Février 2013

07 février 2013 - Agora Vox - Par Coriandre

Mariage Génétiquement Modifié et OGM : même combat !

Mariage Génétiquement Modifié et OGM : même combat !

 

 

Partie 1

Partie 2

 

 

Extrait

Après la polémique suscitée par une récente étude, cinq anciennes ministres ou secrétaires d'Etat à l'Ecologie dépassent le traditionnel clivage gauche-droite pour défendre ensemble le principe de précaution.

 

"Ne nous laissons pas impressionner par les pressions", clame Chantal Jouanno, secrétaire d'Etat du gouvernement Fillon de 2009 à 2010. La sénatrice centriste (UDI) s'est ralliée à l'appel lancé fin octobre par trois ex-ministres de l'Ecologie, Ségolène Royal (PS), Dominique Voynet (EELV) et Corinne Lepage (Cap 21), rejointes rapidement par l'ancienne ministre UMP Nathalie Kosciusko-Morizet.

 

Enfin quelques Ministres courageux de tous bords politiques pour dénoncer les dangers…

…du Mariage pour tous ?

 

Non, pas encore ! Seulement des dangers des OGM comme le rapportait le JDD en novembre dernier.

 

Quant à l’étude en question, il ne s’agissait pas de l’étude de Mark Regnerus portant sur les enfants ayant eu des parents homosexuels mais de l’étude Seralini sur la possible toxicité d'un maïs OGM.

 

Pourtant, l’étude de Mark Regnerus, malgré nombre d’imperfections souvent notées et longuement détaillées, va dans le sens de ce qui a longtemps été une évidence, et qui fait aujourd’hui l’objet de controverses : en moyenne, un enfant s’en sort mieux lorsque son père et sa mère restent mariés.

 

Comme on va le voir, des parallèles nombreux existent entre le sujet hautement sensible des OGM et celui, tout autant sensible, du mariage pour tous. Et nous n’hésiterons pas, sans doute pour mieux marquer les esprits, à employer le terme de Mariage Génétiquement Modifié, en établissant un parallèle entre des occurrences biologiques à des échelles microscopiques et des événements sociologiques aux échelles que nous vivons.

 

A) Des parallèles d’échelle entre le sociologique et le biologique

Nous pouvons établir une analogie intéressante entre ces deux niveaux : la cellule biologique est vitale au fonctionnement de tout être vivant (végétal, animal ou humain) comme la cellule familiale l’est à une société ou une nation.

 

La cellule biologique (du latin cellula « petite chambre ») est l'unité constitutive des organismes vivants. Elle en est aussi l'unité fonctionnelle. Elle se reproduit, se nourrit, respire, se développe, se débarrasse de ses déchets et meurt. 

Chaque cellule est une entité vivante qui, dans le cas d'organismes multicellulaires, fonctionne de manière autonome, mais coordonnée avec les autres. Les cellules de même type sont réunies en tissus, eux-mêmes réunis en organes, qui concourent au bon fonctionnement d’un organisme évolué.

 

La famille (du latin familia « ensemble des habitants de la maison »), est une communauté de personnes réunies par des liens de parenté existant dans toutes les sociétés humaines. Elle est dotée d'un nom, d'un domicile, et crée entre ses membres une obligation de solidarité morale et matérielle (notamment entre époux et parents-enfants), censée les protéger et favoriser leur développement social, physique et affectif. La famille se reproduit donc, se nourrit d’éléments extérieurs (nourriture, vêtements, habitat,…issus du travail des parents), se développe progressivement de manière linéaire ou par mues successives (éducation des enfants, évolution en âge, naissance d’enfants, accidents de parcours…) puis finit par mourir, par le divorce ou par la mort des protagonistes, notamment les parents. Les familles nucléaires (parents et enfants) se regroupent en familles élargies (grands-parents, cousins, oncles…), en zones géographiques (hameaux, villages ou villes), en espaces fonctionnels ou productifs à travers les entreprises, les associations ou les collectivités, ou en communautés affinitaires (amis, associations de loisirs…).

 

Tout effet, positif ou négatif sur la cellule biologique ou la famille a un effet sur l’organisme d’un côté ou la société de l’autre.

B) Un parallèle entre ADN et code civil

Dans notre comparaison, l’ADN est à la cellule ce qu’est le code civil au mariage civil.

[...]

 

C) Points de ressemblance entre les problématiques des OGM et du mariage pour tous

Dans un OGM, les modifications de l’ADN d’une plante ou d’un animal peuvent se retrouver dans votre assiette mais aussi sur l’ensemble de toute la chaine alimentaire, à l’issue d’un processus qui peut être long. Les impacts peuvent toucher ainsi tous les organismes vivants : plantes, animaux, êtres humains… et être à la fois considérables et irréversibles.

 

Avec le Mariage pour tous, on introduit une modification substantielle de tout le code civil en supprimant par exemple de nombreuses mentions « pères » et « mères » (même s’il en reste à travers l’artifice de l’amendement balais, grand moment de novlangue qui ferait sourire ou pleurer nombre de poètes : « les dispositions du Code civil s'appliquent "aux parents de même sexe lorsqu'elles font référence aux père et mère" »).

 

On permet surtout de transformer la structure nucléaire du couple en décrétant que deux hommes ou deux femmes peuvent constituer ce nucléon de manière parfaitement équivalente à un couple mixte. La conséquence immédiate et notable est que cette modification rend le noyau central naturellement stérile : pour compenser cet effet, il est nécessaire d’ouvrir la cellule a minima à un tiers, qui peut être un homme fournissant son sperme ou une femme prêtant ou louant son ventre (en attendant évidemment le clonage salvateur, la greffe d’utérus ou l’apparition des utérus artificiels).

 

Sans présager ici des effets bénéfiques ou non d’un tel changement, nous souhaitons établir une comparaison sur quatre plans de la problématique des OGM et du mariage pour tous, qui devrait amener nombre de personnes à réfléchir.

[...]

Comme l’évoque Tugdual Derville , délégué général de l'association Alliance Vita, dans le journal La Croix, «  un mouvement d’écologie humaine est en train de se lever ».


Un mouvement, qui s’inscrit dans la prolongation de l’écologie politique née il y a quelques décennies et qui posait la question élémentaire : « quelle Terre allons-nous laisser en héritage aux générations futures ? ».

 

Ce nouveau mouvement questionne aujourd’hui ce qui fait l’essence de l’humanité et ne souhaite pas passer sous silence le repère le plus naturel qui soit : que tout enfant vient d’un homme et d’une femme. Un mouvement qui choisit la protection des plus vulnérables au dépend de la toute-puissance !

 

Tugdual Derville termine, prophétique : « nous assistons à la naissance d’un élan historique et durable, motivé par un sursaut de la conscience. C’est le propre des mouvements irrépressibles ».

Suite...


07 février 2013 - Le Point

Homosexualité aux Pays-Bas : "Moi, j'ai deux mamans et deux papas"

Homosexualité aux Pays-Bas : "Moi, j'ai deux mamans et deux papas"

 

 

"Je pense que mes copains sont un petit peu jaloux, parce que moi, j'ai deux mamans et deux papas alors qu'eux, ils n'ont que deux parents", assure Simon, 6 ans, en se tortillant avec son frère Joaquin, 3 ans, sur les genoux de ses parents, deux couples homosexuels, assis côte à côte sur le canapé d'une des deux maisons familiales, à Amsterdam.

 

Alors qu'en France les députés débattent du "mariage pour tous" et qu'au Royaume-Uni les députés l'ont approuvé mardi à une large majorité, aux Pays-Bas, premier pays au monde à autoriser le mariage homosexuel, en 2001, le débat est déjà ailleurs.

 

Le ministère de la Justice va d'ici peu enquêter sur la possibilité de reconnaître trois parents ou plus pour un même enfant, notamment pour protéger les familles "roses".

 

De fait, si les quatre jeunes trentenaires Joram, Guillermo, Karin et Evelien élèvent ensemble Simon et Joaquin, aux yeux de l'administration néerlandaise, seules Karin et Evelien ont le droit de s'appeler des "parents". Joram et Guillermo n'ont donc pas de droits légaux sur les enfants.

 

Ils ne peuvent par exemple prendre aucune décision en cas d'intervention médicale importante sur les enfants. Et si les deux hommes meurent, la fiscalité n'accordera pas les avantages sur l'héritage auxquels Simon et Joaquin auraient droit en tant qu'enfants légaux.

 

De plus, si les deux couples venaient à se disputer, Karin et Evelien auraient le droit d'exiger que Joram et Guillermo sortent complètement de la vie des deux enfants du jour au lendemain.

 

"La loi est en retard sur la réalité", assure Joram : "ce qui compte, en tant que parent ou futur parent, c'est de vouloir élever des enfants dans une construction dans laquelle on a énormément de confiance".

 

"Bien sûr, on a envie d'être reconnu pour tout ce qu'on fait pour son enfant", poursuit Guillermo, au détour d'une balade en famille le long d'un canal d'Amsterdam : "avoir des enfants, c'est quelque chose qui change ta vie".

 

"Nous voulions que les enfants connaissent leurs parents"

Joram, Evelien, Guillermo et Karin sympathisent alors qu'ils partagent une colocation lors de leurs études à Amsterdam, après quoi les deux couples restent très bons amis. Lorsque l'envie d'avoir des enfants se fait sentir, ils se lancent à quatre dans l'aventure plutôt que de le faire à deux et d'opter pour l'adoption ou un donneur anonyme.

 

"Nous voulions que les enfants connaissent leurs parents, aussi bien leurs mères que leurs pères", explique Evelien. Sa compagne Karin, médecin, précise que les enfants ont été conçus par insémination artificielle "à la maison".

 

Evelien et Karin ont chacune porté un enfant tandis que Joram et Guillermo ont chacun donné leur semence pour un des enfants, mais ils ne souhaitent pas divulguer qui sont les parents biologiques de quel enfant. "Ce n'est pas important, ce qui compte c'est que nous sommes tous les quatre leurs parents et que nous les aimons", assure Karin.

Les enfants vivent la semaine avec leur mères à Arnhem (est), où les deux pères viennent chaque jeudi s'occuper de leurs fils. Les week-ends, ils les passent à six, souvent à Amsterdam, chez Joram et Guillermo. Quant aux vacances, c'est également à six, tout comme les fêtes de famille ou les réunions de parents à l'école de Simon.

 

"Il faut élargir le concept de ce qu'est une famille"

 

Une modification de la loi sur la parentalité ne bénéficierait pas seulement aux familles "roses", elle pourrait également être profitable aux familles recomposées après un divorce, selon Liesbeth van Tongeren, députée écologiste auteur d'une motion parlementaire sur le sujet.

"Nous devons élargir le concept (de ce qu'est une famille, ndlr), c'est fini de considérer la parentalité uniquement comme un lien biologique ou de considérer qu'il n'y a obligatoirement que deux parents pour un enfant", soutient à l'AFP Mme Van Tongeren, selon laquelle entre 20.000 et 25.000 enfants vivent dans des familles "roses" aux Pays-Bas.

Tanja Ineke, présidente du COC, la plus ancienne association de défense des homosexuels au monde, soutient : "nous pensons que ce serait un beau délai si la loi pouvait être changée sous ce gouvernement, d'ici à quatre ans".

 

"Il y aura toujours des conflits, mais dans tous les cas il y aura une certaine sécurité pour l'enfant, car il sait que son père ou sa troisième mère ne pourra pas disparaître de sa vie du jour au lendemain", assure pour sa part Philip Tijsma, porte-parole du COC.

Lors d'un débat à la chambre basse du parlement en octobre, Fred Teveen, le secrétaire d'Etat à la Justice, avait indiqué qu'il voyait beaucoup d'objections pratiques à une telle reconnaissance mais souhaitait attendre les résultats de l'enquête avant de prendre des décisions.

 

Quant à Simon et Joaquin, ils semblent ravis de leur situation familiale : "un jour, alors que Joaquin était à la crèche, deux filles voulaient jouer et voulaient toutes les deux être la maman, raconte Evelien, et il leur a dit ++très bien, c'est tout à fait possible, j'ai la même chose à la maison++".


07 février- Le Point - Billet de PATRICK BESSON

Pourquoi je n'épouserai pas Pierre Bergé

Pourquoi je n'épouserai pas Pierre Bergé

 

 

Ce n'est pas la question du physique. J'admets : Pierre est petit et c'est un homme, alors que mon idéal féminin serait plutôt les grandes femmes. Mais comme je n'ai pas d'idéal masculin, un homme petit ferait aussi bien l'affaire qu'un grand. Je m'étais en outre juré de ne jamais me marier avec une femme écrivain, car je sais trop comme les écrivains ont mauvais caractère, mais Pierre, je le répète, n'est pas une femme, et il est fort peu écrivain, vu le temps qu'il passe à défendre dans les médias les causes qui lui sont chères : la mémoire de François Mitterrand, la lutte contre le sida,Ségolène Royal et aujourd'hui le mariage pour tous. Ce n'est pas non plus à cause de sa fortune que je refuserai d'épouser Pierre Bergé. J'admets que je déteste les riches, mais je n'ai rien contre l'argent. Et, au fond, est-ce que je déteste les riches ? J'aime ce petit air réjoui et malicieux qu'ils ont en permanence, comme s'ils venaient de se masturber dans les toilettes. Non, la raison pour laquelle je n'épouserai pas Bergé est autre : il a dit une chose qui m'a déplu. Chaque fois que j'ai quitté une femme ou ai renoncé à une relation avec elle, c'était parce qu'elle avait dit une chose qui m'avait déplu. M..., quand elle m'a dit, à l'été 1990, que je devrais la prévenir chaque fois que j'irais voir mon fils de 4 ans. A..., quand, au printemps 2008, après une merveilleuse journée de promenade et d'amour, elle a dit, lorsqu'un homme a allumé une cigarette à côté de nous au restaurant : "Pas de chance." Etc. Je suis comme ça : ultrasensible des oreilles. Organe, chez moi, relié directement au coeur. Il a dit, Pierre Bergé, qu'avoir un ami gay pour un hétéro, c'était comme avoir un ami juif pour un antisémite. Alors, si j'ai un ennemi gay - par exemple mon cousin Philippe, l'écrivain -, cela fait de moi un ami des gays ? Le problème, c'est que j'ai un seul ennemi gay - et encore, l'autre jour, Philippe et moi, on s'est réconciliés par textos - alors que des amis gays, depuis mon entrée en littérature au siècle dernier à l'âge de 17 ans, j'en ai eu plein : Patrice Galbeau, Jacques Brenner, Roger Vrigny, Jean-Louis Curtis, Benoît Duteurtre, Philippe Etesse, Christian Giudicelli, Jean-Michel Gravier, Guy Hocquenghem, Gabriel Matzneff, Pierre Barillet, Stéphanie Janicot (qui m'a annoncé son mariage, dès que la loi serait votée, avec son amie architecte très jolie), Pascal Sevran, Gilles Paris, Claude Verdier, Camille Bourniquel, Bernard Barokas, Matthieu Galey, Claude Fessaguet (ma première éditrice à Confidences en 1970), Françoise Sagan. Si un ami gay fait de moi un homophobe, une quinzaine, voire une trentaine d'amis gays, ça fait de moi quoi ? Un néonazi de l'homophobie ? Il faudrait, si j'en crois Bergé, que je rompe avec tous mes amis gays, du moins ceux qui n'ont pas été décimés par l'abominable sida, pour prouver que je ne suis pas homophobe. Tant pis, je préfère garder mes amis gays et renoncer à mes noces avec Pierre, quitte à être taxé d'homophobie jusqu'à la fin de mes jours et même au-delà. Ce qu'il y a de bien avec les mauvais procès, c'est qu'ils continuent après votre mort, et donc la suppriment.


07 février 2013 - La Vie - Natalia Trouiller 

Le Conseil d'Etat n'est pas chaud pour le "mariage pour tous"

Le Conseil d'Etat n'est pas chaud pour le "mariage pour tous"

 

Alors que le débat sur le mariage gay continue de faire rage à l'Assemblée nationale, le Conseil d'Etat a rendu son avis en octobre 2012 concernant l'ouverture au mariage des couples de personnes de même sexe. Jusqu'ici, ce document remis au gouvernement n'avait pas été rendu public. LaVie.fr s'est procuré le texte et en publie des extraits en exclusivité. Bien que favorable, il n'est pas très enthousiaste.


