Argument contre n°6 : l'ouverture de mariage à tous les couples risque de bouleverser notre société

Explication

En effet, on ne change pas impunément une institution multimillénaire consistant à créer la famille, c'est à dire le noyau central de la société.


D'ailleurs, c'est bien le projet annoncé par Christiane Taubira au sujet du projet de loi sur l'ouverture du mariage et de l'adoption aux couples homosexuels :"c'est une réforme de société et on peut même dire une réforme de civilisation".

 

Ils justifient cet argument

Mariage homosexuel: "une réforme de civilisation" pour Christiane Taubira

PARIS (Sipa) -- "C'est une réforme de société et on peut même dire une réforme de civilisation", affirme Christiane Taubira au sujet du projet de loi sur l'ouverture du mariage et de l'adoption aux couples homosexuels présenté mercredi en Conseil des ministres, dans un entretien publié dans "Ouest France".

"Nous n'avons pas l'intention de faire comme si nous ne retouchions que trois ou quatre virgules dans le Code civil. Mais nous pensons que notre société est capable, dans sa majorité, de l'accepter", estime la garde des Sceaux. "Pourquoi ? Parce que les Français vivent au quotidien des situations de couples de personnes de même sexe, de familles homoparentales, et qu'ils savent que ce n'est pas une catastrophe. Nous ne faisons qu'ajuster le droit à une réalité sociale et humaine".

 

 

Gilles Bernheim, Grand Rabbin de France, dans "Ce que l’on oublie souvent de dire"

Ce combat vise bien évidemment l’actuel modèle familial, vécu comme un conditionnement social et comme un obstacle à l’expression de leur « moi profond » : leur genre (la médecine et l’état civil devant s’adapter à ce choix d’appartenance sexuelle).

 

En effet, si ce n’est plus l’identité sexuelle des individus qui prime mais leur orientation sexuelle, si un individu physiquement masculin peut en fait être psychiquement féminin ou inversement, si c’est la volonté de l’individu et non plus la nature qui détermine son sexe, pourquoi ne pas institutionnaliser l’union de deux personnes, quelles qu’elles soient ? Et surtout au nom de quoi refuser de leur confier des enfants puisque les différents modèles sont considérés comme équivalents ?

 

Face à cette déferlante de revendications, il est légitime de se demander si l’objectif des militants n’est pas finalement la destruction pure et simple du mariage et de la famille, tels qu’ils sont traditionnellement conçus. Dans cet objectif, le mariage homosexuel et le droit à l’adoption pour les couples de même sexe ne seraient qu’un moyen de mieux faire exploser les fondements de la société, de rendre possible toutes les formes d’union, enfin libérées d’une morale ancestrale, et de faire ainsi disparaître définitivement la notion même de différence sexuelle.

 

Christine Meyer, secrétaire nationale du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC)

Une certaine idée de l’humanité

Il me semble que les « porte drapeaux » de ce nouveau combat se situent dans la perspective d’une humanité à la fois totalement désincarnée et prométhéenne, dépassant, voire niant toutes les données de fait de notre condition pour créer un « nouvel homme, issu de nulle part, et choisissant son sexe à partir de ses inclinations ou affinités (théorie du genre), et choisissant ses enfants non pas à partir de la dissymétrie originelle, dissymétrie renvoyant à la bilatéralité de la filiation, mais à partir de désirs, soit purement personnels, soit liés à une pure relation affective. Le fait d’aimer quelqu’un et ce de façon à la fois, sincère, authentique et même enrichissante sur plusieurs plans n’implique pas que le droit de l’épouser ou de faire des enfants.


Le désir est un élément essentiel de l’existence humaine, mais ce désir justement ne devient humain, ne constitue le sujet humain, que lorsqu’il rencontre son « autre », à savoir le réel, naturel ou symbolique; c’est dans la rencontre (ou confrontation) du désir et des faits, ou de la loi, que je me construis ; sinon je reste dans l’imaginaire de la toute puissance infantile.

 

Le concept de « parents » qui se substitue à celui de père et mère renvoie à la dimension de désincarnation. Le fait de vouloir avoir des enfants alors que la nature ne peut les donner (femme ou homme seul ou couple homo) renvoie à la figure prométhéenne et la transformation de la naissance en une production d’enfant; l’enfant est un « projet » comme un autre, éventuellement un droit.

 

Ceci pose d’énormes problèmes, psychologiques, bien sûr, mais aussi juridiques et philosophiques :

 

Psychologiquement, l’enfant a besoin de « fantasmer » son origine  (peut-être est-ce l’origine de tout questionnement humain). Or, ici, c’est un mur qui se dresse devant son imaginaire : contrairement aux discours des bisounours, on n’a pas besoin de savoir qu’on est un enfant de l’amour entre deux êtres, mais qui sont ces deux êtres qui nous ont engendrés. Or je ne peux être l’enfant ni d’un homme seul ou de deux hommes de même sexe, en y mettant tout l’amour du monde.

