essayer de comprendre que les vies des jeunes homosexuels sont pavées de douleurs, assez pour réclamer un engagement total de la part de ceux qui les entourent et prétendent les aimer. Car ces jours-ci, il nous faut subir de voir nos concitoyens descendre dans les rues pour s’opposer à ce que nous accédions aux mêmes droits qu’eux. Entendre que le mariage se verrait dépouillé de sa signification si nous autres avions l’audace de le profaner. Comprendre que les couples que certains d’entres nous construisent depuis des années ne sont rien de plus qu’une mascarade aux yeux de t-e-l-l-e-m-e-n-t plus de monde que nous n’osions l’imaginer. 

[...]

L’homosexualité m’a menée la vie dure, mais elle m’a aussi sauvé la vie. Elle m’a forcé à devenir plus fort, à tout remettre en question, à regarder au dehors, à être plus ouvert, à trouver ma propre voie, à me battre pour ceux que j’aime, et à devenir la meilleure version de moi-même à laquelle j’aurais pu aspirer. Pour rien au monde je ne souhaiterais être différent. Alors, que tous ceux qui conspirent à me priver de ce que je mérite au moins autant qu’eux sachent que leur croisade est perdue d’avance. Nous avons attendu longtemps, nous n’avons plus l’intention de nous cacher ni de nous taire, nous avons la rage au ventre et plus de force en nous que vous ne pouvez l’imaginer. Nous allons gagner. Et dans quelques années, c’est vous, les innommables du 13 Janvier, les opposants silencieux, les indifférents complices, qui vivrez dans la honte.


16 janvier 2013 - Le Figaro - Interview du Pr Jean-Philippe Wolf par Marie-Amélie Lombard

PMA: les «réticences» d'un patron de Cecos

PMA: les «réticences» d'un patron de Cecos

 

 

INTERVIEW- Le Pr Jean-Philippe Wolf dirige le Centre d'études et de conservation des œufs et du sperme humains (Cecos) de l'hôpital Cochin à Paris. Il explique ses réticences face à l'ouverture de la PMA aux homosexuelles.

 

LE FIGARO. - Vous êtes au cœur de la procréation médicalement assistée (PMA) en France. Que vous inspire le projet d'ouvrir la PMA aux couples de lesbiennes?

Pr Jean-Philippe WOLF. - Je n'y suis pas hostile d'un bloc, par principe, mais je vois plusieurs arguments pour le contester. Tout d'abord, les homosexuels, en général, ont-ils un droit à l'enfant comme on peut avoir un droit au logement? Doit-on ensuite employer des moyens médicaux hypersophistiqués pour créer un enfant répondant à ce désir, quitte à le placer d'emblée dans une situation un peu bancale? Créer de façon expérimentale un enfant avec deux «mamans»? Depuis la première banque du sperme en 1973, la naissance d'Amandine, premier bébé né d'une fécondation in vitro en 1982, nous, médecins, avons l'impression d'être des magiciens. Nous «fabriquons du bonheur». Cela s'est passé ainsi avec le don de sperme, on a mis de beaux bébés au monde qui ont maintenant 25 ans et nous posent des questions. Vingt ans, trente ans après, ce n'est pas toujours aussi mirifique que nous l'avions imaginé. Dans le même élan, on peut se dire: «Pourquoi empêcher deux femmes d'avoir un bébé?» J'ai, à titre personnel, des réticences.

 

Que répondez-vous à ceux qui déplorent une forme d'hypocrisie, les femmes homosexuelles allant «faire un bébé» dans un des pays européens où la PMA leur est possible?

Ce n'est pas parce qu'un «PMA business» s'est développé en Belgique, en Espagne ou ailleurs, qu'il faut faire pareil. Je ne dis pas que certains de mes confrères sont des monstres. Mais ils répondent à une demande, ils ne se placent pas sur le terrain éthique. De plus, les homosexuels vont réclamer le même droit, c'est-à-dire la gestation pour autrui à laquelle je suis totalement opposé. Que se passe-t-il si la femme meurt en couches? Qu'arrive-t-il si l'enfant est trisomique et que personne n'en veut? Quelles répercussions pour les enfants de la mère porteuse qui la verront enceinte? Sans compter que lorsque l'on paie les gens, on ouvre la porte à toutes les dérives comme ce bébé qu'une mère porteuse avait voulu vendre au plus offrant sur Internet!

 

Si une loi ouvre la PMA aux homosexuelles, comment répondrez-vous à ces demandes?

Avec sympathie, comme on essaie toujours de le faire ici. Après une loi, il y a des décrets d'application et les bonnes pratiques médicales. Pour la question de l'appariement, il est difficile d'avoir une réponse précise. Je suppose qu'avant de sélectionner le donneur de sperme, on demandera aux femmes: «Comment imaginez-vous votre enfant?» et qu'on essaiera de correspondre aux souhaits exprimés s'ils ne sont pas trop farfelus.

 

Pourquoi êtes-vous farouchement opposé à la levée de l'anonymat pour les donneurs?

Cette règle de l'anonymat est héritée du système du don du sang. Le principe est qu'une personne sauvée par une transfusion ne doit pas savoir qui l'a sauvée car elle ne pourra jamais rembourser une telle «dette». On ne rembourse pas celui qui vous a sauvé la vie. Il faut aussi savoir que le mouvement voulant imposer la fin de l'anonymat pour les dons de sperme est extrêmement minoritaire. Dans les pays où l'on peut connaître l'identité du donneur, rares sont les personnes qui usent de ce droit. En Grande-Bretagne, 10% des gens demandent et seul 1% va au bout des démarches.