Sur l'adoption, le Conseil d'Etat souligne les failles de l'étude d'impact qui accompagne le projet de loi: elle "ne traite pas, contrairement à ce qu'imposent les dispositions de la loi organique du 15 avril 2009, des questions multiples et complexes que soulève l'ouverture de l'adoption aux conjoints de même sexe,tant dans le cadre de l'adoption internationale que, plus généralement, au regard de l'appréciation que les autorités compétentes seront amenées à faire de l'intérêt de l'enfant et qui est opérée, en droit positif, de manière concrète, au cas par cas. Par ailleurs, l'adoption plénière a pour effet de supprimer juridiquement la filiation par le sang pour lui substituer un nouveau lien de filiation découlant du jugement qui l'a prononcé. Par suite, l'acte de naissance d'origine de l'enfant est remplacé par un nouvel acte établi à partir du jugement d'adoption sans aucune référence à la filiation réelle de l'intéressé. Alors que la filiation est un élément essentiel de l'identification pour chaque individu tant sur le plan biologique que social et juridique, l'état civil ainsi reconstitué mettra en évidence , par la référence à des parents de même sexe, la fiction juridique sur laquelle repose cette filiation. Le Conseil d'Etat appelle donc l'attention du gouvernement, d'une part, sur les conséquences de cette situation au regard de la question, délicate et toujours en débat, de l'accès aux origines et, d'autre part, sur les précautions qu'il conviendra de prendre dans la rédaction des actes de naissance en cause". Le Conseil d'Etat pointe donc un argument décisif des opposants au projet, celui de l'inégalité entre les adoptés: ceux dont on saura forcément qu'ils sont adoptés puisqu'ils seront officiellement "nés" de deux hommes ou de deux femmes, et ceux dont on l'ignorera puisqu'ils seront inscrits dans un schéma familial classique.


Concernant les contractants du mariage eux même, le Conseil d'Etat s'interroge sur les effets pour les conjoints étrangers. "En outre, l'ouverture des mariages entre personnes de même sexe aux étrangers risque de favoriser les mariages que la doctrine a qualifiés de "boiteux", en ce qu'ils produisent des effets en France mais s'avèrent nuls selon la loi étrangère des époux. Dans des hypothèses exceptionnelles, mais qui doivent être prises en considération, ces mariages pourraient même exposer certains étrangers à des sanctions pénales dans leur pays d'origine". Que se passerait-il en effet si un Iranien marié à un Français et résidant en France à ce titre divorçait, et se voyait forcé de retourner dans son pays d'origine? "Le Conseil d'Etat invite donc le gouvernement à informer les officiers d'état civil, afin de leur permettre d'alerter l'étranger concerné des conséquences que pourraient avoir sur celui-ci son mariage avec une personne de même sexe, s'il venait à être connu de ses autorités nationales, surtout en cas de retour dans son pays d'origine".


Enfin, le Conseil d'Etat met en garde le gouvernement d'une façon plus générale sur l'impact d'un tel projet sur les mariages hétérosexuels. "Eu égard à la portée d'un texte qui remet en cause un élément fondateur de l'institution du mariage, [à savoir] l'altérité sexuelle des époux, et compte tenu des conséquences insuffisamment appréhendées par l'étude d'impact qu'un tel changement apportera à un grand nombre de législations, dans l'ordre pratique comme dans l'ordre symbolique, le Conseil d'Etat souligne l'importance qui s'attache au maintien, dans son périmètre actuel, d'un projet qui ouvre le mariage et l'adoption aux couples de même sexe dans les mêmes conditions que pour les autres couples, sans changer en rien les conditions applicables pour ces derniers".


Cet avis du Conseil d'Etat, dont l'opposition réclame la publication depuis deux jours sur les bancs de l'Assemblée, est un avis purement consultatif: il ne devrait donc pas remettre en cause à lui seul l'adoption de la loi par les parlementaires. Et l'opposition a beau jeu de crier à la censure, car les avis du Conseil d'Etat ne sont... jamais rendus publics. Ils servent en revanche au Conseil Constitutionnel, qui devra, lui, prendre la décision de retoquer ou pas le texte. Si le Conseil Constitutionnel suit le Conseil d'Etat, ce sont donc plusieurs pans, et non des moindres, du projet qui pourraient être censurés.


06 février 2013 - Rue 89 - Robin d'Angelo 

Les Indigènes de la République contre l’« homosexualité imposée »

Les Indigènes de la République contre l’« homosexualité imposée »

 

 

 

L’homosexualité, invention occidentale imposée à l’Afrique et au Maghreb, via un « impérialisme des modes de vie » ? C’est la thèse qui se développe dans une partie de l’extrême gauche, alors que la France débat du mariage homo. Flippant.

 

Extrait

C’est une idée en vogue dans les milieux anti-impérialistes : si le mariage pour tous n’a pas la cote dans « les quartiers populaires », c’est parce que ses habitants – descendant en majorité de « colonisés », ne seraient pas sensibles à cette idée occidentale.

Alors que toute la France débat du mariage homo, StreetPress vous signale la parution d’un essai qui vient apporter de l’eau au moulin à cette surprenante théorie : « Les féministes blanches et l’empire », signé Stella Magliani-Belkacem et Félix Boggio Ewanjé-Epée, aux éditions La Fabrique.

 

Un petit livre vert (110 pages) dans lequel les deux auteurs affirment que « l’homosexualité, comme identité » est « une notion » occidentale qui n’est pas adaptée au monde arabe et africain. Et par « analogie », pas adaptée non plus à ceux qui en sont issus : les habitants des « quartiers populaires ».

Suite...


06 février 2013 - Huffington Post - Par Caroline Mecary, avocate au barreau de Paris, auteur de "L'amour et la Loi, homos hétéros, mêmes droits mêmes devoirs", Alma éditeur décembre 2012

"L'autre maman": les oubliés du projet de loi #mariagepourtous

"L'autre maman": les oubliés du projet de loi #mariagepourtous

 

 

Le tribunal de grande instance de Paris vient de rendre le 8 janvier 2013 une décision qui met à jour une nouvelle fois et de manière cruelle les lacunes de l'actuel projet de loi sur le mariage.

 

C'est l'histoire ordinaire de ce que l'on appel le parent de fait (par opposition au parent légal), celle que l'on appelle "l'autre maman". "L'autre maman" c'est cette femme qui a vécu plusieurs années avec une femme avec laquelle, le plus souvent, elle s'est pacsée. Ensemble les deux femmes ont construit un projet parental et ont eu recours à l'assistance médicale à la procréation (AMP) dans l'un de ces pays voisins qui l'autorisent.

 

Dans ce contexte un enfant est né et qui bien qu'élevé par le couple de femme, n'a qu'une mère légale qui lui transmet nom, patrimoine et exerce l'autorité parentale (c'est cela que permet le fait d'être légalement parent). La compagne de la mère, "l'autre maman", bien qu'élevant l'enfant jour après jour n'est titulaire d'aucun droit ni devoir sur l'enfant qu'elle a pourtant souhaité, attendu et qu'elle éleve. Et comme les couples de personnes de même sexe ne sont ni plus ni moins vertueux que les couples de sexe différent il arrive qu'ils se séparent et c'est là que les choses prennent un tour carrément pénible.

 

Passe encore que durant la vie commune l'enfant soit juridiquement moins bien protégé que dans un couple hétérosexuels puisque "l'autre maman" ne dispose d'aucune prérogative qui lui permettrait de pallier l'absence de la mère en cas d'urgence par exemple en cas d'accident, mais si rupture il y a, alors là c'est le grand néant juridique, "L'autre maman" peut et le plus souvent disparaît corps et âme de la vie de l'enfant du seul fait de la volonté de la mère légale, qui peut ainsi l'effacer purement et simplement de le vie de l'enfant : il suffit qu'elle le veuille il suffit qu'elle le décide. "L'autre maman" va disparaître d'autant plus, si le tribunal comme dans cette affaire du 8 janvier 2013 ordonne une expertise médico psychologique et la confie à deux experts dont l'un est notoirement connu pour son opposition à l'homoparentalité.

 

Double drame, double douleur et pour l'enfant privé d'une part structurante de son histoire résultant de sa relation avec la compagne de sa mère et pour "l'autre maman" privé d'une fille ou d'un fils auxquels se sera consacré durant des années. Cette décision du TGI de Paris est loin d'être la seule du genre et montre à quel point la loi qui devrait protéger également chacun est ici lacunaire. Et l'actuel projet de loi sur le mariage et l'adoption ne résout en aucune manière cette question qu'il ne prévoit pas (car l'adoption de l'enfant du conjoint via le mariage est impossible puisque par définition le couple parental ne va pas se marier puisqu'il est séparé). Comment résoudre une telle situation qui met en relief la précarité juridique des enfants dans les familles homoparentales ?

 

En premier lieu en ouvrant la procréation médicalement assistée aux couples de femmes. En effet si "l'autre maman" avait été un homme stérile, ayant bénéficié d'un don de gamète, dans le cadre d'une assistance médicale à la procréation en France, il aurait été, dès la naissance, considéré avec un parent légal de l'enfant, même s'il ne l'est pas biologiquement, de sorte qu'en cas de séparation du couple il a les mêmes droits et les mêmes devoirs que la mère et l'enfant ne peut en aucune manière voir le lien affectif rompu du jour au lendemain comme il peut l'être dans un couple de femmes. Voilà pourquoi les couples de lesbiennes revendiquent, avec raison, la possibilité de recourir légalement à l'AMP, seule voie à même de garantir une totale sécurité juridique pour l'enfant avec une déclaration de parenté dès la naissance de l'enfant au profit de "l'autre maman". Si ouvrir l'AMP en France aux couples de lesbiennes permet concrètement de résoudre les situations à venir, cela ne permet pas de résoudre les situations antérieures à l'ouverture de l'AMP. Pour celles-ci, bien trop nombreuses au point qu'une association s'est créee il y a quelques semaines, regroupant des centaines "d'autres mamans", force est de constater que le droit français actuel est lacunaire (1).

 

Il y a bien une disposition du code civil qui permet au juge - en fonction de l'intérêt de l'enfant (qui dépend du juge...) de maintenir une relation entre l'enfant et un tiers - c'est comme cela qu'est dénommée "l'autre maman" dans la loi : un tiers, mais cette disposition ne procure aucune garantie pour l'enfant de voir la relation maintenue avec "l'autre maman" (le jugement du 8 janvier 2013 en étant une illustration topique). Le législateur du futur serait bien inspiré en envisageant de recourir à la notion de possession d'état, concept juridique qui permet d'établir un lien de filiation par l'écoulement du temps et cela même si l'adulte qui revendique cette possession d'état n'est pas biologiquement le parent de l'enfant car juridiquement la possession d'état n'est pas liée à la biologie. Les éléments constitutifs de la possession d'état mettent à jour ce qu'est au fond la filiation : l'enfant est traité par "l'autre maman" comme si il était son enfant et en retour l'enfant considère "l'autre maman" comme un parent ; l'enfant est considéré de notoriété publique comme l'enfant de "l'autre maman". Le fait que la possession d'état puisse établir valablement le lien de filiation montre que la parenté n'est pas calquée sur le lien biologique mais sur le soin et l'entretien quotidien aux côtés de l'enfant. La possession d'état n'est soumise à aucune obligation de conformité à un modèle naturaliste, elle peut s'affranchir de toute réalité biologique car la filiation comme toutes les règles de droit, est une construction sociale.

 

1.Nom donné à une nouvelle association qui vient de se créer. : www.lautremaman.org


06 février 2013 - Atlantico - Par Alain Fabre est à la tête d’une société indépendante de conseil financier aux entreprises. Il a commencé sa carrière comme économiste à la Banque de France avant de rejoindre la Caisse des Dépôts et Consignations, puis la Cie Financière Edmond de Rothschild.

Mariage homo : la passion égalitaire, ou le projet fou d'abolir toutes formes de différences

Mariage homo : la passion égalitaire, ou le projet fou d'abolir toutes formes de différences

 

Pour Tocqueville, l'égalité au sens où l'entend Christiane Taubira est une idéologie de la servitude, consistant à abolir tous les cadres sociaux indispensables à la construction d'une appartenance, d'une conscience de soi.

 

Parlons de la question de l'égalité en général, puisque c'est au nom de l'égalité que les partisans du projet développent tous leurs arguments. De même que c'est au nom de l'égalité qu'on massacre les entreprises et les entrepreneurs. L'égalité est une idéologie de l'asservissement. Ce n'est pas la poursuite d'un projet politique tendant vers la justice. 


En fait derrière cette histoire il y a un projet dévastateur qui repose sur le projet proprement fou – presque faustien – de l'abolition de toute forme de différence. On a affaire à une histoire qui consiste à vouloir créer une société de l'indifférenciation. Il n'y a pas de projet sauf celui qui consiste à tout casser de la Nation à la Famille. Il faut oser les majuscules ! Une fois que l'on a tout démoli, que l'individu est affranchi de toute contrainte, qu'obtient-on ? Rien, parce que c'est le rien qui est l'objectif. 

 

Comme en fiscalité, l'objectif n'est pas d'ouvrir de nouveaux droits – là aux homo, sinon on ferait l'union civile – mais c'est d'abolir l'idée que l'autre peut être différent – l'homme de la femme, le patron du salarié – le projet ne cherche pas à enrichir les salariés mais à anéantir la richesse du patron. Dans le cas du mariage homo, on ne cherche à créer de nouveaux droits ; on cherche à abolir ce sur quoi le mariage repose, qui est : la différence des sexes. 

 

Il y a au moins deux familles de pensée libérale. Celle de Hayek : toute contrainte autre que celle que l'individu se donne est illégitime. Ce n'est pas la mienne même si je partage certains accords avec Hayek. Mais c'était l'époque du keynésianisme triomphant. Il ne faut pas oublier que des penseurs comme Hayek ou Schumpeter ont proclamé leur libéralisme avec la conviction très forte que le socialisme allait gagner. 

 

De mon côté, j'appartiens davantage au libéralisme "classique" de Montesquieu et de Tocqueville à Raymond Aron. En économie, cela donne Smith Ricardo ou Walras. Cela signifie que la société fonctionne sur l'idée qu'il faut des limites et des forces de rappel, faute de quoi on fabrique de la tyrannie. Il peut y avoir aussi une tyrannie des marchés. Et Tocqueville a beaucoup souligné le despotisme doux des sociétés où l'individu est souverain sans limite. 


Revenons à la France mais restons dans cette problématique. Pour dire les choses à la manière de Tocqueville, les socialistes manière Hollande veulent forcer l'émergence d'une société d"individus "semblables et isolés". Pour Tocqueville comme pour moi – Hayek aussi – l'égalité manière Taubira, est une idéologie de la servitude. Elle consiste à abolir tout ce qui constitue les cadres sociaux qui sont indispensables à la construction d'une appartenance, d'une conscience de soi. Cela se forge dans des cadres sociaux forts – la Nation, la famille, l'entreprise. Tocqueville souligne le rôle fondamental de la religion – à partir de son enquête américaine – par sa capacité à produire une sorte d'antidote et d'encadrement de la passion égalitaire. Cela fonctionne encore aujourd'hui.

Suite...

06 février 2013 - Blog Le Salon Beige

Que dit le Conseil d'Etat sur ce projet de loi ?

Que dit le Conseil d'Etat sur ce projet de loi ?

 

Le gouvernement ne veut pas le révéler, malgré les interrogations répétées des députés UMP hier en séance :


"M. Jacques Myard. Ce rappel au règlement, sur la base de l’article 58, alinéa 1, concerne, bien sûr, l’organisation du débat et la nécessité d’éclairer totalement le Parlement, opposition comme majorité : je veux parler de l’avis du Conseil d’État sur le présent projet de loi. De ce que j’en ai entendu dire, il est visiblement important, car il soulève nombre de problèmes et de questions. Même si ce rapport est destiné au Gouvernement aux fins de l’instruire, il me semble utile que la représentation nationale soit également informée. C’est la raison pour laquelle, madame la garde des sceaux, madame la ministre déléguée chargée de la famille, je souhaiterais que ce rapport soit remis à tous les députés."


"M. Xavier Breton. [...] M. Myard le disait très bien, des interrogations juridiques demeurent mais elles pourraient être levées si nous avions connaissance de l’avis du Conseil d’État. [...] Nous attendons donc les réponses de la garde des sceaux, du rapporteur et du président de la commission des lois, et nous demandons à nouveau que nous soit communiqué l’avis du Conseil d’État."

Suite...