Il y a quelque chose entre le monde des bisounours et un christianisme réduit à sa dimension la plus mièvre dans le discours sur l’amour qui se substituerait à toutes les dimensions fondamentales de la condition humaine.


Juridiquement, quel statut attribuer au « donneur », au « troisième homme » (ou femme) dans un couple homo pour engendrer l’enfant ? Pour le moment, il est purement et simplement nié. C’est la bilatéralité de la filiation qui est niée au profit d’un amour « pur et désincarné ».


Philosophiquement, on est entré dans le projet non seulement d’une domination de la nature, mais quasiment d’une création d’une seconde nature. La médecine n’a plus pour rôle de palier les insuffisances de la nature, mais de produire des objets ou des êtres selon les désirs d’un sujet omnipotent. Or, je suis atterrée de constater que ce sont les écologistes qui sont bien sûr le fer de lance de ce projet, eux qui ne cessent de combattre cette conception de l’homme maître et dominateur de la nature et dénoncent chaque jour les méfaits (sur la nature) de cette conception.


Cette contradiction monumentale doit être relevée. On se bat pour sauver une espèce de batracien en voie de disparition et on manipule sans état d’âme ovules et spermatozoïdes.

 

Toutes ces analyses me conduisent, bien sûr, à une position plus que réservée vis-à-vis du projet et même à le combattre. Je crois qu’on fait fausse route. Le mariage pour tous n’est pas la bonne solution. Les bonnes intentions ne font pas les bonnes politiques et cachent souvent un défaut de pensée (…).

 

Contre analyse

L'homosexualité a toujours existé ainsi que les couples de mêmes sexe. La loi doit s'adapter à cette situation maintenant que la société a évolué.


Une dizaine de pays de plusieurs continents ont déjà légalisé le mariage homosexuel sans que l'on ait assisté à des catastrophes ou des bouleversements de la société.

Ils réfutent l'argument

SOS Homophobie

Non ! L’homosexualité a toujours existé, de même que les couples de même sexe. Par ailleurs notre société a évolué… maintenant la loi doit suivre. La majorité de la population française est favorable à cette loi, la société est prête.

 

Onze pays, de trois continents différents, ont déjà légalisé le mariage pour les personnes homosexuelles sur l'ensemble de leur territoire. Par exemple, les Pays Bas, il y a déjà onze ans, et ce pays ne s’en porte pas plus mal. De même que l’Afrique du Sud depuis 2006, l’Espagne depuis 2005 ou la Belgique depuis 2003. Pas de bouleversements de société en vue. La crise économique internationale n’a rien à voir avec la généralisation du mariage pour tou-te-s.

 

Sur la question, le mariage est-il une institution millénaire ?

Certainement pas. Quand bien même il le serait, est-ce que cela voudrait dire qu’il ne doit pas évoluer ?
Le mariage civil est régi par un ensemble de lois qui donnent des droits et imposent des obligations au couple, pour l’organiser et pour protéger les plus faibles à l'intérieur de la famille (conjoint-e-s, enfants quand le couple se sépare ou qu’un parent décède). Les lois doivent s'adapter à l’évolution de la société. Et en la matière, le droit français n’est pas un grand rapide. La dernière grande réforme du droit matrimonial date de 1985, moment où les deux époux devenaient enfin égaux devant la loi. La dernière grande réforme de la famille date elle de 2004, quand les enfants (né-e-s de parents hétérosexuel-le-s) sont aussi enfin devenus égaux : légitimes, naturel-le-s, adultérin-e-s, ils et elles ont désormais les mêmes droits. Seuls restent à l’écart les enfants né-es de parents homosexuel-le-s.

 

« On voudrait détruire la famille »

Non. Si les couples homosexuels veulent accéder au mariage, c’est non seulement pour la reconnaissance par l’Etat de la validité de leur amour et des engagements que le mariage civil implique, mais également pour leur souhait de fonder une famille, comme les autres, et de la voir reconnue, et protégée.

En 1970, déjà, Pierre Mazeaud affirmait “je ne suis pas anti-féministe” mais l’égalité des droits entre les pères et les mères va fragiliser les familles.

Il ne s’agit pas de « détruire la famille » mais bien de reconnaître qu’à l’aube du XXIe siècle, à l’heure où plus de 50% des enfants naissent hors mariage, il n’y a plus un seul modèle de famille, mais plusieurs, et que cette diversité nous enrichit.

La « famille » décrite par les opposants à l’ouverture du mariage aux couples de même sexe est d’une autre époque, sans qu’il ait d’ailleurs été prouvé qu’elle était idéale (lire : Adoption par les couples homosexuels, pour deux associations de pédiatres, la famille idéale n’existe pas).

Et vous ?

Et vous, qu'en pensez-vous ?

Adhérez-vous à l'argument ? Le trouvez-vous juste d'un point de vue logique ? Quel degré de véracité lui donnez-vous ?

Quel pourcentage d'adhésion de votre part : 0% ? 30%? 50%? 70% ? 100% ?

 

Forgez votre propre opinion en faisant fi des préjugés : personne ne le fera à votre place !