Décembre 2012 (2/2)

31 décembre 2012 - Slate.fr - Par Jean-Yves Nau, journaliste et docteur en médecine, ancien instituteur, Jean-Yves Nau a été en charge de la rubrique médecine du Monde de 1980 à 2009. Il tient le blog Journalisme et santé publique sur le site de l'Ecole des hautes études en santé publique (EHESP).

Mariage pour tous: quid de l'adoption d'embryons?

Mariage pour tous: quid de l'adoption d'embryons?

 

On compte près de 170.000 embryons congelés en France, dont certains proposés «à l'accueil». Pour le moment, l'assistance médicale à la procréation n'est ouverte qu'aux couples composés d’un homme et d’une femme, en âge de procréer, et souffrant d’une stérilité médicalement constatée.

 

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28 décembre 2012 - Le Parisien - Par Florence Deguen 

Mariage gay : l’école catho mobilise

Mariage gay : l’école catho mobilise

 

Le patron de l’enseignement catholique a adressé une lettre à ses 8 300 chefs d’établissement pour les inviter, du primaire au lycée, à « prendre des initiatives » dans le débat sur le mariage gay.

 

Les mots sont savamment pesés… Il n’empêche. Le message est là : « Parlez-en ! » En adressant peu avant les vacances une lettre aux chefs d’établissement des 8300 écoles, collèges et lycées privés catholiques dont il a la charge, le secrétaire général de l’enseignement catholique, Eric de Labarre, a provoqué la colère des partisans du mariage pour tous

 

Dans cette lettre résolument engagée, loin en tout cas de la relative neutralité habituellement observée par l’école libre, le patron des établissements catholiques y rappelle sa position officielle pour « le droit essentiel de la reconnaissance de la différence des sexes »… Il invite aussi les établissements à s’emparer du débat sur le projet de loi à travers toutes les initiatives qu’ils jugeront adaptées, dans le respect des personnes et des consciences : discussions en classe, réunions organisées par les parents, etc. (voir les extraits ).

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28 décembre 2012 - Les Inrocks - Interview Dominique Bertinotti

“On ne naît pas père ou mère, on le devient”

“On ne naît pas père ou mère, on le devient”

 

Filiation, adoption, PMA et… frilosité du gouvernement: la ministre déléguée chargée de la Famille, Dominique Bertinotti, n’écarte aucun des sujets soulevés par le projet de loi sur le mariage pour tous.

 

Mi-décembre, plusieurs manifestations ont eu lieu en faveur du mariage pour tous. Faut-il que les partisans de cette réforme que vous défendez se fassent entendre davantage au moment où les opposants ont été très audibles ?
Oui, il est indispensable dans un débat que l’on puisse entendre de façon équitable à la fois ceux qui s’opposent – je crois qu’on les a bien entendus – et ceux qui soutiennent cette mesure. Au-delà du soutien, il faut expliquer l’importance de cette loi. Ce n’est pas seulement une loi qui concerne les couples de même sexe qui choisiront de se marier mais, je le dis très clairement, c’est une loi qui représente une avancée pour tous et pour l’ensemble de la société. 

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28 décembre 2012 - Nouvelles de France - Olivier Bault 

Le leader d’une association LGBT militante condamné pour pédophilie aggravée

Le leader d’une association LGBT militante condamné pour pédophilie aggravée

 

Son nom est James Rennie.

[...]

Avant son arrestation, James Rennie, 38 ans, était le directeur de l’association LGBT Youth Scotland. En tant que tel, par ses contacts avec les parlementaires écossais et avec l’ancien Premier ministreTony Blair, mais aussi en sa qualité de conseiller du gouvernement écossais pour les questions homosexuelles en rapport avec les enfants, il a eu une influence sur l’évolution du droit anglais et écossais vers l’autorisation de l’adoption pour les couples de personnes du même sexe.

 

En 2009 James Rennie et ses complices ont été arrêtés puis condamnés pour faits de pédophilie aggravée, entre autres sur le nourrisson que James Rennie gardait régulièrement pour des gens qui se considéraient comme ses amis depuis quinze ans. 

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28 décembre 2012 - Slate - Par Benjamin Billot

Le tabou de la violence conjugale chez les couples homosexuels

Le tabou de la violence conjugale chez les couples homosexuels

 

La violence chez les couples homosexuels, qu'ils soient gays ou lesbiens, est un sujet rarement abordé. Pourtant, les quelques chiffres dont on dispose indiquent que non seulement cette violence existe, mais qu'elle pourrait bien être plus fréquente encore que chez les hétérosexuels.