06 février 2013 - Métro

Mariage homosexuel : la France raillée par ses voisins européens

Mariage homosexuel : la France raillée par ses voisins européens

 

 

Alors que le débat enflamme l'Assemblée nationale et que les opposants au mariage gay restent ultra-mobilisés, Metro a interrogé des journalistes étrangers pour connaître leur regard sur le projet de loi qui divise tant le pays. Le constat est sans appel.

 

"Indigne", "glaçant", "hypocrite". Le débat sur le mariage pour tous, qui donne lieu à des échanges passionnés depuis des mois en France, étonne et déçoit nos voisins européens. Dernier pays en date à avoir fait passer la réforme du mariage pour les couples homosexuels : la Grande-Bretagne et son gouvernement... conservateur. "Avec des débats beaucoup moins houleux qu'en France", souligne pour Metro Philip Turle, rédacteur en chef adjoint à la rédaction anglaise de RFI, qui ajoute que "la population anglaise n'a pas du tout manifesté". Les Britanniques ont donc beaucoup de mal à comprendre, poursuit-il, "pourquoi autant de réticences, de débats, et de clivages outre Manche, alors que même l'Espagne a réussi cette avancée sociale". Il faut croire que "la France est en retard par rapport à l'Europe", conclut-il.Autre pays réputé pour son conservatisme, l'Espagne a en effet adopté la loi il y a maintenant huit ans. Aujourd'hui, les médias raillent "l'hypocrisie à la Française". A l'instar du grand quotidien El Pais, qui ne fait pas de cadeau à son voisin, critiquant vertement son "marathon de séances parlementaires inutiles" donnant lieu à des "arguments fallacieux et des anachronismes sociaux sans précédent". "Chez nous aussi, la société demeure très partagée sur le sujet", affirme le journaliste Juan Pedro Quinonero, correspondant pour le journal conservateur espagnol ABC. "Toutefois, note-t-il, j'ai été très surpris par la diversité des opposants dans la 'Manif pour tous' à Paris, où l'on retrouvait aussi bien des familles traditionnelles que modernes". L'Hexagone serait-il donc plus réac' qu'on ne le croit ?Des politiques qui "manquent de courage""Je n'imaginais pas la France aussi conservatrice !", s'étonne ainsi la journaliste belge Joelle Meskens, correspondante pour Le Soir. En poste depuis quinze ans à Paris, elle se dit pourtant "stupéfaite par la virulence des débats". "En Belgique, nous dit-elle, où la loi est passée il y a dix ans, il n'y a eu aucune manifestation". Aujourd'hui, "les Belges suivent de près ce débat en France et sont étonnés par ce feuilleton incroyable, si passionné". Pour la journaliste, cela révèle un vrai paradoxe : "la France met en avant sa laïcité en toutes occasions, or il apparaît avec ce débat que les religions ont encore une réelle influence sur les mentalités".Le Britannique Philip Turle se montre beaucoup plus sévère. Et s'en prend directement à la classe politique française dans son ensemble. Avec, d'un côté, une "droite qui n'élève pas le débat" : "on a entendu des dérapages indigne d'un élu", déplore-t-il. De l'autre, un "gouvernement qui manque de courage". "L'équipe de François Hollande, comme le président lui-même, manque d'expérience politique et de la poigne nécessaire pour mener un débat jusqu'au bout", estime le journaliste. "La société française n'aime pas le changement et son gouvernement est incapable de la rassurer".Pire, "il tergiverse sur la PMA, en faisant des petits pas en avant puis en arrière, ce qui montre bien un vrai manque de fermeté politique", assure-t-il. Pour lui, la France devrait regarder en dehors de ses frontières et prendre exemple : "Quand on voit qu'en Grande-Bretagne c'est le parti conservateur qui a fait passer cette réforme sans problème, il faut se poser des questions sur la maturité de la classe politique française".


06 janvier 2013 - Agora Vox TV - Par : Pr Maurice BERGER, chef de service pédopsychiatrie du CHU de Saint-Étienne ; Jean-Marie PETITCLERC, éducateur salésien, polytechnicien, fondateur de l’association Le Valdocco ; Dr Denis GRAVERIAU, pédiatre ; Frigide Barjot ; Pr René ECOCHARD, chef de service biostatistique aux Hospices civils de Lyon ; Bertrand VERGELY, philosophe ; Aude MIRKOVIC, juriste, maître de conférences en droit privé à l’université d’Evry ; Me Rafael de LA VEGA, avocat à Madrid ; Benoit de SAINT-SERNIN, porte parole de l’Association Les Adoptés ; Nourdine MLANAO, président du Conseil supérieur de la diversité, sociologue ; Isabel SANTOS MALSCH, présidente de la Fédération des familles de France du Rhône ; Blanche STREB, docteur en pharmacie - Le point sur le PMA et la GPA

La guerre métaphysique que cache le "mariage pour tous"

La guerre métaphysique que cache le "mariage pour tous"

 

 

Le 26 janvier 2013 se tenaient les États généraux de l’enfant, organisés par l’association Cosette et Gavroche. L'intervention du philosophe et théologien Bertrand Vergely vaut particulièrement le détour. Il montre que, dans ce débat sur le "mariage pour tous", deux visions de l'Homme s'affrontent, l'une considérant que nous devons respecter certaines limites naturelles, l'autre - constructiviste - que nous pouvons créer, selon notre bon vouloir, une néo-humanité. Il a écrit un article sur le sujet, dont voici un extrait intéressant :

"Jusqu’à présent, la rationalité de la société repose sur la notion de limite et avec elle surl’idée que tout n’est pas possible. Tout ne se décrète pas. Tout ne se fabrique pas. Limite positive autant que protectrice, l’idée que tout ne se décrète pas nous préservant de la dictature du Droit et l’idée que tout ne se fabrique pas nous préservant de la dictature de la Science. Avec le mariage gay et l’ouverture à la possibilité pour couples gays de recourir à l’adoption ainsi qu’à la procréation médicalement assistée, il va en être autrement. L’idée que rien n’est impossible va voir le jour en enterrant la notion de limite. Voyant le jour, plus rien ne va nous protéger de la dictature du Droit et de l’idée que tout peut se décréter. Plus rien ne va nous protéger de la dictature de la Science et de l’idée que tout peut se fabriquer. On obéissait la Nature qui, comme le dit Montaigne, est « un doux guide ». Nous allons désormais obéir à la Science et au Droit. La Nature évitait que l’Homme n’obéisse à l’Homme. Désormais, l’Homme va obéir à l’Homme sans que l’Homme n’obéisse à quoi que ce soit. Dostoïevski au 19e siècle comme Léo Strauss au 20e siècle voyaient dans le « Tout est possible » l’essence du nihilisme. Ils redoutaient comme Nietzsche que celui-ci n’envahisse l’Europe en ne se faisant aucune illusion cependant à ce sujet. Avec le mariage gay, l’adoption et la procréation assistée pour couples gays, le « Tout est possible » va devenir une réalité et, avec lui, le nihilisme sous la forme du triomphe sans partage de la Science, du Droit et de l’Homme."

 

Dans la conférence, Vergely revient aussi sur une déclaration polémique qu’il a faite, selon laquelle le mariage homosexuel lèvera tôt ou tard l’interdit de l’inceste. Le débat est posé : veut-on une humanité qui obéit uniquement à son désir, et que la science va bientôt pouvoir entièrement excaucer ? Ou veut-on conserver une humanité qui accepte la limitation d’une transcendance, Dieu pour les uns, la Nature pour les autres ?

Suite...

 


05 février 2013 - Le Monde Idées - Par Martine Gross, auteure de plusieurs ouvrages sur l'homoparentalité dont Qu'est ce que l'homoparentalité ? (Payot, 2012) et Choisir la paternité gay (Eres, 2012).

Mariage homosexuel : "Fonder la filiation sur l'engagement parental plutôt que sur la nature"

Mariage homosexuel : "Fonder la filiation sur l'engagement parental plutôt que sur la nature"

 

 

Sylviane Agacinski, dans sa tribune du 3 février, fait remarquer à juste titre que la procréation médicalement assistée (PMA) telle que pratiquée en France nie la personne du donneur, l'identifie trivialement à quelques cellules, l'objet de son don, et fait passer les parents pour des géniteurs. Elle dénonce un peu plus loin une pratique qui commence à se banaliser, la commande de gamètes sur Internet sans voir que c'est notre système actuel qui précipite les futurs parents dans cette voie. Quand la prohibition se tient en lieu et place d'un encadrement légal éthique et protecteur, il ne reste plus que les marchés parallèles pour réaliser un désir d'enfant aussi puissant chez les couples de même sexe que chez les autres.

 

Mais elle a tort de rapprocher la PMA, telle qu'envisagée pour les couples qu'elle appelle "classiques" de celle des couples de même sexe. En effet, dans ces derniers, la tentation de passer pour avoir procréé sans l'aide d'un tiers n'est pas jouable. S'il y a bien des familles PMA où le donneur est évoqué ce sont les familles homoparentales. Si des couples de femmes témoignent ne pas "vouloir d'un père" pour construire leur famille, cela ne veut pas dire qu'elles nient l'existence d'un géniteur. Géniteur et père ne sont pas synonymes. Ces couples de femmes distinguent clairement paternité et procréation et leur conception de la paternité fait honneur aux pères. Elles les considèrent comme des personnes qui s'impliquent au quotidien auprès de leurs enfants et ne font pas que contribuer àdonner la vie. Elles ne nient pas l'existence du géniteur mais elles ne veulent pas de lui comme père dans la vie quotidienne familiale.

 

Sylviane Agacinski regrette les conséquences sur la filiation de la loi ouvrant le mariage aux couples de même sexe. La filiation telle qu'organisée et pensée depuis des siècles s'en trouverait bouleversée. En introduisant des parents de même sexe, la loi accoucherait d'un modèle inédit de filiation qui ne s'appuierait plus sur les seuls faits de procréation.

 

RESPONSABILITÉ ET ENGAGEMENT PARENTAL

Pourtant, ce nouveau modèle de filiation est-il si nouveau ? Même si notre droit cherche toujours à faire coïncider procréation et filiation, celle-ci est d'abord et toujours une parole d'engagement. La présomption de paternité n'est rien d'autre qu'un engagement à l'avance à prendre pour enfants ceux qui naîtront dans le cadre des noces, nul besoin que le père soit réellement le géniteur. La reconnaissance est l'engagement d'un homme à prendre un enfant pour fils ou fille, peu importe qu'il en soit ou non le géniteur. L'adoption enfin est un engagement pris devant le juge. Il y aurait peu à faire pour permettre une filiation de deux parents de même sexe et de manière générale faire place à la pluralité des formes familiales. Ce serait fonder notre droit de la famille sur la responsabilité et l'engagement parental plutôt que sur la confusion entre sexualité, procréation et filiation.

Notre système n'autorise pour le moment que ceux dont la sexualité peut passerpour procréatrice à établir la filiation envers leurs enfants. Ce système pseudo-procréatif oblige les couples infertiles à passer pour des géniteurs et les enfants adoptés à passer pour être nés de leurs parents adoptifs. Un modèle fondé sur l'engagement permettrait de distinguer les dimensions biologique et juridique : les origines, être né de, et la filiation instituée, être fils ou fille de. Ce modèle permettrait de reconnaître qu'un enfant est toujours né d'un homme et d'une femme, qu'il est le fils ou la fille de ceux ou celles qui s'engagent à être ses parents.

 

Sylviane Agacinski tout comme les opposants au projet de loi, affirment deux convictions.

D'une part que sexualité et procréation doivent rester inextricablement liées. Seule la sexualité procréatrice, c'est-à-dire l'hétérosexualité, serait une sexualité légitime. La procréation doit résulter d'une union sexuelle ou à défaut passer pour telle. Une telle conviction, outre qu'elle fait place à l'expression de l'homophobie en affirmant la supériorité de l'hétérosexualité sur l'homosexualité, ignore voire combat des évolutions telles que la contraception qui délie la sexualité de la procréation, ou la procréation médicalement assistée (PMA) qui délie la procréation de la sexualité.

 

Lorsqu'on combat une telle vision de la sexualité, une sexualité pour le plaisir, on ne peut que s'opposer à toute forme de légitimation de l'homosexualité. De son côté, la PMA permet à des couples infertiles de procréer sans union sexuelle. La plupart de ceux qui s'opposent à la PMA pour les couples de femmes, ne s'opposent pas à ce que des couples infertiles de sexes différents puissentrecourir à un don de gamètes en se faisant ensuite passer pour les géniteurs de leurs enfants nés de ce don. Les lois de bioéthique qui encadrent le recours au don de gamète organisent un mensonge légal. Les familles homoparentales ébranlent la construction de cette fiction qui fait toujours passer les parents pour des géniteurs. Elles rendent à la fois possible et nécessaire de revenir sur le sens que l'on donne aux mots : père, mère, parents et atteignent en cela la deuxième conviction des opposants.

 

La deuxième conviction exprimée est que d'autre part, filiation et procréation devraient rester inextricablement liées. Les définitions attachées aux termes parent, père, mère devraient signifier un lien biologique. Des parents ne sauraient être autres que des géniteurs et on parle de ces derniers comme de plus "vrais" parents que les autres. Ce faisant on hiérarchise, comme on l'a fait pour la sexualité, les parents qui procréent et ceux, qui ne procréent pas. Pourtant les parents adoptifs sont d'aussi "vrais" parents que ceux de naissance. Pourtant, ces couples qui ont recours à un don de gamète, qu'ils soient de même sexe ou de sexes différents ont réalisé leur projet parental en donnant autant d'importance au fait de procréer qu'à celui d'être seulement partie prenante de ce projet.

 

LE LIEN DE FILIATION N'EST PAS SYNONYME DE LIEN BIOLOGIQUE

Les enfants qui sont les leurs ne seraient jamais venus au monde sans ce projet parental qui trouve sa réalisation dans le fait que l'un procréé avec l'aide d'un tiers et l'autre pas. Dans le recours au don, celui ou celle qui ne procréé pas est autant "vrai" parent que l'autre. Le père qui a eu recours à un don de sperme pour mettreau monde un enfant n'est pas moins père que celui qui a procréé sans l'aide d'un tiers. De même, la femme qui a eu recours à un don de sperme pour que sa compagne puisse enfanter. Tous les deux, dans un cas comme dans l'autre, sont des parents, non parce qu'ils ont procréé, mais parce que sans le projet parental du couple qu'ils forment respectivement avec leur compagne, leur enfant n'aurait jamais vu le jour.

 

Sylviana Agacinski, comme les manifestants du 13 janvier, a semble-t-il du mal àadmettre que le lien de filiation n'est pas synonyme de lien biologique. Des parents peuvent être liés biologiquement à leurs enfants et ils peuvent tout aussi bien ne pas l'être. Mais tant que le droit encouragera la confusion entre filiation et procréation, entre parent et géniteur, il sera difficile à certains d'admettre qu'un enfant puisse avoir deux parents de même sexe.

 

Une filiation homoparentale ferait sauter ces montages de notre culture procréative car les parents de même sexe ne cherchent pas à passer pour les géniteurs de leurs enfants. Cette culture procréative est héritée des principes naturalistes du droit canonique pour lequel sexualité, conjugalité et procréation devraient coïncider. Le Vatican interdit en effet la procréation en dehors des rapports sexuels (Donum Vitae, 1997 ; Charte des personnels de la santé, 1995). Notre droit devra s'affranchir de ce modèle naturaliste pour tenir compte de l'évolution des configurations familiales et des progrès scientifiques en matière de procréation assistée. Fonder la filiation sur l'engagement parental plutôt que sur la nature, permettrait de protéger tous les enfants, quel que soit leur environnement familial. L'ordre fondé sur la nature serait remplacé par un autre ordre : celui de la responsabilité et de l'engagement.


05 février 2013 - Rue 89 - Par Blandine Grosjean

Le mariage gay, c’est la porte ouverte à toutes les fenêtres

Le mariage gay, c’est la porte ouverte à toutes les fenêtres

 

 

Depuis que l’on débat du « mariage pour tous », il semble que la France soit en passe de devenir la patrie du docteur Folamour. Un tas de fléaux vont s’abattre sur notre patrie. Mais pas sur l’Angleterre qui a voté mardi, paisiblement, l’ouverture du mariage aux homosexuels. Les fléaux ne passent pas la Manche.

