Argument n°5 : le rejet du mariage homosexuel est en fait une homophobie cachée

Explication

Rejeter le mariage homosexuel, c'est faire preuve d'homophobie, à l'instar du racisme qui ostracise des personnes suivant leur couleur de peau. Il s'agit ici de refuser l'égalité entre tous et reléguer les homosexuels à des citoyens de seconde zone, en ayant une conception hiérarchisée des orientations sexuelles qui place l'hétérosexualité au somment de la pyramide.

 

Bien entendu, les arguments des opposants au mariage homosexuels sont plus subtils et ils n'afficheront jamais ouvertement leur homophobie...Cette homophobie est plus sournoise, et se dissimule derrière des arguments de tout type et des bons sentiments.

Ils justifient cet argument

Lilian Thuram: «le refus du mariage pour tous, c'est de l'homophobie»

«Qu'est-ce que le racisme?, a poursuivi l'ancien footballeur. C'est juger quelqu'un à travers la couleur de sa peau. Être homophobe, c'est juger une personne à travers sa sexualité. Et donc aujourd'hui, le refus du mariage pour tous, c'est qu'on juge les personnes sur leur sexualité, donc on voit que c'est de l'homophobie.» Et afin d'être bien clair, lorsqu'Yves Calvi lui a précisément demandé «Donc vous pensez bien que c'est être homophobe que de ne pas être favorable au mariage entre deux hommes ou deux femmes?», sa réponse a fusé: «Mais complètement.»

 

L'engagement de l'un des artisans de France 98 vaut également pour le droit à l'adoption par des couples homosexuels. Pour lui, être contre, «c'est mettre en doute l'intelligence des hommes et des femmes qui sont homosexuels.»

Et d'ajouter: «L'histoire des enfants, c'est avant tout le fait de donner de l'amour et éduquer un enfant. Et je pense que peu importe votre orientation sexuelle, vous êtes capable de donner cet amour et cette éducation.»

 

"Ils ne sont pas homophobes, comme ils disent", Christine Lambert et Joseph Macé-Scaron, Directeurs adjoints de la rédaction de «Marianne»

Ils ne sont pas homophobes, mais ils considèrent que les homosexuels sont devenus un peu trop voyants, trop bruyants, en osant réclamer le droit au mariage. Comme s'ils étaient des citoyens de seconde zone.   


Ils ne sont pas homophobes, mais ils estiment que leur octroyer ce droit est un privilège. C'est une très vieille ficelle réactionnaire que de faire croire qu'un droit accordé à ceux qui ne l'ont pas va l'enlever à d'autres. 


Ils ne sont pas homophobes, mais ils pensent que la vénérable institution du mariage doit être protégée de cette agression. Comme si les homosexuels étaient responsables et coupables du fait qu'un mariage sur deux se termine aujourd'hui par un divorce. 


Ils ne sont pas homophobes, mais ils jugent que le mariage n'a pas pour vocation d'offrir un manteau de respectabilité à des amours dissolues. Comme si le code civil avait jamais parlé d'amour. Comme si les amours hétéro se limitaient à la position du missionnaire. 


Ils ne sont pas homophobes, mais ils jurent que la famille est en danger. Comme si la principale menace n'était pas la précarité sociale, sur laquelle ils restent muets. 


Ils ne sont pas homophobes, mais ils croient profondément qu'un enfant a besoin, pour être heureux, d'un papa, d'une maman, d'un labrador et d'un 4 x 4. Et pas de deux parents (au moins) du même sexe. Comme si des siècles d'hétéroparentalité avaient éradiqué l'enfance maltraitée des faits divers. 


Ils ne sont pas homophobes, mais ils sentent qu'un enfant a besoin, pour se développer, d'un référent masculin et d'un référent féminin. Comme si le vase clos de la cellule parentale suffisait à fabriquer un futur adulte, comme s'il n'était pas le produit de toute une société, composée d'hommes et de femmes. 


Ils ne sont pas homophobes, mais ils jugent que le mariage homo ouvrira la porte à l'inceste, la polygamie, la zoophilie... Comme si l'amour entre personnes du même sexe était une pathologie, une déviance, une tare menant à l'animalité. 