 

Deux fois plus de violences conjugales chez les homosexuels?

Reste qu'il est difficile de trouver des interlocuteurs qualifiés. Personne ne se penche sérieusement sur le sujet en France. Il a bien existé pendant quelques années une association qui luttait contre les violences au sein des couples lesbiens, Air Libre, mais elle n'est plus active.

 

Il faut donc traverser l'Atlantique pour trouver une documentation plus fournie. Une étude de Statistique Canada indique par exemple qu'au cours de l'année 2004, 15% des gays et des lesbiennes ont été victimes de violences conjugales contre 7% des hétéros.

 

Selon le site rezosante.org, certains chercheurs américains considèrent même que la violence conjugale est le 3e problème de santé chez les homosexuels, après le VIH et la consommation de drogue.

Difficile donc de penser que la réalité soit différente en France. Preuve en est ce questionnaire mis en ligne par le site communautaire yagg.fren 2011. 84% des personnes qui ont répondu étaient lesbiennes et 18% ont affirmé avoir déjà été victimes de violences conjugales.

[...]


27 décembre 2012 - Slate

Mariage pour tous: des curés à contre-courant du discours de l'Eglise

Mariage pour tous: des curés à contre-courant du discours de l'Eglise

 

Si les autorités catholiques officielles, du pape Benoît XVI à la Conférence des évêques de France, ont marqué leur opposition au projet de loi instaurant le mariage pour tous, leur position n'est pas unanimement partagée par le clergé français.

 

A contre-courant d'un curé qui établit un parallèle entre le gouvernement Hollande et le régime nazi, d'un archevêque brandissant le spectre de la future dépénalisation de l’inceste ou de curés qui «partent en croisade contre le mariage gay», des voix discordantes se font entendre.

Isolés, certes, mais suscitant l’intérêt des médias locaux, quelques curés frondeurs de tendance catholique sociale assument ici ou là des positions plus modérées, voire franchement favorables au mariage pour tous… Distinguons trois positions au sein de ces ecclésiastiques gay friendly: ceux qui soutiennent le projet de loi dans son intégralité, ceux qui sont favorables à l’adoption mais moins au mariage, et enfin ceux qui se sont écartés de la position épiscopale sans donner un avis tranché ni sur le mariage ni sur l’adoption.

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26 décembre 2012 - Le Figaro - Par Henri Joyeux, Président de Familles de France

Les enfants d'abord

Les enfants d'abord

 

Au lendemain de Noël, l'auteur s'interroge sur la place de l'enfant dans les débats actuels.

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25 décembre 2012 - Le Monde Idées - Par Sylvie Faure-Pragier, auteur des "Bébés de l'inconscient : le psychanalyste face aux stérilités féminines aujourd'hui" (PUF, 2003)

Homoparentalité : "psys, taisons-nous !"

Homoparentalité : "psys, taisons-nous !"

 

Depuis que se profile le vote de la loi sur le mariage pour tous, une efflorescence d'articles psychanalytiques envahit les médias. Au coeur du débat : l'homoparentalité. Ces articles font-ils état d'une expérience clinique des problèmes rencontrés par les enfants des couples homosexuels ?

 

Aucunement. Les données publiées dans les pays où cette possibilité existe depuis suffisamment de temps pour que ces enfants soient devenus adultes sont superbement ignorées. Les informations et les études pourtant précieuses des auteurs américains, australiens, israéliens, belges et autres sont disqualifiées.

 

BIEN DES A PRIORI

En France, ces articles s'appuient essentiellement sur les théories issues de l'analyse de sujets dont les parents sont hétérosexuels. Avoir deux parents de sexes différents serait indispensable à la reconnaissance des sexes.

 

L'identification d'un garçon à un homme serait empêchée s'il n'avait pas de père. Du coup, certains psychanalystes en ont déduit bien des a priori sur l'homoparentalité. Selon eux, la conception hors différence des sexes abolirait le fantasme d'engendrement en réalisant le rêve d'autoreproduction qui serait au coeur de la psychose...

Pour ces psychanalystes, le symbolique est tributaire de la réalité. Le passé représenterait alors "le bien et le vrai". L'homoparentalité serait une transgression.

 

Ces critiques me ramènent vingt ans en arrière, lors des premières fécondations in vitro dans les couples hétérosexuels. Il y eut alors un vaste regroupement de psychanalystes pour critiquer ces procréations médicalement assistées (PMA).