16 janvier 2013 - Huffington Post

Manif pour tous: Bertrand Delanoë envoie la facture, de 100.000 euros, refusée par les organisateurs

Manif pour tous: Bertrand Delanoë envoie la facture, de 100.000 euros, refusée par les organisateurs

 

 

Extraits

Le collectif organisateur de la "Manif pour tous" a dit mercredi qu'il ne rembourserait pas les 100.000 euros réclamés par la mairie de Paris au ministère de l'Intérieur pour la remise en état des pelouses du Champ-de-Mars, point de ralliement dimanche des opposants au mariage homosexuel.

"On appelle les manifestants à venir replanter, mais les 100.000 euros, on n'a pas les moyens!", a ironisé lors d'une conférence de presse Frigide Barjot, l'égérie du collectif.

[...]

L'UMP dénonce une "démarche indigne"

Le groupe UMP au Conseil de Paris a dénoncé mercredi "la démarche sectaire et indigne du maire de Paris", en réclamant le paiement de cette facture.

"On atteint des sommets dans l'indignité, la mesquinerie et la médiocrité. C'est un exemple effarant du sectarisme de Bertrand Delanoë qui jamais ne déroge à sa ligne 'un poids, deux mesures'", s'offusquent les élus UMP. "En l'occurrence les manifestants pesaient sans doute plus lourd que ceux de SOS racisme, auxquels il avait prêté le Champ-de-Mars et alloué une subvention de 230.000 euros pour le concert donné le 14 juillet 2011", poursuivent-ils.

"Il n'y a aucune justice, aucun esprit citoyen dans ce type de bassesses. La gauche n'est pas loin de la censure. On est loin en revanche du verbiage et des grandes leçons de morale données par le maire de Paris en toute occasion pour masquer son dogmatisme inacceptable. Delanoë est un faux démocrate", écrivent-ils encore. Selon l'UMP, "jamais une telle démarche n'a été entreprise et rendue publique par le passé, quelles que soient les manifestations dont certaines ont pu faire des dégâts, notamment sur le mobilier urbain (arrêts de bus etc.), comme la techno parade par exemple".


15 janvier 2013 - Yagg et 360°

Quand la National Organization for Marriage américaine apporte son soutien aux anti-égalité en France

Quand la National Organization for Marriage américaine apporte son soutien aux anti-égalité en France

 

Un puissant lobby conservateur américain serait derrière une pétition lancée en ligne au lendemain de la manif contre le mariage pour tous de dimanche.

 

Extrait

«Le 13 janvier, nous étions des centaines de milliers dans les rues pour réclamer le retrait du projet de loi Taubira. Mais le combat continue! Il faut absolument que nous soyons des millions à réclamer un référendum. Le peuple français ne veut pas de cette dénaturation du mariage que le gouvernement prétend nous imposer en catimini, sans débat. Alors signez vite ici pour réclamer d'urgence un référendum !», peut-on lire sur Laissez-nous voter.

Et qui est derrière ce site? 

Suite...

 

Et article de 360° ici


15 janvier 2013 - Têtu

Rétro: comment l’Espagne a imposé son mariage pour tous

Rétro: comment l’Espagne a imposé son mariage pour tous

 

 

Extraits

En Espagne, la loi 13/2012 qui modifie le Code Civil en matière de droit au mariage permet aujourd’hui à tous les citoyens et citoyennes d’avoir accès à cette institution. Que les conjoints soient de même sexe ou de sexes différents, le mariage est le même pour tous et la loi n’est plus réservée uniquement à une partie de la société. Nous avons aujourd’hui une loi d’égalité, au sens authentique du terme. Le mariage pour tous (ou «mariage égalitaire») fut le résultat d’une longue lutte menée par l’une des organisations les plus actives ces trentes dernières années: le mouvement LGBT, dirigé par la Fédération Nationale des Lesbiennes, Gais, Transsexuelles et Bisexuelles, FELGBT.


Ce long chemin a amené à un certain progrès de la société espagnole sur sa perception de l’homosexualité et sur l’intégration des différents modes de vie en son sein. La loi passée en 2005 assure ainsi la reconnaissance des couples homosexuels, de même qu’une croissante acceptation sociale de ceux-ci. Les statistiques fournissent des données claires sur la perception des Espagnols sur la question homosexuelle ces trente dernières années. En 1975, année de la mort du dictateur Franco, 83% de la population affirmait que l’homosexualité devait disparaître. Un peu plus de dix ans plus tard, en 1988, 50% des citoyens voyaient l’homosexualité comme une chose condamnable. En 1997, 57% des espagnols pensaient que les couples homosexuelles devaient avoir les mêmes droits et devoirs que les couples mariés. Finalement, en 2005, 70% de la population se montrait favorable au mariage pour tous. Sur une période de 30 ans, on est donc passé en Espagne d’une condamnation sans appel de l’homosexualité par une grande majorité de la population à une claire acceptation de l’idée qu’un couple homosexuel puisse accéder au mariage sur les mêmes conditions d’égalité que les hétérosexuels.

