Argument n°10 : une majorité des français est pour le mariage homosexuel

Explication

Les sondages depuis près de 20 ans montrent une évolution positive des français au sujet du mariage homosexuel : on passe ainsi de 51% favorable au mariage seul en 1995 à 65% fin octobre 2012.

Si la majorité des français est favorable, pourquoi s'y opposer ?

Ils justifient cet argument

Une majorité des Français favorables au mariage pour tous, par l'APGL

Dans le contexte de la mobilisation de l'Eglise catholique contre les propositions de loi attendues sur le mariage et l'adoption pour les couples homosexuels, l’enquête de l’Ifop indique que l’adhésion au "mariage homosexuel" se maintient à un niveau très élevé dans l’opinion française.

Contre analyse

Les mentalités ont effectivement évolué en faveur du mariage homosexuel. Mais la question se pose toujours quant à l'adoption d'enfants pour les couples homosexuel puisque aujourd'hui, 52% seulement y sont favorables.


Sur un autre registre, on ne peut faire voter des lois en fonction des sondages d'opinion qui fluctuent au cours du temps : en cas de passage de la loi, faudrait-il la supprimer dans 5 ans si les opinions évoluaient négativement à ce sujet ?

Ils réfutent l'argument

Gilles Bernheim, Grand Rabbin de France, dans "Ce que l’on oublie souvent de dire"

La mesure par les sondages de l’acceptabilité sociale doit porter sur toutes les revendications etsur leurs conséquences.

 

Au cours des 10 dernières années, plusieurs instituts de sondage ont régulièrement demandé à des échantillons représentatifs de la population de 18 ans et plus s’ils étaient favorables ou opposés aumariage homosexuel et à l’adoption d’enfants par des couples de même sexe. Ces deux questions ont pour angle l’ajout de droits aux personnes homosexuelles et pour arrière-plan la lutte pour l’égalité et contre les discriminations.

 

De façon indéniable, il ressort de ces sondages que la proportion de Français favorables au mariage homosexuel, en augmentation régulière depuis 10 ans, est aujourd’hui largement majoritaire : 65% dans le sondage le plus récent à date, celui de l’IFOP en août 2012. Les résultats sont plus nuancés concernant le droit à l’adoption par les couples de même sexe puisque, selon ce même sondage, 53% des Français y seraient favorables et surtout la proportion d’opinions favorables a diminué de 5 points en un an.

 

Il serait utile de débattre sur une certaine vision de la politique consistant à inscrire des faits dans le droit, dès lors que des sondages auraient constaté une opinion majoritaire favorable ou, en d’autres termes, l’acceptabilité sociale de ces faits. Ce débat, toutefois, nous éloignerait de notre propos sur le mariage homosexuel et l’homoparentalité. Chacun peut constater en de nombreux domaines que l’opinion est volatile. Des résultats de sondage supérieurs à 50% ne peuvent donc pas suffire à légitimer une loi ou à décréter qu’un débat n’a pas lieu d’être.

 

Institut Thomas More : mariage entre personnes de même sexe et adoption | 10 questions sur la famille

L’opinion française paraît de moins en moins favorable au mariage entre personnes de même sexe. Par nature, l’opinion est changeante. Le débat sur la question du mariage entre personnes de même sexe est en train de le prouver. En août 2012, un sondage IFOP, montrait que les Français étaient 65% à se déclarer en faveur de ce nouveau droit. En octobre, ils ne sont plus que 58% selon un sondage LH2. Même s’il s’agit de deux instituts différents, la baisse (de 7 points) est significative.

 

L’opinion française est très divisée sur la question de l’adoption par les couples de même sexe.

Il existe en effet une franche division dans l’opinion à cet égard puisque le même sondage d’octobre 2012 indique que si 49% des Français s’y disent favorables, 48% y sont hostile. Le sondage IFOP cité plus haut et récent lui aussi, indique même que 63% des personnes interrogées sur le principe de l’adoption répondent « qu’il faut que les enfants puissent avoir un père et une mère » contre 34% qui affirment « qu’il faut que les couples homosexuels puissent adopter des enfants ».

 

Quels seraient les résultats des sondages si les questions étaient clairement posées sous l’angle de l’intérêt des enfants ?

Comme le fait très justement remarqué le Grand Rabbin de France

Gilles Bernheim : « si l’on accepte de prendre les sondages pour boussole sociétale, ne conviendrait-il pas d’interroger aussi les Français sur toutes les revendications des militants LGBT au titre de l’égalité et de la lutte contre les discriminations ? Aussi et surtout, ne conviendrait-il pas de leur poser des questions anglées sur le point de vue des enfants adoptés ou sur les conséquences concrètes dans leur vie quotidienne de l’effacement des différences sexuelles ? »

 

Tout cela revient à dire qu’on ne prend pas de décision sur des sujets aussi importants que ceux touchant au mariage, à la famille et à la filiation sur la foi des sondages.

Un grand débat, sous la forme d’États généraux ou sous toute autre forme, paraît pour le moins indispensable…

 

Et vous ?

Et vous, qu'en pensez-vous ?

Adhérez-vous à l'argument ? Le trouvez-vous juste d'un point de vue logique ? Quel degré de véracité lui donnez-vous ?

Quel pourcentage d'adhésion de votre part : 0% ? 30%? 50%? 70% ? 100% ?

 

Forgez votre propre opinion en faisant fi des préjugés : personne ne le fera à votre place !