Argument n°2 : ce projet n'apportera aucun changement concernant les droits des hétérosexuels

Explication

Cette évolution du mariage n'apportera aucun changement pour les hétérosexuels ou les couples déjà mariés. Il n'y a donc aucune raison que ces derniers montent au créneau sur un sujet qui ne les concerne pas.

Ils justifient cet argument

Laurent Joffrin dans le NouvelObs

Elle ne retranche rien aux droits dont jouissent actuellement les hétérosexuels. Les opposants tentent de faire croire que la réforme modifiera les conditions dans lesquelles se marient aujourd'hui un homme et une femme. C'est faux. La seule nouveauté est que les termes "père et mère" dans le code civil sont remplacés par l'expression "parents" (et non "parent 1 et parent 2", comme les opposants tentent parfois de le faire croire avec une certaine mauvaise foi : l'expression ne figure pas dans le texte du projet de loi). Ce changement n'affecte pas les pères et les mères, qui sont évidemment englobés au premier chef dans le mot "parents". Il permet d'y intégrer les homosexuels, voilà tout. On remarquera d'ailleurs que, dans sa rédaction actuelle, le code civil emploie le mot "époux" autant que "mari et femme", ce qui prouve que ses rédacteurs ne redoutaient pas de désigner le couple par un mot générique, comme on le fait aujourd'hui avec le mot "parents". Pour le reste, comme on peut le constater en lisant le projet de loi, rien ne change. 

 

Bertinotti : "Cette loi ne fait que s’adapter à l’évolution de la société"

La loi va tout de même changer la définition de parent…
C’est une contre-vérité pour faire peur aux gens, leur faire croire qu’on va les déposséder de quelque chose. On n’enlève rien aux couples hétérosexuels, aux pères, aux mères. La loi ne change pas la définition de parent, elle va la compléter. Mais on admet dès lors qu’un enfant puisse avoir deux pères ou deux mères. Un enfant sera toujours le produit d’un homme et d’une femme : c’est une évidence. Maintenant, devenir parent, c’est évidemment plus complexe. Si un papa et une maman étaient l’assurance du bonheur, cela se saurait. La notion de paternité et de maternité est dans la fonction, et elle est en train d’évoluer. Il nous arrive d’ailleurs de dire d’un homme qu’il materne. Ce qui compte, c’est que l’enfant puisse connaître son histoire. Il est important que chaque enfant accède à la connaissance de sa filiation.

 

Réponse à Roland Hureaux : les sept chantages des adversaires du mariage homosexuel

Perte des repères et négation du droit naturel : le chantage à la décadence

Que n'a-t-on pas entendu !? En rompant avec la conception multiséculaire du mariage et de la filiation, la réforme du mariage pour tous, véritable "aberration anthropologique", conduirait inéluctablement à la perte des repères, à la décadence, à l'effondrement de la civilisation, voire, si l'on en croit Serge Dassault, à l'extinction de l'espèce humaine. Pour les plus tempérés, c'est "l'ordre symbolique" qui est subverti, la réforme du mariage et de la filiation constituant à leurs yeux une révolution langagière : il n'y aura plus, nous annonce-t-on, ni maris ni femmes, ni pères ni mères ; la dimension structurante de la différence sexuelle sur le psychisme humain serait ainsi vouée à disparaître.

 

Ce catastrophisme a pour arrière-plan philosophique une certaine conception du "droit naturel". L'idée est que le droit a une dimension objective en tant qu'il s'ajuste à une nature humaine intangible. En l'occurrence, on rappelle que la famille est une communauté naturelle, une organisation structurée par la différence des sexes et la différence des générations : une famille, c'est un père, une mère et des enfants. Or, dans cette perspective, ce qui est doit être : une famille c'est, et donc ce doit toujours nécessairement être, un père, une mère et des enfants. La nature et la tradition sont nos codes, et la volonté humaine, fut-elle démocratique, n'y peut rien.

 

La réforme, on l'a suffisamment répété, ne concerne pourtant qu'une minorité, et même une minorité dans la minorité : les homosexuels qui souhaiteront se marier, ceux qui voudront et pourront avoir des enfants demeureront sans doute une poussière dans les statistiques. Qu'importe au regard des adversaires de la réforme, cette poussière menacerait l'ordre du monde ! L'argument du bon sens est à l'évidence réversible :après que la loi sera votée, l'hétérosexualité restera la norme, l'altérité sexuelle subsistera, la quasi-totalité des enfants auront toujours leur père, leur mère et leurs repères. L'égalité abstraite n'abolit que les différences de droits, non les différences réelles.

Contre analyse

On touche à une modification d'une institution multimillénaire : la modifier provoquera sans doute des bouleversements dont on a pas encore conscience aujourd'hui et qui toucheront l'ensemble de la société.

Le projet annoncé par Christiane Taubira a bien une ambition plus forte :"c'est une réforme de société et on peut même dire une réforme de civilisation".


Par ailleurs, il y aura quelques changements : les termes "père" et "mère" sont remplacés dans le projet de loi par "parents". La question reste ouverte sur le livret de famille où il faudra bien choisir qui sera le "parent 1" et le "parent 2". 

Au delà des termes, nous assisterons à la disparition de la différenciation affichée des caractères sexués du Père et de la Mère.

 

Enfin, l'adoption internationale pour les couples hétérosexuels stériles risque de se raréfier du fait de la fermeture de certains pays à l'adoption une fois la loi votée.

 

Ils réfutent l'argument

Les questions du mariage, de la filiation et de l’autorité parentale  pour les couples de même sexe - UNAF

Le débat autour de l’ouverture du mariage pour tous ne se situe pas uniquement au niveau de l’altérité des sexes mais également au niveau de la parenté et de la filiation. Toute réforme du mariage doit être examinée au prisme de son impact pour tous les citoyens.  Dans le domaine du droit de la famille, une réforme législative ne concerne pas uniquement une catégorie de citoyens, mais l’ensemble des citoyens. Modifier quelques dispositions de l’édifice rejaillira sur l’équilibre général des textes, les règles de droit étant interdépendantes les unes des autres.  

Et vous ?

Et vous, qu'en pensez-vous ?

Adhérez-vous à l'argument ? Le trouvez-vous juste d'un point de vue logique ? Quel degré de véracité lui donnez-vous ?

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