Suite...


14 janvier 2013 - Courrier International

La manif pour tous, vue des Pays-Bas

La manif pour tous, vue des Pays-Bas

 

 

Eveline Bijlsma, journaliste pour le quotidien néerlandais De Telegraaf, a couvert la manifestation des opposants au mariage pour tous. Courrier international l'a suivie. Reportage.

Suite...


14 janvier 2013 - Boulevard Voltaire - Par Gabrielle Cluzel

Il faut se méfier de la France bien élevée…

Il faut se méfier de la France bien élevée…

 

Tout le monde s’accorde à le dire, et même, du bout des lèvres, certains membres du gouvernement : la manif de ce 13 janvier est un immense, un inespéré succès.

 

Un succès d’autant plus grand qu’elle a fait descendre dans la rue la France des taiseux, la France qui ne fait pas de bruit, la France bien élevée qui ne veut pas déranger, celle qui bosse et paie sans moufeter ses impôts, celle qui n’a jamais commis plus gros délit que de dépasser le temps imparti par un horodateur, celle qui cède sa place dans les transports en commun et aide les vieilles dames à monter leurs bagages dans le train.

 

La France dont on ne parle pas au 20 heures, parce que ses enfants ne dealent pas, ne squattent pas, ne brûlent pas les voitures et ne cassent pas la gueule aux profs, la France qu’aucun gouvernement ne cherche à ménager tant on la sait docile, respectueuse des lois et de l’ordre établi. La gentille France familiale, catholique ou pas, qu’on prend quelquefois, il faut bien le dire, pour toutes ces raisons-là, au choix, pour une bonne poire ou pour une vache à lait.

 

Et c’est cette France-là qui est venue manifester en masse, avec ses poussettes surchargées, ses innombrables jeunes perchés sur les chars, ses enfants ravis pour une fois d’échapper aux devoirs du dimanche, cette France-là qui est venue protester, crier, tempêter : « François, ta loi on n’en veut pas ! »« Taubira, t’es foutue, les familles sont dans la rue !»

Fallait-il, pour que ces gens-là sortent de leurs gonds, que la cause les ait scandalisés, touchés, indignés.

 

Parmi eux, pas de professionnels de la manif, de vieux routards syndicalistes que l’on voit fondre sur Paris comme les oiseaux migrateurs dès que la saison des conflits sociaux arrive et qui, entre grèves et cortèges, vous bloquent et vous prennent en otage un pays. Si innocents, ces manifestants du dimanche, qu’il a fallu leur expliquer quelques vieilles ficelles : que, pour le comptage de la police, par exemple, il fallait se déployer sur tout le boulevard, et ne pas rester scotchés les uns aux autres, ou que malgré le nombre, il ne fallait pas céder à la tentation d’envahir le trottoir qui, lui, ne serait pas considéré comme « manifestant ».

 

Les CRS eux-mêmes, d’ailleurs, n’avaient pas leur tête tendue habituelle, conscients sans doute que gaz lacrymogènes et vitrines brisées étaient hautement improbables avec ces manifestants placides dont les longues heures d’attente à faire le pied de grue, non plus les affiches provocatrices sur les balcons ici et là n’arrivaient à entamer la bonne humeur. On vit même l’un d’eux sourire lorsqu’un appel au micro signala à quelques minutes d’intervalle la perte d’un iPhone, puis sa restitution. Dans une foule si compacte, un objet si prisé sagement rapporté aux objets trouvés, cela ne s’était jamais vu.

 

Pour être honnêtes, ces manifestants-là ne sont cependant pas complètement abrutis. Et quand ils entendent parler du chiffre officiel de 340 000 manifestants quand certains d’entre eux, pour avoir organisé les JMJ par exemple, savent pertinemment que le Champ de Mars, très vite saturé ce dimanche et dans lequel nombre de manifestants n’ont pu entrer, peut contenir plus de 800 000 personnes, ils sentent bien « comme une embrouille ».

 

Il faut se méfier de la France bien élevée et de son côté « diesel » : un peu longue à chauffer, mais lorsqu’elle est lancée, son moteur est increvable.

Et là, c’est le gouvernement qui risque bien d’en baver un peu.


13 janvier 2013 - Arte Journal

Tribune de Marie Labory : "Qu’est ce qui les fait descendre dans la rue ?"

Tribune de Marie Labory : "Qu’est ce qui les fait descendre dans la rue ?"

 

 

Je suis journaliste, je présente ARTE Journal, je suis homosexuelle. Je n’ai pas le droit de me marier avec celle que j’aime, ni d’adopter un enfant. Pas encore.

 

J’essaie de comprendre ceux qui s’opposent au mariage et à l’adoption ouverts aux couples homosexuels et je ne comprends pas, ou alors je comprends trop bien… Evacuons avant toute chose la question religieuse, il est ici question de mariage civil. 