 

Nous allons donc avoir la plaie de la Procréation médicalement assistée (PMA), qui a permis la naissance de centaines de milliers d’enfants aux sein de couples hétérosexuels depuis des décennies (22 000 par an fabriqués sur le sol français, on ne compte pas les autres), et occupe les députés depuis six jours alors que ce n’est pas dans le texte de loi ; la Gestation pour autrui (GPA) pratiquée couramment aux USA et à laquelle des milliers de couples hétéros français ont eu recours. Elle n’est pas non plus dans le texte de loi, mais dans les colonnes du Figaro depuis six jours : « Taubira ouvre la voie à la GPA ».

 

Mais aussi la zoophilie, l’inceste, la famille monoparentale, la perte de repère paternel ou maternel, les problèmes psychologiques à la seconde génération, la fin de la civilisation, l’invasion des étrangers, l’esclavage, le retour du nazisme. Sans rire.

 

Bref, le mariage gay c’est un peu la porte ouverte à toutes les fenêtres. Et presque toujours « aux pires dérives ».

Suite...


04 février 2013 - Le Plus Nouvel Obs - Par Laura-Maï Gaveriaux, Philosophe

Mariage gay : la "philosophe" Sylviane Agacinski signe un texte indigent et rétrograde

Mariage gay : la "philosophe" Sylviane Agacinski signe un texte indigent et rétrograde

 

 

Après un week-end entier de travail et une nuit blanche à l'Assemblée nationale, les débats sur l'adoption par les homosexuels, ainsi que sur la procréation médicalement assistée, semblent loin d'être terminés. Chacun y va de son argumentation sur les notions de filiation et de parentalité. Notre contributrice a été choquée par une tribune de Sylviane Agacinski portant sur ces questions. Elle explique pourquoi.

 

Depuis que le débat sur l’ouverture de l’institution du mariage aux couples de même sexe a surgi dans l’opinion publique, j’ai eu l’occasion d’écrire sur le sujet un certain nombre de fois… et j’ai pu avoir l’impression de me répéter à autant de reprises. D’autant que la question rencontre certains de mes travaux antérieurs (la marchandisation du corps, la possibilité de conceptualiser la filiation, l’injonction identitaire).

 

À ce titre, il n’y a rien de plus décourageant que de devoir encore entendre parler de "lois de la nature", d’ "enfants Playmobil" ou de "décadence du mariage", alors que je suis les débats législatifs depuis maintenant six jours.

 

Mais à la lecture de la tribune de Sylviane Agacinski sur Le Monde en date du dimanche du 3 février 2013, c’est plus que du découragement qui m’envahit : c’est de l’exaspération. Une mauvaise argumentation, tant par sa forme que par la nature rétrograde de son propos, signée par une "philosophe", et que les lecteurs peu avertis vont considérer comme parole d’expert… Venant de l’une de mes aînées dans la profession, l’une de mes consœurs, ce texte m’est douloureux. Et j’espère réussir à m’en expliquer ici point par point.

 

L'erreur politique de S. Agacinski : un déshonneur

Commençons par l’argument politique. Je tiens à préciser que je ne suis pas à l’aise en le formulant, car il fait référence à des éléments personnels. Mais enfin, ma conception désacralisée de la politique me convainc de l’utiliser : Mme Agacinski, compagne de l’ex-Premier ministre Jospin, signe une tribune qui donne des éléments de langage à l’UMP, en plein milieu d’une discussion parlementaire au cours de laquelle les propos les plus détestables ont pu être prononcés à l’encontre du gouvernement, des parlementaires de la majorité et des homosexuels.

 

Pourquoi commettre une telle trahison envers sa famille politique ? Elle a écrit un ouvrage, il y a quelques années ("Corps en miettes"), où ses positions envers ces questions sont connues. Elle n’avait aucunement besoin de se faire l’alliée objective des opposants au texte, dont certains n’hésitent pas à utiliser son nom comme argument d’autorité pour légitimer quelques propos des plus nauséabonds. À mes yeux, c’est là un véritable déshonneur. Quand bien même fut-elle opposée à cette loi, au moins aurait-elle pu veiller à ne pas se voir associée aux orateurs les plus insultants de cette joute politique.

 

Elle confond les notions de procréation, de parentalité et de filiation

Continuons sur l’argument de forme : la tribune de Mme Agacinski est un mauvais texte, animé d’une malhonnêteté intellectuelle certaine. Il fait la confusion entre filiation, parentalité et procréation, sans jamais définir aucun de ces termes, sans jamais délimiter clairement les champs qu’ils recouvrent.

 

La procréation recouvre le champ biologique et médical : il s’agit du fait, pour l’espèce humaine, d’engendrer un individu humain.

 

La parentalité recouvre le champ social et juridique : il s’agit du fait d’être reconnu comme parent (père, mère, sœur, frère etc.) de fait, ou en droit (par une désignation du livret de famille, ou par l’usage).

 

La filiation recouvre le champ philosophique et symbolique : il s’agit de la légation d’une identité personnelle et d’une éthique comme système de valeurs. On parle de filiation au sein de la relation parentale, mais on parle donc aussi de filiation intellectuelle, par exemple.

 

Des distinctions conceptuelles qu'elle ne fait pas

Le "père" au sens de la parentalité ne recouvre pas nécessairement le "père" au sens de la filiation, dès lors que le père de la filiation est bien compris comme le symbole de la loi (dans son acception normative, qu’il s’agisse de la norme éthique, religieuse, juridique…). Pour le dire en un mot j’ai, avec certains de mes maîtres de philosophie (qu’ils eussent été hommes ou femmes) une relation de filiation bien plus évidente qu’avec ma propre mère (ici entendue comme mère au regard de la procréation et de la parentalité). On le voit, un certain nombre de distinctions conceptuelles sont à faire : Sylviane Agacinski ne les fait pas.

 

Elle assène également des constats de fait, sans jamais en justifier la véracité : d’après elle, on aurait fait émerger la question de l’homoparentalité jusqu’à en faire la question prioritaire des débats… est-ce dans le texte du projet de loi ?

 

D’après elle, "on connaît aujourd’hui les ravages que produit (…) sur les enfants, l’organisation délibérée du secret maintenu autour de la personne de leur géniteur" : qui connaît ? Où est-ce démontré ? D'après quels critères scientifiques ? Elle évoque le principe de responsabilité, un concept forgé par Hans Jonas : elle ne le définit pas, elle ne le contextualise pas, elle n’en indique pas le lien avec son propos.

 

Mme Aganciski, pour une philosophe, vous me semblez avoir oublié nombre de principes argumentatifs, formels et scientifiques par lesquels nous autres philosophes sommes admis aux concours et ensuite reconnus par notre institution… Mais peut-être est-ce la trop grande habitude de leur maîtrise qui vous a fait oublier d’y recourir.

 

Un fond aux implicites inacceptables

J’en viens au texte, et aux implicites détestables qu’il mobilise. Le fait que l’individu humain serait réductible à sa matérialité (sous la plume de celle qui prétend lutter contre cela), et le fait qu’il y aurait des "modèles de filiation" (ce quels qu’il soient).

 

S. Agacinski affirme que la PMA en général transforme des "personnes qui donnent la vie en simples matériaux biologiques anonymes tandis que les enfants deviennent des produits fabriqués à la demande". Elle précise qu’elle désigne bien la PMA dans son ensemble, y compris celle pratiquée au bénéfice de ce qu’elle nomme des "couples classiques", oubliant peut-être que l’homosexualité existait déjà au temps d’Aristote… peut-on faire plus classique que l’Antiquité grecque ?

 

Bref, d’après S. Agacinski, la façon dont un individu est conçu détermine ce qu’il est. Un individu issu de la PMA est "un produit fabriqué" ; l’inverse serait donc le fait qu’un individu issu d’un acte sexuel classique serait un véritable enfant. Mais alors, quid d’un enfant né d’un viol, d’un enfant conçu par accident sur la banquette d’une voiture, quid de l’enfant né d’un devoir conjugal sans amour ?

 

J’ai du mal à imaginer comment une philosophe peut écrire une telle chose, tout en prétendant défendre l’humanisme face à la marchandisation du corps... Il me faut d’ailleurs rappeler que le corps est marchandé en permanence, ne serait-ce que parce que l’on rémunère son médecin. Cet argument qui s’appuie sur la sacralisation du corps est un sophisme navrant de naïveté.

 

Moi je fais partie de ceux qui pensent que l’homme est ce qu’il se fait, que l’on est homme par sa raison pratique (sa faculté morale), que l’homme est homme parce qu’il transcende sa matérialité, et je pense ainsi faire plus œuvre d’humanisme que Mme Agacinski ne le fera jamais : cela parce que j'affirme que peu importe si un individu fut conçu par éprouvette ou en levrette… ce qui compte, c’est ce qu’il se fera être au regard de ses choix fondamentaux.

 

Il n'y a rien de plus contingent que la filiation

S. Agacinski ose affirmer avec l’aplomb insupportable de celui qui s’estime plus éclairé, que l’on "connaît depuis aujourd’hui les ravages que produit souvent, sur les enfants, l’organisation délibérée du secret maintenu autour de la personne de leur géniteur, même lorsqu’un père légal existe et qu’il a joué pleinement son rôle". C’est la deuxième fois que je cite ce passage, mais sa lettre comme son esprit me scandalisent à un point tel qu’il paraît nécessaire à mon cœur, comme à mon esprit, que de m’y arrêter à nouveau.

 

Donc, d’après Mme Agacinski, les enfants adoptés sont des "ravagés" ; les enfants qui ne connaissent pas leur géniteurs seraient des "ravagés" ! Et il y aurait donc bien un modèle de filiation, puisqu’au yeux de Mme Agacinski, notre tort serait de vouloir le remplacer par l'autre modèle qu’ouvrirait la possibilité de la parentalité homosexuelle.

 

Alors peut-être est-il encore une fois nécessaire de rappeler qu’il n’y a rien de plus contingent que la filiation. Je désigne bien ici la filiation au sens où je l’ai plus haut définie, pour ma part.

 

Mme Agacinski, vous aurez beau chercher à normer la famille par la reconnaissance parentale de l’acte de procréation, la filiation reste une histoire de trajectoire humaine : il n’y a rien de plus rebelle à la modélisation que l’homme dans ce qu’il a de psychique et d’affectif.

 

Mme Agacinski, vous insultez tous ceux qui sont engagés dans un lien de filiation qui ne recouvre pas la parentalité. Comme si l’on pouvait manipuler la conscience, l’inconscient, l’amour, les affinités intellectuelles pour les faire coïncider avec la biologie, la tradition judéo-chrétienne ou l’encre fanée d’un texte, le Code civil, écrit et promulgué par un régime aussi poussiéreux qu’il fut liberticide : le régime napoléonien.

 

La peur d'être dans son temps

Je l’ai déjà écrit, je le répète ici : toutes les familles sont des lieux de névroses, tous les enfants de gays seront névrosés et cela ni plus ni moins que les enfants d'hétéros ! Vous pensez que vous pouvez créer une famille parfaite dans laquelle accueillir un enfant qui ne souffrira jamais de son histoire familiale ? Vous êtes dans le déni du fait que la famille, l’amour, l’humain seront toujours l’occasion de souffrances, de secrets, de recherche heureusement, aussi, de joies.

 

Mme Agacinski peut bien penser ce qu’elle veut de ce projet de loi : toutes les opinions sont respectables (tant qu'elles sont légales), et la peur qui motive son attitude face aux réalités du présent, semble être la peur sincère d’une femme de son temps : le temps d’avant.

 

Après tout, l’on n'attend pas du Dom Juan de Molière qu’il soit athée, l’horizon mental d’un homme du XVIIe siècle ne pouvant envisager l’athéisme… Mais qu’elle ne vienne pas signer des tribunes d’autorité à un moment où elle sait qu’elle deviendra l’égérie de toute une frange de politiciens cyniques et d’homophobes illuminés. Ou alors qu’elle le fasse : mais qu’elle renonce à se présenter comme une philosophe.


04 février 2013 - Le Monde Idées - Par Sylviane Agacinski, Philosophe. A travaillé sur la question de la différence et du différend sexuels dans la démocratie (Politique des sexes, Seuil 2002), dans la théologie (Métaphysique des sexes, Seuil 2005 ) et au théâtre (Drame des sexes, Seuil, 2008). Avec "Corps en miettes" (Flammarion, 2009), elle critique la marchandisation du corps humain et conteste la réduction du sexe au genre dans Femmes entre sexe et genre (Seuil, 2012).

Deux mères = un père ?

Deux mères = un père ?

 

 

Rien n'illustre mieux la coriacité de la dissymétrie des sexes que la confrontation de chacun avec la question de la procréation. Comme tout le monde, les homosexuels rencontrent cette question et, jusqu'à présent, ils n'avaient pas d'autre possibilité que de se tourner vers une personne de l'autre sexe.

 

Ce qui a changé, au point de faire émerger la notion d'homoparentalité, c'est la possibilité, au moins apparente, de se passer de l'autre sexe pour "avoir" des enfants, comme on l'entend dire si souvent à la radio : telle actrice célèbre "a eu des enfants avec sa compagne". On en oublierait presque ce que cette merveilleuse performance doit aux techniques biomédicales et au donneur de sperme anonyme mis à contribution en Belgique ou en Californie.

 

Mais le don de sperme et l'insémination artificielle sont depuis longtemps pratiqués en France pour des couples "classiques" dans le cadre de la procréation médicalement assistée (PMA) sans que l'on s'en émeuve ni que l'on s'interroge sur la transformation des personnes qui donnent la vie en simples matériaux biologiques anonymes tandis que les enfants deviennent des produits fabriqués à la demande et par là même, dans certains pays, des marchandises. On connaît aujourd'hui les ravages que produit souvent, sur les enfants, l'organisation délibérée du secret maintenu autour de la personne de leur géniteur, même lorsqu'un père légal existe et qu'il a joué pleinement son rôle.

 

Ainsi, la première réflexion qui s'impose à nos sociétés modernes, avant tout bricolage législatif sur les modalités de la filiation, concerne la distinction, fondamentale en droit, entre les personnes et les choses. Le philosophe Hans Jonas regardait la responsabilité des êtres humains à l'égard de leur progéniture comme l'archétype de la responsabilité. Les donneurs de sperme et les donneuses d'ovocytes sont d'abord des êtres humains : on dit qu'ils donnent des cellules à "un couple", alors qu'ils contribuent à donner la vie à un enfant, que celui-ci le saura un jour et demandera des comptes.

 

Non pas qu'il aura souffert dans son enfance, mais parce que, en tant que personne lui-même, il voudra savoir de quelles personnes il est issu et quelle est son histoire humaine. C'est pourquoi il est urgent d'entreprendre une réflexion globale sur le rôle de la médecine procréative et sur les conditions éthiques de ses pratiques, quels que soient les couples auxquels sont destinées ces pratiques. Un projet de loi sur la famille ne peut certainement pas remplacer une telle remise à plat.

En se tournant vers le Comité consultatif national d'éthique, le président de la République va dans le bon sens. Le problème est différent pour les hommes - dissymétrie sexuelle oblige -, car la procréation homoparentale nécessite un don d'ovocytes et l'usage de mères porteuses.

 

Là encore, cette pratique ne concerne pas seulement les couples gays. Mais ce sont eux qui militent le plus activement pour sa légalisation, par exemple par la voix du groupe Homosexualité et socialisme ou celle des associations LGBT (lesbiennes, gays, bi et trans). A cet égard, les positions du gouvernement paraissent claires. Il exclut toute légalisation de l'usage de femmes comme "mères porteuses", conscient de la marchandisation du corps qu'elle entraîne inévitablement, avec l'exploitation des femmes socialement fragiles, comme cela se passe dans d'autres pays.

 

Mais il est alors inquiétant et incohérent que Dominique Bertinotti, la ministre déléguée chargée de la famille, s'obstine à annoncer qu'on continuera à examinercette question ; ou que la ministre de la justice, dans une circulaire pour le moins inopportune, accorde un certificat de nationalité aux enfants nés de mères porteuses à l'étranger. Il faut savoir que les enfants nés de cette façon disposent d'un état civil délivré par le pays où ils sont nés, qu'ils ne sont nullement dépourvus de papiers d'identité et peuvent mener une vie familiale normale. On ne pourraitcomprendre que, par des voies détournées, on donne finalement raison à ceux qui contournent délibérément la législation en vigueur.

 

Mais n'est-ce pas d'abord aux futurs parents eux-mêmes qu'il appartient de s'interroger sur leur démarche et leur projet ? Et d'abord aux femmes, puisqu'elles peuvent d'ores et déjà commander sur le Net des échantillons de sperme. Les tarifs des "Sperm banks" sont disponibles en ligne, avec les photos et les caractéristiques des donneurs.