 

Selon eux, elles allaient aboutir à créer des enfants dont l'inconscient serait altéré. Ils prédisaient, comme aujourd'hui avec l'homoparentalité, que des catastrophes allaient s'abattre sur ces enfants "artificiels".

Ils pensaient que, privés à l'origine de l'abri de l'utérus maternel, ces enfants ne pourraient accéder à la scène primitive puisque celle-ci n'était pas à l'origine de leur conception dans la réalité !Ces enfants "artificiels" seraient alors menacés dedevenir psychotiques.

 

La réalité de l'évolution normale de ces enfants fit bientôt taire les terrifiants oracles de ceux qui se sont déconsidérés par l'excès de confiance en leurs constructions théoriques.

 

LES MÊMES FANTASMES

Or voici que ce débat reprend vingt ans plus tard, sous-tendu par les mêmes fantasmes :

1. La menace du chaos exprime la crainte de l'ébranlement d'un ordre du monde. Alors, ce serait l'analité toute-puissante que libérerait la transgression. Le fantasme impliqué serait celui d'une régression à la toute-puissance infantile puisque le garant de la loi symbolique, le père, aurait été éliminé.

2. L'angoisse rejoint le fantasme de l'apprenti sorcier. La puissance de la science se projette sur son objet. Dépassé, le médecin deviendrait l'esclave d'une créature qui échapperait à son contrôle tel le Golem ou Frankenstein. Nous fabriquerions des êtres déshumanisés : ils viendraient se venger en détruisant l'humanité.

3. Mère idéalisée : le progrès abîmerait la Nature. L'attaque de celle-ci entamerait l'intégrité de ses fruits. Les enfants de l'homoparentalité seraient pathologiques.

 

Ces prévisions catastrophistes dénient toute vie psychique autonome ! Que savons-nous sur les effets de la parenté homosexuelle ? Je ne peux que résumer les connaissances actuelles en disant que les résultats de procréations homosexuelles pratiquées à l'étranger sont rassurants.

On doit dire que, si ces enfants ainsi conçus, nombreux aux Etats-Unis, devenaient psychotiques, cette situation n'aurait pas manqué d'alerter, là-bas, les experts hostiles à ces pratiques.

La méthode freudienne se fonde sur l'écoute. Jusqu'à aujourd'hui, le coït procréateur, nommé aussi scène originaire, a été un des fantasmes organisateurs de la psyché. Cependant, n'est-il pas lui-même une représentation privilégiée d'un complexe enchevêtrement de désirs parentaux ? D'autres représentations ne pourraient-elles avoir la même fonction ?

 

La symbolisation me paraît être une capacité de notre psychisme et non une conséquence de l'organisation familiale réelle.

Pourquoi les efforts considérables faits par des parents pour faire naître leur enfant ne pourraient-ils pas induire un effet structurant ? Ce serait l'ébauche d'un nouveau fantasme originaire qu'être ainsi un "enfant du désir d'enfant", adopté ou procréé médicalement.

 

ÉTHIQUE DU BIEN

L'identité se réfère aux désirs parentaux et non à l'usage qui est fait des cellules germinales. C'est l'expérience psychanalytique qui nous dira un jour comment se seront agencés les fantasmes des enfants de nos patients après la victoire sur le destin anatomique que la médecine a offerte à leurs parents.

 

Si je me sens apte à étudier cette situation, sans doute est-ce lié à ma connaissance des choix éthiques des autres nations européennes. Si la France prône une éthique du bien, c'est une éthique de la liberté qui s'applique dans de nombreux pays.

 

Là, chacun dispose librement de son corps tandis que chez nous l'indisponibilité du corps est décidée par la loi.

 

La liberté est un modèle qui laisse les parents responsables de leurs choix procréatifs. Le psychanalyste n'a pas à imposer un point de vue devant le désir de la société de s'adapter à la situation existante.

Il n'a pas à s'opposer à la volonté de donner aux enfants des homosexuels la reconnaissance de leur filiation, même si celle-ci est contradictoire avec labiologie. Sans une expérience clinique réelle, les psychanalystes ne peuvent sesubstituer ni à l'opinion publique ni au législateur. D'ici là, "taisons-nous !"


24 décembre 2012 - Oumma - Par Hassan Safoui 

Mariage pour les homosexuels: ce n'est pas une question d'égalité...