Il n’y a qu’une pensée, rarement avouée, qui peut faire tenir debout le raisonnement des antis, c’est la conviction profonde que l’homosexuel est inférieur à l'hétérosexuel. C’est cette croyance qui justifie tout. Sinon comment soutenir qu’un couple homosexuel ne peut offrir une famille de qualité à un enfant adopté ? C’est bien parce qu’on considère qu’il y a une faille, une déchéance, ou au mieux une infériorité dans l’homosexualité, qu’on ne souhaite pas à un enfant d’être en contact avec de tels parents. Comment prétendre que l’institution-mariage est dénaturée par les unions homosexuelles sans sous-entendre qu’un couple homo est moins respectable qu’un couple hétéro ? En résumé, les opposants au mariage et à l’adoption ouverts aux homosexuels voudraient que la société entérine et accepte une inégalité de traitement qui serait liée à une supposée inégalité profonde. Homosexuelle je suis, inférieure, bancale, inégale, je dois me reconnaître ? 
De même, je suis perplexe face à une affirmation que l’on peut lire ici ou là : le nombre de mariages hétérosexuels diminueraient si les homos se mariaient. Imagine-t-on sérieusement une seconde que jusqu’ici, par passion du mariage, les lesbiennes se mariaient avec des hommes ? N’y a-t-il pas là, j’ose les grands mots, une homophobie très claire, qui consiste à suggérer que si l’on veut se marier il faut rentrer dans la norme, faire comme tous les gens biens, bref, coucher avec une personne du sexe opposé ?


Alors, à toutes fins utiles, je le rappelle : 

L’homosexualité n’est pas un délit.

L’homosexualité n’est pas une maladie.


Etre homosexuel ne relève pas d’un choix, au même titre qu’être noir, arabe ou juif. Assumer son homosexualité et prendre le chemin du bonheur sont des choix et la loi doit soutenir chacun d’entre nous dans cette voie. 


13 janvier 2013 - L'Express Yourself - Par Nobrist

Mariage gay: "Non, un enfant n'a pas besoin d'un papa et d'une maman pour s'épanouir"

Mariage gay: "Non, un enfant n'a pas besoin d'un papa et d'une maman pour s'épanouir"

 

Alors que les opposants au mariage pour tous ont manifesté ce dimanche autour du slogan "un papa et une maman", notre contributeur Nobrist s'élève contre cette idée "réductrice" de la famille. Tribune. 

 

Au-delà de l'homophobie qui habite certains d'entre eux, le principal leitmotiv des opposants au projet de loi qui ouvre le mariage et l'adoption aux couples homosexuels est qu'un enfant aurait besoin d'un papa et d'une maman pour s'épanouir. Le tout appuyé sur un argument: nous n'aurions pas assez de recul ou de connaissances sur l'effet qu'un tel projet de loi pourrait avoir sur les enfants et sur la société. Pourtant, ces deux affirmations sont fausses. Voici pourquoi. 

 

Des études sur le développement humain

Je ne souhaite pas ici entrer sur le champ du débat politique ou même philosophique. L'objet de ce billet est de rappeler l'existence de nombreuses études sur les conditions de l'épanouissement des enfants. Et ces études, pour un certain nombre d'entre elles, ont été publiées il y a déjà plusieurs décennies! Autrement dit, nous disposons aujourd'hui d'outils scientifiques pour répondre, sur le fond, à celles et ceux qui manifestent aujourd'hui contre le projet de loi dit du "mariage pour tous". Une compilation de ces études sur le développement humain est disponible dans l'ouvrage " Une nouvelle conscience pour un monde en crise " de Jeremy Rifkin (notons que l'auteur a effectué ce travail de compilation dans un tout autre cadre que celui qui nous occupe dans cet article, on ne pourra donc pas l'accuser de partialité en faveur des homosexuels). 

 

Dans son ouvrage, l'auteur cherche à comprendre les ressorts de l'empathie, dans l'objectif de démontrer que " l'empathie est à la base de ce que nous nommons "civilisation" " comme le résumeAlternatives Économiques. Pour cela, il consacre une partie importante de son livre aux études sur le développement de l'enfant: "Des spécialistes du développement de l'enfant toujours plus nombreux soutiennent à présent que le sentiment d'identité personnelle dépend de l'approfondissement des relations avec d'autres, il s'en nourrit, écrit Rifkin. Et le moyen de forger ces liens, c'est l'empathie." 

 

Dans un passage intitulé "ce que veulent vraiment les bébés", Rifkin cite le psychanalyste William R. D. Fairbairn (1889-1954): "La frustration de son désir d'être aimé en tant que personne et de voir son amour accepté est le plus grand traumatisme qu'un enfant puisse éprouver". Fairbairn soutient que lorsque l'enfant a le sentiment qu'on ne l'aime pas ou que l'on n'accepte pas son amour, sa maturation stagne et l'enfant se met alors à "manifester des symptômes pathologiques, dont l'agression, l'obsession, la paranoïa et les conduites hystériques et phobiques".  

 

Notons que les Études psychanalytiques de la personnalité de Fairbairn ont été publiées pour la première fois en... 1952! Cela fait donc des dizaines d'années que les spécialistes du sujet avancent un élément clé dans le débat qui nous occupe aujourd'hui : ce dont l'enfant a besoin pour l'épanouir, c'est l'amour et l'empathie de ceux qui vont l'élever. Et nous allons voir que cela n'est pas conditionné à la présence "d'un papa et une maman", contrairement à ce qu'affirment les manifestants qui s'opposent au projet gouvernemental. 

