Argument n°4 : aucun dommage pour l’enfant d’un point de vue psychologique

Explication

De nombreuses études montrent que les enfants adoptés par des homosexuels sont aussi équilibrés que d'autres enfants, voire plus.

 

De nombreux psychiatres se sont également prononcés en faveur du mariage pour tous en affirmant qu'il n'y avait aucun impact dommageable pour l'enfant.


D'ailleurs, en quoi les homosexuels éleveraient moins bien leurs enfants que les hétérosexuels ? On a bien chez ces derniers des parents qui maltraitent leurs enfants.

 

Ils justifient cet argument

SOS Homophobie

Existe-t-il des études qui montrent que les enfants sont moins bien élevé-e-s par des parents gays ou lesbiens ? Non. 70 articles scientifiques consacrés au dévelopement de l’enfant dans les familles homoparentales n’ont pas montré de différences significatives entre les enfants élevé-e-s dans des familles homoparentales et les autres, et en particulier aucun impact sur l'orientation sexuelle : évidemment, on ne devient pas homo quand on est élevé par des homos ! sinon les hétéros n’auraient que des enfants hétéros... Les enfants élevés par des couples homosexuels ne souffrent pas de l’homosexualité de leurs parents, mais de l’homophobie de celles et ceux qui, à l’école ou ailleurs, cherchent à les stigmatiser. C’était la situation des enfants de divorcés avant que le divorce ne devienne plus fréquent et que cette stigmatisation ne disparaisse.

 

Enfants d'homos : des études scientifiques positives mais aux multiples biais

Plus de 700 articles scientifiques ont été consacrés, depuis le début des années 1970, à l'homoparentalité dont 10 % au développement des enfants. "La tendance générale est qu'il n'y a pas de différences massives entre les enfants élevés dans des familles homoparentales et les autres", commente Olivier Vécho, maître de conférences en psychologie à Paris-X Nanterre. De petites différences peuvent apparaître : les enfants de parents homosexuels manifestent une estime de soi plus faible, mais expriment plus leurs émotions. Dans les relations avec les amis d'école, certaines études montrent que les enfants d'homos sont plus à l'aise, d'autres qu'ils le sont moins... Aucun impact n'est relevé sur l'orientation sexuelle.

 

560 psychanalystes pour le mariage gay et l’adoption

« Pas de pathologie particulière »

Pour les signataires, « la pratique psychanalytique nous enseigne depuis longtemps que l'on ne saurait tisser des relations de cause à effet entre un type d'organisation familiale et une destinée psychique singulière ». 

Laurence Croix, psychanalyste à Paris à l'origine de la pétition, le projet de loi ne comporterait pas de risque particulier mais au contraire serait bénéfique. « Depuis très longtemps, puisqu’on reçoit des enfants de couples homosexuels, ils n’ont pas de pathologie particulière, ils ont les même conflits névrotiques que des enfants élevés par des couples hétérosexuels. Maintenant, il y a quelque chose qui pouvait nous gêner en tant que cliniciens, c’était la honte qu’ils pouvaient vivre, à l’école ou ailleurs, d’avoir deux femmes ou deux hommes qui les accompagnaient. On en faisait des clandestins d’un choix de sexualité des parents qui ne les regarde même pas. Mais là, on a la possibilité, grâce à ce projet de loi, qu’enfin ils existent dans la société. Et on sait, nous en psychanalyse, comme c’est important, la portée symbolique de ces questions administratives ».

 

« Ils ne souffrent pas plus que les autres »

Un point de vue partagé par Olivier Douville, lui aussi psychanalyste. Il a signé la pétition parce qu’il « ne voit pas comment on pourrait être contre ». « Vous pouvez chercher dans toutes les avancées de la théorie psychanalytique, explique-t-il, vous ne trouverez pas le moindre argument pour stigmatiser l’homosexualité. Il m’est arrivé de recevoir des enfants adoptés par des couples homosexuels, et je n’ai pas constaté qu’ils souffraient plus que les autres. Le mariage garanti certains droits à l’enfant, et sur ce point-là je pense que les enfants de couples homosexuels doivent jouir des mêmes droits que les enfants de couples hétérosexuels ».