Ils ne sont pas homophobes, mais ils présument qu'ouvrir l'adoption aux couples du même sexe la détournera de sa raison d'être - donner un foyer à un enfant malheureux - par pur égoïsme. Comme si l'adoption aujourd'hui n'établissait pas déjà un droit à l'enfant. 


Ils ne sont pas homophobes, mais ils clament que bientôt «on pourra acheter un enfant sur Internet» : homosexualité et pédophilie, même combat, comme le sous-entend le cardinal André Vingt-Trois ! 


Ils ne sont pas homophobes, mais ils refusent de céder comme des moutons de Panurge à la «modernité» bien-pensante dictée depuis Boboland. Comme si l'égalité en droits était une idée du futur. 


Ils ne sont pas homophobes mais, quand même, les gays et les lesbiennes ne devraient pas imposer leur «choix de vie» à l'ensemble de la société. Comme si on choisissait d'être homosexuel. 


Ils ne sont pas homophobes, mais ils couinent que l'homosexualité a détruit la civilisation grecque, et que le mariage homo signe plus sûrement que le calendrier maya l'extinction de l'humanité. 


Ils ne sont pas homophobes - la preuve, leur coiffeur est pédé et ils adorent Stéphane Bern -, mais, au plus profond d'eux-mêmes, ils pensent que les homosexuels ne sont pas tout à fait des hommes et des femmes comme les autres. 

 

Homophobie "bon teint" et mariage pour tous, par Bartholomé Girard et Gaspard Dhellemmes

Depuis que Christiane Taubira, Garde des Sceaux, a annoncé un projet de loi ouvrant le mariage aux couples de même sexe, un refrain se fait entendre: "Je ne suis pas homophobe, mais je suis contre l'ouverture du mariage aux homos." C'est souvent dit de bonne foi, de la part de personnes qui comptent des lesbiennes et des gays dans leur entourage et condamnent les comportements homophobes: agressions physiques ou verbales, harcèlement ou discrimination. Toutes les manifestations d'une homophobie éclatante, spectaculaire, nourrie par la haine et qui se manifestent dans la violence. Mais refuser le mariage aux homos, ça, non, ce ne serait pas "être homophobe".

 

Pour beaucoup d'homosexuels, l'inégalité des droits est pourtant vécue comme une violence. Et pour les associations lesbiennes, gays, bi et trans (LGBT), il n'y a pas de doute: le non-accès au mariage et à la parentalité pour les couples de même sexe constitue bien une discrimination. Comment expliquer alors cette distinction qu'opèrent beaucoup de Français? C'est bien la définition même de l'homophobie qui est en jeu ici.

 

L'acception consensuelle regroupe toutes les manifestations d'hostilité à l'égard d'une personne en raison de son orientation homosexuelle: exclusion, insulte, rejet, voire violences morales ou physiques. Mais c'est là s'attacher uniquement à la face "visible" de l'homophobie; il faut chercher plus loin, en remontant à la source de ces comportements, pour comprendre le mécanisme: l'homophobie vient d'une conception hiérarchisée des orientations sexuelles. Elle surgit dès que l'on considère que l'homosexualité "n'est pas égale" à l'hétérosexualité. Et l'inégalité des droits est bien une reconnaissance implicite de cette hiérarchie, elle la consacre et l'institutionnalise.

 

On ne peut certes pas mettre sur le même plan l'inégalité des droits et les violences physiques ou morales dont les gays et lesbiennes peuvent être victimes. "L'homophobie" recouvre plutôt un large spectre de pensées, paroles ou actes dont la violence s'exprime à des degrés divers mais qui, toutes, prennent source dans une conception hiérarchisée des orientations sexuelles, qui place l'hétérosexualité au sommet de la pyramide. C'est en cela que l'inégalité des droits s'inscrit dans un continuum des manifestations d'homophobie. Elle est une violence d'ordre symbolique ; peut-être pas la plus brutale ni la plus douloureuse. Une forme d'homophobie "bon teint". Une homophobie qui ne dit pas son nom. Mais de l'homophobie quand même.