 

Un autre champ de réflexion concerne l'homoparentalité en tant que nouveau modèle de filiation.

 

Le principe d'un mariage ouvert à tous les couples rassemble très largement les Français, alors que le principe de l'homoparentalité les divise.

 

Un statu quo conservateur n'aurait guère de sens. Oui, il est possible d'instituer un mariage entre personnes de même sexe. Cette innovation est souhaitable puisqu'elle contribuera à assurer une pleine reconnaissance sociale aux couples homosexuels qui l'attendent. Mais elle transforme la signification de l'ancien mariage, dans la mesure où son principal effet était la présomption de paternité de l'époux, qui n'a pas de sens pour un couple de même sexe.

 

Cette présomption de paternité n'a pas disparu du mariage moderne, mais celui-ci a profondément changé. Ainsi, les droits de tous les enfants reposent désormais sur l'établissement de leur filiation civile, c'est-à-dire leur rattachement aux parents qui les ont conçus et/ou reconnus, mariés ou non. La colonne vertébrale de la famille est ainsi essentiellement la filiation, tandis que le mariage des parents devient en quelque sorte accessoire.

 

Dans ce contexte, on se demande si la véritable égalité ne serait pas d'appliquer à tous les mêmes droits : celui de se marier pour les adultes, et, pour tous les enfants, une filiation établie selon les mêmes critères et les mêmes règles.

 

Or tel ne serait pas le cas si l'on distinguait une "homoparentalité" et une "hétéroparentalité", à savoir deux parents de même sexe ou de sexes différents.

 

La capacité de quiconque à être un "bon parent" n'est évidemment pas en cause. De nombreux homosexuels ont d'ailleurs des enfants avec un partenaire de l'autre sexe, et ils ne prétendent pas fonder leur paternité ou leur maternité sur leur homosexualité. A l'inverse, l'homoparentalité signifierait que l'amour homosexuel fonde la parenté possible et permet de remplacer l'hétérogénéité sexuelle du père et de la mère par l'homosexualité masculine ou féminine des parents.

 

Les formules, devenues courantes, de parents gays et lesbiens signifient la même chose. Et lorsque la ministre de la famille annonce qu'il faudra s'interroger sur "les nouvelles formes de filiations tant hétérosexuelles qu'homosexuelles", elle substitue également au caractère sexué des parents leur orientation "sexuelle". Ainsi, il s'agit bien de créer un nouveau modèle de filiation.

 

Selon le modèle traditionnel, un enfant est rattaché à un parent au moins, généralement la mère qui l'a mis au monde, et si possible à deux, père et mère. Y compris dans l'adoption, la filiation légale reproduit analogiquement le couple procréateur, asymétrique et hétérogène. Elle en garde la structure, ou le schéma, à savoir celui de l'engendrement biologique bisexué. C'est ainsi que l'on peutcomprendre l'anthropologue et ethnologue Claude Lévi-Strauss lorsqu'il écrit que"les liens biologiques sont le modèle sur lequel sont conçues les relations de parenté". Or on remarquera que ce modèle n'est ni logique ni mathématique (du type : 1+1), mais biologique et donc qualitatif (femme + homme) parce que les deux ne sont pas interchangeables. C'est la seule raison pour laquelle les parents sont deux, ou forment un couple.

 

Même si cette forme n'est pas toujours remplie (par exemple lorsqu'un enfant n'a qu'un seul parent ou qu'il est adopté par une personne seulement - la différence sexuelle est symboliquement marquée, c'est-à-dire nommée par les mots "père" ou "mère" qui désignent des personnes et des places distinctes. Cette distinction inscrit l'enfant dans un ordre où les générations se succèdent grâce à la génération sexuée, et la finitude commune lui est ainsi signifiée : car nul ne peutengendrer seul en étant à la fois père et mère.

 

La question se pose alors de savoir ce qui est signifié à l'enfant rattaché, par hypothèse, à deux mères ou à deux pères. Un tel cumul signifie-t-il que deux pères peuvent remplacer la mère ? Que deux mères peuvent remplacer le père ? Une lesbienne militante, qui ne veut pas ajouter un père à son couple féminin, témoigne dans un magazine : "Deux parents, ça suffit ." Et une autre : "Moi je ne veux pas me coltiner un père pour être mère." Comment ne pas entendre ici une dénégation virulente de la finitude et de l'incomplétude de chacun des deux sexes ?

 

La crainte qu'on peut ici exprimer, c'est précisément que deux parents de même sexe ne symbolisent, à leurs yeux comme à ceux de leurs enfants adoptifs (et plus encore de ceux qui seraient procréés à l'aide de matériaux biologiques), une dénégation de la limite que chacun des deux sexes est pour l'autre, limite que l'amour ne peut effacer.


04 février 2013 - Blog La Manif pour Tous

HISTORIQUE ET INVISIBLE !

HISTORIQUE ET INVISIBLE !

 

 

L’adoption plénière par les couples de même sexe a été votée en première lecture à l’Assemblée nationale dans la nuit de dimanche à lundi sans que personne ne s’en aperçoive !

Dans la foulée, les députés ont voté ce lundi après-midi le changement du mode d’attribution du nom du père pour tous les enfants, sous la pression des lobbies féministes.

Alors que 55% des Français sont contre, l’adoption plénière d’un enfant par deux personnes de même sexe a été adoptée dans le plus grand silence médiatique cette nuit à l’Assemblée nationale par des députés au bord de l’épuisement – comme manifestement les journalistes qui n’ont rien vu passer ! Tous les amendements de l’opposition proposant de séparer l’union de la filiation ont été rejetés, dans l’indifférence générale.


Cette nuit, une filiation nouvelle entre deux hommes ou deux femmes a été votée par les députés, tandis que les débats se tenaient en pleine nuit jusqu’à 8 heures du matin et que les médias bruissaient encore des passes d’armes entre le gouvernement, le Premier ministre et le président du groupe PS sur la PMA !

 

Ce vote résulte de l’adoption de l’article 1er bis (nouveau) inclus dans un chapitre 1er bis nouveau traitant des « dispositions relatives à la filiation adoptive ».


Si ce vote est confirmé au Sénat, des enfants seront légalement reconnus comme étant nés de deux hommes ou de deux femmes !

 

Par ailleurs, une autre révolution concernant l’identité civile de tous est survenue au détour de l’article 2 : la modification de l’attribution automatique du nom du père à l’enfant, au profit de celui des deux parents. La disposition, inscrite dans l’article 2 du projet de loi, prévoit qu’en cas d’absence de choix des parents, ou de désaccord, le nom de famille de l’enfant sera composé des deux patronymes de ses parents, dans l’ordre alphabétique.

 

On assiste ainsi à un débat et à un vote fait de « ruse », d’« entourloupe », n’en déplaisent à Madame Taubira ! Nous assistons à une mascarade de démocratie parlementaire, politique et médiatique !


04 février 2013 - Mediapart Blog - Par Philippe Jorrand

Le mariage homosexuel ? Oui ! Mais pas comme ça.

Le mariage homosexuel ? Oui ! Mais pas comme ça.

 

 

 

"Egalité pour tous !", exigeaient les pancartes. Egalité n'est pas identité. Plus lucide est la reconnaissance de la différence, plus belle est l’égalité. Soyons différents, et nous pourrons être vraiment égaux.
 
Mardi 29 janvier, discours de Madame Taubira, Garde des Sceaux, devant l’Assemblée Nationale. Plaidoyer impressionnant, enraciné dans l’histoire. Ponctué aussi de quelques paroles véhémentes : « Qu’est-ce que le mariage homosexuel va enlever aux couples hétérosexuels ? Alors s’il n’enlève rien nous allons poser des mots… ».


C’est vrai, s’il s’agit d’instituer un mariage homosexuel, cela n’enlève rien aux couples hétérosexuels. Mais ce n’est pas le mariage homosexuel que Madame Taubira vient défendre. C’est un projet construit par modification d’un texte de loi déjà existant, dont la logique produit une loi unique pour instituer non pas un mariage homosexuel, mais un mariage pour tous : les articles de la loi qui instituait le mariage d’une femme avec un homme sont transformés pour accueillir, aussi, les couples de personnes de même sexe. Aussi : pas en plus du mariage hétérosexuel, mais le même que le mariage hétérosexuel.


Plus que le détail du texte, c’est l’esprit de la loi qui importe : au nom de l’égalité, instituons un mariage pour tous. Tout part de là. Faisons une loi unique pour tous, un même texte qui soit porteur du même sens, de la même pertinence pour tous les couples, quelle que soit leur orientation sexuelle, hétéros, gays, lesbiennes, bi ou trans. La loi doit éviter tout traitement différencié des couples, la loi ne doit évoquer aucune différence. Le couple d’une femme et d’un homme ne doit être qu’une sorte parmi d’autres sortes de couples, sans que nulle part ne lui soit reconnu un rôle particulier qui le rendrait spécial, différent des autres sortes de couples. Au nom de l’égalité.


Au nom de quelle égalité ? « Oui à l’égalité des droits ! », exigeaient les pancartes. Mais ceux qui marchaient avaient-ils à l’esprit l’égalité, la vraie, proclamée par l’Article I de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme ? Il y a des raisons d’en douter. En réduisant l’égalité à un gommage de différences, la figure imposée de la loi unique défigure l’égalité. C’est une lourde confusion de sens. Différence n’est pas inégalité, ni obstacle à l’égalité. Oblitérer la différence n’engendre pas l’égalité. Plus lucide est la reconnaissance de la différence, plus belle est l’égalité. Les inspirateurs de cette loi ne peuvent pas ignorer cela : leur projet ratatine l’idéal d’égalité.


Cette confusion, ce brouillage des différences sont intentionnels. Au nom de l’égalité dévaluée, il fallait qu’aucun couple n’apparaisse plus important qu’un autre d’aucune manière. Il y avait donc urgence à passer sous silence l’exclusivité qui devenait dérangeante du couple hétérosexuel : l’altérité, homme et femme. La loi devait oublier qu’homme et femme ils sont, sinon ce serait reconnaître que ce couple est à part, privilégié, unique, sans lui la société n’est plus : c’est à l’altérité sexuelle que l’humanité doit de demeurer vivante malgré qu’elle soit composée d’individus mortels.


À cela, les couples homosexuels ne contribuent pas. Mais la vérité est là : ils sont hommes, ils sont femmes, ils vivent, ils aiment. Alors tant mieux si la République institue un jour un mariage pour les couples homosexuels. Tant mieux, ils gagneront enfin pleine reconnaissance, cela éteindra le regard de réprobation et fera taire les paroles d’exclusion. Tant mieux, ces couples seront, comme les couples hétérosexuels, autant de points d’ancrage nouveaux pour la cohésion et la solidarité dont notre société fragile a tellement besoin. Tant mieux, même si ces couples n’ont pas la capacité d’engendrer les générations nouvelles. Égalité n’est pas identité, l’égalité vraie sera alors en vue.


Oui, tant mieux, mais pas comme ça. Pas au prix d’une loi qui doit ignorer la fonction éminente des couples formés d’une femme et d’un homme. La loi qui instituait le mariage d’une femme et d’un homme, par sa seule présence parmi les lois de la République, était l’affirmation de cette exclusivité du couple hétérosexuel : la société lui confie son avenir. Ce n’est pas dévaloriser le couple homosexuel que de reconnaître cela. En condamnant cette loi à disparaître, le mariage pour tous fait taire la proclamation de ce service si ordinaire, et pourtant extraordinaire, rendu à la société par une femme et un homme.


Les conséquences sont graves, parce que la loi est le lieu unique, presque sacré, où une société se dit à elle-même ce qu’elle est, énonce pour elle-même ce qu’elle veut être. « Il n’y faut toucher que d’une main tremblante », disait Montesquieu. Le mariage pour tous en arrache sans précaution une clé de voute. Alors non, Madame le Garde des Sceaux, dire que ce projet de loi « n’enlève rien » aux couples hétérosexuels est contraire à la vérité. Cette loi leur enlève la reconnaissance du rôle essentiel que la société ne peut confier qu’à eux, et qui lui assure existence, continuité, évolution et avenir.


Madame Taubira poursuit, et accuse: « Et nous parlons d’égoïsme pour ceux qui s’imaginent qu’une institution de la République pourrait être réservée à une catégorie de citoyens ». Du fait que je suis hétérosexuel, j'appartiens donc désormais à une « catégorie de citoyens ». Non ! Mon orientation sexuelle est d'ordre privé et n'a rien à voir avec mon inscription dans la citoyenneté ! Ou est-ce déjà, par la bouche de Madame le Garde des Sceaux, l'arrivée de l'idéologie du gender, selon laquelle l’orientation sexuelle est la seule distinction qui vaille entre les personnes, car il faut se débarrasser de la vieille idée d’une humanité faite d'hommes et de femmes, qui n’est qu’un montage social issu de l’histoire et de la domination masculine.


Dire non au mariage pour tous en affirmant que l’altérité sexuelle est fondatrice de l’humanité, n’est pas un pauvre argument puisé dans les naïvetés du « c’est la nature ». Cela restera vrai aussi longtemps que la société ne sera pas gouvernée par l’horreur totalitaire du « Meilleur des Mondes » d’Aldous Huxley, dans laquelle sexualité et procréation n’ont plus rien à voir l’une avec l’autre. Le procès de naturalisme n’est pas recevable. L’altérité sexuelle n’est réductible à rien d’autre. Vouloir le faire oublier est un acte violent, à un moment où la société a plutôt besoin d’attention délicate, car n’est-elle pas, déjà, sur le chemin de l’oubli ?


04 février - Le Monde

Transmission du patronyme : ce que la loi sur le mariage pour tous changerait

Transmission du patronyme : ce que la loi sur le mariage pour tous changerait

 

 

Le député UMP Hervé Mariton, fer de lance de l'opposition au mariage pour tous, est revenu, lundi 4 février, sur l'une des dispositions de la loi concernant le nom patronymique des enfants. Cette disposition, inscrite dans l'article 2 du projet, concerne la dévolution du nom de famille : en cas de désaccord ou d'absence de choix des parents, les noms de chacun d'eux, accolés dans l'ordre alphabétique, seront donnés à l'enfant, alors qu'actuellement c'est le nom du père qui est attribué.

 

Pour M. Mariton, il s'agit d'une "révolution" qui "avance masquée". "Là où aujourd'hui un enfant s'appelle Durand, il s'appellera demain Durand-Martin, sauf si les parents demandent explicitement qu'il s'appelle Durand", a-t-il expliqué, précisant que cet accolement automatique des deux noms des parents concernera tous les couples, homosexuels comme hétérosexuels.

 

Jusqu'à présent, selon l'article 357 du code civil en vigueur depuis le 1er janvier 2005, en cas d'adoption de l'enfant du conjoint ou d'adoption d'un enfant par deux époux, l'adoptant et son conjoint ou les adoptants "choisissent le nom de famille qui lui est dévolu : soit le nom du père, soit le nom de la mère, soit leurs deux noms accolés dans l'ordre choisi par eux dans la limite d'un nom de famille pour chacun d'eux. En l'absence de déclaration conjointe à l'officier de l'état civil mentionnant le choix du nom de l'enfant, celui-ci prend le nom de celui de ses parents à l'égard duquel sa filiation est établie en premier lieu et le nom de son père si sa filiation est établie simultanément à l'égard de l'un et de l'autre"'.


Il est donc déjà possible aujourd'hui de donner le nom de la mère, du père ou des deux parents. La principale modification du projet de loi sur le mariage pour tous concerne l'éventualité d'un désaccord des parents sur le nom à donner. L'article 357 modifié stipule qu'"en l'absence de déclaration conjointe mentionnant le choix de nom de l'enfant, celui-ci prend le nom de l'adoptant et de son conjoint ou de chacun des deux adoptants, dans la limite du premier nom de famille pour chacun d'eux, accolés selon l'ordre alphabétique." Une disposition rédigée pour les cas de filiation adoptive qui viendra s'appliquer à l'article 311-21 qui réglemente la transmission du nom des parents.


Ce ne sera donc plus le nom du père qui sera transmis automatiquement mais les noms des deux parents. Si le député UMP Marc Le Fur a estimé que disposition était synonyme de "l'effacement du père", il faut noter qu'il sera toujours possible, à la demande des parents, de donner soit le nom du père, soit celui de la mère à son enfant.