 

Vif débat chez les psys sur l'homoparentalité

Pour Serge Hefez, pédopsychiatre à la Pitié-Salpêtrière, les opposants"confondent la famille, qui est une donnée sociale, avec l'engendrement, qui est une donnée biologique""Toutes les sociétés fabriquent des formes de famille qui s'éloignent du biologique, poursuit-il. Deux personnes qui n'ont pas engendré un enfant peuvent être ses parents, qui l'aiment et l'élèvent. Cela ne pose pas de problème si les choses sont claires pour l'enfant."


"LES HOMOSEXUELS SONT DES PARENTS AUSSI COMPÉTENTS QUE LES AUTRES"

"Vive cette loi !, lance le pédopsychiatre Marcel Rufo. On voit déjà plein d'enfants dans ces situations. Les homosexuels sont des parents aussi compétents que les autres. Les enfants acceptent toujours leur homosexualité s'il y a de la pudeur de leur part."

 

Stéphane Clerget, pédopsychiatre à Paris, ne voit également "rien de préoccupant" dans le projet. "Ce qui est important pour l'enfant, c'est de savoir biologiquement d'où il vient et qui a des droits sur lui, estime-t-il. L'interdit de l'inceste doit être mis en place de la même façon que pour les couples hétérosexuels. Une fois qu'il sait tout cela, il peut évoluer harmonieusement dans différents contextes." L'identification au masculin et au féminin peut se faire avec d'autres personnes que les parents, estiment ces spécialistes.

 

« Le mariage pour tous serait un danger pour les enfants »

Pourtant, comme l’expliquait Eric Walter (qui a piloté la réforme de l’adoption internationale au sein du cabinet de R. Yade) dès la mi-novembre : "Elargir l’accès des enfants à l’adoption renforce bel et bien leur droit à la protection. C’est le droit de chacun d’avoir la conviction qu’un couple homosexuel ne peut pas faire famille. Mais c’est instrumentaliser les enfants que de maquiller cette opinion personnelle en atteinte à leurs droits".

Contre analyse

Aujourd'hui, nombre de psychiatres et de pédagogues savent qu'un enfant a besoin des pôles complémentaires du père et de la mère pour se développer convenablement. 

 

En ce qui concerne les études menées à ce sujet, on ne peut en tirer des conclusions fiables et incontournables pour plusieurs raisons : elles ne représentent pas des échantillons importants (2000 à 4000 personnes), elles n'ont pas été faites sur des longues durées (suivi sur au moins 30 à 40 ans), les indicateurs de mesure ne sont pas facile à établir et encore moins à mesurer, les enfants suivis ont fait partie de milieux plutôt aisés ce qui fausse la représentativité ; enfin, ces études sont le plus souvent partiales puisque commandées en majorité par des partisans du mariage homosexuel.

 

A l'inverse, deux études d'envergure montrent que les adultes provenant de familles « traditionnelles » se disent plus heureux, sont en meilleure santé mentale et physique et consomment moins de drogues que les autres (étude Regnerus  de l’Université du Texas - 2012) et que les filles vivant dans un foyer lesbien sont 45% moins susceptibles d’obtenir un diplôme d’enseignement secondaire (Review of the Economics of Households - août 2013).

 

Enfin, il est relativement certain qu'un enfant élevé par un couple homosexuel aura à vivre avec une difficulté supplémentaire le regard de la société sur ce qui restera encore longtemps une singularité.

Ils réfutent l'argument

560 psychanalystes pour le mariage gay et l’adoption

« Une relation qui déstabilise la société et l’enfant »
En revanche, pour le psychothérapeute parisien Tony Anatrella, « on est en train d’entrer dans une sorte de délire mental. L’homosexualité n’a rien à voir avec la famille ni avec le mariage ». Et le projet de loi pourrait avoir de lourdes conséquences, selon lui « Après, on s’étonnera de voir se développer des pratiques perverses et de la violence, parce que le cadre porteur de la société est en train de se fragiliser. Moi, j’ai eu à suivre en thérapie des garçons témoins de l’homosexualité de leurs parents, et ça leur posait beaucoup de problèmes : ils hésitent à faire en sorte que leurs propres enfants les fréquentent. Sur le long terme, c’est une relation qui déstabilise à la fois la société, et l’enfant ».
 