 

Différents mais égaux

Pire: le refus de l'égalité des droits nourrit les manifestations homophobes. On ne peut pas, d'un côté, mener une politique de lutte contre les discriminations comme semble l'appeler Jean-François Copé de ses vœux si, de l'autre, la loi dit que les homosexuels ne sont pas égaux aux hétérosexuels. C'est ainsi que, lors d'une intervention en milieu scolaire, des militants de l'association SOS homophobie ont entendu un adolescent leur demande: "Si l'homosexualité n'est pas inférieure à l'hétérosexualité, pourquoi n'avez-vous pas le droit de vous marier?" C'est bien là le cœur du sujet: l'inégalité des droits est une reconnaissance implicite d'une hiérarchie des orientations sexuelles, et favorise donc l'homophobie dans la société.

 

Si tant de personnes répugnent à considérer l'inégalité des droits comme de l'homophobie, c'est en partie en raison de la jeunesse de la lutte pour les droits LGBT. Cela fait à peine 30 ans, en France, que l'homosexualité n'est plus un délit; 20 ans qu'elle n'est plus considérée comme une maladie mentale; et un peu plus de 10 ans que des couples de femmes et des couples d'hommes ont le droit de s'unir devant la loi grâce au Pacs, ce sous-mariage qui a été donné comme un pis-aller aux personnes LGBT. Jusqu'à ce que, dans les années 2000, les revendications s'expriment plus fortement encore, au nom du principe républicain d'égalité.

 

Refuser les mêmes droits aux homos, c'est leur signifier que ce sont des citoyens de seconde zone. On envoie le signal aux gays et aux lesbiennes que leurs désirs sont moins dignes, que leur amour n'a pas la même valeur. Tout comme les noirs ne devaient pas monter dans les bus des blancs aux États-Unis au début du XXe siècle, ou les femmes ne pouvaient pas voter avant 1945 en France. Qui oserait dire, aujourd'hui, qu'une différence de traitement entre les hommes et les femmes ne serait pas du sexisme? Qu'une différence de traitement en fonction de l'origine ne serait pas du racisme? Et donc, pourquoi une différence de traitement envers les homosexuels ne serait pas une discrimination homophobe ? Le principe d'égalité ne souffre pas la demi-mesure.

 

Mariage pour tous : l'homophobie latente du débat

Ces homophobes que vous connaissez

Et c’est en s’y plongeant justement, qu’on s’aperçoit pour la première fois, et avec la plus grande violence, que les homophobes ne sont pas seulement ces êtres rustres, ces trolls ou ces fanatiques du Civitas. Non, de façon plus pernicieuse, les homophobes sont aussi ces individus finalement très normaux que vous rencontrez tous les jours.

 

Peu à peu, les affirmations de connaissances ou d’amis commencent à trouver leur point commun : ils s’en fichent, le débat les ennuie, ils en entendent trop parler.

 

Ils s’empressent d’ajouter que non, ils ne sont pas homophobes. Non, non, ils ont des amis gays vous savez. De toute façon, eux, ils ont pleuré devant "Tomboy" et ils ont ri devant "I love you Philipp Morris", alors les homos, ça les connaît. Homophobes, eux ? Non !

 

La phrase qui revient le plus souvent c'est : "Le mariage gay ça ne me gêne pas. Après, l’adoption, tout ça… c’est autre chose". Une chose alors : si refuser le droit au mariage des homosexuels est un acte homophobe, alors déclarer qu’on tolère seulement la légalisation du mariage des homosexuels revient à une homophobie latente.

 

Ce débat complètement polarisé sur le mariage pour tous a, au moins, eu le mérite de révéler les homophobes qui se cachent parmi vous : ce sont ceux qui veulent avoir le label gay-friendlyestampillé sur le front en affirmant que "le mariage gay ne [les] gêne pas", mais qui, simultanément, nuancent : "L'adoption, la PMA… c’est quand même un peu plus borderline".

 

 S’autoproclamer non-homophobe et déclarer en même temps sa "tolérance" envers le mariage pour tous est une véritable contradiction. Imaginez un de vos amis déclarer qu’il ne se considère pas comme raciste mais qu’il se sent "gêné" par les mariages mixtes, comment réagiriez vous ?