04 février 2013 - Nouvelles de France - Par Alexis Aguettant anime un blog consacré à l’idéologie du gender

Lettre ouverte d’un père en colère au lobby des lesbiennes

Lettre ouverte d’un père en colère au lobby des lesbiennes

 

 

 

Le 3 octobre, la Cour européenne des Droits de l’homme va entendre une affaire mettant en cause l’impossibilité pour une femme d’adopter le fils de sa compagne en raison du refus du père de l’enfant (affaire X et autres c. Autriche). Ce refus faisant obstacle à l’adoption par la compagne de la mère, les deux femmes ont demandé à la justice de déchoir le père de ses droits parentaux et d’autoriser l’adoption de telle sorte que la femme adoptante se substitue au père de l’enfant. Il faut savoir que si l’enfant devait être adopté, le père perdrait tout contact avec son fils, il n’aurait plus le droit de le voir.

 

Cette affaire est portée par le lobby international LGBT. L’avocat des requérants est le directeur européen de l’International Lesbian, Gay, Bisexual, Transgender & Intersex Law Association (ILGLaw) et conseiller juridique d’ILGA-Europe. Il est également membre d’ECSOL, un réseau européen de juristes militants LGBT dont fait partie la bien-connue Me Caroline Mécary. Ces organisations interviennent en outre dans la procédure.

 

« En demandant à la justice d’évincer le père pour prendre sa place, vous rendez-vous seulement compte de l’absurdité de votre demande dans l’affaire que vous avez eu l’audace (l’inconscience ?) de présenter devant la Cour européenne des Droits de l’homme après avoir été déboutées par la justice de votre pays ?

 

Allons droit au but : mesdames, que pensez-vous qu’un père fasse dans la vie d’un enfant ? Est-il à ce point relatif à vos yeux pour justifier vos actions militantes ? Les pères séparés qui se battent, à juste titre, et avec bravoure, et courage, tout du moins pour ceux qui ne se sont pas suicidés à ce jour (et il y en trop), pour que le lien entre leurs enfants et leurs deux parents soient réellement respectés par le parent obtenant la garde de l’enfant, s’offusquent (et le mot est faible) que vous fassiez aujourd’hui un procès absurde dont l’objectif final n’est autre que couper le lien entre un enfant et son père.

 

Mesdames, vous êtes les aiguillons d’une vision politique que les pères séparés ne partagent pas, car eux savent très bien le prix de la paternité, car ils se battent, répétons-le, depuis tant d’années pour être avec leurs enfants le plus naturellement du monde. Aussi découvrir aujourd’hui que vous tentez d’évincer juridiquement un père qui voit et s’occupe de son enfant, cela est inqualifiable : vous avez dépassé, avec les nombreux réseaux qui vous soutiennent, la ligne rouge. Vous prétendez être discriminées (ah le grand mot dont vous espérez peut-être qu’il vous fera gagner la combat de l’opinion encore une fois) parce que la justice de votre pays, l’Autriche, vous a simplement rappelé qu’il n’existe pas de droit à l’adoption d’un enfant qui a déjà père et mère.

 

Mesdames, vous faudra-t-il vous renvoyer faire un petit cours d’éducation sexuelle ? Rappelez-vous, c’était en biologie. D’accord, cela ne volait pas haut, mais au moins cela avait le mérite de nous rappeler (de nous apprendre pour certains) que les enfants ne naissent pas dans les choux, et que non, ce ne sont pas les cigognes qui délivrent par voie d’air les bébés. Allons Mesdames, un peu de bon sens et cessez votre militantisme de combat qui fait rire les pères séparés en colère dont je suis. Et de quel bois donc se chauffe un père en colère ? Je souris face à vos abus tellement vous avez dépassé la ligne de la décence.

 

Est-il nécessaire de vous rappeler l’article 9 de la Convention relative aux droits de l’enfant qui stipule dans son alinéa 3 que « les États parties respectent le droit de l’enfant séparé de ses deux parents ou de l’un d’eux d’entretenir régulièrement des relations personnelles et des contacts directs avec ses deux parents », reconnaissant de ce fait que l’intérêt premier de l’enfant est de garder des liens avec son père et sa mère ?

Vous voulez nous laisser penser que votre cause est inéluctable, parce que votre lobby des lesbiennes a su se bâtir une aura dans les milieux médiatiques, qui vous donnent, jusqu’à ce jour, et jusqu’à nouvel ordre, un porte-voix propice à diffuser, et distribuer, le qualificatif d’homophobe à toutes les personnes peu réceptives à votre verbiage militant. Mais nous savons, nous qui sommes des pères séparés, que pour nos enfants, nous ne laisserons pas s’enraciner vos projets farfelus et pour tout dire subversifs au regard des enjeux du genre. Pour éclairer les débats passionnants qui s’annoncent, citons l’un de vos alter-ego qui, dans un colloque à vocation juridique, en France, un certain 24 juin 2010, présente les choses on ne peut plus clairement : « Nous espérons que l’analyse en terme de genre jouera une fonction subversive… ». Combien vaut de personnes un père en colère bien informé à votre avis ? Une question que je laisse à votre vive sagacité, subversive, il va de soit.

 

Mesdames, vous n’avez pas eu le courage de dévoiler votre nom dans cette affaire, vous avez préféré demander l’anonymat. Vous y avez droit ; mais avez-vous informé le père de votre démarche auprès de la Cour de Strasbourg ? J’en doute. Et l’enfant, est-il d’accord ? La procédure à Strasbourg ne prévoit pas de recueillir sa volonté : étant mineur, sa mère agit en son nom et il n’a pas d’avocat personnel.

 

Face à votre anonymat, vous comprendrez donc que cette lettre soit « ouverte » afin que, peut-être, par les voies médiatiques qui vous sont tant familières, à vous et à votre lobby des tendres et si désirantes lesbiennes, vous aurez quelques échos de la présente lettre pour qu’un beau et grand débat se fasse sur l’enfant et ses intérêts les plus essentiels, mais aussi sur le genre, ce concept si subversif et si tendance parmi vous.


03 février 2013 - Blog - Anonyme

On a voulu

On a voulu

 

 

 

  • On a voulu respecter les différences : on a donc décidé de les gommer. 
  • On a voulu abolir les inégalités entre les familles : on a donc dit que tous les systèmes se valaient. 
  • On a refusé tout risque de discrimination : on a donc asexué, castré, dépersonnalisé, neutralisé, aseptisé, vidé, déshumanisé les mots 
  • On avait dit que le mariage était la reconnaissance de l’amour entre deux personnes : on a embarqué les enfants dans l’aventure – même si la liberté de chacun s’arrête là où celle de l’autre commence
  • On a voulu avoir des enfants : on a donc fabriqué des enfants sans parents
  • On a voulu que les enfants puissent se faire sans père ou sans mère : on a donc décidé de faire comme si, en falsifiant les mots, parce que l’objectivité et le fonctionnement de la nature ont un fâcheux côté facho (« et pourtant… », comme qui dirait…)
  • On a voulu qu’un enfant puisse avoir deux pères : on a donc demandé à une porteuse de couver l’enfant d’une donneuse pour que surtout aucune mère ne puisse s’y attacher
  • On a voulu qu’un enfant puisse avoir deux mères : on a donc dématérialisé le père et on l'a réduit à un fournisseur de gamètes non-identifié
  • On a voulu tenir compte de la parentalité symbolique, affective, éducative, qui fait grandir tout un chacun : on a donc décidé que la chair et le sang étaient négligeables, facultatifs, que c’était un détail de l’histoire, sujet à interprétation et tout à fait relatif
  • On a trouvé que la différence des sexes était secondaire dans l’éducation des enfants : par souci de justice, on leur a donc donné deux fois ce qu’ils avaient déjà et enlevé ce qu’ils étaient en droit d’attendre
  • On a entendu des enfants dire qu’ils avaient souffert de ne pas avoir de parents des deux sexes – mais c’est parce qu’ils ont été mal influencés par la société : la preuve en est que les enfants normaux et sains d’esprit sont très contents dans cette situation (il faut vraiment être névrosé pour réclamer un père et une mère !)
  • On leur a répondu qu’il n’y avait pas de situation idéale : alors on a relativisé tout idéal, en chargeant la loi d’ajouter des difficultés institutionnalisées aux difficultés de fait
  • On a rencontré des gens qui n’étaient pas d’accord : mais c’était forcément une race inférieure – ultramarins, catholiques, homophobes de tous poils, pas comme nous, les gens intelligents, éclairés, modernes, happés par l’irrésistible appel du Progrès, suiveurs béats et zélés des courants de l’Innovation - bientôt le premier Salon de la Famille ?
  • On avait dit qu’il n’y aurait pas d’ouverture à la PMA - et hué le millionnaire de gauche Pierre Bergé qui trouvait que louer ses bras ou son ventre était du même ordre: mais par pragmatisme, et fort opportunément, on a préparé l’avènement de la GPA au cas où les mentalités évolueraient plus vite que prévu, qu’on puisse leur courir après en ayant une chance de les rattraper
  • On a combattu par ailleurs la société de consommation et dénoncé la réduction de l’homme à sa valeur marchande : on a donc ouvert la voie légale au sperme sur catalogue et aux locations de ventre
  • On a dit qu’on était un pays libre : on a donc imité les pays alentour : il ne sera pas dit que le pays des Lumières est un pays plus réfléchi, plus prudent ou plus sage ! 
  • On avait dit qu’il y aurait débat pour favoriser la grande démocratie participative: on a donc convié tous ceux qui étaient d’accord avec nous, pour se féliciter avec eux d’avoir raison
  • On a dit qu’on devait appliquer les propositions du programme de la campagne, mais on est allé plus loin, plus vite, plus fort, pour montrer notre aptitude à la modernité 
  • On a promis… puis on a laissé faire ce qu’on n’aurait jamais pensé faire… parce qu’on a lâché les rênes depuis longtemps … qu’on a compris qu’on ne ferait rien contre la crise… à part une guerre au Mali pour soigner notre ego… alors on en a rajouté d’autres… pour montrer qu’on prenait des initiatives… et qu’on laisserait sa trace… dans l’histoire des malheurs… de l’incohérence… de l’absurdité … et du cynisme humains.

03 février 2013 - Sud Ouest - Par Jean-Claude Guillebaud

Le temps des mufles

Le temps des mufles

 

 

Soyons clair : le spectacle que nous donne aujourd'hui l'Assemblée nationale est consternant. Injures, ricanements, attaques personnelles, etc., le débat sur le mariage gay libère - dans les deux camps - des torrents d'invectives. Il en va de même, ces temps-ci, sur la scène médiatique. Quand des catholiques intégristes de Civitas s'en prennent aux naufrageurs de la civilisation ; quand les partisans du mariage pour tous sombrent eux aussi dans la muflerie haineuse, nous avons envie de prendre la fuite.


Je pense à l'incontinence langagière du milliardaire « de gauche » Pierre Bergé. Comme il est copropriétaire du « Monde », sauf exception, la presse nationale a fait semblant de ne pas avoir entendu. Alors qu'elle tombe régulièrement sur le dos de Serge Dassault, autre milliardaire incontinent - mais de droite -, disons qu'elle a plutôt épargné Bergé. Et pourtant ! Il a posé sans rougir de honte cette « question » : « Louer son ventre pour faire des enfants ou louer ses bras pour travailler en usine, quelle différence ? » Un autre jour, sur son compte Twitter, il a stigmatisé les opposants au mariage gay en les assimilant à des antisémites. Cette allusion « hitlérienne » malodorante a d'ailleurs été reprise cette semaine au Parlement par le député socialiste Christian Assaf. Le crétinisme est bien partagé !

 

Dans les médias, pas une semaine ne passe sans que surgisse une grosse « bagarre » de mots. On dénonce, on montre du doigt, on diabolise avec une allégresse exterminatrice. C'est tantôt un politique, tantôt un intellectuel, un artiste, un « néoréac », un « crypto-marxiste », etc. Dans presque tous les cas, ce qui frappe dans ces empoignades médiatisées, c'est le contraste entre la violence du ton et la minceur du contenu. Derrière l'injure, on devine l'absence d'un vrai point de vue, c'est-à-dire une réflexion minimale, une vision du monde à court terme.

 

Au sujet du mariage gay, ce vide relatif des idées n'est pas surprenant. On avance ici dans des territoires inconnus. Les questions annexes qui se posent - procréation médicalement assistée, gestation pour autrui - n'étaient même pas connues il y a seulement dix ans. Le débat est théoriquement condamné à se nourrir et à s'enrichir en avançant. À condition que l'injure ne remplace pas l'argument. Or ladite injure se fait d'autant plus méchante qu'elle n'a plus guère d'autre logique que quelques vagues inimitiés tribales, des réflexes mimétiques assez courts ou de médiocres jubilations assassines. Tout sauf une opinion, au sens construit du terme. En d'autres termes, ce n'est pas la cohérence d'un point de vue qui nourrit la violence, c'est son absence ou sa minceur.

 

Message implicite : « Je ne sais plus trop quoi penser de la vie, de la politique, du néolibéralisme ou de l'avenir du mariage, alors je cogne ! » Ce n'est plus la radicalité des divergences idéologiques qui justifie aujourd'hui, entre la droite et la gauche, la dureté des querelles, c'est l'évanouissement (provisoire ?) des visions du monde. Dans le tourbillon des grandes mutations qui nous emportent ne restent plus que la haine toute nue et l'appétit de pouvoir. Dans cette guerre de tous contre tous, la muflerie récurrente et l'usage de catégories mentales simplificatrices (« branchés » contre « ringards », etc.) se substituent à la raison raisonnable et à la délibération argumentée.

 

Je garde en tête un ancien travail qui m'avait amené à découvrir les réflexions du grand sociologue allemand Georg Simmel (1858-1918). Il évoquait ce qu'il appelait les « passions indifférenciées ». En clair, soulignait-il, l'affaiblissement des convictions et des différences, loin de pacifier les relations humaines dans une société, les rend carrément meurtrières.

 

Tôt ou tard, la violence pure et simple finit par surgir de ce flou. Certains jours, il me semble, nous en approchons…

 

Ce qui frappe dans ces empoignades médiatisées, c'est le contraste entre la violence du ton et la minceur du contenu

 


1er février 2013 - Le Monde - Par Gaëlle Dupont

"La question de la PMA justifie des états généraux"

"La question de la PMA justifie des états généraux"

 

 

Jean-Claude Ameisen, professeur d'immunologie à l'université Paris-Diderot, est président du Comité consultatif national d'éthique depuis novembre 2012. Le CCNE, créé en 1983, compte 40 membres, dont des médecins, biologistes, juristes, philosophes, sociologues, anthropologues, représentants des religions. Il a pour mission de donner des avis sur les problèmes éthiques en biologie,médecine et santé. François Hollande aurait l'intention d'y faire appel pour l'aidemédicale à la procréation, mais le comité n'a pas été saisi officiellement.

 

Le Comité consultatif national d'éthique a décidé de se saisir de la question de la procréation médicalement assistée (PMA), pourquoi ?

La loi encadre actuellement l'AMP [autre appellation de la PMA] de manière précise. Seuls les couples constitués d'un homme et d'une femme, que des raisons médicales empêchent de concevoir un enfant, peuvent y avoir accès. Mais d'autres demandes se font jour, notamment l'accès des couples de femmes à l'AMP. Une autre, liée aux avancées des techniques de congélation des ovocytes, concerne la possibilité pour les femmes de faire prélever et conserver leurs ovocytes afin de pouvoir envisager de recourir à l'AMP à un âge où leur fertilité sera compromise.

 

Plutôt que de traiter ces questions au cas par cas, nous avons décidé de noussaisir de la question globale de l'AMP. Nous pensons que cette question justifie une réflexion de fond de la société, qui pourrait prendre la forme d'états généraux.

 

Quelles sont les questions soulevées ?

La principale dépasse le cadre de l'AMP et concerne le rôle général de la médecine. La médecine doit-elle se limiter à prévenir et traiter des maladies, ou devrait-elle aussi répondre à des demandes sociétales ? L'Organisation mondiale de la santé définit la santé comme un état de bien-être physique, psychique etsocial. La santé c'est donc plus que l'absence de maladie : c'est du bien-être.
La médecine peut bien sûr y contribuer, mais elle ne peut, à elle seule, permettrede l'atteindre. L'âge de plus en plus tardif de la maternité, qui suscite la demande de prélèvement et d'autoconservation des ovocytes, a pour raison principale les contraintes sociétales imposées aux femmes : problèmes de garde d'enfant, difficulté de poursuivre une carrière en cas de maternité, etc.