Mariage pour les homosexuels: ce n'est pas une question d'égalité...

 

En son nom, le mariage dit «pour tous » viendra donc, nous dit-on, lever une injustice qui pèse sur l’humanité depuis des siècles, et qui prive des couples homosexuels de se marier…

 

S’il est un argument ressassé à volonté pour légitimer l’instauration du « mariage » entre individus de même sexe, c’est bien celui de l’égalité. En son nom, le mariage dit «pour tous » viendra donc, nous dit-on, lever une injustice qui pèse sur l’humanité depuis des siècles, et qui prive des couples homosexuels de se marier…

 

A chaque fois que j’entends « mariage pour tous », je souris à l’idée que ce projet aurait certainement un succès phénoménal dans des pays pauvres où les jeunes peinent à se marier tellement les conditions de se mettre en ménage sont difficiles, eux qui comprendraient qu’il s’agirait d’une aide de l’état au nouveaux couples pour s’installer ! Je ne résiste pas non plus à la tentation de considérer ce projet de loi comme un cheval de bataille tout à fait opportun, pour taire d’autres promesses électorales de François Hollande, d’autres sujets plus épineux et plus urgents à régler face à la crise.

 

Le mariage, censé être la relation de départ, reconnue pour fonder une famille et potentiellement transmettre la vie, n'est considéré avec le projet de loi annoncé qu’une liberté «individuelle » parmi tant d’autres qu’il convient d’étendre à toute la société. Il sera donc incompréhensible qu’une fois ce type d’union instauré, de railler l’argument qui consiste à dire que tout, au nom de cette égalité, sera amené à être reconnu, y compris le mariage d’individus entre lesquels existe un lien de parenté.

Parce que quoiqu’on en dise, le véritable motif qui permet de qualifier la fermeture du mariage aux homosexuels de liberticide, c’est qu’ils ont le droit de s’aimer comme les hétéros. Qui peut sérieusement opposer une fin de non recevoir à une demande de mariage entre un frère et sa sœur, lorsqu’ils déclareront qu’ils s’aiment, et qu’ils ne cherchent que le droit à ce que leur amour soit « reconnu » officiellement ?

 

L’inégalité de point de vue anthropologique ne souffrant, elle, d’aucune équivoque. Seul un homme et une femme peuvent former un couple dont peut être issue une descendance, et c’est cette relation célébrée, civilement ou religieusement, qui est nommée mariage.

 

Ce que le nouveau «mariage » va consacrer, c’est le refus irréaliste et injustifié de l’altérité sexuelle. Parce qu’une minorité de personnes vivent une relation d’homosexualité et souhaitent lui conférer les attributs d'une relation héterosexuelle, on en viendra à transformer toute une institution et au nom de l’égalité, on établit par le texte une égalité absolue entre un couple homosexuel et un autre hétérosexuel, ce qui n’est tout simplement pas réaliste dans aucun contexte.

 

Ce qui est à craindre, et qui n’est évidemment pas inhérent au mariage nouvelle formule, c’est ce mépris de la filiation, déjà consacré par l’adoption plénière qui efface toute référence aux parents biologiques…C’est à mon sens injuste quelles que soient les histoires des enfants adoptés. Les récupérer, les couvrir d’amour, et les élever est une chose, mais leur mentir ou leur cacher leur origine en est une autre.

 

Il est fort à craindre, demain, que la procréation médicalement assistée, le recours aux mères porteuses, et le secret imposé en France aux donateurs de sperme, ne révèlent beaucoup plus de leurs méfaits. Je n'oublie pas cette femme qui a découvert en septembre dernier dans l'Ohio que son mari était en vérité son père, ou ces donneurs de sperme américains qui se découvrent jusqu'à 70 rejetons. Cette déconsidération de la filiation, transformant certains hommes en des robinets à sperme et des femmes en utérus d'accueil, m'inquiète.

 

J'en veux pour preuves, Les derniers propos de Pierre BERGE assimilant les utérus des femmes aux bras des ouvriers, tout comme ceux d'Elisabeth BADINTER souhaitant légaliser la gestation pour autrui car , je la cite: « Il y a des femmes qui adorent être enceintes et qui ne souhaitent pas pour autant assurer la responsabilité de l’éducation d’un enfant » (!) . Paradoxalement, il risque de s’installer, au nom de l’égalité, des inégalités dictées par les moyens financiers des couples. Ce ne sont bien sur pas les homosexuels qui en sont responsables, mais le projet du mariage pour tous, s'inscrit dans cette tendance...