 
 
Le père n’est pas une mère comme une autre. Et réciproquement

Bref, dans leur étude, Le père est-il l’égal de la mère ? Considérations sur l’attachement père-enfant, parue aux Cahiers critiques de thérapie familiale et de pratiques de réseau, Raphaële Miljkovitch (Professeur à Paris X, Nanterre) et Blaise Pierrehumbert, (Psychologue, Responsable d’unité de recherche, Service Universitaire de Psychiatrie de l’enfant et de l’Adolescent, Lausanne) relèvent notamment que :
« Les recherches visant à faire émerger les spécificités de chacun des deux parents concordent à peu près toutes sur un point : les interactions mère-enfant ne sont pas équivalentes aux interactions père-enfant »Cette affirmation repose sur les travaux de plusieurs chercheurs :
"Globalement, on constate que le père représente un partenaire de jeu privilégié (Clarke-Stewart, 1977, 1978 ; Kotelchuck, 1976), alors que la mère, elle, échange plus avec son enfant dans un contexte de soins (par exemple, le nourrissage, la propreté : Lamb, 1977c ; Belsky, Gilstrap & Rovine, 1984 ; Belsky & Volling, 1986). Il est important de noter que ces différences apparaissent en dépit de l’investissement parental (Field, 1978). Même dans les familles où l’homme garde les enfants ou dans les kibboutz israéliens où les deux parents interviennent à un même degré dans l’éducation des jeunes, on retrouve ces différences entre les comportements maternels et paternels (Lamb, Frodi, Hwang & Frodi, 1982 ; Lamb, Frodi, Hwang, Frodi & Steinberg, 1982 ; Sagi, Lamb, Shoham, Dvir & Lewkowicz, 1985)."

[...]

Je vous invite à vous reporter à l'étude parue en juin 2012 du Professeur Loren Marks sur les 59 études notamment mises en avant par Najat Vallaut-Belkacem dans l'émission Mots Croisés. A force de relever les biais qui les affectent, on finirait par croire que le document qui les recense, réalisé par Charlotte Patterson est un bêtisier scientifique, à commencer par le défaut criant de neutralité de l'auteur, elle-même militante, lesbienne, en couple, et élevant des enfants. Or ce document, censé démontrer quil n'existe "pas la moindre différence" entre les enfants élevés par un couple de même sexe ou un couple père-mère, ne tient pas compte des éléments suivants (et encore, je n'ai pas retranscrit l'histoire de "l'erreur de type II" à laquelle je n'ai rien capté et, vous allez le voir, c'est ballot :

  • De l’aveu même de Patterson, les échantillons sont de façon prédominante blancs, bien éduqués, et de classe moyenne ou supérieure. En fait, sur 59 études, aucune ne mentionne d’Afro-américain, Latinos, Asiatiques ;
  • Sur les 59, seulement 8 concernent des couples d’hommes et sur les 8, 4 n’ont pas de groupe de comparaison, et sur les 4 qui restent, 1 seule a véritablement étudié les répercussions sur l’enfant ;
  • Sur les 59, 26 n’ont pas de groupe de comparaison, ce qui n’empêche pas Patterson de les utiliser pour décréter qu’il n’y a pas de différence… entre un pigeon ?;
  • Sur les 33 études avec des groupes de comparaison, 13 ont comparé un enfant élevé dans un couple homosexuel à un enfant élevé par une mère célibataire ;
  • Des couples de lesbiennes, blanches, éduquées, de classe moyenne à supérieure ont été retenus pour représenter les couples de même sexe, tandis que les études ont très majoritairement retenu des mères célibataires pour représenter les couples hétéros;
  • Une étude a été écartée sous un prétexte futile, l’étude Sarantakos. Il s'agit pourtant de  la plus large étude qui ne soit pas fondée sur les rapports des « éducateurs » (ie parent et compagnon). Or elle met en avant des différences notables en matière d'acquisition du langage, des mathématiques, d'implication dans le sport, de soutien au travail scolaire, de sociabilité et popularité etc.;
  • D’autres études, dans d'autres domaines, ont démontré que les difficultés sont plus significatives en grandissant. C’est le cas des études sur l’impact du divorce. Or, aucune étude citée par l’APA ne s’est penchée sur les répercussions à long-terme sur l’enfant du fait d’être élevé par un couple de même sexe.
 
