Argument contre n°7 : le mariage, c'est un homme et une femme, un papa et une maman !

Explication

Depuis toujours, le mariage a été l'union d'un homme et d'une femme. Un enfant a toujours eu besoin d'un père et d'une mère pour exister. La nature est ainsi et c'est du simple bon sens que le reconnaitre.

 

Par ailleurs, comme le reconnaissent nombre de professionnels de l'enfance, les enfants ont besoin des deux pôles sexués de leurs parents pour structurer leur développement.

Ils justifient cet argument

Ségolène Royal

« La famille, c’est un père et une mère », affirme-t-elle dans une interview donnée le 23 février 2006 au Parisien/Aujourd’hui en France.

 

Catherine Lara sur RTL le 08 novembre 2012 (8ième minute)

« [...] J’ai un respect terrible pour les vielles valeurs [...] »


« [...] Et pour moi le mariage c’est le papa la maman, le fruit de cet amour là qui donne des enfants et moi j’aime ça, j’aime cette assurance et je le souhaite à tous les enfants du monde, c’est d’avoir un papa une maman, bien sur que, s’il y a des enfants malheureux, ils seront certainement plus heureux avec deux mamans et deux papas que seuls sur la berge abandonnée mais mon goût profond va pour les vraie valeurs [...]


« [...] Le mot mariage pour moi il est un peu sacré il y a quelque chose de sacré de famille et voilà la  famille c’est un papa et une maman et voilà, moi je vis un peu en marge et je pense que c’est bien comme ça [...] »

 

Déclaration de Mme Elisabeth Guigou, ministre de la justice, sur la proposition de loi relative au Pacte civil de solidarité (Pacs), notamment sur l'importance de la démarche contractuelle et sur la dissociation entre le Pacs et le droit de la famille, à l'Assemblée nationale le 3 novembre 1998.

Une famille ce n'est pas simplement deux individus qui contractent pour organiser leur vie commune. C'est bien plus que cela. C'est l'articulation et l'institutionnalisation de la différence des sexes. C'est la construction des rapports entre les générations qui nous précèdent et celles qui vont nous suivre. La famille c'est aussi la promesse et la venue de l'enfant. Celui-ci nous inscrit dans une histoire qui n'a pas commencé avec nous et qui ne se terminera pas avec nous.

[...]

Mais il fallait aussi bien marquer qu'au regard de l'enfant, couples homosexuels et hétérosexuels sont dans des situations différentes. La non discrimination n'est pas l'indifférenciation. Le domaine dans lequel la différence entre hommes et femmes est fondatrice et constitutive de l'humanité, de sa survie, c'est celui de la filiation. Voilà pourquoi le P.A.C.S. ne légifère pas sur l'enfant et la famille. Voilà pourquoi, en raison de ces choix faits en toute connaissance de cause, le pacte concerne le couple et lui seul. Voilà la réalité !

[...]

Un enfant a droit à un père et une mère. Ce droit de l'enfant ne doit pas dépendre du statut juridique du couple de ses parents. Vous le savez d'ailleurs comme moi : aujourd'hui la situation de l'enfant légitime qui vit avec ses deux parents est plus proche de la situation de l'enfant naturel qui vit lui aussi avec ses deux parents que de celle de l'enfant légitime de deux parents divorcés ou séparés. C'est au regard de ces évolutions récentes que je souhaite que soient étudiées les règles de la filiation, de l'autorité parentale et les droits de l'enfant et non au regard d'un contrat qui n'a aucune conséquence sur la parenté.

 

Contre analyse

Cet argument est une belle hypocrisie. Personne ne s'est jamais opposé à l'adoption d'enfants par des célibataires où l'un des deux parents manque. Par ailleurs, le nombre de divorces et de familles recomposées, y compris chez les chantres du mariage exclusivement hétérosexuel, fait nécessairement évoluer ce modèle de parents constitués du père et de la mère des enfants.