 

"Peu importe qui a la figure nourricière initiale"

Intéressons-nous, par exemple, aux travaux de Heinz Kohut (1913-1981), psychanalyste américain critique envers les thèses de Freud: Rifkin explique ainsi que "les observations cliniques de Kohut sur ses patients au fil des ans l'en ont persuadé: ce ne sont pas les pulsions elles-mêmes qui sont néfastes au développement, mais bien 'la menace contre l'organisation du moi'. Si la réaction empathique des parents est faible ou inexistante, le développement de l'enfant s'arrête."  

 

Kohut ajoute qu'"un enfant est beaucoup plus influencé par l'attitude emphatique des adultes qui l'entourent que par les données de son équipement organique. [...] Avoir des parents admiratifs et empathiques, voilà qui est crucial pour le type de personnalité qu'il aura". A nouveau, c'est l'amour et l'empathie dont les parents font preuve vis à vis de l'enfant, et non un schéma homme-femme, qui est mis en avant comme " crucial " pour le développement de l'enfant. Pour preuve, cette observation de Kohut relevée par Jeremy Rifkin: "Peu importe qui est la figure nourricière initiale, du moment qu'il ou elle procure à l'enfant la réaction empathique qui nourrit son développement. Pour souligner que la mère biologique n'est pas la seule à pouvoir apporter l'environnement empathique nécessaire."  

 

Pour prouver son affirmation, Kohut s'appuie notamment sur un exemple rapporté par Anna Freud et Sophie Dann sur 6 enfants qui ont survécu à un camp de concentration allemand: pendant trois ans, ces enfants ont été pris en charge par des groupes de mères de substitution qui changeaient constamment. "Chaque fois qu'un de ces groupes était exterminé, d'autres mères le remplaçaient, jusqu'à leur mort. Les enfants ont évidemment été perturbés par cette expérience" explique Rifkin, "mais ils en sont sortis avec une personnalité assez cohérente: elle ne peut s'expliquer que par la considération et l'affection empathiques qu'ils ont reçues des nombreuses femmes qui se sont occupées d'eux".  

On se contentera ici d'observer que ces enfants ont été élevés uniquement par des femmes (au pluriel!), femmes qui n'étaient pas leur mère biologique.

 

Rifkin fait également appel aux travaux de John Bowlby (1907-1990) qui, s'appuyant sur l'oeuvre de Fairbairn, met l'accent sur "la figure d'attachement". Ainsi, Bowlby soutient qu'un bébé qui vient de naître "ne peut pas distinguer une personne d'une autre et pratiquement pas une personne d'une chose. Pourtant, lors de son premier anniversaire, il sera probablement devenu un fin connaisseur des personnes. Non seulement il parvient vite à distinguer les familiers des étrangers, mais, parmi ses familiers, il choisit un ou plusieurs favoris. Ceux-ci sont accueillis avec extase, suivis des yeux quand ils s'en vont, cherchés quand ils ne sont pas là. Leur perte angoisse et désespère, leur récupération soulage et sécurise. C'est sur cette base, semble-t-il, que se construit le reste de la vie émotionnelle du bébé". 

 

Ce qui joue positivement ou négativement sur le développement de l'enfant n'est pas qu'il grandisse avec sa mère biologique mais bien l'éducation et l'environnement dans lequel l'enfant grandit 

 

Et puisque les opposants à l'ouverture du mariage aux couples homo aiment les comparaisons animalières, suivons-les dans ce raisonnement avec les découvertes de Bowlby en la matière: citant les travaux de l'éthologiste Konrad Lorenz publiés en 1935, il explique que "chez certaines espèces d'oiseaux au moins, des liens forts avec une figure maternelle se développent dans les premiers jours de la vie sans aucune référence à la nourriture, du simple fait que l'oisillon est en contact avec la figure en question et qu'elle lui devient familière".  

 

Bowlby s'est ensuite beaucoup inspiré des méthodologies et travaux des éthologistes pour construire sa propre analyse, sur les humains cette fois. Et les conclusions de ces analyses sont que la "figure d'attachement " n'est pas nécessairement " un papa, une maman " comme le répète en boucle ceux qui manifestent aujourd'hui contre le projet de loi du Gouvernement. Rifkin apporte en effet une précision de taille sur la pensée de Bowlby, expliquant que " s'il était prompt à souligner qu'un bébé avait besoin jusqu'à trois ans d'une figure parentale cohérente, celle-ci pouvait être à ses yeux la mère ou le père biologique, ou un autre parent, ou même une nounou ". 

 

Pour montrer que ce n'est pas tant la nature du parent que sa capacité à entrer en empathie avec l'enfant qui importe, on peut s'appuyer sur des dizaines et des dizaines d'autres études. On peut citer, par exemple, les travaux de Mary Ainsworth qui a mis en place un protocole intitulé la strange situation: l'idée était de mettre la mère et son bébé dans un environnement inhabituel, avec des jouets pour encourager l'exploration. Je passe le déroulement et les détails de l'exploration et passe directement aux conclusions : les bébés ont eu des comportements totalement différents selon l'empathie dont la mère biologique faisait preuve (trop - normalement - pas assez) vis-à-vis de son enfant. Autrement dit, ce qui joue positivement ou négativement sur le développement de l'enfant n'est pas qu'il grandisse avec sa mère biologique mais bien l'éducation et l'environnement dans lequel l'enfant grandit. 