Contre analyse

"Quand on veut noyer son chien on l'accuse de la rage"...Ces accusations permettent d'occulter tout débat en faisant taire les personnes se posant des questions sur le bien fondé de cette évolution du mariage ou tout simplement se postionnant contre cette évolution.

 

L'homophobie existe-t-elle ? Evidemment. Est-ce condamnable ? Bien entendu...Il serait illusoire d'envisager une évolution soudaine des mentalités notamment pour les générations les plus âgées.

 

Les questions ou les inquiétudes que soulève le mariage homosexuel sont légitimes quoi qu'en pensent ses partisans : droit de l'enfant, bouleversement d'une institution très ancienne, risques sur l'adoption internationale...

 

Quant à la notion de discrimination basée sur la notion d'infériorité potentielle du mariage homosexuel, c'est un faux débat : le mariage entre deux personnes de même sexe sera, quoi qu'on veuille, différent d'un mariage entre deux personnes de sexe différent, tout simplement parce que la nature a besoin d'un homme et d'une femme pour faire un enfant.


Enfin, que dire des homosexuels qui s'opposent au mariage pour tous ?

Ils réfutent l'argument

Les sept chantages inacceptables des partisans du "mariage" unisexe

La sempiternelle accusation d’homophobie

Il y a bien sûr le chantage à l’homophobie. S’opposer au mariage unisexe serait faire preuve d’homophobie. Comme disait Muray, "la cage aux phobes est ouverte, garez-vous". A entendre ceux qui parlent comme  cela, aucune prise de position rationnelle ne serait possible : l’homo politicus ne serait mû que par ses plus bas instincts.


De même que les homosexuels seraient obligés d’être pour le mariage en raison de leurs orientations sexuelles (y a-t-il pire homophobie que de penser cela ?), quiconque est contre ne saurait être mu que par la phobie des homosexuels. Un tel chantage est, lui aussi, une manière totalitaire de clore le débat. On lance ce genre d’invective comme si les positions des uns et des autres ne pouvaient se déterminer en raison, en fonction des intérêts, non de tel ou tel groupe mais de l’État, de la République. C’est pourtant sur ce seul plan qu’il faut débattre. Et c’est sur ce seul plan que les opposants au mariage homosexuel prétendent se placer.

 

ELARGIR LE MARIAGE AUX PERSONNES DE MÊME SEXE ? OUVRONS LE DÉBAT !, NOTE DU CONSEIL FAMILLE ET SOCIÉTÉ

Refuser l’homophobie

Une réforme en profondeur du mariage et de la filiation concerne tous les citoyens et devrait donc pouvoir faire l’objet d’un large débat. Celui-ci se heurte aujourd’hui à l’accusation d’homophobie qui vient fustiger toute interrogation.

 

Le respect des personnes

Cette situation a ses raisons d’être. Pendant longtemps, les personnes homosexuelles ont été condamnées et rejetées. Elles ont fait l’objet de toutes sortes de discriminations et de railleries. Aujourd’hui, cela n’est plus toléré, le droit proscrit toute discrimination et touteincitation à la haine, notamment en raison de l’orientation sexuelle, et il faut se féliciter de cette évolution.

 

Du côté de l’Eglise catholique, la Congrégation pour la doctrine de la foi invitait, dès 1976, les catholiques à une attitude de respect, d’écoute et d’accueil de la personne homosexuelle au coeur de nos sociétés. Dix ans plus tard, la même Congrégation soulignait que les expressions malveillantes ou gestes violents à l’égard des personnes homosexuelles méritaient condamnation. Ces réactions « manifestent un manque de respect pour les autres qui lèse les principes élémentaires sur lesquels se fonde une juste convivialité civile. La dignité propre de toute personne doit toujours être respectée dans les paroles, dans les actions et dans les législations ».

 

La lente évolution des mentalités

Si le respect de la personne est donc clairement affirmé, il faut bien admettre que l’homophobie n’a pas pour autant disparu de notre société. Pour les personnes homosexuelles, la découverte et l’acceptation de leur homosexualité relèvent souvent d’un processus complexe. Il n’est pas toujours facile d’assumer son homosexualité dans son milieu professionnel ou son entourage familial. Les préjugés ont la vie dure et les mentalités ne changent que lentement, y compris dans nos communautés et familles catholiques. Elles sont pourtant appelées à être à la pointe de l’accueil de toute personne, quel que soit son parcours, comme enfant de Dieu. Car ce qui, pour les chrétiens, fonde notre identité et l’égalité entre les personnes, c’est le fait que nous sommes tous fils et filles de Dieu. L’accueil inconditionnel de la personne n’emporte pas une approbation de tous ses actes, il reconnaît au contraire que l’homme est plus grand que ses actes.