 

Cet argument correspond par ailleurs à un modèle sexiste où les rôles sont distribués selon des schémas ancestraux. 

La société a évolué depuis...

Ils réfutent l'argument

Mariage homosexuel: "une réforme de civilisation" pour Christiane Taubira

La ministre de la Justice critique aussi "la vision du couple traditionnel marié, père, mère, enfant". "Aujourd'hui, 54% des enfants français naissent hors mariage", rappelle-t-elle. "On atteint, dans certaines villes et quartiers, jusqu'à 27% de familles monoparentales. Voilà la réalité sociologique".
"Il est important qu'un enfant vive en famille" mais "les figures féminines dans le cas d'un couple masculin, ou les figures masculines dans le cas d'un couple de femmes, ne disparaissent pas", estime-telle. "Il y a les grands-parents, les tantes, les oncles...".

 

SOS Homophobie

Ces “référentiels” binaires ne cachent-ils pas une vision sexiste de la famille ? Est-ce qu’il doit réellement y avoir un rôle attribué au papa et un autre à la maman ? Quel rôle exactement ? L’homme, viril nécessairement, doit travailler pour représenter l’autorité, rapporter de l’argent dans le ménage et aller regarder des matchs de foot ? Pendant que la femme, elle, jolie, douce, soumise, s’occupe des enfants et fait le ménage ? Encore une fois, que faire des parents célibataires ? 


Et puis, les parents ne sont pas les seuls référents adultes d’un enfant : le reste de sa famille et de son entourage sont autant de modèles possibles.


Ce dont les enfants ont besoin, c’est de parents qui les aiment et prennent soin d’eux, deux caractéristiques qui ne sont pas liées à l’orientation sexuelle des parents.

 

Au sujet du droit d'avoir un père et une mère : oui les enfants ont le droit d’avoir un père et une mère mais ils n’ont pas l’obligation d’avoir un père et une mère ! Corrélativement, les parents d’un enfant n’ont pas l’obligation de lui « fournir » un père et une mère. Sinon l'état devrait imposer au million de femmes élevant seules un enfant de vivre avec un homme et vice versa pour les pères qui élèvent seuls leurs enfants. Il faudrait aussi supprimer les procédures qui ont pour conséquence de ne laisser qu’un parent à l’enfant (adoption par un-e célibataire) ou même aucun (accouchement sous X). Et que faire en cas de décès d’un des deux parents ?
Le droit de l’enfant, c’est celui d’être protégé par l’Etat. De fait, aujourd’hui en France, des dizaines de milliers d’enfants vivent dans des familles homoparentales sans aucune reconnaissance légale, dans un total vide juridique.

 

Le mariage, est-il un homme et une femme ! Ce n’est qu’une question de définition. Oui pour l’instant selon le droit français ; non ailleurs ou en France lorsque la loi aura changé. Rappelons qu’au départ le Code civil n’indique pas explicitement que les marié-e-s doivent être de sexes différents. L’article 144 du Code civil, qui est interprété comme imposant que le mariage soit conclu entre un homme et une femme, indique seulement que “L'homme et la femme ne peuvent contracter mariage avant dix-huit ans révolus.” C’est la Cour de Cassation, lors de la fameuse affaire du mariage de Bègles, qui a annoncé en 2007 que selon cet article “le mariage est l'union d'un homme et d'une femme".

 

« Les enfants auraient besoin d’un double référent père/mère »

Les multiples études réalisées en Europe et aux Etats-Unis sur les enfants élevés par des couples de personnes du même sexe montrent qu’ils vont ni mieux ni moins bien que les enfants d’hétérosexuels. Si tel n’était pas le cas, il faudrait immédiatement agir devant le Conseil de l’Europe pour contraindre les dix pays européens qui ont d’ores et déjà ouvert l’adoption à tous les couples à modifier leur législation, l’intérêt des enfants ne pouvant être différent d’un pays européen à un autre.