 

Le mariage annoncé va ouvrir l’adoption aux couples de même sexe, c’est ce que le pacs n’accordait pas. Et l’on ne peut à ce sujet, écarter d’un revers de main la question de l’évolution des enfants à qui l’on fera comprendre qu’ils sont issus de «parents » dans un foyer aseptisé de toute altérité biologique. Les études se valent, les échantillons des pro et des anti sont insignifiants, et le recul inexistant ? Pourquoi ne pas faire valoir le fameux principe de « précaution »,au lieu de se lancer dans une course où seule est recherchée la réalisation de désirs égocentriques d’une minorité qui voudrait tout changer quoiqu’il en coûte pour les générations futures ?

 

En l'absence d'une vérité scientifique irréfutable en la matière, il n'est pas insensé de garder l'institution du mariage telle qu'elle est. Il ne s'agit pas d'égalité, mais de bon sens. Le mariage fonde potentiellement une famille, les autres unions ne le peuvent pas. Ce n'est pas une mince différence. Du coup, les mini-reportages que l'on nous passe donnant la parole à des enfants ayant été élevés par des couples homosexuels, ne peuvent sérieusement servir d'arguments.

 

C'est une manipulation, et les jeunes enfants ne peuvent à cet âge avoir suffisamment de maturité pour conclure que le fait qu'ils aient grandi avec un couple homosexuel, ne leur ait posé aucun problème...Il ne s'agit pas ici d'une crainte pour le mariage "classique", ni d'une attaque qui cible les homosexuels. Même si ce mariage vient à être instauré, les mariages "hétérosexuels" n'en seront pas affectés, mais on ne peut opérer des changements aussi profonds dans notre société, sans y réflechir à plus d'une fois. Il en va de la famille de demain, et des générations futures...

Dans le projet de loi qui sera présenté au parlement, les mots « père et mère » seront remplacés par le mot « parents » et les mots « mari et femme » par le mot « époux » et les mots : « l’aïeul et l’aïeule » remplacés par les mots : « les aïeuls ». Tout se vaut, l’égalitarisme est poussé à son paroxysme quitte à ce que le code civil ne contienne plus des mots aussi significatifs et beaux que « père et mère ».Du coup, je crains que demain, dans notre société, le mot "mère" ne sera utilisé que suivi d'un adjectif: "porteuse" ou "biologique"....Triste évolution!


20 décembre 2012 - Actualité du droit, Lamy - Par Gaëlle Marraud des Grottes

Mariage pour tous : les juristes pour, sont contre

Mariage pour tous : les juristes pour, sont contre

 

Telle est la conclusion des auditions du 20 décembre 2012 sur le projet de loi mariage pour tous, consacrées à l’approche des juristes.

 

Comment s’explique cette apparence de contradiction ? Tout simplement parce que quelle que soit leur position personnelle, les juristes ont tous dénoncé la façon dont ce projet était rédigé.

Au centre des critiques, d’abord le périmètre de la loi.-  Les cinq juristes auditionnés, Hugues Fulchiron, Annick Batteur, Laurence Brunet, Claire Neirinck et Guillaume Drago ont remis en question le périmètre de la loi. Si le cœur de ce projet de loi est bien d’ouvrir le mariage aux couples de même sexe, il faut bien avoir conscience, ont-ils rappelé,  que c’est tout le droit de la filiation et de la procréation médicalement assistée (PMA) qui est touché. Rappelons que le droit de la filiation est en France fondée sur la vraisemblance biologique et sur une filiation sexuée. Or, parce qu’il n’aborde que certains points et pas d’autres (PMA, gestation pour autrui, présomption de paternité, etc.), le Conseil constitutionnel pourrait soulever la question de l’intelligibilité de la loi et de l’incompétence négative du législateur, selon Guillaume Drago.

Questions autour de l’ouverture de l’adoption.- Pour Hugues Fulchiron, le projet de loi procède de façon un peu étonnante. Le législateur considère que, puisque le mariage est ouvert aux couples homosexuels, il faut ouvrir l’adoption. Mais parallèlement, le texte entend décorréler mariage et filiation. Une rupture logique non satisfaisante pour ce spécialiste du droit de la famille, qui demande que toutes les règles de l’adoption soient dès lors repensées. Tout comme celles de la PMA. Pourquoi limiter la PMA aux couples mariés ? Pourra-t-on longtemps refuser l’accès aux personnes seules ? Ou interdire la multiparenté ? La PMA doit faire l’objet d’une réflexion d’ensemble. Opinion, là encore, très largement partagée par les personnes auditionnées.