 

Dans la suite de son ouvrage, Rifkin explique, entre autre, comment l'empathie se développe chez l'enfant. Plutôt que de recopier ici les dizaines de pages dans lesquelles l'auteur déroule les enseignements tirés des nombreuses études sur le sujet, je vais me contenter d'un constat: à aucun moment la nature des parents n'est évoquée, elle est au contraire largement relativisée, comme nous venons de le voir. Les éléments fondamentaux dans le développement empathique des enfants se trouvent dans leur éducation. Rifkin l'écrit clairement dans le cadre de son analyse des travaux de Martin Hoffman, professeur de psychologie à l'Université de New York: " la clé du développement ou non d'une sensibilité empathique mûre chez un enfant, c'est, pour l'essentiel, la façon dont ses parents le disciplinent. C'est au cours de l'expérience disciplinaire que les enfants acquièrent un sens prononcé de l'expression empathique ".  

 

Si l'on part du principe qu'un couple homosexuel est capable d'inculquer à un enfant les mêmes valeurs qu'un couple hétérosexuel - à savoir introduire un sens moral et éthique à l'enfant - alors il ne reste plus vraiment d'argument pour s'opposer au mariage et à l'adoption par ces mêmes couples homosexuels. A moins de ne plus argumenter sur la protection de l'enfant mais sur l'homosexualité de leurs parents. Certains continueront en effet d'expliquer, sans aucun fondement scientifique, que les homosexuels sont nocifs pour la société. Mais puisque celles et ceux qui manifestent aujourd'hui autour de Frigide Barjot se défendent de toute homophobie, on peut légitimement se demander sur quelles bases ils construisent leur rejet du projet de loi ouvrant le mariage et l'adoption aux couples homosexuels. 


12 janvier 2013 - Boulevard Voltaire - Par Cyril Langelot

Lettre d’un adopté à François Hollande

Lettre d’un adopté à François Hollande

 

Monsieur le Président de la République,

 

Dans quelques mois, vous priverez irrémédiablement un enfant d’un père et d’une mère puisque vous allez permettre à des personnes du même sexe d’adopter. Alors même que l’institution de l’adoption était jusque-là censée apporter à des enfants qui ont perdu leur père et leur mère de retrouver, de manière fictive, un père et une mère de substitution.

 

Au risque de vous surprendre, je voudrais vous dire que la capacité d’amour et de bienveillance des adoptants ne sont pas suffisantes. La construction psychique d’un enfant abandonné, orphelin ou retiré et placé à la DASS (aujourd’hui ASE) est très complexe.

 

Un orphelin ou un abandonné et un enfant « atypique »« handicapé »par la perte de ses parents, laquelle est vécue comme une injustice. Bien sûr, selon les individus, les réactions sont différentes mais il reste que tout enfant adopté vit un deuil au fond de lui. Il vit le deuil d’une femme et d’un homme, d’une famille, d’une histoire, d’une normalité.

Suite...


11 janvier 2013 - Rue89 - Par Jean-Louis Schlegel

Mariage gay : la vieille peur de l’Eglise depuis la révolution

Mariage gay : la vieille peur de l’Eglise depuis la révolution

 

Jean-Louis Schlegel est un sociologue des religions qui se définit lui-même comme catholique. Il est l’auteur avec Denis Pelletier de « A la gauche du Christ. Une histoire des chrétiens de gauche de 1946 à nos jours » (Seuil, 2012).

 

J’ai sous les yeux des tracts distribués en vue de la « Manif pour tous », dimanche 13 janvier. Ils m’auraient dissuadé d’y aller si j’avais eu des velléités de le faire – ce qui n’est pas le cas.

Le ton est à l’apocalypse. Il ne s’agit de rien moins que de préserver « notre société et notre humanité ». Dans ma paroisse, le tract distribué à la messe du dimanche évoque un gouvernement qui a « un projet de négation de l’humanité ».

Suite...


11 janvier 2013 - Le Cercle Les Echos - Par Anne Coffinier, ancienne élève de l’ENS d’Ulm et de l’ENA, ancienne diplomate, Directrice générale de la Fondation pour l’école.

Le débat sur le mariage homosexuel à l’école : une bien curieuse conception de la neutralité

Le débat sur le mariage homosexuel à l’école : une bien curieuse conception de la neutralité

 

Vincent Peillon a adressé une lettre aux recteurs le 4 janvier dernier dans laquelle il affirme sa volonté de révolutionner la société en se servant de l’école. "S’appuyer sur la jeunesse" pour "changer les mentalités". Qui ? Le gouvernement.

 

Etraits

Dans sa lettre du 4 janvier adressée aux recteurs, Vincent Peillon affirme sa volonté de révolutionner la société en se servant de l’école : "le gouvernement s’est engagé à s’appuyer sur la jeunesse pour changer les mentalités, notamment par le biais d’une éducation au respect de la diversité des orientations sexuelles", affirme-t-il en début de lettre. On remarque les termes : "s’appuyer sur la jeunesse" pour "changer les mentalités". Qui ? Le gouvernement.

 

En réalité, c’est donc lui qui choisit les orientations politiques et morales qui doivent prévaloir dans la société. Ce n’est plus la famille, l’école et la société adulte qui éduquent la jeunesse. Contrairement à la Déclaration universelle des Droits de l’Homme de 1948, c’est donc désormais l’État en France qui se pose en seul détenteur de la vérité. On assiste à une dérive théocratique de l’État républicain actuel. Et cette jeunesse, qui, par définition, ne possède pas encore les repères lui permettant de poser des choix par elle-même, il la mobilise dans le sens qu’il juge bon, selon le schéma de la révolution culturelle.