« Mariage » homosexuel  : dix arguments pour une riposte

De nombreux psychologues et psychanalystes rappellent que l’amour ne suffit pas à la construction de l’enfant. Celui-ci a besoin d’un jeu d’identification et de différenciation avec ses deux instances, paternelles et maternelles. Leur absence a des conséquences notoires sur le développement de l’enfant.

 

Quant aux études scientifiques sur les populations d’enfants élevés par des personnes homosexuelles, elles sont biaisées par la faiblesse des échantillons (de 11 à 38 personnes), et parce qu’elles ne s’appuient que sur les réponses données par les « parents ».

 

Dans la mesure où les spécialistes ne sont pas tous d’accord sur le sujet, ouvrir le droit à l’adoption représente une expérimentation hasardeuse. Le principe de précaution, par ailleurs appliqué en matière d’environnement et de santé, doit donc d’autant plus prévaloir qu’il s’agit d’enfants.

 

 

Les filles vivant dans un foyer lesbien sont 45% moins susceptibles d’obtenir un diplôme d’enseignement secondaire
Selon une nouvelle étude publiée dans Review of the Economics of Households (La Revue de l’économie des ménages), les enfants élevés par des parents mariés de sexe opposé sont plus susceptibles d’obtenir leur diplôme d’études secondaires que leurs pairs dont les parents vivent en concubinage, ceux aux parents isolés ou ceux de même sexe.
 
Ce résultat confirme ceux de recherches effectuées ces dernières décennies sur les résultats scolaires des enfants et la structure de leur famille. Cependant, cette étude se démarque par la taille de son échantillon (20% du recensement canadien de 2006). Il utilise un corpus suffisamment grand et représentatif d’enfants (âgés de 17 à 22 ans) élevés dans des foyers de parents homosexuels. Jusqu’à ce jour, seules quatre études analysant trois ensembles de données aux États-Unis offraient des données similaires (deux en se basant sur le recensement américain de 2000, l’une sur l’Étude longitudinale sur la petite enfance, et une autre sur la Nouvelle Étude de la structure familiale. 
Suite...
 
 
Enfants d'homos : des études scientifiques positives mais aux multiples biais

La fiabilité de ces travaux est cependant mise en cause par les opposants à l'homoparentalité. Principales critiques : le faible nombre d'enfants participant aux études, le fait qu'elles concernent surtout des enfants élevés par des couples de femmes d'un niveau social élevé, ou encore le recrutement par le biais d'associations militant pour la cause gay.

[...]

La polémique a été relancée en juillet aux Etats-Unis. Un article passant en revue les études publiées dans ce pays avant 2005 mettait en avant les failles méthodologiques déjà citées. Dans le même numéro de la revue Social Science Research, un autre article, signé Mark Regnerus, de l'université du Texas, rendait compte d'une enquête menée auprès de 3 000 jeunes adultes américains choisis au hasard, parmi lesquels 173 rapportaient que leur mère avait eu au moins une relation homosexuelle, et 73 leur père.


L'article montre que les enfants de "mères lesbiennes" rencontrent davantage de difficultés que les enfants de familles "intactes" sur une série d'indicateurs (apprentissage, intégration sur le marché du travail, usage de drogues, etc). Mais l'étude présente elle aussi des failles : l'auteur compare des enfants dont un parent a eu une relation homosexuelle au cours de sa vie, sans donner d'indication sur leur histoire ou leur structure familiale, à des enfants élevés dans des familles stables. En outre, les tableaux présentés montrent que des différences relevées chez ces enfants se retrouvent également chez les enfants de familles recomposées ou de parent isolé.

 

Adoption internationale : les associations craignent une désillusion des couples homosexuels

Jean-Vital de Monléon, pédiatre au CHU de Dijon et créateur de la "consultation d'adoption outremer", qui permet le suivi de plus de 1 700 enfants adoptés, va plus loin. "Les couples homosexuels peuvent donner énormément d'amour à un enfant et le rendre heureux, affirme-t-il. Mais c'est un facteur de risque important. "L'enfant adopté subit déjà l'abandon par ses parents biologiques, puis le départ loin du pays d'origine. L'arrivée dans une famille homoparentale pourrait représenter une difficulté supplémentaire, due au regard porté sur ces familles.