De la suppression des mots « père » et « mère » dans le Titre V du Livre I du Code civil.-  Annick Batteur a démontré qu’il n’était pas nécessaire de supprimer ces deux concepts et a d’ailleurs demandé au législateur de reprendre l’ensemble des dispositions du projet de loi, dénonçant l’erreur que constitue cette suppression : « même quand on est très favorable au projet, on ne peut pas admettre la façon dont ce projet est rédigé », a-t-elle insisté. Sans compter les coquilles qu’elle entraîne, par exemple quand le remplacement de ces mots par celui de «membre de la famille » implique que le juge doive convoquer tous les membres de la famille pour vérifier leur consentement au mariage de la personne protégée.
Autre point soulevé par cette juriste, comment aborder la question du statut des enfants des couples homosexuels, au regard de l’article 57 du Code civil ? Avec en arrière-plan, bien évidemment, la question de l’accès aux origines et de l’anonymat. Sa conclusion : ouvrons seulement l’adoption simple, dans un premier temps, et travaillons à un texte cohérent sur l’ensemble du droit de la famille.
Laurence Brunet s’est également prononcée pour l’ouverture de la seule adoption simple et a demandé que le législateur se penche sur le droit de l’enfant à connaître ses origines. Elle a soutenu qu’il n’est pas nécessaire de supprimer les mots « père » et « mère ». Et « il faut éviter de désexualiser l’acte de naissance » a-t-elle ajouté. De même, pour Laurence Brunet, l’ouverture du don de gamète aux couples de femmes devra entraîner la mention du donneur sur l’acte de naissance. 

Les piliers du droit de la filiation devront être revus.- Claire Neirinck est notamment revenue sur la difficulté de remettre en cause une comaternité ou une copaternité, l’expertise biologique, bien évidemment, ne pouvant être un instrument utile. D’où cette remarque : une inégalité est créée par ce projet de loi entre un couple homosexuel, dont la filiation ne pourra pas facilement être contestée, et un couple hétérosexuel, qui pourra voir une filiation détruite par la preuve biologique. Même réflexion s’agissant de l’adoption de l’enfant de l’époux/épouse, prévue par les articles 357 et 365 du Code civil : elle sera possible dans un couple homosexuel, mais pas dans un couple hétérosexuel, dès lors que l’enfant a déjà deux parents. Une nouvelle source de discrimination.
Pour Claire Neirinck, l’ouverture de la PMA aux couples de même sexe entraînera forcément la légalisation de la gestation pour autrui. Faute de quoi, une inégalité apparaîtrait entre les couples de même sexe, ceux de femmes qui auraient droit à la PMA et ceux d’hommes à qui ce droit serait refusé. D’ailleurs, en Espagne, les juristes sont confrontés à cette revendication des couples d’hommes.

 

Des propos annonciateurs d’un grand nombre d’amendements ?

 


20 décembre 2012 - Le Plus Le Nouvel Obs - Par Jean-Pier Delaume-Myard, auteur de documentaires

Suis-je un homosexuel homophobe ? Lettre ouverte à la ministre de la Famille

Suis-je un homosexuel homophobe ? Lettre ouverte à la ministre de la Famille

 

Dans une interview accordée au "Journal du dimanche", la ministre de la Famille défend le projet de loi du mariage pour tous. Une de ses réponses a particulièrement déplu à Jean-Pier Delaume-Myard, lui même homosexuel et opposé à ces unions. 

 

Dans le "Journal du dimanche", la ministre de la Famille, Dominique Bertinotti, explique :

"Je note un progrès : tous les 'anti' éprouvent la nécessité de dire qu’ils n’ont rien contre les homosexuels. Mais dans le même temps, ils leur refusent les mêmes droits. Or quand on ne donne pas les mêmes droits aux Noirs et aux Blancs, on dit que c’est du racisme ; quand on ne donne pas les mêmes droits aux femmes et aux hommes, on dit que c’est du sexisme. Quand on ne donne pas les mêmes droits aux homosexuels et aux hétérosexuels, n’est-ce pas de l’homophobie ?"

 

Je suis donc homophobe !