Par ailleurs, l’expérience des pays qui ont précédés la France dans la reconnaissance des familles homoparentales prouve que les enfants découvrent le référent masculin ou féminin ailleurs dans leur entourage, sans dommage ni séquelles.

Enfin, le vase clos de la cellule parentale ne suffit pas à fabriquer un adulte : il est le produit de toute une famille au sens large, d’une société composée d’hommes et de femmes.

 

Réponse à Roland Hureaux : les sept chantages des adversaires du mariage homosexuel

Quand les psys s'en mêlent : le chantage scientiste à la filiation

Théologiens et conservateurs de tous poils reçoivent le renfort d'éminents psychanalystes ou pédo-psychiatres dénonçant la menace que la loi ferait peser sur la "filiation". L'argumentation est trop complexe pour être résumée en quelques mots, mais il importe simplement ici d'en rappeler le principe. Selon la conception "multiséculaire" de la filiation, expliquent en substance les psys hostiles à l'homoparentalité, la filiation juridique qui institue le lien de parenté ne peut jamais être dissociée de la filiation biologique : soit elle la conforte, soit elle lui substitue, dans le cadre de l'adoption par exemple, la fiction d'une analogie ; le droit fait alors "comme si" l'enfant était né de l'union charnelle de ses parents adoptifs. L'important serait que le droit puisse alimenter de manière crédible la représentation par l'enfant des conditions de sa venue au monde (de la "scène originaire" dont il est issu).

 

Le droit de la filiation, c'est le cœur de l'argument, aurait pour fonction essentielle de permettre une saine structuration psychique de l'enfant. En escamotant les termes de "père" et de "mère", en concevant surtout la possibilité d'une filiation radicalement dissociée de la filiation biologique ou de sa représentation psychique, la réforme du mariage pour tous, indissociable de la reconnaissance de l'homoparentalité, priverait les enfants qui vivent dans un contexte homoparental (version minimaliste), voire l'ensemble des enfants (version maximaliste) des bienfaits psychiques du droit de la filiation.

 

Le "catastrophisme", apanage le plus souvent des dépositaires de traditions méfiantes à l'égard de la modernité, se trouve ainsi conforté, grâce aux psys, par l'autorité de la science. Certes, la psychanalyse n'est pas une science exacte et les psys sont divisés sur le sujet - sans que l'on sache bien si leurs différends s'expliquent par l'idéologie ou par des considérations véritablement scientifiques (susceptibles d'êtres invalidées par l'expérience). Il faut en outre souligner que l'autorité du discours des psys se fonde sur l'expérience de la "clinique", c'est-à-dire sur l'examen de cas pathologiques, ce qui introduit un biais dans le rapport au réel.

 

Sans se situer sur leur terrain, il est toutefois permis d'opposer aux arguments des psys hostiles à l'homoparentalité deux grandes objections. La première est une objection de principe : il n'est pas admissible de fonder le droit sur la science (c'est la définition même du scientisme) en instituant une "psychanalyse d'Etat". Le législateur sortirait de son domaine de compétence en entreprenant ainsi de trancher les différends scientifiques. Ajoutons qu'il faut aussi distinguer le droit et la morale. Les arguments des psys sont assurément sensés et dignes d'attention : la liberté de fonder une famille n'étant pas incompatible avec la réflexion et la responsabilité des individus, ils conservent, même si l'on ne peut s'en réclamer pour justifier une interdiction légale, leur valeur de mise en garde ou de conseils adressés aux couples homosexuels.

 

Et vous ?

Et vous, qu'en pensez-vous ?

Adhérez-vous à l'argument ? Le trouvez-vous juste d'un point de vue logique ? Quel degré de véracité lui donnez-vous ?

Quel pourcentage d'adhésion de votre part : 0% ? 30%? 50%? 70% ? 100% ?

 

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