 

"Les enfants adoptés sont déjà montrés du doigt, la société n'est pas bienveillante à leur égard, poursuit M. de Monléon. Grandir en plus dans une famille homoparentale, ça fait beaucoup à porter." Ce praticien conclut également que ces couples devraient donc être particulièrement accompagnés, afin d'être très bien préparés à l'arrivée de l'enfant. Les élus de l'opposition parlementaire soulèvent une autre question : au nom de quels critères les instances concernées donneront-elles comme parents à un enfant abandonné un couple de sexe différent ou un couple de même sexe ?

 

Claude Halmos, psychanalyste, s'exprime sur l'adoption au sein d'unions de même sexe

« Je trouve très inquiétant qu’un débat aussi important puisse être réduit à une histoire de “pour” et de “contre”. Et totalement caricaturé puisque le moindre questionnement est automatiquement taxé d’homophobie. Je ne suis pas homophobe. Je ne pense pas qu’il soit plus “normal” d’être hétérosexuel qu’homosexuel. J’étais pour le pacs. Et je suis pour que les couples homosexuels aient les mêmes droits civils que les couples hétérosexuels. Mais l’adoption pose d’autres problèmes (....) le couple parental “hétéro” n’est pas, en tant que tel, une garantie ? C’est une évidence. Mais avec le droit à l’adoption, on franchirait un pas de plus. Car, en mettant un signe “égal” entre le couple homosexuel et le couple hétérosexuel, ce droit reviendrait à poser officiellement que la différence des sexes n’existe pas ; ou, du moins, qu’elle ne compte pas. Pour que cela soit sans conséquences pour les enfants, il faudrait soit que la différence des sexes ne joue, dans leur construction, aucun rôle, soit même que cette construction n’existe pas. Et que quelques bons soins et beaucoup de bons sentiments suffisent à “fabriquer” des adultes capables de tenir – psychiquement – debout.

 

L’affirmer revient à remiser au magasin des accessoires les acquis de près d’un siècle de pratique psychanalytique. C’est sûrement politiquement correct, mais cela me semble très risqué… »

 

Jean-Pierre Winter, psychanalyste – Le Figaro, mercredi 3 octobre 2012

« Tous les bricolages génétiques sont sources de perturbation. L’enfant devra démêler une question difficile. Celle d’être le produit du désir de deux personnes qui ne peuvent pas engendrer. Dans cette situation, comment arrivera-t-il à définir qui il est ? ».

 

« On nous dit que les enfants élevés par des couples homosexuels ne vont pas plus mal que les autres. Mais sur la base de quelles études, de quels chiffres ? De plus, ces études ne font pas la différence entre des enfants issus d’une procréation médicalement assistée, adoptés, nés par mère porteuse… Des situations pourtant différentes. »

 

Homoparentalité : intimidation et études douteuses Maurice Berger\*, chef de service en psychiatrie de l'enfant au CHU de Saint-Étienne appelle le gouvernement à vérifier le sérieux des études sur les enfants élevés par des parents homosexuels.

« Le lobby homoparental s’appuie sur des études qui, dans leur quasi-totalité, ne sont que pseudo-scientifiques. L’intoxication est suffisamment bien faite pour que tout le monde soit convaincu que ces études prouvent que les enfants élevés par les parents homosexuels vont bien. Pourtant, il suffit de se donner la peine de vérifier la nature des travaux cités pour comprendre leurs faiblesses méthodologiques et leurs biais de recrutement des groupes étudiés »

 

L’auteur de cette charge sans concessions ne saurait laisser nos responsables politiques indifférents au moment où ils s’apprêtent à ouvrir l’adoption, voire l’assistance médicale à la procréation, aux personnes homosexuelles. Maurice Berger est en effet professeur de psychopathologie de l’enfant, chef de service de psychiatrie de l’enfant au CHU de Saint-Étienne et membre de plusieurs commissions interministérielles concernant la protection de l’enfance.

 

Pour le professeur Berger, « le lobby homoparental utilise une méthode simple, le bluff », tant il « est difficile d’imaginer moins d’objectivité » dans les publications existantes. « No difference ». Telle est la sempiternelle conclusion de l’ensemble des travaux comparant l’épanouissement psychique des enfants issus de couples homosexuels et hétérosexuels.