Madame la Ministre, j’ai 49 ans. Depuis l’âge de 24 ans, j’ai toujours fait le choix de vivre en couple avec un autre homme. Je suis contre le mariage de personne de même sexe, non pas pour des raisons d’union entre deux personnes qui s’aiment - je suis pacsé -, mais pour la question fondamentale de l’enfant et de son droit à avoir un père et une mère comme tous les autres enfants.

 

Je ne savais donc pas que, du coup, j’étais un homo homophobe. Merci de me le signaler. Je vais voir comment je peux me soigner. Pour information : en novembre 1998, j’ai été le lauréat d’un concours national contre l’homophobie. Quel désappointement cela doit être pour les personnes qui étaient membre du jury dont une ministre du gouvernement auquel vous appartenez de découvrir ce que je suis devenu selon vous.

 

Une petite question au passage. Si je suis votre raisonnement, il se trouve que je suis pour la cause palestinienne : est-ce que cela fait de moi un antisémite ?

 

Penser à l'enfant avant tout

Sur "Le Plus", où j’ai publié un article qui a fait le buzz comme l’on dit, je pose la question : "pour qui est faite cette loi ?". Nombreux sont les homosexuels que je connais et qui n’ont aucune envie de se marier, pas plus que de se pacser d’ailleurs. Vous connaissez mieux que moi les chiffres sur le pacs en France.

 

En tant qu’homosexuel et selon vous homophobe, je pense uniquement ici à l’intérêt de l’enfant. Bien sûr qu’un couple de même sexe peut apporter autant de bonheur qu’un couple hétérosexuel. Certes et après ? Cela sera quoi, les repères pour cet enfant, sa filiation ? Son non rapport à la mère ou au père ? Il y a aussi les grands-parents. Ils jouent un rôle considérable dans l’éducation, on l’oublie un peu trop souvent. En aura-t-il seulement ? Les homosexuels sont souvent rejetés de leur propre famille (ce n’est pas mon cas). D’ailleurs, les associations gay le savent bien, puisqu’elles se battent contre cela. Réserve-t-on à ces enfants le même sort que les enfants nés sous X et qui, toute leur vie, partent à la recherche de leurs racines ?

 

Dans le cas d’un couple homosexuel masculin, est-ce que la mère deviendrait alors une simple génitrice ? Et vous, Madame la Ministre, qu’en pensez-vous ? Auriez-vous accepté de procréer pour un couple homosexuel ?

 

Avant de parler de la liberté, de l’égalité ou non de pouvoir se marier entre personnes de même sexe, peut-on penser une minute à la liberté, à l’égalité de l’enfant dans cette nouvelle société qu’on lui prépare ? Il a peut-être envie d’avoir un père et une mère comme ses copains d’école qui ont des parents divorcés, recomposés ou unis, mais un père et une mère !


20 décembre 2012 - Le Monde - Par Gaëlle Dupont

Sept questions soulevées par l'ouverture de la procréation assistée aux couples gay

Sept questions soulevées par l'ouverture de la procréation assistée aux couples gay

 

L'ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA) aux couples de lesbiennes soulèverait de nombreuses questions, si l'on en croit les gynécologues et responsables de centres d'aide médicale à la procréation, auditionnés par la commission des lois de l'Assemblée nationale, mardi 18 décembre.Ces médecins, représentants de la Société médicale de reproduction, connaissent très bien le sujet : ils suivent déjà des couples de femmes qui ont eu recours à l'insémination artificielle, de façon artisanale ou à l'étranger (en Belgique et en Espagne essentiellement). "On ne peut plus faire comme si cette population n'existait pas, a dit d'entrée Paul Barrière, chef du service de biologie de la reproduction au CHU de Nantes. Ni comme si elle ne trouvait pas ailleurs une solution." Voici les principales questions posées.

 

Le suivi des enfants

"Leur développement est totalement normal", a affirmé Antonio Pellicer, directeur de l'institut de l'infertilité de Valence, en Espagne, où cette pratique est ancienne."Nous ne disposons pas de grandes cohortes, donc nous ne savons pas", a cependant nuancé Géraldine Porcu, clinicienne de l'Institut de médecine de la reproduction de Marseille. Sylvie Epelboin, responsable du centre d'aide médicale à la procréation (AMP) de l'hôpital Bichat à Paris, a évoqué le cas (fréquent) où les deux compagnes portent successivement les enfants, qui forment ainsi une fratrie sans lien biologique (sauf si le donneur est le même), ce qui pose des "questions spécifiques", selon elle.