 

Le refus de l’homophobie et l’accueil des personnes homosexuelles, telles qu’elles sont, font partie des conditions nécessaires pour pouvoir sortir des réactions épidermiques et entrer dans un débat serein autour de la demande des personnes homosexuelles.


Entendre la demande des personnes homosexuelles

Une réalité diversifiée

En fait, les données statistiques qui évaluent le nombre de personnes homosexuelles, le nombre de personnes vivant une relation stable avec un partenaire de même sexe ou le nombre d’enfants élevés par deux adultes de même sexe, sont rares et difficiles à interpréter.

Sous cette réserve, plusieurs études montrent que les pratiques homosexuelles ont évolué et que l’aspiration à vivre une relation affective stable se rencontre plus fréquemment aujourd’hui qu’il y a 20 ans. Cette réalité n’est pour autant pas uniforme : la cohabitation sous le même toit, la relation sexuelle ou l’exclusivité du partenaire ne font pas toujours partie des éléments d’une telle relation stable.

 

Une demande de reconnaissance

La diversité des pratiques homosexuelles ne doit pas empêcher de prendre au sérieux les aspirations de celles et ceux qui souhaitent s’engager dans un lien stable. Le respect et la reconnaissance de toute personne revêtent désormais une importance primordiale dans notre société. Les discussions sur le multiculturalisme, le racisme, le féminisme et l’homophobie sont sous-tendues par cette demande de reconnaissance qui s’exprime aujourd’hui sur le mode égalitariste. La non-reconnaissance est expérimentée comme oppression ou discrimination.


Certains poussent très loin ce discours égalitariste. Ils estiment que toute différence ouvre sur un rapport de pouvoir et en conséquence sur un risque de domination de l’un sur l’autre : domination de l’homme sur la femme, domination du blanc sur le noir, domination de l’hétérosexuel sur l’homosexuel, etc. Selon eux, la seule solution pour combattre l’oppression ou la discrimination serait alors de gommer les différences ou, en tout cas, de leur dénier toute pertinence dans l’organisation de la vie sociale.


Une volonté de gommer les différences

C’est dans ce contexte que s’inscrit le processus de transformation du mariage pour le rendre accessible aux personnes de même sexe. La demande vise à faire reconnaître que l’amour, entre deux personnes de même sexe, a la même valeur que l’amour, entre un homme et une femme. La différence entre les deux, au regard de la procréation naturelle, est gommée ou jugée non pertinente pour la société. La richesse que représente l’altérité homme/femme tant dans les rapports individuels que collectifs est passée sous silence. Seule semble compter la reconnaissance de la personne homosexuelle et le fait de mettre fin à la discrimination dont elle s’estime victime dans une société hétéro-normée.


La valeur d’une relation affective durable

La société, tout comme l’Eglise dans le domaine qui lui est propre, entend cette demande de la part des personnes homosexuelles et peut chercher une réponse. Tout en affirmant l’importance de l’altérité sexuelle et le fait que les partenaires homosexuels se différencient des couples hétérosexuels par l’impossibilité de procréer naturellement, nous pouvons estimer le désir d’un engagement à la fidélité d’une affection, d’un attachement sincère, du souci de l’autre et d’une solidarité qui dépasse la réduction de la relation homosexuelle à un simple engagement érotique.

 

Mais cette estime ne permet pas de faire l’impasse sur les différences. La demande des personnes homosexuelles est symptomatique de la difficulté qu’éprouve notre société à vivre les différences dans l’égalité. Plutôt que de nier les différences en provoquant une déshumanisation des relations entre les sexes, notre société doit chercher à garantir l’égalité des personnes tout en respectant les différences structurantes qui ont leur importance pour la vie personnelle et sociale.