 

La position de Vincent Peillon est vraiment choquante. Lorsqu’il s’appuie sur la jeunesse comme moteur révolutionnaire, renouant avec l’esprit de 1968, le gouvernement sort à l’évidence de son rôle : il instrumentalise la jeunesse à des fins politiques, pour changer les représentations sexuelles et morales dominantes. Ce faisant, il change les règles du jeu au sein de l’École publique en abandonnant ostensiblement l’exigence de neutralité.

Suite...


11 janvier 2013 - David et Jonathan

Argumentaire de David & Jonathan sur le mariage pour tous et toutes

Argumentaire de David & Jonathan sur le mariage pour tous et toutes

 

Le débat sur le mariage pour tou-te-s s’avère particulièrement vif en France. Dans ce contexte, en tant qu’association homosexuelle chrétienne ouverte à toutes et tous, il nous est apparu nécessaire de nous re-questionner sur les enjeux de ce débat. Pour cela, nous nous sommes fondés à la fois sur des témoignages de vie ainsi que sur des études scientifiques et des contributions qui nous ont paru particulièrement importantes.

Suite...


10 janvier 2013 - Blog - Par Thierry Jaccaud, rédacteur en chef à l'Ecologiste

La vérité pour tous

La vérité pour tous

 

Le candidat Hollande promettait une « France apaisée » et l’arrêt des propositions « clivantes ». Mais le projet de loi de « mariage pour tous » déposé par le gouvernement fin 2012 a provoqué un profond clivage avec une redéfinition complète du mariage et de la filiation. En effet, contrairement aux Pays-Bas par exemple, le projet du gouvernement prévoit rien de moins que d’affirmer avec la force de la loi un mensonge sur la filiation.


Que disait la proposition 31 du candidat Hollande ? Dans son programme de 40 pages, cette proposition occupait à peine plus d’une ligne en seulement treize mots : « J’ouvrirai le droit au mariage et à l’adoption aux couples homosexuels. » Il ne s’agissait donc pasde modifier la définition ni du  mariage ni de la filiation. Sans autre précision, on pouvait penser qu’il s’agissait comme aux Pays-Bas de créer un régime particulier du mariage comprenant notamment l’adoption simple par deux conjoints homosexuels, c’est-à-dire sans effacer la filiation biologique. Bref, cela aurait ajouté des droits à une petite minoritésans rien changer à ceux de l’immense majorité des couples. Cela aurait donné un cadre juridique à une situation de fait : des enfants élevés par deux conjoints homosexuels. Mais le projet de loi du gouvernement propose l’adoption plénière, c’est-à-dire la suppression légale de la filiation biologique réelle de l’enfant !


De plus, le projet de loi ne concerne pas seulement le mariage homo. Il prévoit un changement radical de la définition du mariage et de la filiation pour tous. En effet, au lieu de définir le cas particulier de l’union homosexuelle, le gouvernement a choisi de redéfinir le mariage en général, en supprimant dans le Code civil des centaines de références sexuées : au père et à la mère, à l’époux et à l’épouse… pour les remplacer par des termesneutres comme « parent ». Il resterait bien de façon isolée les mots « père » et « mère », dans le titre VII du Code civil concernant la filiation, où la filiation biologique deviendrait… un cas particulier ! Le cas général de la filiation serait alors une filiation choisie et non plus une filiation biologique. Si la loi devait ainsi supprimer les notions de père et de mère, ce serait selon les psychanalystes Monette Vacquin et Jean-Pierre Winter une violence destructrice des liens entre les hommes et entre les générations.


Dans le cas particulier des unions homosexuelles, un enfant pourrait alors avoir officiellement deux mères (et pas de père) ou deux pères (et pas de mère) : le discours légal contredirait alors la réalité de l’existence de deux parents biologiques de sexe différent. Le conjoint du parent biologique se verrait qualifié de « parent », ce qui serait également contraire à la réalité biologique. Ce serait un mensonge anthropologique officiel incroyable dont on imagine aisément les ravages sur les enfants. Encore une fois, cela ne figurait pas au programme de François Hollande. Le projet de loi du gouvernement affecterait en premier lieu les enfants de familles homoparentales, mais aussi tous les autres enfants puisque le gouvernement prévoit d’enseigner cette nouvelle définition du mariage dès la maternelle au nom de la lutte contre l’homophobie. Bref, toute la société serait touchée.


D’ores et déjà, le premier enfant né en France en 2013, à Moulins dans l’Allier, a été présenté sans aucun recul par la presse locale comme ayant « deux mamans ». Deux mensonges en deux mots : mensonge direct car seule l’une des femmes est sa mère, et mensonge indirect par omission du père qui a été délibérément effacé – il s’agit d’undonneur anonyme, ce qui est aujourd’hui illégal en France. Nul besoin d’avoirfait de longues études de psychologie pour comprendre que l’enfant demandera trèstôt où est son père et qui est sa « vraie » mère.  Faut-il donc rappeler avec Lacordaire qu’entre le faible et le fort, entre le riche et le pauvre, entre le maître et le serviteur, c’est la liberté qui opprime et c’est la loi qui libère ? La loi qui organise la filiation biologique protège les enfants, elle doit être préservée !