Est-il souhaitable de tout demander à la médecine, plutôt que de faire en sorte que la société respecte les droits des femmes, dont celui de choisir le moment de leur maternité ?

 

La médecine permet depuis trente ans aux couples hétérosexuels stériles d'engendrer, ne leur a-t-on pas donné dès cette époque un droit à l'enfant ?

La médecine n'intervient pas en raison d'un droit à l'enfant, mais en réponse à un désir d'enfant qu'une stérilité ou une infertilité pathologique empêche de réaliser.

 

Quels sujets devraient être abordés par les états généraux ?

Il y a la demande d'AMP par des couples de femmes, par des femmes célibataires, par des couples d'hommes (avec demande d'accès à la gestation pour autrui), il y a la demande d'autoconservation des ovocytes... il y a aussi la demande de la levée de l'anonymat des donneurs de gamètes, qui resurgit régulièrement, et qui, dans le cas des couples de femmes, pourrait répondre au souci que l'enfant puisse avoir une référence à son père biologique.

 

Une autre question est celle du remboursement par l'assurance-maladie. Est-ce que des demandes sociétales autour de l'AMP devraient être prises en charge par la collectivité, ou devrait-on considérer, comme en Grande-Bretagne, qu'il ne s'agit pas d'un problème majeur de santé publique, en particulier en cette période de contrainte économique ? Et si tel était le cas, on créerait alors une discrimination par l'argent.

 

Pouvons-nous nous prononcer en ignorant le "tourisme procréatif" ?

L'Europe s'est construite sur des principes communs de respect de la personne, mais dans certains domaines concernant l'éthique biomédicale, les législations peuvent être très différentes, voire contradictoires. En même temps, il y a un droit de libre circulation des citoyens à travers l'Europe. Il faut donc réfléchir au fait qu'il est possible de traverser la frontière pour avoir accès à des pratiques interdites dans notre pays.

L'important est de ne pas pénaliser les enfants : ce serait leur faire porter la responsabilité du comportement de leurs parents, comme cela a longtemps été le cas pour les enfants "illégitimes". Mais reconnaître leurs droits aux enfants nés à l'étranger par gestation pour autrui ne signifie en rien que l'on autorise en France la pratique qui leur a permis de naître.

 

La gestation pour autrui fera-t-elle partie de votre réflexion ?

Oui, en sachant que le CCNE a déjà émis en 2010 un avis négatif sur ce sujet, en raison du risque majeur d'instrumentalisation des femmes. Dans les pays où la gestation pour autrui est autorisée, les "mères porteuses" sont en général d'un niveau socioéconomique moins favorisé que les couples demandeurs. En dehors d'exceptions, auxquelles on pourrait réfléchir, les femmes les plus susceptibles decontribuer sont les plus pauvres et les plus vulnérables.

 

L'avis du CCNE est-il indispensable pour légiférer ?

Non. Mais la loi sur la bioéthique de 2011 prévoit que le CCNE demande d'initierdes états généraux si une modification de cette loi est envisagée. L'ouverture de l'AMP à des indications sociétales nécessiterait une modification de la loi. Nous avons donc décidé, comme le veut la procédure, de consulter l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques et les commissions sociales de l'Assemblée nationale et du Sénat. Si des états généraux avaient lieu, ils rendraient probablement leurs conclusions à l'automne 2013.

 

Que pensez-vous du débat sur le mariage homosexuel ?

Je trouve qu'il ne laisse pas de place à la réflexion. Une des raisons de son caractère véhément est peut-être en partie liée au fait qu'il mêle la question de l'AMP à celle de la loi sur le mariage pour tous, favorisant ainsi une confusion entre deux domaines qui ne sont pas du tout du même ordre.

 

Mais l'essentiel est ailleurs : nous avons une culture du débat qui se limite trop souvent à confronter, parfois violemment, des points de vue déjà établis. Dans d'autres pays, comme les pays d'Europe du Nord, la Grande-Bretagne, le Canada, le débat consiste au contraire en une écoute de l'autre et un dialogue, pourfavoriser une réflexion collective originale qui dépasse le point de vue initial de chacun. C'est cette approche que nous menons depuis trente ans au CCNE, et qui a été conduite par les états généraux de la bioéthique durant l'été 2009. Cela demande de l'humilité, du respect, et du temps.


1er février 2013 - Têtu - Par Dussac Elodie et Carle Laurie, deux hétéros-psycho-solidaires

Construction de l’enfant en famille homoparentale: l’avis des psychanalystes

Construction de l’enfant en famille homoparentale: l’avis des psychanalystes

 

Élodie Dussac et Laurie Carle sont deux étudiantes en Master psychologie qui ont effectué leurs recherches sur le sujets de l’homoparentalité. Estimant que les professionnels du secteurs ne sont pas assez sollicités, elles souhaitent aujourd’hui donner leur avis et ont écrit un essai, appuyé de références scientifiques et psychanalytiques dans le but de proposer des pistes de réflexions objectives.

 

Pour commencer, une pincée d’anthropologie…
Quand on entend dire que le mariage est une «donnée naturelle» (Vergely, philosophe et ethnologue), nous nous demandons sur quoi repose cette affirmation. Peut être pourrions nous émettre un petit bémol quant à cette idée. Le mariage, en tant que concept est universel, mais les modalités de ce dernier varient en fonction des époques, des contextes historiques et culturels (Lévi-Strauss). Dans certaines sociétés Africaines par exemple, comme les Nuer, les femmes stériles peuvent épouser une autre femme, qui elle peut avoir un enfant d’un domestique qui sera par la suite considéré comme descendant des deux épouses. Le mariage semble donc être davantage une construction qui permet la reconnaissance sociale d’une union. Dans son œuvre Les unions du même sexe dans l’Europe antique et médiévale, John Boswell livre un passionnant travail de recherche destiné à la reconnaissance officielle des unions du même sexe. Il a pu démontrer que dans l’antiquité et au début du Moyen-Âge, deux modèles comparables d’unions permanentes et exclusives étaient reconnus : le mariage hétérosexuel, pour la famille et pour la patrie, et l’union homosexuelle fondée sur la réciprocité des sentiments (Claudine Leduc 1998). Comme quoi, c’est possible…

 

Selon Vergely, le mariage assure la protection de la procréation. Il se réduit donc à donner la vie à partir d’un homme et d’une femme. Mais finalement, se marier, n’est-ce que procréer ? Ne pourrait-il pas aussi être la reconnaissance concrète d’un amour partagé ? En ce sens, Françoise Héritier (anthropologue), explique qu’en effet, dans la majorité des cas, les conjoints deviennent parents, mais le mariage permet aussi un épanouissement à deux n’ayant pas forcément pour but de fonder une famille. D’ailleurs, c’est de plus en plus cet aspect qui est au premier plan aujourd’hui, les personnes qui se marient ne le font pas forcément en vue de procréer mais pour «célébrer» leur amour. Dans cette optique, le mariage devrait être un droit pour tous. Les couples qu’ils soient hétéro ou homo unissent avant tout deux êtres humains.

 

Poursuivons avec une once de psychanalyse…
Mais avant toute «psychanalysation», il est primordial de rappeler que l’orientation sexuelle pour un homme ou une femme n’est en aucun cas pathologique dans la mesure ou celle-ci ne porte pas atteinte à autrui. Ce qui peut l’être, en revanche, c’est la manière dont l’individu vit et éprouve sa sexualité. Cette dernière étant souvent corrélée avec la société dans laquelle il évolue, au travers du fait d’être jugé, rejeté ou au contraire adulé.

 

L’homophobie qui éclate actuellement nous a fatalement renvoyées au texte de Freud notamment, sur la notion d’inquiétante étrangeté, et le lien qui peut être fait quant au racisme. C’est cette «particularité de l’effrayant, qui remonte au depuis longtemps connu, depuis longtemps familier». Elle concerne cette part de nous même qui devrait rester dans l’ombre, cachée mais qui ressurgit comme par effraction. Ce qui fait peur dans le «mariage gay» finalement, c’est à la fois l’inconnu et le profondément familier. En d’autres termes, chacun projette sur l’autre ce qu’il ne veut pas voir de lui-même ou ce qu’il perçoit comme dangereux ou déplaisant en lui-même (Kristeva).

 

Cette idée fait émerger la question de la bisexualité psychique qui réside en chacun d’entre nous, question d’ailleurs qui a été très largement travaillée par de nombreux psychanalystes, psychologues et autres chercheurs. L’éducation réside donc en un apprentissage social de rôles sexués. Mais au-delà de ce dernier, nous gardons une part de féminité et de masculinité en chacun d’entre nous. Cette notion de bisexualité psychique nous permet d’aborder la question de l’adoption…

 

Ces dernières semaines particulièrement, on a beaucoup entendu «Un enfant a besoin d’un père et d’une mère». Cela semble d’ailleurs être l’argument d’autorité que posent les opposants au projet de loi. Ce slogan, de nouveau, est tout à fait culturel. Effectivement, pour procréer, il faut un homme et une femme, mais pour élever un enfant? La compréhension que nous avons d’une partie de la théorie psychanalytique, en tant qu’étudiantes en psychologie, nous amène à dire que l’enfant n’a pas besoin d’un père et d’une mère mais plutôt d’imagos parentales. Ce concept s’inscrit dans une dimension symbolique. Dans Vocabulaire de la psychanalyse de Laplanche et Pontalis, l’imago est défini comme étant «une représentation inconsciente» qui permet à l’enfant d’appréhender autrui. Il s’élabore dans les relations précoces entre l’enfant et son entourage. Il ne s’agit pas «d’un reflet du réel, même plus ou moins déformé» mais d’un schéma imaginaire que l’enfant construit. Finalement, ce dernier s’imprègne du «maternel» tant en sa mère qu’en son père. Et inversement, la figure d’autorité ne revient pas qu’au père. Ainsi, l’enfant peut tout à fait se construire en s’étayant sur deux papas ou deux mamans.

 

En ce sens, M. Douville explique très justement dans le magazine Psychologies du mois de janvier 2013, que «sur le terrain comme dans les études, nous avons pu observer que les parents homosexuels ne “fabriquent” pas plus d’homosexuels ni de psychoses que les parents hétérosexuels». Si l’on veut parler en termes d’équilibre et de continuité qui sont primordiaux dans l’établissement des liens précoces avec l’enfant, on pourrait se poser la question de savoir si justement un enfant ne serait-il pas plus épanoui affectivement et intellectuellement dans un milieu homosexuel sain que dans un milieu hétérosexuel négligeant. Nous prenons volontairement cet exemple extrême dans le but d’expliquer que ce qui importe dans l’accompagnement du développement d’un enfant, c’est surtout la relation triangulaire qui va pouvoir être mise en place avec ses deux parents, quel que soit leur sexe.

 

Le débat est loin d’être fermé, mais au plus profond de nous même, nous sommes choquées de voir qu’en 2013, il existe encore des individus qui se battent pour que d’autres n’aient pas accès aux droits fondamentaux dont eux-mêmes bénéficient. Nous espérons surtout que les enfants de ces individus en question, seront suffisamment armés pour se construire et vivre sereinement s’il s’avère qu’un jour ils se rendent compte que leur cœur balance plutôt pour un alter-ego de même sexe. Pour ces personnes concernées, sachez, avec humour et empathie que des psychologues seront toujours là pour vous écouter… À bons entendeurs!


1er février 2013, (retwitté, plublié le 13 novembre 2012) - Mediapart Blog - Par Dominique Ferrières

Les pédophiles réclament les mêmes droits que les homosexuels

Les pédophiles réclament les mêmes droits que les homosexuels

 

 

Depuis de nombreuses années, les pédophiles tentent d'obtenir les mêmes droits que les homosexuels.


Les pédophiles prétendent qu'il est injuste d'être stigmatisé à cause de son orientation sexuelle et que le désir pour des enfants est une orientation sexuelle peu différente de celle des hétérosexuels et des homosexuels.


Bien évidemment, Van Gijseghem, le chantre du SAP, défend cette idée de la pédophilie qui serait une orientation sexuelle comme une autre, de même que l'hétérosexualité et l'homosexualité (voir le passage en gras de l'article). Je rappelle que cet homme est psychologue/expert judiciaire spécialiste des abus sexuels sur enfants. Depuis des années, il défend et soutient des agresseurs d'enfants (présumés ou avérés).

 

Extrait

[...]

Les Républicains ont tenté d'ajouter un amendement spécifiant que ''la pédophilie n'est pas considérée comme une orientation'' ; l'amendement a cependant été rejeté par les Démocrates. Le Républicain Alcee Hastings a exposé que tout mode de vie sexuel différent devrait être protégé par la loi. ''Cette loi se réfère à notre résolution de mettre fin à la violence basée sur des préjugés et pour garantir que tout américain, quelle que soient sa race, couleur, religion, origine, sexe, orientation sexuelle, identité sexuelle ou handicap ou tous ces ''philies'' et fétichismes et ''ismes'' affichés, ne doit pas vivre dans la peur de qui il est. Je presse mes collègues de voter en faveur de cette règle.'

 

'La Maison Blanche a appuyé la loi en disant que, ''au fond, cela ne concerne pas que nos lois ; cela concerne qui nous sommes en tant qu'individu. Cela concerne la valeur que nous nous accordons – si nous acceptons nos différences plutôt que de les autoriser à devenir une source d'animosité.''

En début d'année, deux psychologues canadiens ont déclaré que la pédophilie est une orientation sexuelle exactement comme l'homosexualité ou l'hétérosexualité.


Van Gijseghem, psychologue et ancien professeur à l'université de Montréal, a déclaré aux membres du Parlement, ''Les pédophiles ne sont pas simplement des gens qui commettent un petit délit de temps en temps mais qui sont en proie à ce qui équivaut à une orientation sexuelle, exactement comme un autre individu peut être en proie à son hétérosexualité ou même son homosexualité."

 

'Il continue en disant, ''Les vrais pédophiles ont une préférence exclusive pour les enfants, ce qui revient au même que d'avoir une orientation sexuelle. On ne peut changer l'orientation sexuelle de cette personne. Elle peut, cependant, rester abstinente.''

Quand on lui a demandé s'il comparait les pédophiles et les homosexuels, Van Gijseghem a répondu, ''Si, par exemple, nous vivions dans une société où l'hétérosexualité était proscrite ou interdite et qu'on vous dise que vous devez faire une thérapie pour changer votre orientation sexuelle, vous diriez probablement que c'est un peu dingue.

En d'autres mots, vous ne l'accepteriez pas du tout. J'utilise cette analogie pour dire qu'en effet les pédophiles ne changent pas leur orientation sexuelle.''

Le Dr Quinsey, professeur émérite de psychologie à l'université de Queen à Kingston dans l'Ontario, est tombé d'accord avec Van Gijseghem. Quinsey a dit que les intérêts sexuels des pédophiles vont vers les enfants et, ''Il n'y a aucune preuve que ce type de préférence puisse être changé par un traitement ou quoi que ce soit d'autre.''En juillet, Harvard Publications Médicales a dit, ''

La pédophilie est une orientation sexuelle peu susceptible de changement. Un traitement vise à rendre quelqu'un capable de résister à agir selon ses pulsions sexuelles.''

Suite...


1er février 2013 - Le Point - Par Vanessa Dougnac

En Inde, les dérives de la gestation pour autrui

En Inde, les dérives de la gestation pour autrui

 

 

L'appel à des mères porteuses de la part d'étrangers est devenu un véritable business en Inde. Les autorités tentent d'encadrer le phénomène. Enquête.


 

Extrait

Depuis sa légalisation en 2002, l'appel à des mères porteuses rémunérées s'est banalisé en Inde. Les enjeux éthiques de la gestation pour autrui (GPA) ont fait peu de bruit, au profit de l'approche pragmatique des cliniques spécialisées. Et les nouvelles restrictions du gouvernement, émises sans publicité ni explication, sont d'abord passées inaperçues. Annoncées par le ministère de l'Intérieur fin décembre 2012, elles interdisent désormais aux célibataires et aux couples homosexuels étrangers de recourir à des mères porteuses. Seuls les couples hétérosexuels et "mariés depuis au moins deux ans" pourront user de la GPA. Les intéressés devront demander un visa médical au lieu d'un visa touristique, fournir l'accord écrit de la mère porteuse, et donner l'assurance que le nouveau-né bénéficiera bien de leur nationalité.

Suite...