 

Homophobe, moi ? Et ta soeur ? Réponse à l'article de Mariane sur l'homophobie, par Théophane Le Méné

Dans un article publié sur Marianne2 cette semaine, Joseph Macé-Scaron et Christine Lambert assimilent les opposants au “mariage pour tous” à de vilains homophobes. Voici ma réponse :

 

Ils sont homos, bis, trans, hétéros, athées, religieux, de gauche, de droite, et ils considèrent que la question du mariage homosexuel qui est intimement liée à celles de l’adoption et de la filiation mérite un véritable débat car elle bouleverse les fondements anthropologiques de notre société.


Ils sont homos, bis, trans, hétéros, athées, religieux, de gauche, de droite, et ils estiment que le droit au mariage n’a rien d’un privilège puisque l’officier d’Etat civil ne s’enquiert ni de l’orientation sexuelle ni des préférences sexuelles de ceux qu’il marie. Par conséquent tout le monde y a droit.


Ils sont homos, bis, trans, hétéros, athées, religieux, de gauche, de droite, et ils jugent que le mariage n’a pas à entériner les amours car le code civil n’a jamais parlé d’amour et que l’on peut s’aimer sans se marier. Ils avertissent les partisans du “mariage pour tous” qu’un mariage sur deux se termine par un divorce et que comme les homosexuels ne sont pas des citoyens de seconde zone mais des hommes et des femmes comme les autres, ils n’y échapperont pas plus que les autres.


Ils sont homos, bis, trans, hétéros, athées, religieux, de gauche, de droite, et ils regardent les menaces qui pèsent sur la famille comme ils regardent la précarité sociale. Ils affirment qu’on peut regretter les deux et que la charité ne consiste pas à déshabiller Paul pour aller habiller Pierre.


Ils sont homos, bis, trans, hétéros, athées, religieux, de gauche, de droite, et ils croient profondément à l’altérité du couple dans la construction de l’enfant, labrador ou non, 4X4 ou non. Ils avertissent les partisans du mariage pour tous que l’hétéroparentalité n’éradique pas l’enfance maltraitée des faits divers et que comme les homosexuels ne sont pas des citoyens de seconde zone mais des hommes et des femmes comme les autres, ils n’y échapperont pas plus que les autres.


Ils sont homos, bis, trans, hétéros, athées, religieux, de gauche, de droite, et ils savent qu’un enfant à besoin, pour se développer, d’un référent masculin et d’un référent féminin car « c’est la raison de la condition sexuée de l’existence humaine et de l’hétérogénéité de toute génération dont la culture a jusqu’ici voulu garder le modèle » comme le rappelle la philosophe Sylviane Agacinski.


Ils sont homos, bis, trans, hétéros, athées, religieux, de gauche, de droite, et ils affirment qu’ils savent lire. Si l’on parle de mariage pour tous, alors c’est le mariage pour tous ou alors on nous ment. Patrick Besson dans Le Point se contente d’une phrase qui elle aussi dit tout : « L’empereur romain Caligula, premier adepte du mariage pour tous : il avait épousé son cheval. Pourquoi s’en tenir, en effet, aux épousailles entre gens du même genre ? » Surtout si l’on fait disparaître la notion de genre avec Parent 1 et Parent 2.


Ils sont homos, bis, trans, hétéros, athées, religieux, de gauche, de droite, et ils redoutent qu’ouvrir l’adoption aux couples du même sexe donne un droit à l’enfant alors que le principe même de l’adoption est de donner un droit aux enfants, celui d’avoir un père et une mère, comme nous tous nous y avons eu le droit depuis que l’humanité existe.


Ils sont homos, bis, trans, hétéros, athées, religieux, de gauche, de droite, et ils présument que l’enfant comme la mère porteuse pourraient bientôt devenir objets de commerce. Comment en effet ne pas imaginer que dans la précarité sociale existante, certaines n’iront pas vendre leur corps et le fruit de leur corps, ou quand libertaires et libéraux s’associent pour la réification des rapports sociaux et la personnification des choses ?