 

L'accès aux origines

L'anonymat du don de gamètes est la règle aujourd'hui en France. Le sujet ne concerne pas seulement les couples homosexuels, mais la question devrait être reposée si l'accès à la PMA est élargi, selon plusieurs praticiens. "L'anonymat pose problème", a affirmé Mme Porcu.

L'association Procréation médicalement anonyme, qui rassemble des enfants conçus de cette façon, s'est récemment prononcée dans un communiqué. Il est, selon elle, "insensé" d'aller plus loin sans prendre en compte "le témoignage de la première génération de personnes conçues par don de gamètes", qui souhaite avoir accès à ses origines biologiques.

Corinne Narassiguin, porte-parole du groupe socialiste sur le projet de loi "mariage pour tous", et partisane de l'amendement PMA, répond que cette question dépasse le cadre de la loi et pourrait être traitée ultérieurement, "s'il y a des demandes".

 

Le remboursement

Ces interventions relèvent-elles de la solidarité nationale, comme celles des couples hétérosexuels infertiles? "Les couples de femmes ont un problème physiologique pour concevoir, pas une pathologie", observe Nicolas Chevalier, coordinateur du centre AMP de la clinique Saint-Roc, à Montpellier. Les socialistes favorables à la mesure ne vont pas proposer la prise en charge par la Sécurité sociale, car un amendement créant de nouvelles dépenses serait automatiquement irrecevable. Ils espèrent cependant que le gouvernement proposera le remboursement si l'ouverture de la PMA est votée.

 

La pénurie de sperme

Y aurait-il suffisamment de paillettes pour satisfaire la demande? Aujourd'hui, vu le faible nombre de donneurs, les couples qui demandent un don de sperme dans un centre d'étude et de conservation des œufs et du sperme humain (Cecos) attendent dix-huit mois à deux ans avant d'en bénéficier. "Il s'agit d'un système public, qui n'est pas dimensionné quantitativement ni philosophiquement pour faire face à un éventuel afflux de la demande", a précisé M. Barrière.

 

Les femmes seules

Une ouverture de la PMA aux couples de lesbiennes mettra en relief une autre demande, celle des femmes seules. Aujourd'hui, en Espagne, 45% des PMA sont faites par des couples hétérosexuels, 45% par des femmes seules et 10% par des couples de femmes. En France, la demande des femmes seules est également importante, selon Sylvie Epelboin de l'hôpital Bichat. Pendant la primaire socialiste, François Hollande s'était engagé à ouvrir la PMA "à toutes les femmes", avant de faire marche arrière et d'évoquer une ouverture aux couples de femmes.

 

Et les hommes ?

"On ne pourra pas ne pas débattre de la grossesse pour autrui", a affirmé la gynécologue Annick Neuraz – sans se prononcer pour ou contre. Tandis que les couples de femmes auraient accès à l'engendrement, les couples d'hommes, eux, n'auront que l'adoption pour fonder une famille. Or, vu le faible nombre d'enfants adoptables en France et dans le monde, celle-ci sera très difficile. L'idée que l'ouverture de la PMA ouvrirait la voie à la légalisation des mères porteuses, au nom de l'égalité entre les couples homosexuels, est l'un des arguments phares des opposants au projet de loi.

Cependant, le gouvernement et le PS ont à maintes reprises réaffirmé leur opposition à la grossesse pour autrui (GPA), qui ne figure pas dans le projet de loi et n'est pas demandée par les associations d'homosexuels. Par ailleurs, la GPA est aujourd'hui interdite en France pour les couples hétérosexuels, tandis que la PMA est autorisée. C'est également le cas en Espagne.

 

Le rôle des médecins

Les couples demandeurs devront-ils, comme en Belgique, passer un entretien ou présenter leur projet devant une commission? "Jusqu'où va le pouvoir médical?, a interrogé M. Barrière. Qui suis-je pour juger du projet parental d'un autre, et poser des questions que je ne me suis peut-être pas posées au moment de concevoir dans l'intimité de la chambre à coucher?" Plusieurs praticiens ont par ailleurs évoqué la question de la "clause de conscience" pour des médecins qui ne souhaiteraient pas pratiquer ces interventions. Mais elle serait particulièrement difficile à mettre en œuvre car le travail en matière d'AMP est collectif. "On a déjà vu des équipes se déchirer", a affirmé Mme Epelboin. En Espagne, cette question"ne se pose pas", car l'AMP est complètement "banalisée", a affirmé M. Pellicer.