Si le projet de loi devait être adopté, ce serait une négation sidérante de la nature, l’aboutissement consternant de notre société industrielle qui détruit la nature non seulement dans la réalité mais aussi dans les esprits. L’homme se prend pour un démiurge : nucléaire, OGM, nanotechnologies… sans jamais mettre la moindre limite à son action. « No limits », tel est le slogan des ultralibéraux qui définissent le nouveaupolitiquement correct. Dans la vaste entreprise de marchandisation du monde, toutes les règles sont ainsi progressivement éliminées. Que cette logique ultralibérale et ultraindividualiste se retrouve dans le projet de loi d’un gouvernement de gauche est affligeant.


Pourtant, il existe des solutions juridiques pour les couples homoparentaux, comme l’union civile avec un statut de beau-parent proposée par Jean-Pierre Rosenczveig, président du tribunal pour enfants de Bobigny. Ce nouveau statut aiderait non seulement les quelques milliers d’enfants vivant dans des familles homoparentales mais aussi le million d’enfants vivant dans des familles recomposées. La lutte contre l’homophobie estune évidence. Le respect de la vérité sur la filiation des enfants n’est-il pas également une évidence ?


10 janvier 2013 - Le Figaro - Par Jean-Marie Guénois

J'ai été élevé par deux femmes

J'ai été élevé par deux femmes

 

A 66 ans, Jean-Dominique Brunel, opposé au projet de loi ouvrant l'adoption aux couples homosexuels, décide de sortir du silence pour dire combien sa vie a été perturbée par le fait d'avoir eu deux mamans.


09 janvier 2013 - Le Monde des Idées - Par Jérôme Vignon, président des Semaines sociales de France

Chrétien et progressiste, j'irai manifester contre le "mariage pour tous"

Chrétien et progressiste, j'irai manifester contre le "mariage pour tous"

 

Extrait

[...]

Au point de départ se trouve une question juste. Comment ne pas reconnaître les discriminations et les vexations que notre société a infligées, dans sa longue histoire, aux personnes homosexuelles ?


Pourtant c'est une méprise que de confondre identité sexuelle, le fait d'être homme ou femme, et orientation sexuelle. C'est pourtant bien ce que fait le projet de loi. Loin de se ramener à aménager le mariage pour y offrir une place aux couples homosexuels, il modifie les conditions de la parenté pour tous les couples.


Il affaiblit pour tous les droits des pères, des mères. Il met en cause le droit des enfants à une filiation unique, en substituant, dans 16 articles sur 23, la notion floue de parents à celle précise de père et de mère.
Le "progrès" que constituerait pour les couples de même sexe un droit à l'adoption se paie d'un appauvrissement juridique et symbolique considérable.


Mais est-ce vraiment un progrès ? C'est encore une méprise, à tout le moins un malentendu, qui fait croire aux couples composés de personnes de même sexe qu'en obtenant le droit à l'enfant ils deviendront "comme les autres".

Suite...


08 janvier 2013 - Libération

L'enseignement catholique "conteste" avoir commis une "faute"

L'enseignement catholique "conteste" avoir commis une "faute"

 

Le responsable de l'Enseignement catholique, Eric de Labarre, a "contesté formellement" qu'il y ait "faute" lorsqu'il invite les chefs d'établissements catholiques à organiser une réflexion sur le mariage homo en dehors des cours.
[...]

"Je ne changerais pas une virgule" à la lettre aux chefs d'établissements, a dit M. de Labarre. "Je ne regrette rien. Cette lettre est fondée sur la responsabilité éducative que l'enseignement catholique assume et par conséquent il nous semblait nécessaire de dire que les évolutions législatives envisagées (par le projet de loi sur le mariage homo) présentaient un risque pour l'avenir en termes d'éducation des enfants et des jeunes de ce pays".
Les établissements catholiques sous contrat d'association avec l'Etat respectent les obligations portant notamment sur les programmes, a-t-il dit, mais "la vie scolaire, c'est-à-dire ce qui se déroule dans l'établissement hors du temps d'enseignement, est, dans le respect des lois, de la seule responsabilité des établissements privés. En conséquence, la tutelle de l'Education nationale ne saurait s'exercer sur ces activités".
"Rien ne s'oppose donc à ce que (...) les communautés éducatives puissent aborder, hors temps d'enseignement, toute question qui leur paraît souhaitable, soit à l'initiative des professionnels, soit à l'initiative des parents d'élèves", a-t-il fait valoir.

Suite...


08 janvier 2013 - Le Nouvel Observateur

Une conférence débat sur la question du mariage homo

A cinq jours de la manifestation des antis, une paroisse parisienne organisait, ce lundi, une conférence débat sur la question.

 

"Une thérapie peut-elle éviter à un enfant de devenir homosexuel ? ", "Pourquoi devient-on homosexuel ? ", "Si un enfant présente une sensibilité homosexuelle, que peut-on faire en tant que parent ? ". Ce lundi 7 janvier au soir, la paroisse Sainte Jeanne de Chantal, dans le XVI arrondissement de Paris organise une conférence-débat sur le thème du mariage pour tous. Et l'assistance a été invitée à inscrire sur de petits morceaux de papier les questions qu'elle souhaite poser aux intervenants.

Suite...