Ils sont homos, bis, trans, hétéros, athées, religieux, de gauche, de droite, et ils refusent effectivement de céder comme des moutons de panurge. Car l’égalité des droits ce n’est pas l’égalité des droits d’une communauté ni même des couples, c’est l’égalité des individus devant la loi. Et que fera-t-on de la rupture d’égalité entre les enfants de familles homoparentales et les enfants de familles hétéroparentales ?


Ils sont homos, bis, trans, hétéros, athées, religieux, de gauche, de droite, et ils considèrent que la sexualité de tout un chacun relève de la sphère privée mais plus encore que la sexualité de l’un ou de l’autre ne conditionne pas une façon de penser.


Ils sont homos, bis, trans, hétéros, athées, religieux, de gauche, de droite, et ils connaissent les classiques de l’histoire et de la philologie grecque à propos de l’homosexualité ; ce que Georges Devereux a proposé de dénommer « pseudo-homosexualité », marquant par cette expression le caractère spécifique de l’homosexualité grecque, qui a pour objet – et cet objet est paradoxal dans les évidences d’aujourd’hui – l’acquisition de la différence des sexes et le mariage.


Ils sont homos, bis, trans, hétéros, athées, religieux, de gauche, de droite, et ils ne sont pas homophobes. Car ils ne pensent pas, contrairement aux fureurs d’un homme arrivé au pouvoir en 1933, que les homosexuels ne sont capables de réfléchir politiquement que par instinct sexuel. Mais au contraire, que la question du mariage pour tous n’est ni homosexuelle, ni hétérosexuelle, elle concerne le droit des enfants d’avoir un père et une mère, et seulement cela.

 

Commentaire de Sylvie Archambault à l'article de Mariane sur l'homophobie

Que d'outrances ! que d'interprétations fantaisistes et caricaturale !

Ils ne sont pas homophobes, mais ils estiment que leur octroyer ce droit est un privilège.
Le mariage est-il un "droit" ? cela se discute mais au sens du Code Civil il est une institution. Institution pour les couples hétéro droit pour les couples homos ? et c'est cela que l'on désigne sous le nom "de mariage pour tous ?"
On n'enlèvera pas un droit aux autres, on leur enlèvera seulement l'appellation "mari" ou "femme" pour les inclure sous une nouvelle catégorie juridique "couples hétéros"

"Ils ne sont pas homophobes, mais ils pensent que la vénérable institution du mariage doit être protégée de cette agression. Comme si les homosexuels étaient responsables et coupables du fait qu'un mariage sur deux se termine aujourd'hui par un divorce. "
Personne ne pense que l'institution devrait être "protégée" de qui ou quoi que ce soit, mais qu'elle doit reproduire le droit "naturel" qui fait que pour fonder une famille l'union d'un homme et d'une femme est nécessaire. La question du divorce qui est celle de la dissolution du mariage n'a rien à voir là-dedans

Ils ne sont pas homophobes, mais ils jurent que la famille est en danger. Comme si la principale menace n'était pas la précarité sociale, sur laquelle ils restent muets.
Bien d'accord avec votre deuxième phrase, sauf la fin qui est une fois de plus déviée et peu honnête : s'ils "restent muets" c'est que ce n'est pas le sujet sur lequel on leur demande de s'exprimer (je n'ai pas vu non plus ces arguments chez les pro-mariage homo) 
Mais les gens opposés au mariage ne sont pas assez bêtes pour aller dire que la famille serait danger du seul fait de la demande de la communauté homo : ils savent qu'elle est au contraire la valeur première des français,et celle qui sert le plus de refuge et de protection à l'exclusion sociale.

Ils ne sont pas homophobes, mais ils croient profondément qu'un enfant a besoin, pour être heureux, d'un papa, d'une maman, d'un labrador et d'un 4 x 4. Et pas de deux parents (au moins) du même sexe. Comme si des siècles d'hétéroparentalité avaient éradiqué l'enfance maltraitée des faits divers. 
La mention du labrador et du 4X4 est gratuitement agressive, mensongère et ne sert pas le propos : de la mauvaise langue en barre. Quel rapport entre l'enfance maltraitée et la parenté ? Qui nous prouve que l'homoparentalité sera parfaite dans le monde merveilleux des bisounours ?