Or, la quasi-totalité ne relève pas de méthodes scientifiques rigoureuses. Aspect clairement militant se fondant sur la parole des « parents » – la plupart du temps volontaires et non tirés au sort, recrutés par les lobbies homosexuels –, absence de groupe de comparaison, défaut d’appareillage entre le groupe étudié et le groupe témoin quand il existe, comparaison avec des enfants issus de couples hétérosexuels mais élevés dans des familles recomposées ou monoparentales, effectifs insuffisants… Bref, des travaux qui collectionnent des défauts méthodologiques si grossiers qu’ils auraient dû être recalés par n’importe quel comité de lecture digne de ce nom.

 

Mais il n’y a pas que le caractère erroné des travaux brandis par les lobbies à verser dans le dossier à charge contre l’homoparentalité. Une étude parue au début de l’été remet radicalement en cause la ligne officielle qui prévaut jusqu’ici accréditant la thèse selon laquelle il n’y aurait aucune différence en terme de santé mentale entre les enfants élevés par des couples homosexuels et ceux qui le sont par des parents hétérosexuels.

 

Les recherches du professeur Mark Regnerus de l’Université du Texas tordent le cou à ce discours convenu en s’appuyant sur l’examen de 3 000 enfants devenus adultes éduqués au sein de 8 structures familiales différentes à partir de 40 critères sociaux et émotionnels. Les résultats les plus positifs concernent les adultes provenant de familles « traditionnelles » qui se disent plus heureux, sont en meilleure santé mentale et physique et consomment moins de drogues que les autres.

 

À l’inverse, les enfants élevés par des lesbiennes sont les plus mal lotis avec une augmentation statistique inquiétante des dépressions dans leur groupe. Les adultes interrogés disent également avoir été plus souvent victimes d’abus sexuels (23 % contre 2 % chez les enfants issus de couples hétérosexuels mariés) et souffrent plus de précarité économique (69 % dépendent de prestations sociales pour 17 % de ceux élevés par leurs père et mère).

 

Pourquoi une telle divergence dans les résultats de ces études de psychologie comportementale ? L’explication tient à la qualité de la démarche de Regnerus qui jette indirectement une lumière crue sur les erreurs méthodologiques des précédentes études. Le professeur texan a pris soin d’effectuer son enquête sur une large cohorte d’adultes contrairement aux anciennes études portant sur des échantillons ridiculement faibles. Par ailleurs, Regnerus s’appuie sur les réponses des enfants eux-mêmes devenus adultes et non sur celles données par les « parents ».

 

Après analyse de l’ensemble des réponses, la conclusion du professeur Mark Regnerus est imparable : le modèle familial reposant sur l’ « union conjugale stable du père et de la mère biologique » – lequel ressemble de plus en plus à une « espèce menacée » (« like an endangered species ») ajoute-t-il avec un brin de malice –, demeure « l’environnement le plus sécurisé pour le développement de l’enfant ». Toute autre combinaison, selon l’universitaire américain, porte préjudice à moyen et long terme à l’équilibre émotionnel de l’enfant, quelles que soient par ailleurs les qualités humaines et éducatives des homosexuels que personne ne conteste. S’engager dans cette voie reviendrait en effet à heurter de front le principe reconnu par la Convention internationale de l’ONU sur les droits de l’enfant selon lequel l’intérêt supérieur de celui-ci, partie la plus faible et sans défense, doit toujours passer avant toute autre considération.

 

Cette publication – qui confirme le bien-fondé de la structure éthique et anthropologique de l’alliance conjugale entre un homme et une femme pour assurer le plein développement du petit d’homme – ne saurait être plus longtemps passée sous silence alors que le gouvernement s’obstine à vouloir ouvrir le mariage et l’adoption aux couples homosexuels. Quant aux autres travaux jusqu’ici mis en avant, le professeur Berger enfonce le clou :

« La vraie audace de la part du gouvernement n’est pas de soutenir un tel projet de loi, non, ce serait de ne pas avoir peur d’aller vérifier ce qu’il en est réellement, de donner une place au savoir face à l’intimidation et aux études biaisées, et de décider dans un climat plus apaisé. Pourquoi le lobby homoparental ne demande-t-il pas que cette démarche soit entreprise, s’il n’y a rien à cacher ? »

 

La tenue d’un débat digne de ce nom ne permettrait-elle pas de faire la lumière sur un projet de loi où l’improvisation le dispute à la précipitation ? Dans cette affaire, qui se préoccupe du bien des enfants ?

Et vous ?

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