1er février 2013 - Le Plus Nouvel Obs - Par Olivier Boulnois, Philosophe, médiéviste

Monsieur Hollande, la loi sur le "mariage pour tous" aurait 3 conséquences indésirables

Monsieur Hollande, la loi sur le "mariage pour tous" aurait 3 conséquences indésirables

 

 

"En retirant ce projet, vous agiriez en homme d'Etat" : Olivier Boulnois, directeur d'études à l'Ecole pratiques des hautes études, a écrit une lettre ouverte à François Hollande pour motiver son opposition au mariage homosexuel. Alors que le débat sur le projet de loi fait rage à l'Assemblée, le président de la République lâchera-t-il du lest ?

 

La lettre

Monsieur le président,

 

Le problème posé par la loi sur le "mariage pour tous" n’est pas le droit des adultes à disposer d’eux-mêmes, mais leur droit à disposer d’un autre — l’enfant. Non pas le couple, mais la filiation. Car le mariage institue la relation entre les deux. Or cette loi aurait trois conséquences.

 

1. Elle permettrait automatiquement aux couples de même sexe d’adopter

 

Il n’est pas possible, comme le laissent croire les sondages, de séparer le mariage homosexuel de l’adoption. La possibilité de l’adoption découle immédiatement du mariage.

 

Ce projet renverse la signification du mariage.

 

Jusqu’ici, le mariage visait à protéger l’enfant, pour lui permettre d’avoir un père et une mère. Mais le projet met au centre la toute-puissance des parents : le désir d’enfant, devenu "droit à l’enfant". S’interroge-t-on sur ce que deviendra un enfant qui n’existe qu’à partir du droit des adultes ? Quelle indifférence cela représente pour son épanouissement et sa liberté ?

 

Ici, on décide qu’un enfant adopté ne sera pas élevé par un père et une mère.

 

Nous connaissons tous des situations où un enfant ne connaît qu’un seul de ses parents biologiques. Dans le cas d’un décès, je n’ai jamais vu un orphelin dire que, s’il en avait le pouvoir, il préférerait ne pas connaître le disparu. Dans les familles monoparentales, je n’ai jamais vu un enfant dire que son père ou sa mère absents ne lui ont pas manqué.

 

Certains enfants peuvent surmonter la souffrance subie en raison d’accidents de la vie ; mais a-t-on le droit de la programmer dès le départ ? Comment nier le besoin de l’autre sexe (de père pour les couples de femmes, de mère pour les couples d’hommes), d’une véritable altérité, d’une identité non-fusionnelle ? L’enfant n’a-t-il pas un droit à la différence père / mère ? Que deviendra un enfant qui n’a que la moitié de ses identifications ?

 

L’adoption a pour but de remédier à l’absence d’un père et d’une mère. Et non pas de la créer. Pour qu’elle fonctionne, il faut, selon le droit romain, que ce soit une "fiction crédible" — dans laquelle le psychisme de l’enfant puisse se reconnaître. C’est pourquoi, dit-il, on ne peut pas adopter quelqu’un de plus âgé que soi. Or l’idée d’avoir deux papas ou deux mamans n’est pas crédible. Elle est même contradictoire. Le mot "homoparentalité" cache mal cette contradiction.

 

Vous avez vu quelles acrobaties il a fallu pour rédiger la loi. Le mariage est destiné à transmettre la vie aux générations à venir, et il était impossible d’introduire le mariage homosexuel sans supprimer les mots père et mère (première mouture), ou utiliser des phrases contradictoires : "les dispositions s’appliquent aux parents de même sexe lorsqu’elles font référence au père et à la mère" (dernière mouture) – comme si on disait : "dans ce texte, le mot vert signifie à la fois rouge et vert".

 

 

 Extrait du projet de loi ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe

 

Ce projet est présenté au nom de l’égalité. Mais en quoi un enfant est-il égal à ses parents adoptifs, si ceux-ci ont un père et une mère, et pas lui ?

On répond souvent par deux arguments :

 

1.1. C’est un état de fait à reconnaître

 

La reconnaissance du couple parental permettrait de donner un "statut légal" à l’enfant. Mais n’y a-t-il pas déjà dans la loi et la jurisprudence des dispositions pour protéger ces enfants (tutelle du conjoint pacsé, contrat notarial, droits sociaux, etc.) ? Ou sinon, ne peut-on pas améliorer le Pacs en y intégrant ces dispositions ?

 

On ajoute que, selon certaines enquêtes, les enfants de familles hétérosexuelles et de familles homosexuelles s’épanouissent autant. Mais ces mesures sont très contestées : elles reposent sur des témoignages de volontaires (lire sur Le Plus), qui souvent ne sont pas neutres.

 

Au contraire, certains témoignent avoir souffert "de l’indifférence des adultes aux souffrances intimes des enfants, à commencer par les miennes" :

 

"Dans un monde où leurs droits sont chaque jour évoqués, en réalité, c’est toujours ceux des adultes qui prévalent. J’ai également souffert du manque d’un père, une présence quotidienne, un caractère et un comportement proprement masculins, une altérité par rapport à ma mère et à sa compagne. J’en ai eu conscience très tôt. J’ai vécu cette absence de père comme une amputation." (J.-D. Bunel, Le Figaro, 10 janvier 2013)

 

Ensuite, on peut avoir éprouvé une souffrance ou un handicap et parvenir à les surmonter ; cela ne veut pas dire qu’un autre ait le droit d’infliger cette souffrance ou ce handicap.

 

Surtout, la situation mesurée n’est pas celle dans laquelle la loi nous ferait entrer.

 

Actuellement (sauf PMA et gestation pour autrui), les enfants qui vivent avec un couple homosexuel ont généralement été conçus par la mère avec son partenaire masculin, puis ils se sont séparés, et l’enfant est allé du côté du père ou de la mère qui vit une relation homosexuelle. Mais ils connaissent leur père et leur mère biologiques. (Je parlerai plus loin de l’adoption et de la gestation pour autrui) Ils ne prennent pas le compagnon de leur père pour un deuxième père, ou la compagne de leur mère pour une deuxième mère. Or selon ce projet, ce compagnon ou cette compagne deviendrait leur parent. Le père ou la mère ("biologique") serait éliminé par l’adoption. Ce ne serait pas la même situation.

 

Cela posera des problèmes humains (et donc juridiques) redoutables : dans les familles recomposées avec adoption par le nouveau compagnon ou la nouvelle compagne, l’enfant aurait trois parents. Lorsqu’un enfant adopté retrouve sa mère biologique, cela bouleverse sa filiation adoptive, alors qu’en sera-t-il lorsque le troisième parent sera présent dès le début ?

 

1.2. Le cas du divorce

 

On objecte que les enfants de familles monoparentales ou divorcées ont souvent perdu le contact avec leur père ou leur mère. Mais attention : pour les familles monoparentales, la loi prévoit une injonction de paternité, précisément pour que l’enfant ait un père qui le reconnaisse, même contre son gré. (Si le compagnon de la mère refuse de faire un test de paternité, il est présumé le père, précisément pour garantir le droit de l’enfant à avoir un père et une mère).

 

Dans le cas du divorce, pour assurer le droit de l’enfant à conserver un lien avec ses deux parents, la loi organise une relation avec eux (garde alternée ou partagée). Cela n’a donc rien à voir avec le cas de couples homosexuels. Une deuxième femme ne remplace un père, un deuxième homme ne remplace pas une mère.

 

Nous connaissons bien le traumatisme de l’enfant adopté (traumatisme qui est un moindre mal, pour remédier au traumatisme encore plus grand de rester orphelin). L’enfant adopté cherche à connaître ses parents ; il se demande s’il n’était pas assez bon pour eux.

 

Mais l’enfant élevé par un couple de même sexe subit un traumatisme puissance deux. Il sait en plus que cette disparition du père ou de la mère a été décidée dès l’origine par son couple de parents "adoptants". Cette élimination provient de leur volonté toute-puissante et non d’un accident de la vie. Il subit un préjudice : il perd la possibilité d’accéder à un droit fondamental (avoir un père et une mère).

 

Jusqu’ici, l’adoption avait pour but l’intérêt de l’enfant. C’est pourquoi la procédure était si difficile : elle visait à sélectionner un père et une mère acceptables pour un enfant qui en manquait. Avec la loi, son sens changerait. L’adoption serait centrée sur la volonté du couple : celui-ci désire, ce qui est naturel, avoir des enfants, mais il ne le peut pas, puisqu’il est de même sexe. L’enfant ne serait plus un sujet, mais un objet.

 

2. La loi conduit à la procréation médicalement assistée (PMA)

 

Comme les enfants adoptables sont rares, la logique du projet conduit à autoriser la PMA, pour satisfaire le désir d’enfant des "homo-parents". Même repoussé à un autre projet de loi, ce point s’inscrit nécessairement dans le même programme. Or actuellement, l’accès à la PMA est un acte médical exceptionnel ; il n’est possible qu’en dernier recours, avec un accompagnement psychologique lourd.

 

Transformer la médecine en outil de tous nos fantasmes de toute-puissance n’est pas un cadeau à faire aux médecins, ni à l’enfant à naître, qui naîtra comme un objet, fabriqué par le désir du couple (féminin) procréateur.

 

3. La Gestation pour autrui

 

La PMA créerait à son tour une discrimination incroyable entre les hommes et les femmes : car seuls les couples de femmes pourront recourir à la PMA.

 

La même logique du projet, centrée sur la volonté des adultes, conduira donc, tôt ou tard, à autoriser la gestation pour autrui (les "mères porteuses") alors que cette marchandisation du corps humain avait toujours été refusée (à juste titre) par la loi française. Ce n’est plus seulement l’enfant qui serait considéré comme un objet, mais la femme comme un outil de production.

 

Monsieur le président, pourquoi réduire l'enfant à un objet ?

 

Pour toutes ces raisons, ce projet ne me semble pas acceptable.

 

Nous naissons tous d’un père et d’une mère, et nous désirons les connaître, même si c’est parfois pour les rejeter. Freud disait qu’il n’y a pas de bon père ni de bonne mère. Et pourtant, si imparfaits soient-ils, nous avons besoin des deux pour devenir nous-mêmes. Etre élevé par un couple homme / femme est un droit de la personne humaine. Ce droit peut évidemment être entravé par certaines circonstances dramatiques, mais on ne peut instaurer le pire en objectif.

 

Ce projet de loi privilégie la volonté des adultes sur les enfants. Au lieu de faire avancer l’égalité, il entraînerait donc une nouvelle inégalité : entre les parents et les enfants (adoptés, procréés, portés pour autrui).

 

Monsieur le président, dans le domaine social, vous êtes le premier à condamner la déréglementation, qui enlève aux plus faibles leur protection contre les plus forts. Alors, dans celui de la famille, pourquoi réduire les enfants à des objets, et déréglementer la transmission de la vie ?

 

Dans le domaine de l’environnement, vous souhaitez protéger nos ressources pour que les générations futures puissent encore en disposer. Alors, ici, pourquoi répondre aux demandes du présent et sacrifier les générations à venir ?

 

Le propre d’un homme d’Etat est d’agir, non pour l’électorat présent, mais pour les générations à venir. En retirant ce projet de loi, vous agiriez en homme d’Etat.

 

Olivier Boulnois,

Directeur d’Etudes à l’Ecole Pratique des Hautes Etudes

 


1er février 2013 - La Vie - Par Marie Balmary, psychanalyste et écrivain

Mariage pour tous : la parole en danger ?

Mariage pour tous : la parole en danger ?

 

 

Pour Marie Balmary, psychanalyste et écrivain, la société vit avec le projet de loi sur le "mariage pour tous" un véritable "tournant de la parole". Elle s'interroge : comment donner des droits qui corrigent des injustices sans détruire le langage ?"

 

C'est une évidence remarquable, l’humanité a pu traverser les pires catastrophes, vivre sous les pires régimes, commettre les pires atrocités : elle n’a jamais cessé de parler. Elle a toujours trouvé, retrouvé, inventé des mots pour raconter le meilleur comme le pire, des mots pour sentir, des mots pour penser. Dire le bon et le mauvais. Dire « je t’aime » et dire « j’accuse… ». Rien ne lui a fait perdre cette faculté proprement humaine dont dépend la conscience.


Nous sommes aujourd’hui parvenus à un nouveau moment de la culture, un tournant de la parole. Question : qu'allons-nous faire des mots "père", "mère", "mariage"…  Modifier leur sens ou bien trouver d’autres mots ?


Le mot "mariage" demande rendez-vous à l'Académie française

En ce qui concerne le mot "mariage", si l'on institue qu'il veut désormais dire à la fois, "union de personnes de sexe différent" et "union de personnes de même sexe", comment nos esprits vont-ils se débrouiller de cette confusion ? Comment expliquerons-nous aux enfants que "semblable" et "différent", une chose et son contraire, c'est la même chose, sans provoquer les mille questions et remarques, éclats de rire peut-être, dont sont capables des intelligences comme Freud les aimait, non encore intimidées par une éducation qui les empêche de réfléchir ?


L'Académie française pourrait prier le législateur d'inventer un autre mot plutôt que de nous priver d'une des spécificités majeures du langage : distinguer des réalités différentes grâce à la diversité de vocables pertinents.


Ce serait bien le diable, comme on dit, si l'on ne trouvait pas dans les tiroirs de notre vieille culture, sur les écrans de la jeunenesse, de quoi remédier à cette confusion.
Quant au mot "orientation" employé si fréquemment, veut-il encore dire quelque chose, si son contraire ne peut plus être trouvé que dans des écrits scientifiques du siècle passé (Freud) et ne peut servir aujourd'hui pour réfléchir dans ce domaine encore si mystérieux ?


Ecrire des lois avec des mots privés de leur sens ? un exemple

Dans le Code Civil du Québec (article 539.1, ajouté en 2002) :"Lorsque les parents sont tous deux de sexe féminin, les droits et obligations que la loi attribue au père, là où ils se distinguent de ceux de la mère, sont attribuées à celle des deux mères qui n'a pas donné naissance à l'enfant. "
Que le lecteur et les canadiens me pardonnent : un tel texte me tombe des mains. Déjà le mot "père" dans les articles précédents (que je n'ai pas la place de citer ici) est devenu : "apport de forces génétiques".
Quant au mot "mère", deux sens contraires lui sont attribués, c'est dire littéralement qu'il ne signifie plus. En effet, il est question de "deux mères", dont la seconde est "celle des deux mères de l'enfant qui n'a pas donné naissance à l'enfant". Or, dans toutes les langues de la terre, le mot "mère" veut dire précisément : "Femme qui a donné naissance à un ou plusieurs enfants".


Va-ton défaire la parole pour faire la loi ? Comment donner des droits qui corrigent des injustices sans détruire le langage ? Comment faire une loi qui reconnaisse à chacun une place dans sa relation à l'être aimé sans défaire le sens des mots qui signifient ces relations ? Saurons-nous nommer les personnes présentes à l'accueil et l'éducation de l'enfant sans perdre les mots et les noms par lesquels il aura accès à son origine ? Saurons-nous inscrire l'amour sans désinscrire la vérité ?


Pourquoi donc les religions se mêlent-elles de cela ?

Car, les religions s'en mêlent. Que viennent-elles faire dans cette affaire ? Que répondre tout d'abord à ceux qui s'en offusquent ?


Après des années à creuser les textes fondateurs, j'en suis venue à penser cette évidence : les religions sont gardiennes de la parole et, la parole étant vivante, on ne saurait la garder sans la nourrir.


Gardiennes et promotrices de la parole humaine, les religions peuvent provoquer une adhésion forte ou, au contraire, une forte désaffection. Cette désaffection apparente se révèle comme colère, dès lors que les institutions religieuses détournent le pouvoir symbolique décisif qu'il leur échoit. Car, de ce pouvoir, les religions ont pu et peuvent encore abuser. Et provoquer ces traumas spirituels qui ne sont certes pas moindres que des abus sexuels. L'un n'excluant pas l'autre d'ailleurs.


Reste qu'aujourd'hui, à propos de ce projet de loi sur le mariage, tous les descendants d'Abraham émettent le même avis. Preuve qu'ils ne parlent pas pour leur religion, mais pour ce à quoi servent ces religions : garder la parole, éveiller la conscience. Bien des personnes qui ne se reconnaissent dans aucune religion se trouvent également, par leur positionnement éthique, dans une telle recherche, un tel questionnement.
La parole, que les tyrannies, les guerres, les colonisations, les esclavages, les totalitarismes n’ont pu nous faire perdre, allons nous la mettre en péril par des lois votées dans des assemblées démocratiques en temps de paix ?