Ils ne sont pas homophobes, mais ils sentent qu'un enfant a besoin, pour se développer, d'un référent masculin et d'un référent féminin. Comme si le vase clos de la cellule parentale suffisait à fabriquer un futur adulte, comme s'il n'était pas le produit de toute une société, composée d'hommes et de femmes.
 
La cellule familiale est celle dans lequel l'enfant fait ses premiers apprentissages, ses premiers pas dans la vie sociale. Elle est l'unique jusqu'à 3/4ans elle est le point d'ancrage principal jusqu'à l'adolescence. Que vous niiez ce rôle premier et principal de la cellule familiale dans l'éducation de l'enfant est en effet très inquiétant quant à votre sens de la famille.

Comme si l'amour entre personnes du même sexe était une pathologie, une déviance, une tare menant à l'animalité
Je n'ai jamais lu de telles interprétations. Simplement j'ai lu que cela est un comportement tout à fait minoritaire (5 %), ce qui n'est qu'un constat.
Faut-il changer le modèle sociale d'une grande majorité pour l'ouvrir à une petite minorité ? permettez que la majorité ait aussi son mot à dire sans se voir injuriée des qualificatifs les plus dégradants ...Or tout ce que vous faites : la ridiculiser, l'injurier, dévier ses arguments n'a qu'un seul but : la faire taire

Comme si l'adoption aujourd'hui n'établissait pas déjà un droit à l'enfant. 
Contre sens juridique total : l'adoption ne correspond pas à un droit à l'enfant. Quantité de personnes cherchent à adopter et ne le pourront pas. 
C'est le droit DE l'enfant privé de ses parents biologiques à trouver une cellule familiale dans laquelle il pourra s'épanouir

Ils ne sont pas homophobes, mais ils clament que bientôt «on pourra acheter un enfant sur Internet» : homosexualité et pédophilie, même combat, comme le sous-entend le cardinal André Vingt-Trois ! 
Que vient faire la pédophilie là dedans ??? on se demande !
Acheter un enfant n'a rien à voir avec la pédophilie mais informez-vous, des sites où l'on peut acheter un enfant via une mère porteuses existent partout, dans tous les pays où la PMA est légale.
Et les français sont dans leur énorme majorité hostiles à la légalisation de tels processus.

Ils ne sont pas homophobes, mais ils refusent de céder comme des moutons de Panurge à la «modernité» bien-pensante dictée depuis Boboland. Comme si l'égalité en droits était une idée du futur. 
Voir premier paragraphe.

Ils ne sont pas homophobes, mais ils couinent que l'homosexualité a détruit la civilisation grecque, et que le mariage homo signe plus sûrement que le calendrier maya l'extinction de l'humanité. 
"couinent" dites-vous ? humm j'adore la neutralité syntaxique du verbe choisi !
n'importe quoi ! La civilisation grecque certainement pas pour la bonne raison que le mariage homosexuel n'y a jamais été prévu ! 

Ils ne sont pas homophobes - la preuve, leur coiffeur est pédé et ils adorent Stéphane Bern -, mais, au plus profond d'eux-mêmes, ils pensent que les homosexuels ne sont pas tout à fait des hommes et des femmes comme les autres.
 
Pas vrai. Ils constatent simplement que les homosexuels n'ont pas le même comportement sexuel que les autres, point barre.
Et vous, dans vos délires queers, ne prétendez-vous pas qu'il n'y a pas d'hommes et de femmes ? que tout cela est un délire culturel ? 

En tout cas, les opposants au mariage homosexuels disent peut-être beaucoup de bêtises, mais il le disent sur un ton beaucoup moins agressif, beaucoup moins caricatural et manipulateur que ce que disent les pro, dont votre article est un exemple parfait.
J'en tire cette conclusion évidente : Il vous est totalement insupportable que l'on puisse discuter vos opinions, ne pas les considérer comme allant de soi.
Cela est inquiétant....

 

Et vous ?

Et vous, qu'en pensez-vous ?

Adhérez-vous à l'argument ? Le trouvez-vous juste d'un point de vue logique ? Quel degré de véracité lui donnez-vous ?

Quel pourcentage d'adhésion de votre part : 0% ? 30%? 50%? 70% ? 100% ?

 

Forgez votre propre opinion en faisant fi des préjugés : personne ne le fera à votre place !